Propositions du MSDD sur la crise
en RDC |
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Transmis par Shungu |
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Mouvement Solidarité pour la démocratie et
le développement, "MSDD"
A son excellence Monsieur le secrétaire Général des Nations-Unies à New-York.
Avec ampliation à leurs Ecellences Messieurs et Madame:
- le Président en exercice de l'OUA
- le Président de la RDC
- le Président en exercice de la SADC
- le Président de la République de la Zambie
- le Secrétaire Général de l'OUA
- le Président de la Commission Européenne
- le Président du Parlement européen
- la Secrétaire d'Etat des Etats-Unis d'Amérique
- le Ministre des Affaires Etrangères de la Belgique
- le Ministre des Affaires Etrangères de la France
- le Ministre des Affaires Etrangères de la RFA
- le Ministre des Affaires Etrangères de la Russie
- le Ministre des Affaires Etrangères de la Chine
- le Secrétaire au Foreing Office de la Grande-Bretagne
Concerne : Analyse et propositions du MSDD sur la crise en
République Démocratique du Congo (1 ère partie)
Excellence Monsieur le secrétaire Général,
I. La guerre et ses conséquences
1. Depuis le mois d'Août 1998, la RDC est la proie d'une guerre impliquant
d'un côté, le Burundi, l'Ouganda, le Rwanda et ceratins congolais en rébellion
contre le régime du Président L-D KABILA et, d'autre, ce dernier appuyé par l'Angola,
la Namibie, le Tchad et le Zimbabwe.
2. Les causes lointaines de cette guerre sont en vérité :
a) le blocage par le Président MOBUTU du processus de démocratisation et de
réconciliation nationale déclenché par la CNS ; blocage qui a "remis en
honneur" l'usage des armes comme moyen pour accéder au pouvoir au Congo;
b) l'absence de démocratie dans la sous-région des Grands-Lacs;
c) la perception arronnée et la mauvaise gestion des conflits dans cette sous-région par
la Communauté Internationale;
2.1. Tandis que ses raisons immédiates sont :
a) la sécurité, mieux l'insécurité permante le long de leurs frontières communes avec
la RDC que le Burundi, l'Ouganda et le Rwanda allèguent pour motiver leur participation
à la guerre contre elle;
b) le blocage de la démocratisation du Congo et la persistance de la contestation de la
nationalité aux Tutsi Banyamulenge que les rebelles reprochent au pouvoir en place, pour
justifier leur alliance avec le Burundi, l'Ouganda et le Rwanda contre le régime du
Présisdent KABILA.
3. Cette guerre absurde entraîne plusieurs conséquences graves, voire dramatiques :
3.1 portée injustement sur le territoire d'un Etat souverain par d'autres, elle constitue
une violation flagrante des Chartes des Nations-Unies et de l'OUA;
3.2. à l'instar de tout conflit armé, elle donne lieu à des violations massives des
droits de l'homme et des libertés fondamentales par les atteintes à l'intégrité
physique des personnes et la destruction des biens;
3.3. elle axarcerbe les tensions, l'insécurité et les problèmes humanitaires posés par
le nombre toujours croissant de réfugiés et de personnes déplacées dans la
sous-région des Grands-Lacs; ce qui amenuise les chances de paix et de stabilité dans
cette sous-région;
3.4. elle enfonce le Congo dans une crise économique d'où il ne pourra pas sortir avant
longtemps, et compromet tout effort de développement du pays;
3.5. elle aggrave et prolonge la misère du peuple congolais qui sombre chaque jour
davantage dans le désespoir;
3.6. elle déstabilise les institutions du Congo et fragilise de plus en plus un Etat
déjà déliquescent;
3.7. elle compromet la relance du processus de démocratisation du Congo auquel son peuple
est attaché;
3.8. elle a coupé le Congo en deux et comporte le danger de balkanisation ainsi que de
somalisation du pays;
3.9. elle décrébilise la Communauté Internationale dont la nonchalance, à la limite de
la démission, donne aux Congolais le sentiment d'être victimes d'une vaste conspiration
internationale.
4. Par ailleurs, la guerre actuelle est perçue, à tort ou à raison, par d'aucuns comme
une entreprise de conquête des Tutsis contre les Bantous, ce qui inocule les germes d'une
haine raciale dont il sera difficile de gérer les conséquences à l'avenir comme nous le
démontre l'interminable conflit israélo-arabe.
5. Pour toutes les raisons majeures exposées ci-dessus, il est impérieux et urgent de
mettre fin à cette guerre inadmissible qui n'a que trop duré.
