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LES
POINTS CHAUDS DU DIALOGUE INTERCONGOLAIS.
I. LA CONSTITUTION DES
DELEGATIONS.
Les
prises de position intempestives de certains protagonistes
intercongolais préfigurent le caractère houleux et passionné des débats
qui s’engangeront dans le cadre de ce dialogue intercongolais.
Celui-ci risque d’être une copie conforme de la Conférence
Nationale Souveraine (CNS) malgré les appels incessants de nombreux
compatriotes de leur épargner une CNS-bis. Curieusement, à tout
point de vue, ce dialogue intercongolais sera confronté aux mêmes
problèmes que ceux qui ont miné et paralysé la CNS, à savoir la
constitution des délégations et la mise en place des institutions de
transition.
Si
la participation au dialogue intercongoalis de toutes les forces vives
de la nation (le pouvoir de Kinshasa, l’opposition armée,
l’opposition non armée, la société civile) n’est pas remise en
cause mais la constitution et la composition de certaines
délégations vont sans nul doute soulever beaucoup de
controverses.
1.
Le pouvoir de Kinshasa
Il
apparaît de plus en plus évident que le pouvoir de Kinshasa sera
représenté par certains membres du gouvernement. Donc, Mzee Kabila
ne participera pas personnellement au dialogue. Son absence risque de
susciter des protestations des autres protagonistes qui chercheront à
éviter de tomber dans le même piège tendu jadis par le feu Maréchal
Mobutu. Celui-ci avait catégoriquement réfusé d’assister
personnellement aux débats en séances plenières se plaçant ainsi
d’emblé au-dessus de la melée. Cette absence avait entravé le déroulement
normal de certains débats. Car, il est arrivé souvent que ces débats
soient interrompus pour permettre aux collaborateurs du président
Mobutu d’aller le consulter avant de se prononcer. La présence
physique du Mzee Kabila
aux débats en séances plenières nous épargnera ce type de blocage
et lui permettra de s’impliquer personnellement aux décisions qui
seront prises lors des débats. Mzee Kabila doit absolument éviter de
répéter les erreurs du président Mobutu en cherchant à se placer
au-dessus des autres protagonistes.
Il ne doit pas considérer ce dialogue comme une menace contre
son pouvoir mais une véritable réconciliation nationale.
2.
Le RDC/Goma.
Le
cas du RDC/Goma est très complexe. En effet, ce parti est dirigé en
partie par les Tutsi qui prétendent avoir la nationalité congolaise.
Leur présence va certainement soulevé des vives protestations. Car,
jusqu’à preuve du contraire, aucun de ces dirigeants tutsis du RDC/Goma
n’a jamais fourni une quelconque preuve sur leur nationalité
congolaise. Par conséquent, le dialogue intercongolais étant censé
réunir exclusivement les congolais entre eux, la présence de ces étrangers
ne se justifie point. D’autre part, l’absence des éléments
tutsis dans cette délégation libérera leurs alliés congolais de
toute contrainte et leur permettra ainsi de débattre de manière
constructive.
Si
les dirigeants du RDC/Goma ne fournissent aucune preuve sur la
nationalité congolaise de leurs dirigeants d’origine tutsie,
beaucoup de congolais s’opposeront catégoriquement à leur présence
au dialogue intercongolais. Leur participation sera considérée comme
un véritable affront à cause des massacres, des exactions et des
pillages que ces rwandais sont d’entrain de commettre dans notre
pays.
3.
L’opposition non armée.
Elle
est l’un de deux protagonistes dont la constitution et la
composition de la délégation susciteront sans nul doute beaucoup de
controverses en raison d’une multitude des partis politiques. Le
problème se situe au niveau des critères qui doivent servir à la sélection
des partis politiques qui doivent participer au dialogue. Le critère
le plus souvent évoqué est la popularité et l’implantation sur le territoire national. En ce qui concerne la popularité,
en l’absence des élections, aucun parti ne peut prétendre être
plus populaire qu’un autre. Quant au nombre des membres, aucun crédit
ne peut être accordé aux chiffres qui seront avancés par les différents
partis politiques. Nous avons lu sur ce net qu’un sondage réalisé
à Kinshasa avait révélé que l”UDPS, parti qui se considère
le plus populaire, n’aurait recolté que 12% d’intentions de vote.
