Affaire Lumumba et tribalisme belge |
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Olivier Badibanga |
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L'affaire Lumumba n'échappera pas au prisme du tribalisme belge, à la
paranoïa entre Wallons et Flamands. Alors que la fracture apparaît comme évidente entre les partis politiques au pouvoir et ceux de
l'opposition, le manichéisme belge se rattrappe, dans la presse, lorsqu'il s'agit d'envisager les réactions au Congo. C'est La Libre
Belgique (9 décembre 1999, p. 11), et la journaliste "spécialiste du Congo", Marie-France Cros,
qui donne le ton. Lisez plutôt :
"La création d'une telle commission ne passerait pas inaperçue à Kinshasa où le président Kabila se réclame du lumumbisme -non sans
contestation de la réalité de cette filiation morale. L'affaire est cependant loin d'être simple car ce chef d'Etat natif du Katanga s'est
entouré d'un certain nombre de partisans de la sécession de Moïse Tshombé; qui plus est, son ethnie - les
Balubakat, largement lumumbistes en 1960- se sent néanmoins proche des Balubas du Kasaï, qui
ne portent guère Lumumba dans leur coeur.
Enfin, pour accroître la complexité des réseaux politiques concernés,
la famille Lumumba est divisée entre pro- et anti-Kabila".
Analyse simpliste, n'est-ce pas ? Tels sont la plupart des "experts" belges. Ils connaissent vos options politiques dès lors qu'ils
connaissent votre appartenance tribale ! Que disent-ils d'Antoine
Gizenga, un mupende du Bandundu, qui se veut héritier du lumumbisme unifié ? C'est trop compliqué pour la presse belge, un tel paramètre...
Quelqu'un se demandait si les Hutus et les Tutsis n'auraient pas été
moins en conflit s'ils avaient été colonisés tout le temps par un autre
pays que la Belgique... fédérale.
Olivier Badibanga
Obadibanga@hotmail.com |
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