Leffritement et les
dissensions des membres au sein du mouvement rebelle du R.C.D. , favoriseront- ils un
rapide retour à la paix au Congo ? |
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Mwamba K. Tshibangu |
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La lecture de la situation congolaise
actuelle doit se faire en juxtaposant plusieurs faits à la fois si lon veut en
saisir sa dynamique et ses mutations. La clé de cette lecture demeure la guerre engagée
depuis début août 1998 par les rebelles contre les troupes loyalistes.
Lévolution des affrontements sur le terrain noffre pas des grands
bouleversements, en dépit de quelques avancées des uns ou des autres. La prise de
Mbuji-Mayi, ville tant convoitée par les rebelles pour son importance économique, semble
ne plus être imminente. Parallèlement au spectre de la guerre, ce sont les négociations
ou du moins, tout ce qui tourne autour dun accord pour parvenir à un cessez-le-feu,
qui suscitent un intérêt majeur dans le chef de la population congolaise
particulièrement, mais aussi, dans les curs de nombreuses familles qui ont vu leurs
fils sengager dans une bataille sans issue certaine.
Dici là, létat de guerre dans lequel le pays est plongé aura accompli un
an. Si les négociations continuent à traîner le pas comme il en est le cas
actuellement, en dépit de laccord de Syrte qui ne trouve pas encore
dapplication jusquà ce jour, cette guerre que daucuns croyaient brève,
risque fort de se transformer en une longue course à obstacles et en une hécatombe pour
des milliers de civils à immoler sur lautel des ambitions dune bande
daffairistes sans scrupule.
Cette perspective apocalyptique ne peut quaggraver outre mesure linstabilité
politique et générer les répercussions négatives qui se vérifient déjà au quotidien
dans plusieurs secteurs de la vie socio-économique des divers pays engagés dans cette
guerre cruelle et absurde.
Linutilité de cette révolte sappréhende clairement en mettant en relief les
causes qui en sont la base. Bien que multiformes, les raisons majeures ayant poussé les
compagnons de Kabila, membres de lAlliance des forces démocratiques pour la
libération du Congo(AFDL) à lui fausser compagnie et à prendre les armes pour le
combattre, appuyés en cela par leurs ex alliés, en loccurrence les Rwanda et
lOuganda, peuvent se résumer en deux points : lutte contre la dérive dictatoriale
de son régime (de Kabila) et souci majeur de préserver la sécurité à leurs
frontières contre des éléments armés qui ont élu leurs arrières bases dans notre
pays.
Sil faut en décortiquer tous les éléments, ce conflit armé apparaît à
plusieurs égards une supercherie cachant des intentions floues et inavouées qui vont de
la voracité à saccaparer des richesses fortuitement, à lutopie de vouloir
changer, par la force des armes, les frontières héritées lors de la colonisation.
Autrement, rien nexpliquerait le déchaînement barbare de la spirale de violence,
si ce ne sont des grands enjeux géostratégiques qui sous-tendent toute cette triste
histoire. Car, en fait, que ce soit le Rwanda ou encore moins lOuganda, aucun de ces
pays na un régime démocratique. Labsence de la démocratie et dun Etat
de droit sur leurs territoires justifie, en quelque sorte, le choix des
opposants de faire valoir leurs revendications par des moyens militaires
plutôt que par de multiples voies qui devraient être garanties légalement.
Ainsi, à partir dune dysfonction générale du système politique en vigueur dans
nos pays, qui accuse un déficit notoire de la pratique démocratique, les crises qui en
résultent débouchent sur une spirale conduisant droit à un cercle vicieux. Cette thèse
qui est amplement étayée par linstabilité et la fragilité des régimes
politiques en Afrique noire démontre à suffisance le caractère hasardeux et
ostentatoire de cette guerre.
Pour preuve, les protagonistes qui sont à la tête du Rassemblement Congolais pour la
Démocratie, branche politique de la rébellion, brillent par leur incapacité à sortir
de leur moule un modèle de fonctionnement ou de gestion politique qui soit vraiment
démocratique. Les difficultés qui ont émaillé son bref parcours aboutissant
dabord à la dissension de NZaïdi Ngoma et récemment à léviction,
sans confrontation préalable de Wamba dia Wamba jusque là Président désigné de ce
regroupement, démontrent sans plus quau sein du RCD il ny a point de
démocratie. Leur échec est patent et traduit le manque de cohérence dans leurs
objectifs doù tout le dilemme qui accompagne leurs pseudo - revendications.
Le RCD qui ne pouvait naturellement aller loin dans ses aspirations de promouvoir la
culture démocratique dans notre pays ou den être véritablement le porte
étendard, a dilapidé, par des exécrations, par leur dépendance totale des pays
étrangers et enfin, par des méthodes putschistes, le peu de capital de confiance,
sil en avait, auprès de la population, en découvrant avant lheure ses cartes
sur table. Les gens savent désormais quil faut se méfier de la présence des
chiens de garde des Rwandais.
Si du côté rébellion, les choses tournent au vinaigre, du côté gouvernemental,
cest la même sauce. Les cérémonies commémoratives du 2ième anniversaire de la
prise de pouvoir de M. Kabila, ont donné loccasion de se rendre compte de certaines
similitudes avec le régime déchu au niveau organisationnel : participation forcée,
dépenses disproportionnées, ton extravagant etc...
Une autre inféodation aux tares dictatoriales a caractérisé les analyses et les
discours prononcés qui étaient unidirectionnels, sans aucune autocritique, reflétant
gravement le syndrome de la pensée unique. Qui pis est, il ny a pas eu des discours
conciliants en dépit de la gravité de la situation et de la convocation du Débat
national.
Cest dire que la normalisation de la vie politique et la solution aux conflits en
cours au Congo ne sont pas pour bientôt !
Mwamba K. Tshibangu
(Editorial paru dans la Renaissance n° 28 du samedi 29 mai 1999, mensuel de lUnion
de la Diaspora Congolaise du Canada, édité à Montréal, sous le titre :
«Léviction de Wamba dia Wamba». Texte rédigé avant la proclamation unilatérale
du cessez-le-feu par les Rwandais.) |
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