| Cher compatriote, Cher ami du Congo,
Lors de la messe du 21 février 1999,
plusieurs personnes ont répondu à lappel qui a été lancé pour nous retrouver et
approfondir notre réflexion sur la situation actuelle de notre pays.
Par la présente, nous avons le plaisir de
vous inviter à une réunion le 11 avril à 15h00 à la MAISON AFRICAINE
sise 33, rue Alsace Lorraine Quartier MATONGE. Toutes les propositions seront les
bienvenues pour concrétiser notre engagement!
Veuillez agréer, cher compatriote, cher
ami du Congo, lexpression de nos salutations distinguées.
Comité dorganisation:
Abbé KABONGO Emery 010/844151
Abbé MUAKA Joseph 067/214015
Abbé OKAMBA Paul 02/6331899
Père ONYEMBO Albert 010/888144
M. KUNDA José 010/451316
Mme BONDEKWE Liliane 02/5026715
Mme MUAMBA Agnès 067/560803
N.B.: Toute
personne en possession de cette invitation peut la diffuser auprès dautres
Congolais et Amis du Congo
Chers amis,
Comme promis, voici le petit feuillet
spécial avec des extraits de l'homélie du 21 février dernier et mon interpellation.
Vous étiez nombreux à vouloir savoir ce qu'était "PETITS PAS".
Rappelons-nous en effet 1990: après le
massacre des étudiants sur le Campus de Lubumbashi, MOBUTU décrète la fin de la
coopération Belge et Bruxelles ne se fait pas prier pour le prendre au mot. En quelques
jours, coopérants civils et militaires quittent le pays, matériel et biens sont
distribués ou soldés. Après un siècle de présence belge au Congo-Zaïre, la page est
tournée et l'amour-haine laisse la place à l'indifférence.
Et c'est dans l'indifférence que vont se
dérouler sept années de transition vers une hypothétique démocratisation, parcours
semé de pillages comme en 1991 et 1993, de violences politiques (marche des chrétiens,
expulsion violente des Kasaïens du Shaba...) et surtout d'une misère croissante de la
population.
C'est dans ce contexte qu'est né PETITS
PAS, tout de suite absorbé par l'aide humanitaire d'urgence, mais avec un réel souci
d'amorcer des actions de moyen et long terme, et d'entrer dans une dynamique de recherche
d'autonomie. Notre satisfaction est d'avoir, dans des conditions difficiles, réussi à
"restaurer de l'espoir" pour des milliers de familles.
Nos secteurs d'intervention sont: la
sécurité alimentaire, l'éducation et la santé, en cherchant à appuyer des initiatives
locales qui visent à l'amélioration de la qualité de vie des populations.
Témoignage lors de la messe du 21/02/99 en
mémoire des martyrs pour la Démocratie et la Liberté
Merci au Comité organisateur, qui nous
permet de nous rencontrer, de nous exprimer en ce jour où nous faisons mémoire de nos
frères et surs tombés à Kinshasa le 16 février 1992 lors de la Marche de
l'Espoir. Merci, car cette rencontre est d'abord un cadeau pour tous ceux qui, dans leur
cur, ont envie d'agir mais sans savoir comment. Merci pour ceux qui sont au pays et
se demandent si les frères de la diaspora ne les ont pas simplement oubliés.
Et ils sont encore nombreux ceux qui
continuent à lutter au pays. Durant mon dernier séjour au pays, en pleine situation de
guerre, j'ai été interpellée:
- Par le courage des mamans qui, malgré la conjoncture
difficile, luttent chaque jour pour leur survie
- Par l'esprit de solidarité: les gens n'avaient pas
toujours assez pour un bon repas familial, mais ils avaient juste assez pour partager avec
l'étranger surpris par l'état de guerre
- Par l'abondance du pardon: rares étaient les scènes de
haine dont raffolent les chasseurs d'images sensationnelles
- Par l'espoir que nourrit notre peuple en une vie meilleure:
"Tout ça va passer, Dieu est avec nous!"
