COMMUNIQUE DE PRESSE DES
FONUS.Face à la détérioration dramatique de la
situation en République Démocratique du Congo, nous nous sentons dans l'obligation de
vous dire que la crise qui assiège aujourd'hui la nation congolaise est l'aboutissement
d'une longue frustration du peuple congolais dans ses aspirations à la démocratie, à
une société des libertés et du respect des droits de la personne humaine.
Rivés à la pauvreté absolue , privés de tout droit aux
droits humains, les congolais ont enduré plus de 32 années de Mobutisme.
Comment décrire cette tragedie humaine, la répression de
l'esperance et de l'émotion, la répression de l'imagination créatrice ou simplement de
la créativité de tout un peuple?
Combien de temps fallait-il encore pour rénouer avec
l'éspoir et commencer si possible à construire le devenir de la nation?
Nous savons que la guerre n'est pas une fin en soi, elle
doit par dessus tout être finalisée à ce qui est nécessaire à l'éclosion de la paix;
une paix que nous souhaitons tous durable.
Notre démarche en faveur d'une résolution pacifique du
conflit n'a d'autre fondement que l'intérêt bien compris de la mère patrie; dégager
les possibilités des négociations de la classe politique du pays et de ses forces
sociales significatives pour conjurer la dictature et instaurer dans le pays le régime du
droit, de la démocratie et du respect des droits humains, ne dit-on pas que les seules
lois durables, sont celles qui ont été négociées.
Au nom des FONUS nous nous sommes rendus à Brazzaville au
Congo, à Libreville au Gabon, à Yaounde au Cameroun, à Kigali au Rwanda, à Kampala en
Ouganda, à Naïrobi au Kenya, à Dar-es-salam en Tanzanie, à Goma, parce qu'il nous a
toujours semblé que la recherche d'une solution pacifique au conflit n'a pas de prix; à
Bruxelles en Belgique, à Paris en France; autant de moments qui attestent de notre
volonté de paix.
Notre démarche a donné enfin l'occasion de prouver à
nous même Congolais, puis à la face du monde que nous sommes des HOMMES capables de
transcender nos divergences, nos ambitions et intérêts personnels lorsque l'exige
l'intérêt suprême de notre pays.
L'appel de la nation, rivée à la pauvreté absolue,
postule de chacun de nous la constance et la permanence que seule mérite la démocratie.
L'ouverture démocratique qui se pose comme un préalable
transite par la libération de la femme et de l'homme congolais de toute forme
d'arbitraire, d'oppression, d'asservissement dont le régime de l'AFDL a poussé à son
comble, ici nous pensons spécialement à Monsieur JOSEPH OLENGHANKOY, Président National
des Forces Novatrices pour l'Union et la Solidarité << FONUS >> et leader de
la nouvelle génératiion politique en RDC, enlevé mardi 20 janvier 1998 par une dizaine
d'éléments armés jusqu'aux dents, au siège du parti, Monsieur JOSEPH OLENGHANKOY
croupit depuis lors dans les cachots souterrains de la prison de BULUWO.
Nous pensons aussi à la directiion politique des FONUS
exilée à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville, et également à tous les prisonniers
politiques et d'opinion. Partout dans le monde, des volontés s'etendent pour affirmer, à
ce seuil du troisième millénaire, la marche irresistible des peuples vers plus de
libertés et de démocratie.
Entouré de neuf pays frontaliers, soit de 9.000 km de
frontières communes à ceux-ci, dont aucun ne connaît véritablement la paix, lorsqu'il
n'est pas en conflit ouvert, virtuel ou latent, notre pays qui en constitue la base
arrière, côtoie chaque jour le risque de son implosion, la concertation de la classe
politique s'impose.
Pour qui et Pourquoi la guerre?
De son côté, le pouvoir de Kinshasa n'a pas su répondre
aux attentes du peuple congolais, à leurs aspirations à la démocratie et au
développement, au respect des droits humains et de libertés fondamentales pour tous,
qu'il a plutôt violés de façon massive et systématique, le pouvoir AFDL a frustré les
congolaises et les congolais de leur victoire sur la dictature de Mobutu et maintenant
c'est une autre guerre, la seconde en l'espace d'une année, qui sacrifie les derniers
actifs nationaux.
Le RCD << Rassemblement Congolais pour la
Démocratie>> est-il un cadre organisationnel de la société congolaise ou un outil
de conquête du pouvoir, une opportunité de positionnement pour contrôler et orienter
les échéances politiques à vénir? Les représentants des partis politiques et
associations de la société civile qui sont partis à GOMA, sont revenus, déçus de
l'incapacité d'apporter leur contribution au RCD. Cette déficience a coûté cher à la
rébellion, parce qu'elle est à la base de plusieurs phénomènes dont celui de
Jean-Pierre BEMBA dans la province de l'equateur, l'émergence d'un courant distinct dit
des rénovateurs, c'est-à-dire RCD rénové, et actuellement l'absence de cohésion entre
les branches politiques et militaires du mouvement, les initiatives diplomatiques non
concertées sont conduites de façon isolée par les uns et les autres au sein de la même
direction politique du RCD.
