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Aussi bien
Egypte antique, en Nubie que dans d’autres cultures antiques et
modernes, le mariage était une condition sine qua non d’accession
au pouvoir. Car, en réalité, le pouvoir n’était pas dans les
mains d’un individu, mais plutôt dans les mains d’un couple.
L’avenir d’une royauté était dans les mains de la « première
épouse » du chef. La première dame du pays a un statut théologique,
ontologique et politique particulier. Son siège est prévu par tous
les protocoles du monde.
La pensée
politique luba que Mr. Kabila doit avoir appris dans son enfance il
est dit : « Mujike, m-mwanabo ne mupale »,
c’est-à-dire « Le Célibataire est le frère du Fou »
ou « Le Célibataire est semblable, pareil à un Fou ».
C’est un irresponsable. Il ne doit jamais être placé à la tête
d’une Communauté. L’impensé de cet enseignement est qu’un Chef
doit être un symbole, un modèle. En tant que représentant de la
société à l’extérieur, il peut influencer dans un sens ou dans
un autre, la réputation, l’image et l’identité de cette société.
En laissant un Célibataire à la tête du Pays, la République Fédérale
du Congo n’était-elle pas en train de salir sa réputation, son
image et son identité ?
L’avenir
d’une Nation dépend de l’importance que cette Nation accorde à
la Famille, à l’éducation. Le Chef influence par son comportement
beaucoup plus profondément cette éducation que l’Ecole ou les
parents. Nous avons vu l’influence des escapades de Mobutu et des
mobutistes sur la jeunesse congolaise. Cette prostitution
institutionnalisée fait partie des inadmissibilités politiques qui
devraient partie des critères de destitution d’un Chef d’Etat.
Aujourd’hui
le monde entier se moque des Congolais en disant : « Votre
Président est un croqueur ». Les mamans fâchées disent :
« Boyebisa moninga na bino atika kidumba. Mukonzi asalaka
boye te » ; « C’est un Président au comportement
inadmissible » ; « Même Mobutu savait sauver la façade » ;
« Kabila ne se respecte pas et il respecte personne ».
S’il a une femme Tutsi du Rwanda, comme certaines langues le disent,
il doit la faire venir à Kinshasa. La situation de guerre n’est pas
une raison pour cacher son épouse. Sa place est à Kinshasa.
Nous
demandons à la vedette congolaise Tshiala Mwana, victime de cette
politique de distraction, de prendre ses distances par rapport à la
politique et aux hommes politiques. Il est dangereux de se faire
instrumentaliser par un Président de la République.
Nous sommes
profondément déçus de constater que les Eglises qui ont
l’habitude de chasser les enfants de l’Ecole pour des banalités
de l’adolescence gardent silence lorsqu’un Chef d’Etat ou un
Ministre piétine toutes les bonnes traditions morales de la Nation.
Quand les
Mamans lui demandent : « Où est la Maman, où est la Première-Dame
du Pays », il répond : « Vous avez des mauvaises
habitudes de vous préoccuper de la vie privée des gens ». Mais
il n’avait pas mesuré la profondeur politico-culturelle de
l’exigence et n’a pas non plus calculé la colère provoquée par
cette réponse d’une indescriptible insolence.
Monsieur
Kabila en tant qu’individu n’a certes pas de comptes à nous
rendre. Il est libre de faire ce qu’il veut dans les limites imposées
par la loi et la culture. Mais en tant que Président de la République,
il n’est pas libre de faire ce qu’il veut. Dans un pays où plus
de la moitié de la population est jeune, le Président doit éviter
d’être pris pour un glorificateur du célibat dans le kindumba.
C’est
pourquoi nous demandons au Président de la République Démocratique
du Congo de régulariser sa situation maritale d’ici le 31 Décembre
1999. Après cette date, le Peuple Souverain du Congo est en droit
d’initier la procédure de sa destitution pour motif de prostitution
à la tête du pays. Quiconque veut accéder à des postes de
responsabilité politique ou militaire doit divorcer d’avec le
kindumba et régulariser sa situation.
Pour éviter
la répétition de la délinquance à la tête de l’Etat Congolais,
retenons pour la nouvelle Constitution l’article suivant : « Nul
ne peut accéder au Poste du Président de la République ou du
Premier Ministre s’il n’est officiellement marié et s’il est établi
qu’il n’a pas la maîtrise de sa sexualité ».
Nous
demandons aux Responsables de l’Eglise Protestante Congolaise, de
l’Eglise Catholique, de l’Islam et d’autres communautés
religieuses congolaises, aux responsables d’autres branches de la
Société Congolaise, de soutenir cette exigence de l’Association
des Moralistes Congolais. Nous voulons un Renouveau Moral au Congo, un
Etat de Droit et d’Ethique. Il n’est plus question de tolérer la
délinquance à la tête du Pays.
Si le Président
de la République refusait de régulariser son mariage, avec notre sœur
de Kigali ou avec Tshiala, il faudrait que la Nation se mette debout
pour exiger sa DÉMISSION.
Dr.
Mubabinge Bilolo
Secrétaire
Général-Adjoint de l’Association des Moralistes Congolais. |