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Bien
cher monsieur,
Il
y a de cela plusieurs mois, je me suis volontairement soustrait du débat
public sur le net, estimant avoir suffisamment exprimé le fond de ma
pensée sur les problèmes de notre pays. Quand on n’a plus rien de
nouveau à dire, il est sain de laisser la place à ceux qui peuvent
faire évoluer le débât. Convaincu, d’une part, que tout congolais
a le droit d’avoir des opinions et, d’autre part, qu’il jouit de
la liberté de les exprimer, je me suis efforcé, depuis lors, de ne
me contenter que de m’instruire des refléxions des autres, sans
jamais réagir publiquement. Si je sors de ma réserve volontaire,
c’est parce que je reçois votre incitation à la haine contre le
peuple luba comme une attaque directe. Vous avez poussé le bouchon un
peu trop loin.
Je
vous reconnais le droit d’avoir une opinion sur Tshisekedi, homme
politique et leader de l’UDPS. En tant qu’homme public, Tshisekedi,
comme tout autre homme politique, a droit à son lot d’attaques
personnelles, fondées ou infoindées. C’est un risque professionnel
que tout politicien se doit d’assumer. Mais là n’est pas le problème.
Ce dont je vous reproche, c’est votre aversion du peuple luba. Cette
aversion qui vous pousse à vous servir de Ludo Martens comme pretexte
pour cracher votre haine du peuple luba.
C’est
en se fondant sur ces mêmes types de considérations que les tenants
de la deuxième république ont, d’une part, séparé
artificiellement le Kasaï en deux entités administratives distinctes
et, d’autre part, décrété des lois discriminatoires d’exception
qui ont fait du Kasaï un territoire de non-développement. Ce c’est
qui explique que, malgré ces potentialités en ressources humaines et
minières, le Kasaï (il n’en existe qu’un seul) est la seule
province du Congo qui n’ait jamais bénéficié d’une moindre
petite impulsion économique. Les kasaiens qui voulaient entreprendre
devaient s’établir hors de leur province d’origine pour investir.
Ne croyez-vous pas que ce peuple a
déjà beaucoup payé ?
Je
serai très étonné que monsieur Ludo Martens cautionne votre texte
qui, en substance, n’apporte rien de nouveau au débât. Vous vous
trompez d’ennemis en mobilisant contre un peuple qui n’est en rien
responsable de la situation que vit notre pays aujourd’hui. Le
peuple luba, comme tous les Congolais, a été victime du mobutisme.
C’est en nous rassemblant que nous offrirons à notre pays les
hommes et les femmes les plus capables pour conduire notre marche vers
le développement. Cette strategie qui consiste à cultiver la haine
contre le peuple luba afin de justifier, demain, la mise à l’écart
des ressortissants luba des postes à responsabilité, est un attentat
contre la Nation.
A
vous mes frères et sœurs luba. N’oubliez jamais que «TUDI BENA
MUNTU». Si les
malvaillants nous attaquent, c’est parce que nous constituons un réel
potentiel, sinon il n’y aurait pas autant d’attaques. Nous avons
le droit d’avoir des opinions divergententes sur l’engagement
politique d’un des nôtres. C’est sain pour la vie politique
nationale. Mais nous avons aussi le devoir sacré de défendre «BANA
BETU». Aussi quand Tshisekedi est attaqué non sur son action
politique, mais du fait de son appartenance au peuple luba c’est
chacun de nous qui est visé. Si nous n’y prennons garde, comme
toujours, les ennemis de notre peuple s’appuieront sur nous pour anéantir
notre peuple. Nous avons payé un lourd tribu au mobutisme, nous ne
nous laisserons plus avoir. Ne dit-on pas chez nous : «KUA BENDE
NKULU KUA MUTSHI». Il ne faut plus rien laisser passer.
A vous
mes compatriotes congolais, je vous invite à plus de vigilance et de
responsabilité. Le net est un espace virtuel ou, sous couvert de l’anomymat,
beaucoup des personnes malvaillantes s’amusent à mettre de
l’huile sur le feu et occuper l’espace dans le seul but de
marginaliser toute intervention intelligente. Quand un «forumnetiste»
invite à la haine, notre réaction collective doit être à la mesure
de l’attaque qu’il porte à la cohesion nationale. C’est
coupable que de ne pas réagir à l’attaque de M. Ndjate Omankoy.
Roger-Shimba
Kankwende
Roger.kankwende@lausanne.ch
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