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Réseau
France Congo / France RDC Network
33, rue Imbert-Colomès
F-69001 LYON
Tél. 33/ (0)478 286 135
Fax 33/ (0)478 286 136
Lyon, 16 novembre 1999.
Le secrétariat du Réseau a reçu le courrier ci-après :
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SOCIETE CIVILE DE BUTEMBO
PROVINCE DU NORD/KIVU
République Démocratique du Congo
Butembo, le 14 novembre 1999.
ALERTE A L’OPINION NATIONALE ET INTERNATIONALE
La Société Civile de Butembo informe l’opinion nationale et
internationale que certains acteurs de la Société Civile des
Territoires de Beni-Lubero, Province du Nord/Kivu, République Démocratique
du Congo, sont menacés de mort par le RCD/Kisangani.
Il s’agit particulièrement des personnes suivantes :
KASEREKA KIHUVI, Vice-Président de la FEC/Butembo, Fédération des
Entreprises du Congo. Il a été arrêté le samedi 13/11/1999 à 9h30
à son domicile. Il est
détenu dans le cachot de la D.G.I (Direction Générale d’Intelligence),
service de sécurité du RCD/Butembo.
LUMBU-LUMBU Désiré, Ministre honoraire des Affaires sociales de la République
du Zaïre. Il a été arrêté le dimanche 14/11/1999 vers 13h à son
domicile. Lui aussi est détenu dans le cachot de la D.G.I.
VAHAMWITI MUKESYAYIRA, Président de la Société Civile de Butembo.
Il a
présidé la délégation du Nord-Kivu à la récente rencontre
nationale de la Société Civile de Kinshasa d’octobre 1999. Il est
recherché par les services de sécurité et son domicile est visité
toutes les heures par les mêmes services.
WABUNGA SINGA, Président de la Commission Diocésaine Justice et Paix
de Butembo-Beni. Il est également recherché par les services de sécurité
et son domicile est également régulièrement visité.
Les membres de leurs familles sont également menacés par les
services de sécurité.
En effet, depuis un certain temps, le RCD/Kisangani s’est engagé
dans une confrontation avec les forces sociales : églises, ONG,
groupes des jeunes.
Ces quatre personnes actuellement pourchassées par le RCD/Kisangani
sont parmi les 14 signataires d’un mémorandum adressé au RCD en
date du 22/09/1999, qui dénonçait la situation socio-politique en
Territoires de Beni-Lubero.
Plusieurs autres acteurs de la Société Civile et les autres
signataires du mémorandum précité font l’objet
d’interpellations intempestives.
Nous invitons toute personne de bonne volonté à alerter les médias
internationaux pour protéger la vie de ces acteurs de la Société
Civile avant qu’il ne soit trop tard.
Signé : Kyaghanda.
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Ce courrier appelle les remarques suivantes :
1. Il semble, d’après d’autres sources, que les arrestations
aient eu lieu dès le 11novembre. Certaines des personnalités visées
sont des responsables d’organisations partenaires de membres du Réseau
France Congo. D’autres appartiennent plus largement à la « société
civile » et / ou sont membres du comité des sages (Kyaghanda)
de Butembo. Toutes avaient signé un mémorandum le 22 septembre
dernier [disponible sur demande] qui dénonçait la situation faite à
la région.
2. Désiré Lumbu-Lumbu et Kasereka Kihuvi K ont été acheminés le
14 novembre à 15h à Kampala après avoir été flagellés et torturés
au cachot de la DGI pendant 3 jours au point d’être déformés,
selon des témoins.
