Etre libre, c'est être maître de
son jugement - libere judicare |
 |
Pr. Jules de Tibeiro, Ph.D. |
 |
|
Chers compatriotes,
Il y a deux problèmes de la liberté, qu'on pourrait appeler en langage augustinien le
problème du libre arbitre, et celui de la liberté.
Le premier est un problème de mécanisme, et il vise ce pouvoir de choix, qui est
essentiel à la créature spirituelle, et qui la rend maîtresse de ses actes, de ses
objets, de son jugement.
Le second est un problème de sens, et il vise le pouvoir de réalisation de soi, qui
caractérise la personne, qui lui permet de répondre à sa vocation et d'achever sa
destinée.
Les deux problèmes sont impliqués l'un dans l'autre comme un problème partiel et un
problème total, comme un problème de moyen et un problème de fin : car le libre arbitre
est un moyen pour la liberté, et LE POUVOIR DE CHOISIR EST AU SERVICE DU POUVOIR DE
S'ACHEVER
La liberté est un pouvoir d'autonomie et un pouvoir de don. La personne en soi est une
réalité donnée et une réalité à construire ; et comme elle, la liberté est un
pouvoir de choix, indestructible, et un pouvoir d'achèvement, à conquérir.
La personne est blessée, elle doit être rachetée; et comme elle, la liberté est
captive, et doit être délivrée. En ce sens, l'histoire de la personne est l'histoire
même de sa liberté; le problème de la personnalisation est le problème de la
libération.; et ce sont les composantes nécessaires de cette histoire qu'il nous faut
étudier.
Et d'abord, l'acte de liberté est un acte de l'esprit tout entier.
S'il est nécessaire de rechercher les rôles respectifs de l'intelligence et de la
volonté à l'intérieur de l'acte libre, il est tout à fait vain de tendre à les
séparer. Une explication de la
liberté ne peut être intellectualiste ou volontariste qu'à condition de fausser son
problème.
ETRE LIBRE, C'EST ÊTRE MAÎTRE DE SON JUGEMENT - libere jidicare - ; l'acte libre
implique donc toujours un "jugement voulu", et une "volonté jugée" ;
et c'est pourquoi St. Thomas dira que le sujet de la liberté, ce n'est ni l'intelligence,
ni la volonté, mais LA
VOLONTÉ CONSIDÉRÉE DANS SON RAPPORT À L'INTELLIGENCE. Autrement dit, c'est l'esprit
tout entier qui est engagé dans l'acte libre, par suite, la personne tout entière ; de
ce point de vue déjà, l'acte libre doit être défini comme l'acte de la personne comme
telle.
Par ailleurs, l'acte de la liberté est essentiellement un choix. Nous y reviendrons dans
une prochaine livraison.
A bientôt donc, chers compatriotes !
Pr. Jules de Tibeiro, Ph.D. |
|