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Jouons franc Jeu

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Ngay Omer

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Le message de Christophe Nyangurware du 6 Juillet intitulé “En tant que Tutshi je comprends, mais je regrette” n’est qu’une revélation au grand jour du vrai mobile des deux guerres de “libération” que le Congo vient de connaître en l’espace de deux ans.

La première est celle qui s’est achevée par le départ du Président Mobutu de la scène politique Congolaise; la seconde est celle que nous connaissons depuis Aout 1998 et qui risque d’aboutir à la redéfinition des frontières nationales (ou peut être de toute l’Afrique, qui sait?).

Lorsque la première guerre s’est déclenchée, nombreux étions-nous à nous rejouir de voir s’approcher la fin du règne Mobutiste. Nous avons ignoré (sciemment ou inconsciemment) les ficelles attachées à cette libération. Et surtout nous avons fermé les yeux sur ceux qui tiraient ces ficelles. Nous ne nous sommes pas demandé pourquoi le Rwanda et l’Uganda engageaient-ils tant de resources dans cette rebellion. Nous avons pensé qu’ils le faisaient par amour pour le peuple congolais.

Je me souviens encore des propos qu’un refugié Rwandais m’ avait tenus le 15 Mars 1997 lorsque Kisangani était tombé entre les mains des "libérateurs”: “Vous autres zairois, me disait-il, vous semblez vous réjouir de l’avancée des rebelles dans votre territoire. Vous ne comprenez toujours pas qui est réllement derrière cces rebelles, et quelles sont leurs intentions réelles. Attendez! C’est seulement lorsque le Rwanda va recupérer son territoire actuellement occupé par le Zaire que peut être vous comprendrez que vous aviez tort de soutenir Kabila.”

A l’époque, Kabila et ses hommes étaient reputés anti-hutus. On disait même qu’ils massacraient les hutus qui s’étaient refugiés au Zaire. Pour moi, les propos de mon ami refugié reflétaient plutôt l’amertume qu’il éprouvait face à la déroute des FAR et des interhamwes. Aujourd’hui, plus de deux ans après, je comprends clairement que ses propos relevaient en fait d’un plan bien connu au Rwanda.

Bien plus tard, Mr Kagame déclarait que c’est lui qui avait initié, planifié et mené la guerre. Une fois de plus, nous congolais avons semblé ignorer le sens profond de cette déclaration. Dernièrement encore, le même Kagame a dit que son armée resterait au Congo tant qu’il le jugerait nécessaire. Une fois de plus, mous ignorons ce que cela signifie: “j’y ssuis et j’y reste”

Il existe plusieurs autres indices qui ne trompent pas quant à l’intention réelle de Kagame et des siens. Comme vient de le dire tout haut Christophe Nyangurware, les Tutsis ont annexé le Kivu et entendent y rester. Alors, si telle est le vrai mobile de la guerre actuelle, pourquoi ne discute-t-on pas cette question ouvertement? Pourquoi perdre le temps à Lusaka sur des questions banales telles que le retrait des troupes étrangères, les modalités de déploiement des forces de l’ONU ou de l’OUA, le désarmement des interhamwes, etc?

Ne nous rendons-nous donc pas compte qu’il s’agit là de manoeuvres de divertissement dans lesquelles le Rwannda nous a entraînés? Je crois qu’ il est temps d’aller tout droit au but et de jouer franc jeu. Trouvons les modalités nécessaires pour traiter le vrai problème, qui je le rappelle, se pose en ces termes: Kagame et les siens occupent une bonne partie du territoire Congolais, (le vrai motif étant l’annexion du Kivu par le Rwanda). Ils n’entendent pas s’en retirer car ils estiment que le Kivu leur appartient. Que faire alors? Je vois trois solutions possssibles:

1) Chasser Kagame par la force. Il faut alors constituer cette force et réunir les moyens nécessaires pour le faire. Dans cet ordre d’idées, il nous faudra chercher à connaître ceux qui le soutiennent militairement; et conclure avec eux des alliances plus intéressantes que celles que Kagame a conclues. Car ne l’oublions pas, personne ne nous fera des cadeaux. Ceux qui le soutiennent ne le font pas pour la beauté des femmes qu’il leur aurait cedées. Kagame doit avoir payé cher. Je crois que nous pouvons payer mieux que lui.

Si nous sommes incapables de le chasser par la forcce, des deux choses l’une:

2) Nous nous courbons et nous acceptons notre incapacité tout en reconnaissant Kagame et les Tutsis vainqueurs. Nous leur laissons alors la latitude de savourer tranquilllement les délices du Kivu, et on n’en parle plus, jusqu’à ce qu’une génération mieux organisée, moins corrompue et mieux déterminée que la nôtre fasse la besogne. Quand on est faaible devant un plus fort que soi, que fait-on? je sais que c'est navrant de penser un seul instant que le Rwanda est devenu aujourd'hui la grande puissance regionale qui souffle le chaud et le froid meme sur le grand lion affaibli qu'est le Congo! Quelle dure realite!

3) Nous demandons qu’un tribunal international tranche cette question une fois pour toutes.

En tout cas, continuer à jouer aux prolongations à Lusaka, aboutira peut être arriver à signer un cessez-le-feu. Mais cela ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau. Kagame restera bel et bien au Congo avec la complicité et la bénédiction des Congolais eux-mêmes. (Rappelons-nous les propos de Christophe Nyangurware: “Tant que nous le pourrions, nous manipulerons toujours les congolais pour conserver ces terres. Sachez qu'il ne manque jamais de congolais a manipuler”).

Kagame défiera les forces d’intervention (qui d’ailleurs traîneront les pieds pour venir au Congo). Il violera le cessez-le-feu pour s’emparer de Mbuji-Mayi (il n’est plus qu’à quelques kilomètres de là) et ainsi se servir à souhait des diamants de la MIBA. Et allez le déloger de là! Rappelons-nous que depuis le début de cette guerre, le Congo et ses alliés ne sont pas encore parvenus à recupérer même le village le plus petit de l’Est du pays!

Ce qui me révolte dans tout ceci, c’est que tous, gouvernement de Kabila, les rebelles, les pays Africains (avec en tête, la très inutile OUA), la fameuse communauté internationale (dont l’hypocrisie n’a d’égal que la lâcheté, la perfidie et le jeu de deux poids et deux mesures), tous donc préfèrent ne pas jouer franc jeu. Le franc jeu, une fois de plus, c’est la question de l’annexion d’une partie du territoire congolais par le régime Kagame. Il est temps de ramener le débat sur ce terrain-là.

P.s. Je sais que le message de Christophe doit avoir enragé plus d’un Congolais. Pour moi, la déclaration la plus vraie dans ce qu’il dit c’est qu’il ne manque jamais de congolais à manipuler. Et c’est là la source de notre malheur. Je crois que si nos amis rebelles ne s’étaient pas fait manipuler, Kagame aurait plus de peine à réaliser son plan macabre. Jusque là, il s’est caché derrière une rébellion “congolaise”. Sans celle-ci, il se serait mieux exposé, et nous aurions peut etre la tâche un peu (La suite ne nous est pas parvenue...)


Ngay Omer

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