II. Nécessité de l'implication des Nations-Unies
6. L'implication des Nations-Unies à la recherche de la solution au conflit actuel est
nécessaire et se justifie à plus d'un titre :
6.1. l'histoire du congo est marquée par l'intervention des Nation-Unies à chaque grande
crise; qu'il s'agisse de la crise des années 1960 ou de celle plus récente des
réfugiés rwandais, les Nations-unies ont toujours joué un rôle important qui leur
confère une
responsabilité particulière dans l'évolution de la RDC depuis son indépendance et à
laquelle elles ne peuvent se dérober;
6.2. la RDC est membre de l'ONU. Elle ne peut ignorer l'existence de celle-ci dans la
gestion d'un conflit armé d'une telle ampleur;
6.3. conformément à l'esprit de leur Charte et à la lettre de l'article 1er de
celle-ci, les Nations-Unies ont le devoir d'intervenir dans ce conflit qui oppose leurs
membres et rompt la paix internationale dans la région des Grands-Lacs;
6.4. de par les aveux de l'Ouganda et du rwanda qui ont reconnu officiellement la
présence de leurs troupes au Congo et leur participation aux hostilités, il est
manifeste qu'il s'agit des actes d'agression qui autorisent les Nations-unies d'intervenir
en vertu du chapitre VII de leur charte pour rétablir la paix et la sécurité
internationales;
6.5. l'internationalisation du conflit, ses incidences sur les relations entre Etats, la
complexité et l'immensité des problèmes qu'il soulève, dépassent largement les
capacités des pays belligérants tant au plan matériel que politique. Seules les
Nations-Unies peuvent
faire pression pour obtenir l'arrêt des hostilités et la contribution des grandes
puissances au dénouement de la crise.
6.6. Voilà pouquoi, les signataires du présent mémoradum, cadres congolais de la
génération politique issue de la CNS de l'ex-Zaïre et regroupés au sein de la
plate forme, MOUVEMENT SOLIDARITE POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT, MSDD,
s'adressent à votre Excellence afin d'obtenir un engagement fort et concret de l'ONU,
dans la dynamique devant conduire à la paix en RDC et dans la sous-région des
Grands-Lacs.
III. Pistes de solutions.
7. a l'effet du dénouement de la crise congolaise, nos propositions sont les suivantes :
7.1. A l'évidence, depuis bientôt cinq mois que la guerre a été déclenchée, elle
n'est parvenue à résoudre aucun des problèmes soulevés.
Bien au contraire. Elle n'a fait que semer la mort, la désolation et la haine tant au
Congo que dans la sous-région.
La solution militaire est donc inappropriée et nuisible à tous.
7.2. C'est pourquoi, il est impérieux de recourir aux mécanismes de règlement pacifique
qui tiennent compte des facteurs internes et externes de la crise actuelle. Ce règlement
doit être global et passe par les négociations à deux niveaux;
D'abord, négociations internes au Congo et, ensuite, entre celui-ci, le Burundi,
l'Ouganda et le Rwanda dans le cadre de la conférence internationale sur la paix et
sécurité dans la sous-région des Grands-Lacs.
7.3. Ces négociations doivent être précédées de pré-négociations ayant pour objet
de créer les conditions requises à leur bon déroulement.
Les pré-négociations n'aborderont pas, en conséquence, les questions de fond.
A. Les pré-négociations
8. Les objectifs à atteindre par les pré-négociations sont:
-1- le cessez-le feu immediat;
-2- le déploiement des forces d'interposition le long des frontières communes
(RDC-Burundi-Ouganda-Rwanda et RDC-Angola) et de la ligne de front, de manière à
empêcher les incursions des rebelles burundais, ougandais, rwandais et angolais contre
leurs pays respectifs et la violation du cessez-le feu à l'intérieur de la RDC;
-3- simultanément à ce déploiement, le retrait de toutes les troupes étrangères en
commençant par celles du Burundi, de l'Ouganda et du Rwanda;
-4- l'élaboration de l'agenda des négociations intercongolaises et
intergouvernementales.
9. A ce stade, il est normal que les participants soient les parties bélligérantes : le
Burundi, l'Ouganda, le Rwanda et la rébellion, d'un côté, et la RDC et ses alliés, de
l'autre.
9.1. Les pré-négociations seront conduites sous la haute direction de l'ONU et de l'OUA.
Ces deux organisations internationales garantiront l'application rigoureuse des accords
conclus à l'issue des pré-négociations notamment par l'institution d'un comité de
suivi.
9.2. Dès la mise en oeuvre de ces accords, les négociations internes devront débuter
car, d'elles sortiront la position commune des congolais sur les différentes questions
soulevées par la paix dans la sous-région des Grands-Lacs et le gouvernement habilité
à négocier avec les pays voisins.
B. Les négociations intercongolaises
9.3. Le but poursuivi par les négociations intercongolaises est de :
-1- dégager un consessus national réel et le plus large possible sur les problèmes
essentiels concernant l'avenir de la RDC;
-2- relancer le processus de démocratisation au Congo;
-3- sceller la réconciliation nationale entre les divers courants politiques, d'une part,
et entre les différentes composantes sociologiques de la nation congolaise, d'autre part.
-4- créer les conditions d'une paix civile durable et de stabilité au Congo;
-5- offrir aux partenaires extérieurs la garantie collective d'une coopération
réciproquement avantageuse et redorer l'image de marque du congo à l'étranger.
11. Participants
Elles réuniront autour d'une table :
1- le Gouvernement du Président L-D KABILA;
2- les acteurs politiques internes armés et non armés;
3- les exilés politiques;
4- la société civile.
12. ordre du jour :
Les négociations intercongolaises examineront les questions ci-après:
a)- Constitution de la RDC et ordre institutionnel de la transition;
b)- défense et sécurité du territoire congolais;
c)- programme politique et élections;
d)- reconstruction du Congo;
e)- nationalité;
f)- désignation des animateurs des institutions de la transition.
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