La gestion opaque des fonds dans les territoires
libérés.
Le RCD s'est révélé incapable d'empêcher des
violations massives et systématiques des droits humains, dont les massacres, à KASIKA et
à MAKOBOLA des populations pour la libération des quelles la guerre est censée être
menée. Le RCD n'est pas une alternative politique et économique au régime de Mr KABILA.
A l' EST comme à l'OUEST, le tableau global de la guerre
montre que les ambitions sont militaires et que les acteurs principaux sont, plus que
jamains étrangers.
Des deux côtés, les congolaises et les congolais ne sont
que des témoins impuissants et des victimes. Cette guerre n'est pas la leur; pas plus
qu'elle ne peut soutenir la paix bien comprise dans la sous-région d'afrique centrale.
Le temps est venu pour construire un pays où la paix
repose sur des institutions démocratiques respectueuses des particularités constitutives
de notre nation; un pays mobilisé autour d'un projet de développement ambitieux et
réconcilié avec ses voisins, Comme avec les pays amis traditionnels et la communauté
internationale.
DEBAT NATIONAL
La proposition du débat national faite par Mr Kabila est
un signe d'ouverture qui mérite notre attention dans la mésure où elle ouvre la voie au
dialogue indispensable à la recherche d'une solution pacifique au conflit, mais la
crispation politique actuelle exige une certaine detente avant la ténue du dialogue
national, la charge de promouvoir cette détente revient au pouvoir en place à Kinshasa
dont les actes sont de toute évidence à l'origine de la crise actuelle.
c'est pourquoi il lui est recommandé notamment :
1. d'abroger le décret loi n° 194 sur les partis
politiques de manière à permettre le libre exercice des activités des partis
politiques.
2. de libérer touts les prisonniers politiques et
d'opinions dont Mr Joseph OLENGHANKOY
3. D'annuler les décrets lois n°213, 214, 215 du 27 mars
1999 relatif à l'institution, à l'organisation, à la composition du comité
organisateur et la nomination des membres du comité organisateur du débat national.
OBJECTIFS DU DEBAT NATIONAL
Le débat national doit viser comme objectif :
1. Mettre fin à la guerre qui déchire notre pays.
2. La mise en place d'un cadre juridique et des
institutions de transition conformement à l'esprit fondamental de la CNS.
3. La réconciliatiion nationale.
4. L'organisation rapide des élections.
5. La sécurité et la paix dans le pays et dans la
sous-région.
LES PARTICIPANTS
Les participants au dialogue national doivent être
représentatifs de toutes les forces politiques et de la société civile de la nation
congolaise.
Ils peuvent être regroupés en quatre catégories :
1. Le pouvoir de Kinshasa
2. L'opposition armée
3. l'opposition non-armée dite << démocratique
>>
4. la société civile.
DU LIEU DE LA RENCONTRE
Compte tenu des réalités politiques sur le terrain, il
est vivement recommandé que la rencontre ait lieu en dehors du territoire national, pour
permettre un déroulement du dialogue dans une atmosphère de sérénité, de confiance
mutuelle et de sécurité pour tous.
DE L'ORDRE DU JOUR DE LA RENCONTRE
L'ordre du jour des concertations politiques en vue doit
être axé sur les quetions qui sont à l'origine de la crise actuelle.
Le débat national doit aborder toutes les questions en
lien avec l'organisatiion et l'exercice du pouvoir en RDC.
Pour garantir l'égalité de toutes les parties aux
négociations, celles-ci devront se dérouler sous la médiation de l'Organisation des
Nations Unies, de l'Union Européenne et de l'Organisation de l'Unité Africaine.
Les décisions du débat national doivent être
souveraines et opposables à tous.
Dans ces moments forts de l'histoire de notre pays , nous
lançons un appel à tous nos compatriotes afin qu' à la guerre ils repondent par la paix
, et qu'aux ambitions négatrices de notre souveraineté nationale , de notre intégrité
territoriale et de notre identité citoyenne , ils répondent par l'union des congolais
pour la paix .
La vonloté congolaise d'en finir avec la guerre et de
nous engager dans la voie de négociations politiques.
Négociation,parceque tel est l' exemple de grandeur
politique qu'attendent ou dévraient attendre de nous tous les pays voisins dans leur
légitime aspiration à la paix et à la sécurité.
Négociation parceque nousdevons éviter de soumettre la
nation à la spoliation des puissances étrangères .
Chers compatriotes,n'oublions jamais que tous heureux,nous
pouvons vivre ensemble.
je vous remercie de votre attention.
ATHANASE KETEKAMA OYUMBU
SECRETAIRE NATIONAL CHARGE DE LA DEFENSE ET DE LA SECURITE
DU TERRITOIRE / FONUS