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Nous
avons assisté à un débat plus ou moins passionné sur le général
Mahele. Mon propos n’est pas d’y revenir mais de souligner le fait
que si ce débat était abordé dans le cadre du dialogue national qui
se prépare, il devrait sans nul doute intéresser tout le peuple
congolais. Chaque intervenant y aurait ainsi apporté sa contribution,
modeste soit elle. Inutile de rappeler que le dialogue national
n’est pas réservé exclusivement aux politiciens et aux membres de
la société civile. Chaque congolais a le devoir moral d’y
participer activement, et ce de manière directe ou indirecte.
Pour
revenir à mon propos d’aujourd’hui, il est aussi inutile de
rappeler que dans les accords de Lusaka, il était convenu de créer
une nouvelle armée congolaise. Il va de soi que la création de cette
nouvelle armée fera l’objet d’un débat houleux et passionné, à
l’instar des autres points sensibles que nous avons déjà analysés.
Ce débat est même impératif parce que toutes les misères que connaît
actuellement notre pays sont dues en grande partie à notre armée qui
s’est révélée incapable de défendre l’intégrité de notre
territoire lors de deux agressions. Le sentiment est donc unanime au
sein de la population congolaise de doter notre pays d’une armée
digne d’un grand pays comme le nôtre, c’est-à-dire une armée
disciplinée et combative ; une armée qui doit inspirer la
crainte et forcer le respect et l’admiration. La question qui se
pose est de savoir comment arriver à bâtir une telle armée?
Deux solutions sont proposées. Elles feront l’objet du débat
lors du dialogue national :
1)
La fusion de différentes factions armées en conflit comme les
accords de Lusaka l’ont suggéré.
2)
La dissolution pure et simple de toutes les factions armées
actuelle et la levée d’une nouvelle armée sur base de nouveaux
critères de recrutement.
PROPOSITION
DES DIFFERENTS PROTAGONISTES POUR LA CREATION D’UNE NOUVELLE ARMEE
CONGOLAISE
1)
L’opposition
non armée.
De nombreux partis politiques qui se bousculent pour participer au
Dialogue National ne se sont pas encore prononcés sur cette question.
Faut-il dissoudre ou fusionner les factions armées en guerre
afin de créer une nouvelle armée? Il est encore grand temps que le
peuple congolais (pourquoi pas les internautes ?) leur demande de
dévoiler leur position (s’ils en ont une). Voilà à quoi sert un débat
d’idées.
2)
La
société civile.
Bien qu’elle ait abordé la question de l’armée lors de son
atelier tenu récemment à Kinshasa, la société civile ne s’est
pas non plus prononcée sur cette question. Elle doit donc être
interpellée. Le peuple congolais a droit de connaître la position de
cette société civile qui prétend défendre ses intérêts.
3)
Le
gouvernement de Kinshasa.
Bien qu’il soit signataire des accords de Lusaka, le gouvernement de
Kinshasa est paradoxalement hostile à la fusion des armées. D’après
Mzee Kabila, son armée doit constituer l’ossature de la nouvelle
armée congolaise. A la limite, on peut y incorporer quelques bons éléments
(pas des officiers qu’il juge incompétents et corrompus) des armées
rebelles.
4)
Le
MLC de BEMBA.
Ce mouvement est partisan de la fusion de toutes les factions armées
conformément aux accords que son leader a signés à Lusaka. Il tient
ainsi à respecter sa parole.
5)
Les
RCD. Comme
à l’accoutumée, ils laissent planer l’incertitude sur cette
question. En raison de l’influence d’Ondekane dans le RCD/Goma, on
peut présumer que ce mouvement est favorable à une fusion des
factions armées. Quel sera alors le sort des soldats Banyamulenge ?
C’est le secret défense ! ! !
IL
est évident que dans l’une (fusion) ou l’autre (dissolution)
hypothèse, il faut formuler des propositions concrètes pour
finaliser sans heurt le projet. C’est l’objet même du débat.
POSITION
DE MON PARTI SUR CETTE QUESTION.
Mon
parti, le PDECO, est catégoriquement opposé au projet de fusion des
factions armées en guerre proposée par les accords de Lusaka. Voici
nos arguments.
1)
Le risque de rivalité entre les différentes factions fusionnées
est inévitable. Il sera sans nul doute la source d’incertitude et
d’insécurité très préjudiciable à la paix elle-même.
2)
Cette fusion permettra de garder sous les drapeaux des éléments
asociaux, des marginaux, des criminels et autres bandits recrutés par
les différents factions armées en guerre. Ce qui revient à perpétuer
l’indiscipline, l’incompétence et le manque de combativité, les
trois maux qui rongent notre armée.
3)
En cas de fusion, les Banyamulenge, majoritaires dans l’armée
du RCD/Goma, seront d’office intégrés dans l’armée congolaise
malgré leur nationalité rwandaise. Ceci est une violation flagrante
de notre constitution qui stipule clairement que l’armée est réservée
exclusivement aux nationaux, c’est-à-dire aux citoyens de
nationalité congolaise. D’autre part, comment peut-on empêcher
d’autres soldats rwandais d’infiltrer notre armée sous le nom de
ces Banyamulenge dans le but de saborder tous les efforts de
reconstruction ? Il est évident que les pays agresseurs ne
verront pas d’un bon œil la création d’une forte armée
congolaise car qu’ils vivront perpétuellement dans la crainte
d’une vengeance du peuple congolais.
4)
En cas de fusion, le budget actuel de l’état ne permettra
pas d’assurer un meilleur encadrement à tous les soldats. Ceux-ci
continueront ainsi à végéter dans la misère, source de tous les
maux qui rongent notre armée.
5)
Les critères de promotion diffèrent d’une faction armée à
une autre. Dès lors, nous risquons de se retrouver avec des officiers
et des sous-officiers incompétents qui continueront à entretenir
l’indiscipline et l’incompétence qui ont longtemps nui au
prestige et à l’image de marque de notre armée.
Mes
salutations patriotiques.
Dr Assani Ali Arkamose
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