| En
18 années passées au Congo de 1971 à 1998, j’ai vu la
décrépitude de ce pays sous le régime Mobutu.
Mobutu avait
compris que pour se maintenir au pouvoir il devrait partager les
richesses du pays, ce qui est en soit le but de tout gouvernement.
Mais, au lieu
d’instaurer un régime de type démocratique où fonctionnent les
pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires, ce qui aurait permis
une égalité des chances pour tous, il a préféré instaurer une
sorte d’oligarchie de népotisme qui à ruiné l’état.
Etat ruiné :
-économiquement
par le pillage des caisses de l’état et des sociétés minières et
pétrolières.
-moralement
par la corruption, les malversations, l’incivisme.
Les jeunes
congolais aujourd’hui n’ont plus de points de repères
sociaux, moraux et civiques puisqu’ils n’ont rien connu d’autre.
Tout est permis, même de voler, puisque tout le monde le fait et que
cela permet de survivre.
Le pouvoir
sous Mobutu ne voulait surtout pas d’égalité des chances pour tous
! Cette volonté était renforcée par les structures ancestrales des
tribus et des clans. Et même, à l’intérieur de ceux ci, il était
normal qu’il y ait un chef avec des privilèges.
Mais le
pauvre peuple congolais n’avait pas compris que les chefs allaient,
volontairement, les conduire à l’agonie dans le seul but d’enrichissement
personnel. Il y a donc eu crimes contre le peuple congolais par les
classes dirigeantes de cette époque.
Parmi ceux
qui avaient compris la méthode Mobutu et qui ont participés au
pillage systématique du pays il y a l’entrepreneur « dit Belge »
du Katanga.
Pourquoi «
dit Belge » ? Parce que ses vrais homologues belges et les
journalistes économiques belges dont (Trends Tendances) ont pour lui
une considération très retenue.
Comment ce «
petit entrepreneur » il y a une bonne dizaine d’années seulement,
est arrivé à s’acheter des avions « Falcon » puis « Challenger
», signes extérieurs de sa richesse ?
Certainement
pas par des investissements opportuns dans une économie porteuse. Le
charroi industriel de Forrest est totalement obsolète et maintenu en
survie par une maintenance caduque.
Certainement
pas par des capacités de gestionnaire industriel brillant. Sur
ces activités purement industrielles de 1996 à 1998 la Belgolaise a
dû avancé 6.000.000 USD pour boucher les trous.
Comment,
alors ? Tout simplement avec l’argent du peuple. Par la corruption
des agents de la Gécamines, des Travaux Publics de la Régie des
Voies Aériennes et de l’Administration fiscale.
A titre d’exemples
:
- en ne
respectant pas les cahiers des charges (ainsi la troisième couche de
tarmac à l’aéroport de Lubumbashi n’a jamais été placée).Les
fonctionnaires des Travaux Publics recevaient un salaire Forrest pour
fermer les yeux.
- certains
agents expatriés de la Gécamines, recevaient aussi un salaire
Forrest avant d’être engagés par lui, pour lui donner les
informations minières de la Société d’Etat.
- les
surveillants des quantités de cobalt à la découverture, des
carrières GCM étaient aussi corrompus pour gonfler les chiffres de
production.
- les dettes
de la Gécamines étaient majorées d’intérêts composés
exorbitants avec la complicité d’expatriés, dont Michel
Anastassiou, ex Directeur Financier Adjoint de la GCM remercié
par celle ci et actuellement chez Forrest, comme Administrateur.
- Forrest ne
paie quasi pas d’impôts :
- ni sur les
bénéfices présumés de production.
- ni sur la
commercialisation réelle qui se fait via la Suisse
- ni sur les
contributions du personnel expatrié.
La liste est
longue , très longue !
Actuellement
la performance de Forrest au Katanga est d’avoir intéressé l’Union
Minière, la Belgolaise et les Finlandais d’Oktopuntu à le suivre.
En fait ce
sont les deux derniers qui financent à risques, fort naïvement.
Forrest et UM
n’ont pas pris de risquent industriels dans les opérations Kasombo
p.e. .
Forrest et UM
n’ont fait que récolter des plus values sur ventes de cobalt sur
des comptes placés en Suisse, en arnaquant au passage. la GCM par des
rétrocessions occultes
Sur le Plan
social, le personnel congolais de Forrest est maintenu en survie par
« le sac de farine », quelques médicaments et 40 USD dont les 2/3
sont des frais de transport.
A côté de
cela il y a un peloton de secrétaires expatriées, non déclarées,
à 3.000 USD/mois, pour assouvir les fantasmes de puissance des
dirigeants masculins .
C’est dire
si Forrest a les moindre soucis de justice sociale.
Ironie de l’histoire.
C’est donc ce Forrest, issu de l’école de Mobutu que Kabila a
nommé à la présidence de la Gécamines.
Pourtant ,
lors de la prise de Lubumbashi par Kabila, Forrest était considéré
comme un valet de Mobutu. Il fut donc mis sous pression par l’AFDL
et dû donner beaucoup pour le pseudo effort de guerre.
Ceci parvint
petit à petit à décrisper l’atmosphère. Et Kabila, d’abord
justicier, tomba sous le charme, surtout après avoir reçu de
Forrest, 75 pick-up Toyota achetés chez Afrima et selon Forrest
lui-même 4.000.000 USD. Puis vint la visite en Belgique, où
Forrest cira les chaussures de Kabila dans les plus fins hôtels de
Bruxelles. L’homme avait de nouveau gagné la confiance de Kabila.
Ce qui fit dire aux journalistes présents que Forrest s’était
acoquiné avec tous les régimes successifs au Congo.
La religion
de Forrest est l’argent et son Dieu, le Dollar. La morale, la
déontologie , l’intérêt du peuple n’ont pas de place dans cette
logique économique. Seul compte l’enrichissement personnel.
Dés lors, c’est
vers une nouvelle lapidation de la GCM que l’on s’engage car
Kabila aussi à besoin d’argent.
Pauvre peuple
congolais, dès lors, qui en est réduit à remettre son âme, la
Gécamines, à un faux Dieu. Quel enfer devra t’il encore vivre
avant de revoir naître l’espoir d’une vie décente ?
Si les
congolais ne sont plus dans la capacité de rendre justice, il
est a espérer que la Belgique s’intéressera à ses ressortissants
qui ont commis des crimes économiques contre le peuple congolais et
qui ont aussi floué fiscalement l’état belge par une triangulation
de comptes, Belgique – Congo – Suisse.
Jean
Cafiaux – Ingénieur |