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Défendre les droits de la femme et de l'enfant !

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Marcel Kabundi

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Chers amis,

Au cours de la semaine passée, la Communauté internationale a célébré le dixième anniversaire de la Convention internationale des droits de l'Enfant. Je me souviens avoir personnellement participé, tant soit peu, aux travaux préliminaires ayant abouti à la concrétisation de la Convention internationale des droits de l'enfant lorsque j'ai participé, alors que j'étais magistrat au Zaïre et plus tard étudiant aux études supérieures en Criminologie à l'Université de Montréal au Canada, à l'enquête internationale sur la situation des enfants en prison avec des adultes. 

Je rappelle cette expérience personnelle parmi tant d'autres avec fierté et dignité même si certains amis sur ce net, adeptes d'un certain puritanisme dépassé et retrograde, critiquent sans vergogne les réussites des autres et s'offusquent quand les gens font état de leurs diplômes académiques et pourtant rien ne l'interdit. Soyons fiers de l'excellence lorsque celle-ci a pour auteurs nos propres frères et soeurs. 

Personnellement, je n'aurai jamais honte de faire état des succès de nos compatriotes africains afin de montrer que le nègre est capable et l'a toujours été. Si toutes les conditions sont réunies,notamment la justice et le respect, nous pouvons réaliser beaucoup et beaucoup plus. Prochainement, je vais donner la liste des inventions des Nègres pour vous donner des raisons d'être fiers et de ne plus cacher vos qualités. Levez-vous et dites tout haut ce que vous avez fait d'EXCELLENT.
Vous avez un devoir moral et social de partager avec nous vos connaissances. Vous avez le devoir moral de nous éclairer et de nous éviter de tomber dans la turpitude et l'imbecilité. Il s'agit néanmoins d'un devoir sacré. Fermons la parenthèse.

Plus tard, disais-je, je fus un des représentants africains à être invité à participer à la conférence internationale sur les droits de l'enfant organisée en 1984 à Florence (Firenze pour les Italiens) en Italie. Je suis parti de Montréal pour Genève et delà à Florence par train via Milan, etc. De l'Afrique noire, nous étions deux représentants : un avocat Tanzanien et un magistrat zaïrois que j'étais. De ces travaux et bien d'autres qui ont suivi sous la houlette de l'UNICEF et de l'organisation non gouvernementale denommée Defense des Enfants International est né le texte de la Convention internationale des droits de l'enfant qui fut adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1989.

C'est vous dire que notre pays (Zaïre de l'époque et RDCongo d'aujourd'hui) a contribué de façon évidente et nette et cela, à travers ses fils et ses filles, à l'amélioration des conditions de vie de nos semblables et à l'avancement de la science et du monde. Mais cela étant, qu'en est-il de la situation actuelle et réelle de nos propres enfants congolo-zaïrois? Crise fondamentale sur fond de crise chronique. Voilà la réponse simple.

Néanmoins, il faut reconnaître que la Conférence nationale souveraine dont les travaux sont, mutatis mutandis, comparables aux travaux des commissions royales, comités parlementaires, etc. des pays dévéloppés avait fait un EXCELLENT travail d'anamnèse et d'étiologie avec des recommandations réalistes. Ces travaux ne sont pas comme le prétend Monsieur Jacques Mangalaboyi, médecin de Lille en France, une chose du passé. Non, ce n'est pas du passé, moncher docteur. Nous devons nous en inspirer et réaliser ce qui a été proposé. Il faut que l'argent dépensé ait servi à au moins quelque chose de positif et de valable pour notre pays.

Comme vous allez le voir, les questions soulevées et le diagnostic établi par nos illustres compatriotes et membres de différentes commissions de la Conférence nationale souveraine sont encore d'actualité et nous interpellent aujourd'hui plus qu'hier.

Pour une fois dans l'histoire contemporaine de ce pays, il y a eu des travaux de telle envergure et de telle qualité malgré les tracasseries des politiciens dont Mobutu et ses sbires dont Nguza Karl I Bond, celui-là même qui encouragea la chasse, mieux le génocide contre les KASIENS au Shaba. 

Kyungu wa Kumwanza et ses milices exécutèrent cette sale besogne sous la bénédiction du clergé local du Shaba. L'archévêque de l'époque, un certain Mgr KABANGE, ne leva pas son petit doigt pour dénoncer, critiquer cette déviance et protéger ainsi les Kasaiens. Soit il s'est tu soit il a encouragé cela dans ces écrits et lettres pastorales.

Bien au contraire, certains prêtres du Kasayi furent chassés et renvoyés dans leurs villages au Kasayi. Les évêques du Kasayi qui oserèrent reprendre ces prêtres furent accusés au Vatican. Sans succès. Les auteurs de ces actes ignobles ont même été identifiés dont certains seraient au Canada. Les recherches continuent pour être vraiement sûrs de ce que l'on avance. 

En cette année où l'on célèbre le dixième anniversaire des droits de l,enfant, il faut rappeler ces faits criminels au nom de la Justice et pour honorer la mémoire des innocents, tués à cause de leur kasaianité. Crime impardonnable !

En effet, plusieurs femmes et enfants originaires du Kasayi furent sauvagement massacrés à Kolwezi, Likasi, à Kamina et à Lubumbashi. On leur refusa le droit ultime d'être enterrés dans le sol katangais. Des femmes se sont couchées sur les corps inanimés, innocents et frêles des bébés tués ou écrasés par une jeunesse katangaise militarisée agissant sur ordre de Mr. Kyungu Wa Kumwanza, ambassadeur plénipotentiaire de la RDCongo. 

