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Réponse à Corneille Kazadi, les Baluba et
Ludo Martens, de Ndjate Omankoy

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Roger-Shimba Kankwende

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Bien cher monsieur,

Il y a de cela plusieurs mois, je me suis volontairement soustrait du débat public sur le net, estimant avoir suffisamment exprimé le fond de ma pensée sur les problèmes de notre pays. Quand on n’a plus rien de nouveau à dire, il est sain de laisser la place à ceux qui peuvent faire évoluer le débât. Convaincu, d’une part, que tout congolais a le droit d’avoir des opinions et, d’autre part, qu’il jouit de la liberté de les exprimer, je me suis efforcé, depuis lors, de ne me contenter que de m’instruire des refléxions des autres, sans jamais réagir publiquement. Si je sors de ma réserve volontaire, c’est parce que je reçois votre incitation à la haine contre le peuple luba comme une attaque directe. Vous avez poussé le bouchon un peu trop loin.

Je vous reconnais le droit d’avoir une opinion sur Tshisekedi, homme politique et leader de l’UDPS. En tant qu’homme public, Tshisekedi, comme tout autre homme politique, a droit à son lot d’attaques personnelles, fondées ou infoindées. C’est un risque professionnel que tout politicien se doit d’assumer. Mais là n’est pas le problème. Ce dont je vous reproche, c’est votre aversion du peuple luba. Cette aversion qui vous pousse à vous servir de Ludo Martens comme pretexte pour cracher votre haine du peuple luba.

C’est en se fondant sur ces mêmes types de considérations que les tenants de la deuxième république ont, d’une part, séparé artificiellement le Kasaï en deux entités administratives distinctes et, d’autre part, décrété des lois discriminatoires d’exception qui ont fait du Kasaï un territoire de non-développement. Ce c’est qui explique que, malgré ces potentialités en ressources humaines et minières, le Kasaï (il n’en existe qu’un seul) est la seule province du Congo qui n’ait jamais bénéficié d’une moindre petite impulsion économique. Les kasaiens qui voulaient entreprendre devaient s’établir hors de leur province d’origine pour investir. Ne croyez-vous pas que ce peuple a  déjà beaucoup payé ?

Je serai très étonné que monsieur Ludo Martens cautionne votre texte qui, en substance, n’apporte rien de nouveau au débât. Vous vous trompez d’ennemis en mobilisant contre un peuple qui n’est en rien responsable de la situation que vit notre pays aujourd’hui. Le peuple luba, comme tous les Congolais, a été victime du mobutisme. C’est en nous rassemblant que nous offrirons à notre pays les hommes et les femmes les plus capables pour conduire notre marche vers le développement. Cette strategie qui consiste à cultiver la haine contre le peuple luba afin de justifier, demain, la mise à l’écart des ressortissants luba des postes à responsabilité, est un attentat contre la Nation.

A vous mes frères et sœurs luba. N’oubliez jamais que «TUDI BENA MUNTU».  Si les malvaillants nous attaquent, c’est parce que nous constituons un réel potentiel, sinon il n’y aurait pas autant d’attaques. Nous avons le droit d’avoir des opinions divergententes sur l’engagement politique d’un des nôtres. C’est sain pour la vie politique nationale. Mais nous avons aussi le devoir sacré de défendre «BANA BETU». Aussi quand Tshisekedi est attaqué non sur son action politique, mais du fait de son appartenance au peuple luba c’est chacun de nous qui est visé. Si nous n’y prennons garde, comme toujours, les ennemis de notre peuple s’appuieront sur nous pour anéantir notre peuple. Nous avons payé un lourd tribu au mobutisme, nous ne nous laisserons plus avoir. Ne dit-on pas chez nous : «KUA BENDE NKULU KUA MUTSHI». Il ne faut plus rien laisser passer.

A vous mes compatriotes congolais, je vous invite à plus de vigilance et de responsabilité. Le net est un espace virtuel ou, sous couvert de l’anomymat, beaucoup des personnes malvaillantes s’amusent à mettre de l’huile sur le feu et occuper l’espace dans le seul but de marginaliser toute intervention intelligente. Quand un «forumnetiste» invite à la haine, notre réaction collective doit être à la mesure de l’attaque qu’il porte à la cohesion nationale. C’est coupable que de ne pas réagir à l’attaque de M. Ndjate Omankoy.

 

Roger-Shimba Kankwende

Roger.kankwende@lausanne.ch  

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