Profonde crise morale en
RDCongo: Que faire ?
|
 |
Marcel Kabundi |
 |
|
Chers amis,
En relisant le rapport général présenté à la clôture de la Conférence nationale souveraine (CNS) par Me Kinkela vi Kans'y que vous pouvez retrouver dans divers documents officiels de l'époque s'ils existent encore, j'ai trouvé que les constatations de la Commission de l'Ethique sont encore d'actualité. Les constats amers de la CNS s'appliquent, mutatis mutandis, à la situation actuelle dans notre pays et nous interpelle individuellement et collectivement.
Voilà pourquoi, je vous les livre sans commentaires de ma part tout en souhaitant que chacun et chacune d'entre nous fasse son PROPRE EXAMEN DE CONSCIENCE ET TIRE DES LEÇONS QUI S'IMPOSENT. Ainsi la CNS aura au moins servi à quelque chose. Merci.
1. COMMISSION DE L'ETHIQUE
Cette commission a été chargé d'établir le diagnostic des comportements moraux, individuels et collectifs, qui ont façonné la société zairoise pendant trente deux ans.
Le diagnostic est accablant: pendant ces 32 ans, les valeurs morales qui devraient être les repères d'une promotion humaniste et qui devraient fonder la conscience et la fierté nationales ont été battues en brêche.
La crise de la société zairoise est profonde et le mal s'est incrusté dans les moindres cellules. Cette crise se caractérise par l'absence de toute dimension normative et par un déficit moral sans pareil, ce qui donne libre cours à un trafic d'influence tentaculaire, à une culture politique approximative faite de coups bas et d'intrigues, à la propension vers une débrouillardise à la limite de la permissivité, à une vie sexuelle et familiale débridée à la merci du libertinage, à la fascination des mo-dèles importés de spiritisme et d'occultisme supentitieux et donc suspects.
La crise n'a pas seulement gangrené le comportement individuel et la vie familiale; elle a surtout désarticulé le systeme social, politique et économique: au plan social avec le règne de l'égoïsme et la désagrégation de l'assistanoe sociale et sanitaire, mais égale-ment avec la perte de la fierté de l'homo faber, l'homme producteur et porteur de pro-grès; au plan économique avec un libéralisme qui livre le citoyen aux caprices des prédateurs nantis et d'un circuit commercial tenu en otage par les monopoles et les multinationales;
au plan politique et juridique avec le règne de l'arbitraire et de l'absolutisme pour servir des ambitions de pouvoir insoucieuses du bien commun; au plan religieux enfin avec une inflation angoissante des sectes qui sont autant de signes de désempare-ment et de déboussolement spirituels.
Dans ses recommandations, la Commission de l'Ethique insiste sur la nécessité de mettre en oeuvre un projet de société qui valorise les droits élémentaires de l'homme à la vie, à la liberté et à la sécurité. Tous ces principes ont été consignés dans une "décla-ration nationale des principes d'Ethique" adoptée par la Conférence Nationale Souve-raine.
La commission a soutenu que cette déclaration ouvrait l'espérance de voir se réaliser dans le quotidien la maxime de la civilisation gréco-romaine selon laquelle "LE SALUT DU PEUPLE EST LA LOI SUPRÊME".
À bon entendeur et lecteur, salut !
Transmis par
Marcel Kabundi
Juriste-Criminologue
|
|