Pourtant, la ville de Kinshasa est considérée comme le fief de Mr
Tshisekedi. Ce résultat démontre clairement que la popularité
n’est pas un critère objectif auquel on peut se fier. En ce qui
concerne l’implantation, il est vrai que certains partis sont mieux
implantés sur le territoire national que d’autres. Mais à cause de
l’interdiction des activités politiques sur toute l’étendue du
territoire depuis plus deux ans, il est présentement difficile d’évaluer
correctement cette implantation.
A
la lumière de ces considérations, notre parti propose une sélection
basée sur la divergence d’opinions et de visions de notre société
des partis politiques. En effet, comme on le sait, avant l’interdiction des partis
politiques, ceux-ci se sont régroupés en différents cartels en
fonction de la similitude de leurs projets de société et/ou de leurs
visions de la société congolaise. C’est cette divergence
d’opinions et de visions de différents cartels, qui mérite d’être
exploitée pour enrichir les débats. Il ne sert à rien de faire
participer par exemple
dix <grands partis politiques> qui partagent presque la même
vision de notre société. On ne gagnera rien en qualité. Pour nous,
le dialogue intercongolais doit reposer sur un vrai débats d’idées
pour exorciser tous les démons de la division qui déchirent notre
beau pays. Il ne doit pas être réduit à un simple affrontement
entre le régime de Kinshasa et ses opposants pour le partage du
pouvoir comme ce fut le cas à la Conférence Nationale Souveraine.
Concrétement,
notre proposition consiste à inviter les cartels et non les partis
politiques individuellement. Ce sont les cartels qui doivent définir
leurs propres critères pour constituer leurs délégations. Donc,
tout parti politique qui n’appartiendra pas à un cartel doit être
exclu du dialogue intercongolais.
4.
La société civile.
Est
le groupe le plus hétérogène. Il sera certainement confronté à un
sérieux problème pour constituer sa délégation. Il nous semble
difficile de proposer des critères précis susceptibles de satisfaire
toutes les tendances. Pour simplifier, mon parti propose qu’on
utilise le critère spatial, c’est-à-dire qu’on doit former cinq
délégations de la société civile en fonction de leur localisation
spatiale et de la partition du pays entre les différentes factions
armées :
-
Une
délégation provenant des territoires encore sous le contrôle de
Kabila.
-
Une
délégation provenant des territoires du RDC/Goma.
-
Une
délégation provenant des territoires du RDC/Wamba.
-
Une
délégation provenant du territoire du MLC.
-
Une
délégation provenant de la diaspora.
Chaque
délégation définit ses propres critères de sélection. Pour
assurer l’indépendance de la société civile, il faut absolument
éviter qu’elle soit noyautée tant par les factions armées que par
l’opposition non armée. Ce qui affaiblit la société civile au
Congo, c’est son alliance avec certains partis politiques. Pour
jouer pleinement son rôle de défenseur des intérêts du peuple
congolais, elle doit rester neutre. C’est pour cette raison que
notre parti s’oppose catégoriquement à son alliance avec
l’opposition non armée. Ses alliances doivent être
circonstancielles en fonction des enjeux. En
tant qu’une association des partis politiques qui visent la conquête
du pouvoir, les intérêts de l’opposition armée peuvent être en
contradiction avec ceux du peuple congolais. Dans de telles
circonstances, la société civile ne doit pas hésiter à prendre ses
distances avec cette opposition non armée et la combattre
publiquement.
5.
Le MLC et le RDC/Wamba.
La
constitution des délégations de ces deux fractions ne paraissent pas
poser beaucoup de problèmes s’ils ne font pas appel aux étrangers.
Dr
ASSANI Ali Arkamose, président du PDECO
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