Chers frères et surs, l'occasion
m'est donnée aujourd'hui de relayer le cri de nos frères du Congo. Ne les oublions
pas!!! Et notre Dieu, celui que nous prions en ce moment, a besoin des bras, des mains,
des têtes d'hommes pour répondre aux cris d'espoir de nos frères. Notre pays est grand!
Ce n'est pas un hasard si nous nous trouvons géographiquement loin des tragédies que ne
cesse de traverser notre pays. "Secouons-nous, il est plus que temps de poser des
actes concrets, réfléchis et concertés! Plus que temps de changer de mentalité!"
Nous avons assez palabré, critiqué, découragé les rares initiatives
au lieu de
construire ensemble, d'encourager ces quelques tentatives.
Notre pays ne manque pas de cadres ni de
personnes capables d'élaborer de bons projets de développement. Mais il est plus que
temps de démystifier notre attitude vis-à-vis des projets, de les voir plus en termes de
travail à abattre, d'objectifs à atteindre, d'esprit d'entreprise
au lieu de nous
fixer continuellement sur les subsides à empocher ou dont il faut absolument qu'un autre
ne bénéficie pas!
Arrêtons notre recherche du pouvoir pour
le pouvoir (Qui domine? Qui va-t-on remarquer? Qu'est-ce qu'il gagne?) et devenons des
leaders au service d'une cause commune, d'un seul peuple, d'une grande nation.
Libérons-nous de l'idée que nous sommes un pays très riche, scandaleusement riche et
revêtons l'habit de l'humilité: notre pays est par terre, à nous de le reconstruire!
N'attendons pas que l'on nous donne de l'argent ou quoi que ce soit. Cherchons en nous et
autour de nous les ressources nécessaires et elles sont nombreuses.
Je vous lance à tout hasard une
proposition concrète, dans la situation actuelle de souffrance atroce de notre pays: Retrouvons-nous
chaque mois afin d'élaborer ensemble des actions concrètes. Nous lançons un appel
aux associations, aux personnes de bonne volonté: venez avec des idées claires, des
propositions de travail pour essayer d'abord d'inventorier les Congolais vivant en
Belgique et les compétences dont nous disposons, et que souvent nous ignorons. Chers
frères et surs, pour notre peuple, pour nos frères et nos enfants, ensemble,
mettons sur pied un cadre de conception et d'action, un cadre pouvant nous permettre de
cultiver le sens de la responsabilité à l'égard de notre pays, le sens de la rigueur
d'un travail bien fait et achevé, les sens de la négociation et du dialogue, le sens du
pardon et de l'amour envers tous. Que ceux qui sont intéressés veuillent bien laisser
leurs coordonnées sur les feuilles se trouvant à la sortie de l'église.
Je vous remercie. Agnès MUAMBA KABENA
Extraits de l'homélie prononcée par
l'Abbé MUAKA Joseph à l'occasion de la messe du 21/02/99
Chers compatriotes, chers amis du Congo,
frères et surs,
L'intérêt que nous partageons pour ce
qui se passe en République Démocratique du Congo nous réunit cet après-midi pour,
d'une part, prier pour la paix et l'arrêt de cette guerre injustifiée et, d'autre part,
rendre un hommage religieux aux compatriotes et amis du Congo dont le sang coule encore
pour la défense de l'intégrité et de la souveraineté nationale
Chers amis du Congo, devant les
souffrances et la misère infligées aujourd'hui à la population congolaise, que ce soit
à l'Est, dans le Bas-Congo ou à Kinshasa lors des coupures d'eau et d'électricité
destinées à affamer le brave peuple de Kinshasa, le silence et l'indifférence de la
communauté internationale nous inquiètent et nous donnent à penser. Il est du reste
difficile d'accepter que tous ces méfaits sont l'exploit de ces mêmes agresseurs qui
prétendent se battre pour libérer le peuple congolais!