Je rappelle ces faits pour montrer à leurs auteurs présumés qu'ils ne devraient pas croire que tout a été oublié. Il faut qu'ils sachent qu'où 'ils se trouvent qu'ils reprondront de leurs actes. Les éléments de preuve sont en voie d'être réunis ici et là pour saisir le moment venu la Justice du pays où ils auraient pu trouver refuge. 

Ces crimes étant imprescriptibles, ils seront jugés tôt ou tard. Les témoins vivants sont là. Les documents écrits, les extraits des émissions de radio, de télévision, etc sont en voie d'être réunis afin que ces crimes ne puissent jamais demeurer impunis.

Je vous livre ci-après le texte intégral du rapport général présenté à la clôture de la Conférence nationale souveraine (CNS) par Maître Kinkela vi Kans'y. Après la lecture de ce texte, posons-nous cette question : que faisons-nous, chacun dans son domaine, pour améliorer le sort de la femme et de l'enfant en RDCongo ? Qu'est-ce qui pourrait être ajouté au diagnostic et aux recommandations de la Commission Famille et Enfant ? 

<< COMMISSION FAMILLE, FEMME ET ENFANT

Nous avons précédemment évoqué la grave crise sociale qui est en train d'étrangler les populations.

Toute cette crise entraine la sous-alimentation, la malnutrition, le taux élevé de morbidité et de mortalité infantiles, la prostitution, la promiscuité, l'adultère aussi bien de l'homme que de la femme, la propagation des maladies sexuellement transmissibles, le mercantilisme des parents dans la fixation de la dot, la destabilisation des foyers, la séparation ou le divorce des parents, la négation des valeurs morales et de l'éthique, l'augmentation des enfants abandonnés par leurs parents, des enfants nés hors mariage, de jeunes délinquants, d'analphabètes etc...

A. La famille

C'est pourquoi la commission a porté une attention toute spéciale à la protection de la famille par la promotion du mariage monogamique, lieu de l'harmonie micro-sociale. Le commission a également insisté sur la nécessité d'une politique sociale réaliste.

B. La femme

De par ses rôles naturels (traditionnel et moderne) la femme est le pilier de la société, le est en effet co-géniteur et base de l'éducation de la fanijile et de la nation. 
Mais cette reconnaissance de la femme comme gardienne du foyer et des valeurs de la société est en contradiction flagrante avec la pratique sociale qui en voulant à tout prix sauvegarder les privilèges sans limite de l'homme, maintient paradoxalement la mère éducatrice dans une situation de discrimination. il s'agit notamment de l'injustice sociale de la commu-nauté nationale à l'égard de la femme, de la sous-stimation injustifiée des capacités de la femme, et, par conséquent, de la chosification de la femme devenue ornement au sein des foyers ou marionnette d'exhibition pour des fins politiques, économiques ou sociales.

La commission a, en définitive, estimé que seule une politique d'éducation soutenue et seule la reconsidération sociale de la femme pouvaient libérer la femme de la discrimination et l'inciter en même temps à une auto-responsabilité totale.

Cette politique pourrait être orientée vers les axes suivants:

-la réhabilitation de la dignité de la femme afin qu'elle puisse pleinement assumer son noble rôle d'épouse, mère, éducatrice et gardienne des valeurs positives de la société.

-la redéfinition de l'identité de la femme dans le sens de l'égalité et de la complémen-tarité pour son intégration significative à tous les domaines vitaux de la vie nationale afm qu'elle bâtisse ensemble avec l'homme, une société empreinte de démocratie et de justice sociale.

-la nécessité d'un encadrement approprié et efficace de la femme afin qu'elle puisse rattraper rapidement le retard qu'elle semble accuser par rapport à l'homme.

C. L'enfant

La commission a jugé la situation de l'enfant dans notre pays vraiment catastrophi-que. Dès la conception jusqu'à 18 ans, l'enfant est exposé à l'avortement, à l'abandon, à l'infanticide, à la déviance voire même à la délinquance.

La mortalité prénatale est de plus ou moins 170 pour mille naissances, le taux de mor-talité infantile de 0 à 5 ans est de 130 pour mille. Seulement 22% d'enfants sont correc-tement vaccinés, la croissance des enfants n'est pas suivie, les malformations congéni-tales, les maladies héréditalres, les maladies infectieuses et sexuellement transmissibles sont fréquentes, la malnutrition est à l'état endémique.

Très peu d'enfants bénéficient d'un enseignement primaire et secondaire complet.

La déperdition scolaire est très importante. Les parents démunis sont préoccupés par les activités de survie, de sorte que l'éducation et l'encadrement des enfants en pâtissent. Très tôt les enfants doivent exercer des petits métiers pour survivre.

L'environnement familial et social n'est pas propice pour l'épanouissement physi-que, psychique et mental de l'enfant C'est ainsi qu'un grand nombre d'enfants ont quitté leur famille, et constituent ce groupe marginalisé que sont les "enfants de la rue" commu-nément appelés "phaseurs". Ces derniers sont exposés à la toxicomanie, à la criminalité et aux maladies (tuberculose, SIDA, MST etc. ..).Interpellée par cette situation, la commission a proposé:

-l'institutionnalisation des examens prénuptiaux;

-la création du fonds national pour l'enfance;

-la création d'un service de guidance médicopsycho-social et des bureaux de signa-lement dans les quartiers;

-la vulgarisation d'information sanitaire;

-l'augmentation du nombre d'écoles, de complexes scolaires, une école pour plus ou moins 50.000 habitants;

-l'encadrement de la famille pour en assurer la stabilité et renforcer le rôle des parents;

-l'éradication du phénomène "enfants de la rue" ou "phaseurs".>>

Marcel Kabundi
Juriste-Criminologue
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