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Pauvre Congo qui a vendu son âme à George Forrest

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Jean Cafiaux

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En 18 années passées au Congo de 1971 à 1998, j’ai vu la décrépitude  de ce pays sous le régime Mobutu.

Mobutu avait compris que pour se maintenir au pouvoir  il devrait partager les richesses du pays, ce qui est en soit le but de tout gouvernement.

Mais, au lieu d’instaurer un régime de type démocratique où fonctionnent les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires, ce qui aurait permis une égalité des chances pour tous, il a préféré instaurer une sorte d’oligarchie de népotisme qui à ruiné l’état.

Etat ruiné :

-économiquement par le pillage des caisses de l’état et des sociétés minières et pétrolières.

-moralement par la corruption, les malversations, l’incivisme.

Les jeunes congolais aujourd’hui n’ont plus de points de  repères sociaux, moraux et civiques puisqu’ils n’ont rien connu d’autre. Tout est permis, même de voler, puisque tout le monde le fait et que cela permet de survivre.

Le pouvoir sous Mobutu ne voulait surtout pas d’égalité des chances pour tous ! Cette volonté était renforcée par les structures ancestrales des tribus et des clans. Et même, à l’intérieur de ceux ci, il était normal qu’il y ait un chef avec des privilèges.

Mais le pauvre peuple congolais n’avait pas compris que les chefs allaient, volontairement, les conduire à l’agonie dans le seul but d’enrichissement personnel. Il y a donc eu crimes contre le peuple congolais par les classes dirigeantes de cette époque.

Parmi ceux qui avaient compris la méthode Mobutu et qui ont participés au pillage systématique du pays il y a l’entrepreneur « dit Belge » du Katanga.

Pourquoi « dit Belge » ? Parce que ses vrais  homologues belges et les journalistes économiques belges dont (Trends Tendances) ont pour lui une considération très retenue.

Comment ce « petit entrepreneur » il y a une bonne dizaine d’années seulement, est arrivé à s’acheter des avions « Falcon » puis « Challenger », signes extérieurs de sa richesse ?

Certainement pas par des investissements opportuns dans une économie porteuse. Le charroi industriel de Forrest est totalement obsolète et maintenu en survie par une maintenance caduque.

Certainement pas par des capacités de gestionnaire industriel  brillant. Sur ces activités purement industrielles de 1996 à 1998 la Belgolaise a dû avancé 6.000.000 USD  pour boucher les trous.

Comment, alors ? Tout simplement avec l’argent du peuple. Par la corruption des agents de la Gécamines, des Travaux Publics de la Régie des Voies Aériennes et de l’Administration fiscale.

A titre d’exemples :

- en ne respectant pas les cahiers des charges (ainsi la troisième couche de tarmac à l’aéroport de Lubumbashi n’a jamais été placée).Les fonctionnaires des Travaux Publics recevaient un salaire Forrest pour fermer les yeux.

- certains agents expatriés de la Gécamines, recevaient aussi un salaire Forrest avant d’être engagés par lui, pour lui donner les informations minières de la Société d’Etat.

- les surveillants des quantités de cobalt à la découverture, des carrières GCM étaient aussi corrompus pour gonfler les chiffres de production.

- les dettes de la Gécamines étaient majorées d’intérêts composés exorbitants avec la complicité d’expatriés, dont Michel Anastassiou,  ex Directeur Financier Adjoint de la GCM remercié par celle ci et actuellement chez Forrest, comme Administrateur.

- Forrest ne paie quasi pas d’impôts :

- ni sur les bénéfices présumés de production.

- ni sur la commercialisation réelle qui se fait via la Suisse

- ni sur les contributions du personnel expatrié.

La liste est longue , très longue !

Actuellement la performance de Forrest au Katanga est d’avoir intéressé l’Union Minière, la Belgolaise et les Finlandais d’Oktopuntu à le suivre.

En fait ce sont les deux derniers qui financent à risques, fort naïvement.

Forrest et UM n’ont pas pris de risquent industriels dans les opérations Kasombo p.e. .

Forrest et UM n’ont fait que récolter des plus values sur ventes de cobalt sur des comptes placés en Suisse, en arnaquant au passage. la GCM par des rétrocessions occultes

Sur le Plan social, le personnel congolais de Forrest est maintenu en survie par « le sac de farine », quelques médicaments et 40 USD dont les 2/3 sont des frais de transport.

A côté de cela il y a un peloton de secrétaires expatriées, non déclarées, à 3.000 USD/mois, pour assouvir les fantasmes de puissance des dirigeants masculins .

C’est dire si Forrest a les moindre soucis de justice sociale.

Ironie de l’histoire. C’est donc ce Forrest, issu de l’école de Mobutu que Kabila a nommé à la présidence de la Gécamines.

Pourtant , lors de la prise de Lubumbashi par Kabila, Forrest était considéré comme un valet de Mobutu. Il fut donc mis sous pression par l’AFDL et dû donner beaucoup pour le pseudo effort de guerre.

Ceci parvint petit à petit à décrisper l’atmosphère. Et Kabila, d’abord justicier, tomba sous le charme, surtout après avoir reçu de Forrest, 75 pick-up Toyota achetés chez Afrima et selon Forrest lui-même 4.000.000 USD.  Puis vint la visite en Belgique, où Forrest cira les chaussures de Kabila dans les plus fins hôtels de Bruxelles. L’homme avait de nouveau gagné la confiance de Kabila. Ce qui fit dire aux journalistes présents que Forrest s’était acoquiné avec tous les régimes successifs au Congo.

La religion de Forrest est l’argent et son Dieu, le Dollar. La morale, la déontologie , l’intérêt du peuple n’ont pas de place dans cette logique économique. Seul compte l’enrichissement personnel.

Dés lors, c’est vers une nouvelle lapidation de la GCM que l’on s’engage car Kabila aussi à besoin d’argent.

Pauvre peuple congolais, dès lors, qui en est réduit à remettre son âme, la Gécamines, à un faux Dieu. Quel enfer devra t’il encore vivre avant de revoir naître l’espoir d’une vie décente ?

Si les congolais  ne sont plus dans la capacité de rendre justice, il est a espérer que la Belgique s’intéressera à ses ressortissants qui ont commis des crimes économiques contre le peuple congolais et qui ont aussi floué fiscalement l’état belge par une triangulation de comptes, Belgique – Congo – Suisse.

Jean Cafiaux – Ingénieur

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