GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)

Les points chauds du Débat intercongolais. I. Constitution...

politi3.jpg (679 octets)

Dr Assani Ali Arkamose

politi3.jpg (679 octets)

LES POINTS CHAUDS DU DIALOGUE INTERCONGOLAIS. I. LA CONSTITUTION DES DELEGATIONS.  

            Les prises de position intempestives de certains protagonistes intercongolais préfigurent le caractère houleux et passionné des débats qui s’engangeront dans le cadre de ce dialogue intercongolais. Celui-ci risque d’être une copie conforme de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) malgré les appels incessants de nombreux compatriotes de leur épargner une CNS-bis. Curieusement, à tout point de vue, ce dialogue intercongolais sera confronté aux mêmes problèmes que ceux qui ont miné et paralysé la CNS, à savoir la constitution des délégations et la mise en place des institutions de transition.    

            Si la participation au dialogue intercongoalis de toutes les forces vives de la nation (le pouvoir de Kinshasa, l’opposition armée, l’opposition non armée, la société civile) n’est pas remise en cause mais la constitution et la composition de certaines  délégations vont sans nul doute soulever beaucoup de  controverses.

1. Le pouvoir de Kinshasa

            Il apparaît de plus en plus évident que le pouvoir de Kinshasa sera représenté par certains membres du gouvernement. Donc, Mzee Kabila ne participera pas personnellement au dialogue. Son absence risque de susciter des protestations des autres protagonistes qui chercheront à éviter de tomber dans le même piège tendu jadis par le feu Maréchal Mobutu. Celui-ci avait catégoriquement réfusé d’assister personnellement aux débats en séances plenières se plaçant ainsi d’emblé au-dessus de la melée. Cette absence avait entravé le déroulement normal de certains débats. Car, il est arrivé souvent que ces débats soient interrompus pour permettre aux collaborateurs du président Mobutu d’aller le consulter avant de se prononcer. La présence physique du  Mzee Kabila aux débats en séances plenières nous épargnera ce type de blocage et lui permettra de s’impliquer personnellement aux décisions qui seront prises lors des débats. Mzee Kabila doit absolument éviter de répéter les erreurs du président Mobutu en cherchant à se placer au-dessus des autres protagonistes.  Il ne doit pas considérer ce dialogue comme une menace contre son pouvoir mais une véritable réconciliation nationale.            

2. Le RDC/Goma.

            Le cas du RDC/Goma est très complexe. En effet, ce parti est dirigé en partie par les Tutsi qui prétendent avoir la nationalité congolaise. Leur présence va certainement soulevé des vives protestations. Car, jusqu’à preuve du contraire, aucun de ces dirigeants tutsis du RDC/Goma n’a jamais fourni une quelconque preuve sur leur nationalité congolaise. Par conséquent, le dialogue intercongolais étant censé réunir exclusivement les congolais entre eux, la présence de ces étrangers ne se justifie point. D’autre part, l’absence des éléments tutsis dans cette délégation libérera leurs alliés congolais de toute contrainte et leur permettra ainsi de débattre de manière constructive.  

       Si les dirigeants du RDC/Goma ne fournissent aucune preuve sur la nationalité congolaise de leurs dirigeants d’origine tutsie, beaucoup de congolais s’opposeront catégoriquement à leur présence au dialogue intercongolais. Leur participation sera considérée comme un véritable affront à cause des massacres, des exactions et des pillages que ces rwandais sont d’entrain de commettre dans notre pays.     

