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Déclaration de l'Union des Congolais pour le Paix

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Z'Ahidi Arthur Ngoma

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POUR UNE RESOLUTION POLITIQUE DE LA CRISE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (RDC) 

I. Evacuer le discours pessimiste sur la RDC

La République Démocratique du Congo a, depuis toujours, suscité des convoitises, y compris dans son existence même en tant qu'entité nationale. De telles velléités ne sont pas absentes de la crise actuelle du pays, lorsqu'elles ne la motivent pas.

Mais, le moment est peut-être venu de comprendre que l'histoire a marché ; que l'ensemble administratif créé par le fait colonial est devenu un seul et même organe vivant, où des hommes et des femmes, appartenant à des groupes sociaux différents, ont appris à vivre ensemble, ayant en partage un passé commun autant que la conscience de leur destin solidaire.

Le discours congolais ne s'est jamais fait entendre, il est vrai, que dans des rares moments d'hésitations de l'histoire, qui sont autant des rendez-vous manqués avec la liberté. Cela étant, même les trente-deux années du régime militaire, sanctifié par la culture de la guerre froide, n'ont pu avoir raison de la conscience nationale congolaise, qu'elles ont plutôt contribué à consolider.

Ce fait d'évidence contredit le pessimisme fondamental développé à souhait sur le Congo.

Certes, poser les fondations du développement économique, social et politique du pays reste l'un des défis majeurs de notre temps auxquels les démocrates congolais doivent faire face. Dans ces domaines, comme dans beaucoup d'autres, le pays est dans une phase essentiellement constitutive. Il lui faut sortir de la culture de jouissance et de prédation longtemps entretenue par des régimes politiques passés, rivant tout un peuple à la pauvreté absolue. Il lui faut combattre par tous les moyens l'ignorance qui, chez-nous comme ailleurs, signifie division, immobilisme et servilité.

La tâche est rude ; mais, les atouts sont là, dans ce sentiment très fort d'appartenance à une nation et, par-delà toutes les diversités, l'engagement total de tous et de chacun d'en défendre la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'identité citoyenne.

II Evacuer des prétentions faussement pacifistes

Tout le monde s'accorde à dire que le processus de résolution pacifique du conflit en RDC présuppose un cessez-le-feu. Mais, une question de fond reste posée : la voie par laquelle un tel cessez-le-feu devrait être obtenu. L'analyse se doit de mettre à nu les velléités bellicistes et faire valoir ce qui l'emporte : la paix.

Pour certains, ce cessez-le feu ne pourrait être obtenu que sur la base d'une négociation entre d'un côté le pouvoir de Kinshasa et ses alliés et, de l'autre, les prétendus " rebelles " et leurs alliés. Cette thèse est celle qui a la faveur de la prétendue rébellion. Elle a été étrangement retenue lors d'une récente rencontre de Pretoria (9-11 mars 1999) organisée par ACCORD, entre cette rebellion et quelques politiques congolais.

Pourtant, l'analyse des faits permet de comprendre qu'une telle approche ne saurait conduire à la paix, mais plutôt à l'enlisement du pays dans une option militaire notamment pour des raisons suivantes :

1°/ confusion entre deux niveaux de conflits

Cette approche confond, en effet, deux niveaux de conflits qui structurent la crise actuelle, ayant chacun sa nature propre et ses voies propres de résolution :

a) Le conflit interne, fait du problème de la démocratisation de la vie politique en RDC. Sa résolution postule des négociations directes entre congolais.

b) Le conflit externe, fait des tensions sous-régionales censées provoquées par l'insécurisation des pays voisins du Congo à leurs frontières par des groupes armés opposés à leurs régimes politiques respectifs. Sa résolution ne requiert de la RDC qu'un engagement de comportement : sécuriser ses voisins dans leurs frontières ; étant entendu que la paix dans chacun de ces pays est une question interne qui présuppose des négociations internes à chacun d'eux.

2°/ Négation du problème congolais voire du Congo en tant qu'entité nationale

Confondre les deux niveaux de conflits revient, en fait, à nier l'existence du problème interne congolais, qui ne serait que le prolongement d'un conflit sous-régional, ce qui est totalement inexact. C'est enfin développer l'idée d'une dissolution de fait du Congo, l'inviter à négocier à genou, parce que divisé et non réconcilié avec lui-même.

On imagine très aisément les effets pervers d'un cessez-le-feu qui interviendrait dans ce contexte : installation des forces internationales d'interposition à l'intérieur du pays, sur une ligne de démarcation des belligérantes (c'est du reste la proposition des prétendus " rebelles " à la rencontre de Pretoria précitée),c'est-à-dire la partition de fait du territoire congolais.

Manifestement, la démarche investit dans la guerre, d'autant que les patriotes congolais ne sont nullement disposés à avaliser l'idée d'une partition, même provisoire, de leur territoire. La démarche ne peut arrêter un esprit précis qui sait qu'une paix positive requiert un Congo à même de s'y engager, c'est-à-dire un Congo debout, réconcilié avec lui-même.

III. Affirmer une volonté politique favorable à la paix

Incontestablement, la recherche de la paix au Congo, comme dans les autres pays de la sous-région, transite par la dissociation des conflits observés sur le terrain. Elle requiert que puisse être résolue, avec urgence et priorité, la question interne au Congo (1), ce qui, par ricochet, permettra la RDC de jouer le rôle attendu d'elle dans le processus de résolution des conflits ou tentions sous-régionales (2).

1°/ Conférer la priorité aux négociations entre congolais

Les congolais doivent négocier entre eux, s'accorder sur les voies et moyens de résoudre leurs problèmes internes, et ce, sur le fondement de la réconciliation nationale et de la construction du pays. Ils doivent s'accorder sur des mécanismes institutionnels, en forme de transition vers la démocratie, devant, conduire le pays à l'organisation des élections libres, transparentes et démocratiques.

L'accord congolais ainsi obtenu devrait suffire à fonder et à légitimer tant le cessez-le-feu que le retrait des troupes étrangères du pays. Cela d'autant que toutes les parties étrangères en présence sont censées y avoir été invitées par l'une ou l'autre des parties congolaises.

2°/ Donner sa chance à la résolution des tensions sous-régionales

L'accord congolais - qui veut dire le Congo réconcilié avec lui-même, réhabilité dans sa souveraineté nationale, son intégrité territoriale et son identité citoyenne - est, par ailleurs, la condition dont a besoin la résolution des tensions sous-régionales. En effet, la RDC pourrait alors valablement s'engager envers les pays voisins ; mettre en œuvre, à leur égard, une politique de bon voisinage, voire faire revivre des mécanismes de coopération économique, sociale et culturelle favorables à la paix. Qu' il faille d'autres garanties ou preuves de volonté de paix, une conférence sous-régionale pourrait décider de l'instauration des forces internationales d'interposition aux frontières de la RDC avec les pays voisins concernés.

Voilà pourquoi nous attendons de tous les pays amis au nôtre leur concours pour rendre possible ces négociations entre congolais. Voilà pourquoi les forces politiques et sociales significatives de l'opposition Congolaise ont créé l'Union des Congolais pour la Paix (UCP) , qui n'est pas un autre parti politique, mais un cadre de réflexion, de concertations et d'action en vue des négociations.

Z'Ahidi Arthur Ngoma

Président

Union des Congolais pour la Paix

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