| Une figure emblématique, chef d'État
(longiligne) d'un pays de l'Afrique australe monte au ciel consulter le Bon Dieu pour
s'enquérir de l'état de santé de son pays en lui disant : "Seigneur, dans combien d'années mon peuple sera heureux ? Je
suis très fatigué et j'ai bien hâte que quelqu'un d'autre passe aux leviers de commande
de mon pays. Je viens de me remarier et j'aspire comme tout homme d'État raisonable et
qui se respecte et qui a fait son temps de passer la main afin de profiter un peu de la
vie avant quitter la Terre.
Vous savez Seigneur tout puissant, comment sous mon
impulsion , nous avons combattu l'Apartheid, obtenu tardivement mais sûrement
l'indépendance de notre pays, tendu la main même à nos anciens geôliers et, ouvert la
voie à une démocratie véritable et réelle. Pas de la poudre aux yeux avec des débats
coûteux et inutiles comme dans certains pays que vous connaissez qui ne cessent de
déshonorer notre continent par le désordre et le chaos. Un pays incapable de créer un
consensus national !
Nous avons fait de notre mieux pour redonner la dignité
à notre peuple en lui apprenant à aimer son pays avant toute chose. Nous avons ouvert
nos frontières même à des apparatchiks d'un régime tyrannique de triste mémoire,
etc...
Dites- moi maintenant Seigneur, en toute franchise, quand
est-ce que mon peuple sera heureux ? "
Le Bon Dieu consulte son computer celeste et lui dit
gentiment - cela s'entend vu sa personnalité - en bon polyglotte : "Ton peuple sera
heureux dans 50 ans. Désolé, un peu de courage ! Everything will be fine in the future
" . ALORS CE CHEF D'ÉTAT RENTRE CALMEMENT CHEZ LUI EN PLEURANT !
Le lendemain, un souverain d'Afrique du Nord va à son
tour rendre visite au Bon Dieu en lui disant :
"Seigneur, dans combien d'années mon peuple sera
heureux ? J'ai fait relancer l'économie de mon pays, libéré la femme, engagé le pays
dans la voie du multipartisme, une pratique jadis incompatible avec mon statut de
Commandeur des Croyants.
L'opposition peut se permettre maintenant de me critiquer
ouvertement, voire de me tancer dans les journaux. L'intégrisme n'a plus droit de cité
comme dans certains pays voisins, l'armée est réellement dans les casernes , la
délinquance juvénile est négligeable, l'insécurité a été enrayée, le peuple mange
à sa faim etc...
J'ai même grâce à notre tradition hospitalière
accueilli dans le passé à bras ouverts un dictateur ( pathologiquement paranoïaque) de
notre continent en fuite. Je l'ai d'ailleurs fait jadis pour le Chah dans presque les
mêmes circontances. Le premier est venu finir ses jours ici et une bonne partie de sa
famille réside encore chez nous.
Dites moi alors Seigneur, quand est ce que mon peuple sera
heureux. Et le Bon Dieu consulte son ordinateur pentium dernier cri (soit dit en passant
on est bien en retard sur la terre dans ce domaine, cela va de soi !) et lui dit
péremptoirement : " Ton peuple sera heureux dans 100 ans mon fils ! " ET LE
MONARQUE REGAGNE SES ROYALES PÉNATES EN PLEURANT.
Vient enfin en catimini un chef d'État (curviligne)
d'Afrique centrale, au visage de Bouddha d'ébène (tout le contraire de son homologue
longiligne évoqué ci-haut) , vous dévinez qui ! Avec son arrogance et sa suffisance
légendaires, il lui dit avec les mains dans les poches comme le faisaient les Yankees,
les "Bills" des quartiers Bruxelles et Citas dans Kazamar (les kinois vont se le
rappeler ! )
Eh Seigneur, mon peuple m'est reconnaissant de l'avoir
libéré, d'avoir chassé le névrosé qui dictait le cours de l'Histoire par la terreur
et le sang versé et ce au service d'un même objectif : le renforcement de son pouvoir
personne. Ce peuple me doit tout même si je le dirige dans le sang. Sans mon intervention
personnelle et les trahisons que l'on sait au sein de sa propre équipe (et le cancer qui
le minait), sa capacité de nuisance serait loin d'être épuisée !
