J. Magang'A: Quelques réponses pour notre patrie!
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Corneille Kazadi |
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Cher monsieur Julien Magang'A,
Vous avez posé sept questions qui sont toutes pertinentes les unes que les autres. J'en ai ciblé trois auxquelles
je peux essayer d'apporter des éléments. Pour qu'il n'y ait ni malentendu et surtout ni mal-dit, vous allez faire
un effort de vider ces éléments de sentiments et d'émotions.
1. Quel est le chiffre minimum de morts à partir duquel un massacre est qualifié de génocide?
Larousse (1998) définit le génocide comme étant une extermination systématique d'une race, d'un peuple ou d'une
société. Le concept de "génocide" a été créé en 1944 pour qualifier l'entreprise d'extermination des juifs et des
tsiganes perpétrée au cours de la seconde guerre mondiale par les nazis. Il a été rétrospectivement employé pour
désigner les massacres commis en Turquie contre les arméniens en 1915 et, au-dela, pour caractériser
l'exetermination systématique de populations autochtones, notamment amérindiennes, par les conquérants européens. Il s'applique à des
massacres plus récents, dont celui des cambodgiens par les khmers rouges en 1970 et celui des tutsi par les hutu au
Rwanda.
L'O.N.U. et la presse internationale avaient qualifié aussi le massacre de Bakwanga de "génocide". À cause des demmêlés
politiques entre Patrice Lumumba et Albert Kalonji, le premier a envoyé des forces gouvernementales à Bakwanga. Ces
militaires ont investi le lieu, ils n'ont pas fait des détails: ils ont tué, violé, pillé. Une horreur qui s'est terminée
grâce à Mobutu qui était Chef d'État Major Général, qui avait fait une déclaration officielle demandant aux militaires de
déposer les armes et de cesser les combats contrairement aux ordres du ministre de la défense et chef du gouvernement
Patrice Lumumba.
À mon avis, la mort d'un seul homme est cruelle pour qu'on puisse aligner les statistiques de classement des génocides. Je
pense que c'est la volonté d'exterminer tout un peuple, toute une tribu qui l'emporte, si elle est manifeste, il y a génocide.
Je pense que des juristes sur ce net peuvent bien me relayer à partir des faits actualisés.
2. Le contentieux Belgo-Congolais?
Il n'y a pas un contentieux mais des contentieux entre la Belgique et le Congo, je pense qu'il faut d'abord instaurer la
démocratie qui pourra donner aux congolais les moyens et les mécanismes d'attaquer la Belgique dans ces différents contentieux
(comme les juifs le font) dont:
- La période de l'État Indépendant du Congo, Léopold II a constitué sa fortune
personnelle sur le dos des congolais, il faut qu'un jour qu'on puisse nous expliquer par où sont passées les 233 tonnes mille d'ivoire et 241 mille tonnes de caoutchouc écoulés
au marché d'anvers en 1893. La liste est longue, et ces immenses sommes d'argent versées à la suite au souverain n'ont jamais profité
à son domaine privé (le Congo) où d'ailleurs il n'a jamais mis pied.
- Il faut remettre sur table tous les dossiers traités à la légère, à la Table Ronde Économique, puisque la priorité était
l'indépendance politique (les compagnies à charte,la CFL, le CNKi et le CSK..).
- Il faut revenir sur les accords Tshombe-Spaak sur l'UMHK...
- Il faut récupérer les objets d'art éparpillés à travers la Belgique dont au musée de Tervuren.
- Lors de la sécession katangaise, Tshombe avait battu sa propre monnaie, par où est passée la masse d'argent congolais qui était à
la Banque du Congo-Belge et du Ruanda-Urundi à Elisabethville? On n'interrogera pas seulement les belges mais des compatriotes comme
Kibwe qui était ministre des Finances à l'époque.
On a du pain sur la planche, cher monsieur Magang'A.
3. Qui est Émile Ilunga?
Ilunga Émile est médecin de sa profession, bien connu à Bruxelles où il a exercé assez
longtemps et a même exercé dans son propre cabinet. Il est connu à Bruxelles comme médecin social, son cabinet était plein des personnes immigrantes de l'Afrique, il soignait
souvent gratuitement puisque la majorité de ses patients était nécéssiteuse à bloc.
Ilunga a représenté le Parti Révolutionnaire du Peuple de Kabila à Bruxelles. Lorsque Kabila a déclenché la descente sur Kinshasa, il
était à Goma. Il faut souligner que c'est Émile Ilunga qui a négocié avec le gouvernement angolais pour que les ex-gendarmes katangais
se rallient aux forces du PRP ou de l'AFDL.
Il s'est vite séparé du Mzee Kabila, au niveau de Kenge quand il a vu qu'il y avait plus d'éperviers, de moineaux et des corbeaux qui
n'avaient envie que de piller et de se partager le pouvoir et c'est justement là qu'il a posé l'ultime question de la séparation et de
la discorde : "qui sera qui à Kinshasa?" Alors c'était le tollé de tous les opportunistes. La suite vous la connaissez.
Cher Julien Magang'A, je vous livre ces points et quant à la biographie complète de Ilunga Émile, je la peaufine comme celles des autres
hommes politiques qui nous dirigent ou qui tentent de nous diriger.
Bonjour chez vous.
Corneille Kazadi
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