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Re: A Mr Diatezua sur la définition du Mubutiste...

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Médard Munda Nkulu

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Le Mobutisme: une expérience amère pour les Congolais

Cher monsieur Diatezua,

Vous avez promptement bien réagi à la tentative de définition du "mobutiste" de Mme Libambu et vous avez conclu que, de part sa caractérisation, "un mobutiste signifie tout être humain doué d'un esprit diabolique et qui a participé à la gestion, à quelque niveau qu'il soit, de cet enfer que l'on a surnommé Zaïre, à l'époque".

De l'analyse que vous faites du mobutiste (du moins sa caractérisation), trois éléments ont retenu mon attention:

1. Le point commun à tous les mobutistes c'est la mégestion de la chose publique, peu importe leur degré d'implication. Ce qui importe c'est leur volonté de nuire, c'est tout.

2. Le qualificatif ou le concept "mobutiste" se rapporte à son initiateur, l'ancien dictateur Mobutu. De là à dire qu'on ne naît pas mobutiste mais on le devient, c'est-à-dire que Mobutu avait une idéologie à laquelle toute personne ayant participé à la gestion de la res publica devait souscrire. Cette idéologie s'appellait "le mobutisme". Toute personne qui aspirait, adhérait ou aidait à la mise en place de cette idéologie ou à sa réalisation s'appellait "mobutiste". Vu sous cet angle, le mobutisme devient l'ensemble des idées, des actes, des paroles et gestes du Président-Fondateur, le Guide éclairé, le Garant et Père de la Nation…; bref les enseignements de Mobutu. Soit dit en passant que c'est la mise en application de ces enseignements (par certains) qui a contribué à la destruction pure et simple de notre riche et beau pays.

3. Les mobutistes ont opéré, tous, dans la période du Zaïre de Mobutu qui a pris fin le 17 mai 97, date de la prise du pouvoir par l'actuel chef de l'Etat. (Avant et après le Zaïre, pas des mobutistes! - discutable).

En tant qu'idéologie, le mobutisme avait ses adeptes, parmi nous, c'est-à-dire tout Zaïrois qui ayant intériorisé les enseignements de Mobutu, perpétuait là où il se trouvait l'oeuvre de son maître. C'est donc cette espèce des racailles, partisans de Mobutu que nous appellons "Mobutistes".

De ce point de vue, maintenant que Mobutu (maître de l'ouvrage) n'est plus, la vraie question devrait être, à mon avis, celle de savoir s'il y a encore des mobutistes dans la RDCongo de Kabila. Si oui, jusqu'où peut aller la pérennité du mobutisme?
- Les mobutistes ont-ils droit de vivre dans la société actuelle et, à quelle condition?
- Le Congolais peut-il encore faire confiance à "un mobutiste" dans la gestion de la chose publique?
- Comment Mobutu est-il parvenu à se faire tant d'adeptes?
- Y a-t-il des mobutistes plus mobutistes que d'autres? Etc…

Je crois, pour ma part, qu'en répondant à ce genre des questions, on peut élaborer une analyse diachronique (comparée) de l'époque mobutiste à celle d'après Mobutu et en tirer des conclusions qui permettent d'éradiquer le mobutisme de notre société ou du moins ce qui en reste. Car, avec le système actuel des choses, la société congolaise court encore le risque de "fabriquer" d'autres "istes" du genre mobutiste sans que l'on s'en rende compte.

Je pense que personne ne peut avoir la prétention ou la certitude de décrire avec exactitude "le mobutiste". Mais ce qui est certain c'est que le peuple congolais, lui, n'est pas amnésique (des choses qui sont encore fraiches dans sa mémoire): il connaît et reconnaît le mobutiste pour avoir connu Mobutu et son mobutisme. Il connaît ceux qui l'ont aidé à tous niveaux, à maintenir son régime de terreur, sa dictature sanglante, sa corruption, etc.. bref, son système politique (le mobutisme) dont nous déplorons tous les résultats dévastateurs aujourd'hui. Toutes ces personnes doivent donc rendre compte de leurs actes personnels et collectifs dans la ruine du pays.

La responsabilité du congolais d'aujourd'hui devra consister à dénoncer avec un franc parler tous les actes du nouveau régime qui aillent dans le sens du mobutisme (et il y en a de plus en plus) pour que ce dernier ne refasse surface sous d'autres formes ou sous d'autres appellations. Ceci pourrait définitivement nous éviter la dispute inutile de la meilleure définition à donner, une fois encore, sur les courtisans de l'un ou l'autre régime après Mobutu. Car, il faut le reconnaitre, Mobutu a su imposer son système avec la complicité, le clientélisme, mieux la naïveté du peuple zaïrois!

Servons-nous davantage du passé pour mieux comprendre le présent et envisager le meilleur futur. Stanley Kubrick a écrit, je cite: "Le mal est dans le soi, (...) mais le non-soi ne peut admettre le mal, autrement dit les mecs du gouvernement et de la justice et de l'ecole ne peuvent permettre le mal vu qu'ils ne permettent pas le soi. Et toute l'histoire de notre temps, mes frères, n'est-elle pas le recit des vaillantes luttes de malenkys petits soi contre ces énormes machines ?".

A un homme intelligent un demi mot suffit. A la prochaine.

Médard Munda Nkulu.
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