Seigneur, j'ai retabli la démocratie, fait un avant
projet d'une nouvelle Constitution taillée à la mesure de mes ambitions. J'ai bâti une
nouvelle monnaie, libéré la presse même si j'ai une aversion d'arrêter tous ceux qui
émettent une quelconque critique sur ma politique. Je suis bien obligé de le faire même
si cela est contraire à mon éthique de démocrate.
J'ai débaptisé tous les vieux noms de triste mémoire,
mis au pas tous les politiciens nostalgiques de la vieille garde, effectué le toilettage
de l'aéroport et de la capitale qui était devenue à mon arrivée nocturne (en catimini)
une vraie poubelle etc...
Je vis en concubinage avec une belle musicienne qui a
connu ses moments de gloire en dehors du pays pour montrer à quel point j'étais proche
de mon peuple contrairement à l'ancien
dictateur.
J'ai fait inspirer par nos musiciens une nouvelle danse
qui fait rage sur le continent. Au moins je reconnais une chose positive dans le bilan de
l'ancien dictateur quand il disait qu'un peuple heureux est un peuple qui chante et qui
danse. La seule différence réside dans le fait que sous lui, ce même peuple chantait et
dansait à jeûn pour oublier la faim. Et de plus il était forcé de la faire. Avec moi,
on chante et on danse (librement) le ventre plein. D'où la naissance du Dombolo qui fait
la joie du peuple.
À l'Étranger, les Tshembe-Tshembe veillent au grain. Ils
me sont tellement fidèles et loyaux que certains d'entre eux m'ont comparé sans rire un
jour au général de Gaulle. J'en été même sidéré et je me suis dit "Why not ?
"
J'ai nommé un nouveau chef de la diplomatie dont les
phrases à l'emporte- piece ont fait jadis école quand il taxait nos frères de l'Est de
microbes. Maintenant , il invite nos frères de l'Afrique de l'Ouest de triste mémoire
qui viendront nous revendre des cabris et des "makasu" (noix de Cola) et
developper par la même occasion le maraboutage et le trafic des pierres précieuses.
Coopération Sud-Sud oblige ! Il fallait y penser !!!
Pourquoi faut-il toujours aller mendier auprès du F.M.I et de la Banque Mondiale !!!
". Il suffit que j'annonçe une valse de nominations
dans les corps constitués (ministères, ambassades, société d'État, etc...) pour que
les Tshembe-Tshembe s'agitent et se mettent en transes ...Ah qu'ils sont marrants des fois
!
J'ai même impressionné l'an dernier votre représentant
au Vatican. Sous votre inspiration, j'imagine, il a dit exactement en latin ce que
l'ancien "Goebels" du défunt dictateur dit à mon peuple : "Ecce homo
!" (Voilà l'homme ! )
Mon peuple mange maintenant au moins 4 fois par jour,
chose impensable sous le règne précédent du tyran qui nous a floué pendant plus de 3
décennies. Un dictateur dont la responsabilité est écrasante dans le malheur de mon
peuple... C'est bien normal que les Tshembe-Tshembe le détestent cordialement !
J'ai enfin proposé un débat national qui a même fait
couler beaucoup d'encre sur Internet mais je n'ai aucune inquiétude à ce niveau car je
sais ce que représente la vie à l'Étranger avec son lot de tentations et de vexations.
Il y a certains qui me demandent de libérer tous les politiciens qui croupissent encore
dans mes geôles.
Mais au moins là où ils sont, ils sont sûrs de bien
manger (4 fois par jour, ils prennent même du poids et ont des médecins à leur
disposition). Ainsi ils me laissent en paix.
Enfin Seigneur, Deo gratias, dites-moi, quand est-ce que
mon peuple sera heureux ?
Et le Bon Dieu consulte son ordinateur céleste qui s'est
subitement détraqué vu la complexité de l'équation différentielle à résoudre.
ET LE BON DIEU S'EST MIS À SANGLOTER !!!!!!
La question est de savoir maintenant comment le dirigeant
de ce pays a pris la chose .... Il est rentré les mains dans les poches en s'esclaffant !
Comme e d'habitude.
Merci chers compatriotes pour votre patience. Que cette
histoire nous serve de léçon dans nos préoccupations futures au sujet de l'avenir de
notre pays.
Pr. Jules de Tibeiro, Ph.D. |