Un tueur à gages pour Lumumba |
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Olivier Badibanga |
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Du journal belge “De Morgen” (Lundi 13 décembre 1999, p. 1)
“Le ministre m’a offert un tueur à gages pour Lumumba”
Le ministre belge des Affaires Africaines d’Asprémont-Lynden envoya, début octobre 1960, deux officiers de l’armée de l’état-major de Bruxelles vers des figures-clés de l’armée au Congo avec l’objectif que Bruxelles enverrait un “tueur de crocodiles” -Lisez : un tueur à gages- pour tuer Patrice Lumumba. L’un des émissaires partis de Bruxelles fut le major Loos, alors bras droit du ministre des Affaires Congolaises. Celui qui reçut l’offre du gouvernement de bruxelles via Loos fut le luitenant-colonel Louis Marlière de la Force Publique, chargé de la coordination du projet belge contre les Lumumbistes dans l’ex-colonie. Comme officier militaire, Marlière fut, en 1960-1961, dans l’ex-colonie belge, impliqué au plus point dans les plans pour éliminer physiquement et politiquement le premier ministre Lumumba.
Marlière a reconnu maintenant pour la première fois que Bruxelles lui avait effectivement offert en ce temps-là un tueur à gages dans ce but. Il a fait cet aveu dans une interview enregistrée le 22 octobre dernier pour un documentaire sur la mort de Lumumba, que la station télé allemande ARD diffusera au début de l’année prochaine. Dans cette interview, le colonel Marlière est confronté avec les preuves matérielles du livre “De moord op Lumumba” de Ludo De Witte.
L’ex-premier ministre Mark Eyskens s’est opposé hier contre les projets de mettre une commission d’enquête parlementaire sur la recherche d’une implication de la Belgique dans la mort de Lumumba. Lors du programme télé de la VRT “De Zevende Dag”, le politique CVP a tiré sans ménagement sur la figure de Lumumba. Pour lui, le premier ministre légal du Congo était “un communiste qui avait sur sa conscience tant de vies humaines -belges également- qu’en Occident, un consensus existait alors pour ‘l’éliminer politiquement’”.
Eyskens junior, dont le père Gaston était premier ministre en 1960-1961, ajouta que concernant la liquidation physique de Lumumba, quelques militaires belges étaient alors impliqués mais certainement pas le gouvernement belge d’alors.
Mark Eyskens a essayé aussi de détruire le livre de Ludo De Witte sur le rôle central des ministres belges, des politiciens, des officiers militaires et du Palais dans toute l’opération au Congo, dont la mort de Lumumba fut une partie.
“Ce livre est totalement non scientifique. Les archives de mon père ne sont pas consultées. Tout tient dans une phrase dans un télégramme. C’est un roman, mais je préfère encore lire Jef Geeraerts”, d’après Eyskens. Pour lui, la commission d’enquête parlementaire ne doit pas se limiter à Lumumba et à ses proches. “Ses victimes doivent aussi retenir l’attention, car cet homme était comparable à Milosevic et Saddam Hoessein”.
Les points de vue de Mark Eyskens paraissent, entre parenthèses, répondre à l’appel du chef de file CVP Marc Van Peel d’en arriver à un débat serein en ce qui concerne l’enquête sur la mort de Lumumba.
Walter de Bock
Traduction : Olivier Badibanga
Olivier Badibanga
Obadibanga@hotmail.com |
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