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Kabila : quel modèle pour la Famille Congolaise ? Regard Nr. 2 sur le Congo-Kinshasa

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Dr. Mubabinge Bilolo

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Aussi bien Egypte antique, en Nubie que dans d’autres cultures antiques et modernes, le mariage était une condition sine qua non d’accession au pouvoir. Car, en réalité, le pouvoir n’était pas dans les mains d’un individu, mais plutôt dans les mains d’un couple. L’avenir d’une royauté était dans les mains de la « première épouse » du chef. La première dame du pays a un statut théologique, ontologique et politique particulier. Son siège est prévu par tous les protocoles du monde.

La pensée politique luba que Mr. Kabila doit avoir appris dans son enfance il est dit : « Mujike, m-mwanabo ne mupale », c’est-à-dire « Le Célibataire est le frère du Fou » ou « Le Célibataire est semblable, pareil à un Fou ». C’est un irresponsable. Il ne doit jamais être placé à la tête d’une Communauté. L’impensé de cet enseignement est qu’un Chef doit être un symbole, un modèle. En tant que représentant de la société à l’extérieur, il peut influencer dans un sens ou dans un autre, la réputation, l’image et l’identité de cette société. En laissant un Célibataire à la tête du Pays, la République Fédérale du Congo n’était-elle pas en train de salir sa réputation, son image et son identité ?

L’avenir d’une Nation dépend de l’importance que cette Nation accorde à la Famille, à l’éducation. Le Chef influence par son comportement beaucoup plus profondément cette éducation que l’Ecole ou les parents. Nous avons vu l’influence des escapades de Mobutu et des mobutistes sur la jeunesse congolaise. Cette prostitution institutionnalisée fait partie des inadmissibilités politiques qui devraient partie des critères de destitution d’un Chef d’Etat.

Aujourd’hui le monde entier se moque des Congolais en disant : « Votre Président est un croqueur ». Les mamans fâchées disent : « Boyebisa moninga na bino atika kidumba. Mukonzi asalaka boye te » ; « C’est un Président au comportement inadmissible » ; « Même Mobutu savait sauver la façade » ; « Kabila ne se respecte pas et il respecte personne ». S’il a une femme Tutsi du Rwanda, comme certaines langues le disent, il doit la faire venir à Kinshasa. La situation de guerre n’est pas une raison pour cacher son épouse. Sa place est à Kinshasa.

Nous demandons à la vedette congolaise Tshiala Mwana, victime de cette politique de distraction, de prendre ses distances par rapport à la politique et aux hommes politiques. Il est dangereux de se faire instrumentaliser par un Président de la République.

Nous sommes profondément déçus de constater que les Eglises qui ont l’habitude de chasser les enfants de l’Ecole pour des banalités de l’adolescence gardent silence lorsqu’un Chef d’Etat ou un Ministre piétine toutes les bonnes traditions morales de la Nation.

Quand les Mamans lui demandent : « Où est la Maman, où est la Première-Dame du Pays », il répond : « Vous avez des mauvaises habitudes de vous préoccuper de la vie privée des gens ». Mais il n’avait pas mesuré la profondeur politico-culturelle de l’exigence et n’a pas non plus calculé la colère provoquée par cette réponse d’une indescriptible insolence.

Monsieur Kabila en tant qu’individu n’a certes pas de comptes à nous rendre. Il est libre de faire ce qu’il veut dans les limites imposées par la loi et la culture. Mais en tant que Président de la République, il n’est pas libre de faire ce qu’il veut. Dans un pays où plus de la moitié de la population est jeune, le Président doit éviter d’être pris pour un glorificateur du célibat dans le kindumba.

C’est pourquoi nous demandons au Président de la République Démocratique du Congo de régulariser sa situation maritale d’ici le 31 Décembre 1999. Après cette date, le Peuple Souverain du Congo est en droit d’initier la procédure de sa destitution pour motif de prostitution à la tête du pays. Quiconque veut accéder à des postes de responsabilité politique ou militaire doit divorcer d’avec le kindumba et régulariser sa situation.

Pour éviter la répétition de la délinquance à la tête de l’Etat Congolais, retenons pour la nouvelle Constitution l’article suivant : « Nul ne peut accéder au Poste du Président de la République ou du Premier Ministre s’il n’est officiellement marié et s’il est établi qu’il n’a pas la maîtrise de sa sexualité ».

Nous demandons aux Responsables de l’Eglise Protestante Congolaise, de l’Eglise Catholique, de l’Islam et d’autres communautés religieuses congolaises, aux responsables d’autres branches de la Société Congolaise, de soutenir cette exigence de l’Association des Moralistes Congolais. Nous voulons un Renouveau Moral au Congo, un Etat de Droit et d’Ethique. Il n’est plus question de tolérer la délinquance à la tête du Pays.

Si le Président de la République refusait de régulariser son mariage, avec notre sœur de Kigali ou avec Tshiala, il faudrait que la Nation se mette debout pour exiger sa DÉMISSION.

Dr. Mubabinge Bilolo

Secrétaire Général-Adjoint de l’Association des Moralistes Congolais.
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