3. Ces arrestations ont été accompagnées des arrestations des
commandants militaires congolais du RCD-Wamba à Bunia (Mwamba?) et à
Beni (Cdt. Kakolele), ainsi que de François Mwamba, ministre des
Finances du MLC, qui était en tournée du côté de Butembo-Beni au même
moment. Elles auraient été effectuées parce que le commandement
militaire ougandais aurait appris qu’une attaque se préparait. De
fait, dimanche 14 décembre, des mayi-mayi ont attaqué l’hôtel
Beni, au centre de la ville du même nom, où se trouvait le major
ougandais Reuben Ikondere, commandant des troupes ougandaises à Bunia
d’où il était arrivé la veille. Ikondere a été tué au cours de
l’attaque,
après quoi les forces ougandaises cantonnées dans la ville auraient
donné l’assaut, tuant soixante assaillants faisant de nombreux
prisonniers, selon Kampala. En octobre, une attaque de Mayi-mayi avait
déjà été repoussée.
4. Le COSI a réagi en saisissant le Professeur Wamba et les autorités
ougandaises (Cf. texte de ces courriers ci-après). Nous vous invitons
à faire de même, selon les possibilités que vous donne le mandat de
votre organisation.
Pour obtenir la libération des personnes arrêtées et l’arrêt des
poursuites contre les acteurs de la société civile de Butembo-Beni,
vous pouvez saisir les autorités suivantes :
* RCD :
Prof. Wamba dia Wamba, président du RCD-aile Wamba. Fax à Kampala :
256 41
22 37 08. E-mail: cmadishi@hotmail.com
* Autorités ougandaises :
- Président Museveni (qui est aussi ministre de la Défense) : Fax
256 44 23 54 59 et 256 44 34 40 12 ;
- Amana Mbabazi, ministre d’Etat pour les Affaires politiques : Fax
256 44 2328 74 et 256 44 25 87 22 ;
- Mayanja Nkangi, minsitre de la Justice et des Affaires
consitutionnelles :Fax 256 44 25 48 29.
Jean-François Ploquin
Secrétaire du Réseau France Congo.
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Centre d’information et de solidarite avec le Congo-Kinshasa (COSI)
33, rue Imbert-Colomes
69001 LYON
France
Tel. 33 478 286 135
Fax 33 478 286 136
Lyon, le 16 novembre 1999.
Prof. Wamba di Wamba
President du R.C.D.
A l’attention de Madame Colette MADISHI, porte-parole Bunia, RDC
Professeur,
Le COSI est une ONG francaise cree en 1990 qui intervient notamment
dans le domaine de la defense des droits.
Nous venons d’etre informes, par nos partenaires de la societe
civile de Butembo, que certaines des personnalites membre du Kyaghanda
de Butembo et qui avaient signe en septembre dernier un memorandum
exprimant les preoccupations de la communaute nande, ont ete arretees
le 12 novembre dernier ou font l’objet de recherches et de
harcelement.
En particulier, nous avons appris que MM. KASEREKA KIHUVI,
vice-president de
la FEC / Butembo, et LUMBU LUMBU, ont ete arretes par les services de
securite du RCD, tortures (notamment flagelles) dans les cachots de la
DGI, puis transferes dimanche 15 apres-midi a Kampala.
D’autres personnes signataires du memorandum, responsables d’ONG
ou liees a l’eglise, sont activement recherches.
Bien entendu, nous avons egalement pris connaissance des faits
dramatiques intervenus a Beni, au cours desquels un officier ougandais
et de nombreuses autres personnes ont trouve la mort.
Ces informations, tres preoccupantes, nous conduisent a vous demander
de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que les personnalites
de la societe civile, qui ont fait le choix d’un dialogue franc avec
les autorites et qui ont marque leur refus de la violence, ne fassent
l’objet de persecutions, ni de paient pour d’autres.
C’est pourquoi nous vous demandons de faire en sorte que les
personnes arretees soient liberees sans delai, et qu’il soit mis un
terme au harcelement et aux recherches a l’encontre des autres
responsables de la societe civile.
Veuillez agreer, Professeur, l’expression de notre consideration.
Marinus
ROOIJACKERS, president.
Jean-Francois PLOQUIN, secretaire general.
Transmis par Katahwa
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