Dans l'hypothèse où certaines guerres ne
sont que la continuation d'une certaine politique par d'autres moyens, on ne peut manquer
de s'interroger comme le fait un Père Jésuite, ancien missionnaire au Congo qui écrit
dans La Libre Belgique du 27 novembre 1998, je cite: "A quelle puissance
internationale le Président de la R.D.C. a-t-il déplu pour que l'on veuille à tout prix
le déstabiliser au risque de plonger tout le Congo dans le chaos?" Le témoignage de
ce Père Jésuite continue ainsi, je cite: "En général, sauf certains politiciens
de métier mis au chômage et les étrangers avides des richesses du Congo, les Congolais
étaient contents des efforts de reconstruction nationale entrepris jusqu'à cette
nouvelle guerre. Quant à la presse étrangère, la lente convalescence du Congo malade de
l'héritage de l'ancien régime n'était pas digne de grands titres de journaux qui
préfèrent les catastrophes. On préfère, à propos du Congo, parler des avancées des rebelles."
(fin de citation)
Chers compatriotes, chers amis du Congo,
frères et surs,
L'Afrique Centrale est depuis plusieurs
décennies le théâtre de guerres fratricides qui déciment les populations et
détruisent leurs richesses naturelles et culturelles. Pour chacune de ces tragédies, il
y a des causes internes et externes à l'Afrique. Ce qui est vrai et dont beaucoup
d'Africains ont heureusement pris conscience, c'est que l'Afrique n'a pas cessé d'être
l'enjeu de la confrontation, non seulement entre les puissances industrielles mais aussi
entre des blocs d'ordre linguistique ou géostratégique. Maintenant que l'on connaît
ceux qui, plus encore que les Africains, font la pluie et le beau temps chez nous, il est
urgent et nécessaire que nous comprenions que la solution de nos problèmes en Afrique et
dans les pays des Grands Lacs en particulier ne réside pas dans une guerre inutile et
injustifiée, mais plutôt dans l'amélioration des conditions de vie, dans la recherche
de la justice et de la paix, dans la solidarité aussi bien inter-africaine
qu'internationale. A cet effet, ceux qui alimentent les guerres en Afrique centrale et au
Congo en particulier par le trafic des armes et par la poursuite effrénée des intérêts
égoïstes sont complices des crimes odieux contre l'Humanité.
Nous demandons avec insistance à ceux qui
en ont la possibilité, Africains et Non-Africains, à s'investir totalement pour mettre
fin à la tragédie qui se déroule dans la région des Grands Lacs. Bien plus, il faut
mettre fin à cette spirale de violence et de terreur que les agresseurs semblent
installer sur le sol congolais. Le Congo doit être respecté et son peuple, si
hospitalier, honoré!
Chers compatriotes de la diaspora,
Suite à cette sanglante épreuve de son
histoire déjà si douloureuse, notre pays se trouve devant le plus grand danger de son
histoire. L'avenir et la prospérité de notre pays, et ceux de nos enfants se jouent
aujourd'hui et reposent sur les jeunes et les adultes congolais conscients des enjeux de
cette agression dont notre pays est victime. Sous peine d'être accusés de ne pas nous
soucier réellement du sort de nos compatriotes à qui l'on fait subir des atrocités, il
est plus que temps de mieux nous organiser et de cesser de vivre dans l'indifférence ou
la résignation. Avec l'aide et l'appui des amis du Congo, assumons nos
responsabilités
Quelques dates à retenir!
Dimanche 11/04/99 à 14h30 à la MAISON
AFRICAINE 33, rue Alsace-Lorraine (MATONGE): Réunion de réflexion
Dimanche 09/05/99 à 14h30, lieu encore à
confirmer: CELEBRATION OECUMENIQUE
Samedi 26/06/99 durant toute la journée:
Forum des ASBL animées par des Congolais
Pour suggestions et renseignements,
téléphonez aux heures de bureau chez "PETITS PAS" (Mme Agnès MUAMBA) |