3. L’opposition non armée.

            Elle est l’un de deux protagonistes dont la constitution et la composition de la délégation susciteront sans nul doute beaucoup de controverses en raison d’une multitude des partis politiques. Le problème se situe au niveau des critères qui doivent servir à la sélection des partis politiques qui doivent participer au dialogue. Le critère le plus souvent évoqué est la popularité et l’implantation  sur le territoire national. En ce qui concerne la popularité, en l’absence des élections, aucun parti ne peut prétendre être plus populaire qu’un autre. Quant au nombre des membres, aucun crédit ne peut être accordé aux chiffres qui seront avancés par les différents partis politiques. Nous avons lu sur ce net qu’un sondage réalisé  à Kinshasa avait révélé que l”UDPS, parti qui se considère le plus populaire, n’aurait recolté que 12% d’intentions de vote. Pourtant, la ville de Kinshasa est considérée comme le fief de Mr Tshisekedi. Ce résultat démontre clairement que la popularité n’est pas un critère objectif auquel on peut se fier. En ce qui concerne l’implantation, il est vrai que certains partis sont mieux implantés sur le territoire national que d’autres. Mais à cause de l’interdiction des activités politiques sur toute l’étendue du territoire depuis plus deux ans, il est présentement difficile d’évaluer correctement cette implantation.    

            A la lumière de ces considérations, notre parti propose une sélection basée sur la divergence d’opinions et de visions de notre société des partis politiques.  En effet, comme on le sait, avant l’interdiction des partis politiques, ceux-ci se sont régroupés en différents cartels en fonction de la similitude de leurs projets de société et/ou de leurs visions de la société congolaise. C’est cette divergence d’opinions et de visions de différents cartels, qui mérite d’être exploitée pour enrichir les débats. Il ne sert à rien de faire participer  par exemple dix <grands partis politiques> qui partagent presque la même vision de notre société. On ne gagnera rien en qualité. Pour nous, le dialogue intercongolais doit reposer sur un vrai débats d’idées pour exorciser tous les démons de la division qui déchirent notre beau pays. Il ne doit pas être réduit à un simple affrontement entre le régime de Kinshasa et ses opposants pour le partage du pouvoir comme ce fut le cas à la Conférence Nationale Souveraine.    

  Concrétement, notre proposition consiste à inviter les cartels et non les partis politiques individuellement. Ce sont les cartels qui doivent définir leurs propres critères pour constituer leurs délégations. Donc, tout parti politique qui n’appartiendra pas à un cartel doit être exclu du dialogue intercongolais.

4. La société civile.

         Est le groupe le plus hétérogène. Il sera certainement confronté à un sérieux problème pour constituer sa délégation. Il nous semble difficile de proposer des critères précis susceptibles de satisfaire toutes les tendances. Pour simplifier, mon parti propose qu’on utilise le critère spatial, c’est-à-dire qu’on doit former cinq délégations de la société civile en fonction de leur localisation spatiale et de la partition du pays entre les différentes factions armées :

-         Une délégation provenant des territoires encore sous le contrôle de Kabila.

-          Une délégation provenant des territoires du RDC/Goma.

-         Une délégation provenant des territoires du RDC/Wamba.

-         Une délégation provenant du territoire du MLC.

-         Une délégation provenant de la diaspora.

Chaque délégation définit ses propres critères de sélection. Pour assurer l’indépendance de la société civile, il faut absolument éviter qu’elle soit noyautée tant par les factions armées que par l’opposition non armée. Ce qui affaiblit la société civile au Congo, c’est son alliance avec certains partis politiques. Pour jouer pleinement son rôle de défenseur des intérêts du peuple congolais, elle doit rester neutre. C’est pour cette raison que notre parti s’oppose catégoriquement à son alliance avec l’opposition non armée. Ses alliances doivent être circonstancielles en fonction des enjeux.  En tant qu’une association des partis politiques qui visent la conquête du pouvoir, les intérêts de l’opposition armée peuvent être en contradiction avec ceux du peuple congolais. Dans de telles circonstances, la société civile ne doit pas hésiter à prendre ses distances avec cette opposition non armée et la combattre publiquement.   

5. Le MLC et le RDC/Wamba.

        La constitution des délégations de ces deux fractions ne paraissent pas poser beaucoup de problèmes s’ils ne font pas appel aux étrangers.   

Dr ASSANI Ali Arkamose, président du PDECO

Copyright Afriqu'Info asbl.