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Rappel de la position de l'UDPS sur le Débat National

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Dr François Tshipamba Mpuila

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COMUNIQUE DE PRESSE

Réf.: RBL/UDPS/PR/051/99

1. NECESSITE ABSOLUE ET IRRECUSABLE

La cause de la crise congolaise est politique, interne et institutionnelle. Elle réside dans le fait que, de 1960 à ce jour, une minorité de nos compatriotes, issus de tous les horizons de la société congolaise, refusent de se plier à la volonté de la population. Cette volonté consiste à réaliser ses aspirations profondes et légitimes d'être respectée dans sa dignité humaine et dans ses libertés et droits fondamentaux, et de vivre libre et heureuse dans un pays indépendant, souverain, démocratique et prospère.

Ces compatriotes, anti-démocrates et anti-patriotes, cherchent à accéder au pouvoir pour assouvir leurs appétits égoïstes. Pour y arriver, ils s'investissent dans toutes sortes de manœuvres maléfiques pour diviser et affaiblir la majorité afin de lui imposer leur loi : Ces manœuvres sont notamment la création de conflits et de divisions interethniques, l'achat des consciences par la corruption et la conclusion des pactes avec les étrangers désireux de dominer et d'exploiter le Congo. Ces étrangers deviennent leurs parrains et mécènes, les parachutent au pouvoir par les armes, les aident à imposer la dictature à la population, et de commun accord, ils pillent les richesses du pays. Aucun étranger ne peut s'introduire dans un pays, s'y installer, dominer la population et piller les richesses nationales s'il ne trouve pas, parmi les fils du pays, les opportunistes et les aventuriers qui acceptent bien volontiers d'être ses complices et ses agents d'affaire. Mobutu, Kabila et le RCD en sont la meilleure illustration. Le problème congolais est donc avant tout le Congolais lui-même, et non l'étranger.

La solution à la crise ne peut donc être que politique, interne et institutionnelle. D'où la nécessité des négociations nationales.

2. CONDITIONS

2.1. Il faut d'abord noter les faits suivants :

  • M. Kabila porte une lourde responsabilité dans l'aggravation actuelle de la crise : depuis le 17 mai 1997 jusqu'à ce jour, il a méprisé toutes les exigences du peuple et toutes les propositions des forces politiques et sociales internes. Il a, sans aucune nécessité, imposé la dictature et maintenu les troupes étrangères d'occupation (rwandaises et ougandaises) sur le territoire congolais. Et après le déclenchement de la rébellion armée le 2 août 1998 par le RCD, M. Kabila a fait appel à d'autres troupes étrangères envers qui il a, par rapport à l'exercice du pouvoir et au pillage des richesses nationales, adopté un comportement identique à celui qu'il avait déjà affiché envers les rwandais et les Ougandais lorsqu' ils étaient encore ses alliés : dépendance politique et militaire, nomination à des fonctions dans les services publics et les entreprises d'Etat, bradage des richesses nationales....
  • Le gouvernement Kabila et les rébellions armées exercent un pouvoir illégal et illégitime, acquis par la force, sur les territoires sous leur contrôle, car il ne repose sur aucun cadre juridique consensuel national, qui est seule voie d'obtenir la légalité et la légitimité avant les urnes.
  • Le gouvernement Kabila et les rébellions armées règnent chacun sur une partie du territoire congolais. Aucun d'eux ne représente aujourd'hui la totalité du peuple congolais, donc toute la Nation. Aucun d'eux n'est aujourd'hui garant de l'unité du peuple et de la Nation.
  • Aussi bien dans le camp de M. Kabila que dans celui des rébellions armées, la légitimité du pouvoir et la sécurité sont tributaires des étrangers. Les étrangers sont les vrais maîtres à penser et les vrais acteurs, et ils pillent, avec l'autorisation de leurs protégés respectifs, les richesses nationales se trouvant sur le territoire sous leur contrôle. Ni Kabila ni les rébellions armées ne sont donc de vrais patriotes ou de vrais garants de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité de notre territoire.
  • Kabila et les rébellions armées ont déjà suffisamment démontré qu'ils ne sont ni démocrates ni bons gestionnaires. Dans les deux camps se trouvent les génocidaires, les penseurs du mobutisme, les vagabonds politiques, les opportunistes et les aventuriers. Il n'y a pas le moindre indice d'un début de démocratisation, de gestion saine et transparente et d'administration moderne et efficace. Les libertés et des droits fondamentaux de l'homme sont violés chaque jour. Ils ne se battent donc pas pour instaurer la démocratie, mais pour imposer la dictature et piller les richesses du pays avec leurs parrains étrangers.

A la lumière de ces faits:

  • L'UDPS s'oppose aux négociations exclusives entre Kabila et le RCD, tous deux bourreaux de notre peuple. De telles négociations seront la répétition du schéma Mobutu-Kabila qui a conduit à la tragédie actuelle. Les forces politiques et sociales non armées qui représentent les aspirations et les intérêts de la population doivent participer à toutes les étapes des négociations et même y jouer le rôle central.
  • Kabila et le RCD ne peuvent même pas prétendre d'exercer le rôle d'arbitre ou d'acteur central aux négociations qui devront regrouper les représentants de toutes les forces politiques et sociales du pays.

2.2. Débloquer la vie politique

Avant le début des négociations nationales, l'UDPS exige que M. Kabila décrispe la vie politique en libérant tous les prisonniers politiques et d'opinion ; en proclamant l'amnistie générale , et en abrogeant le décret-loi n° 003 par lequel le président auto-proclamé s'était octroyé les pouvoirs absolus et illimités, identifiant sa personne à l'Etat et sa volonté arbitraire à la Loi ; le décret-loi n° 194 qui tue les partis politiques dans leur nature d'organisation politique et d'une des composantes essentielles de toute société démocratique moderne et en fait des entreprises commerciales filiales de son Parti-Etat ; les décrets-lois N° 213, 214 et 215 qui font du débat national un congrès du Parti-Etat de Kabila.

2.3. Participation au débat national

Pour l'UDPS, les trois composantes ci-après participeront avec un statut égal au débat national, non en tant qu'individus, mais en tant que forces politiques et sociales organisées : gouvernement Kabila ; Opposition démocratique interne : dépositaire et défenseur des acquis historiques de la Conférence Nationale Souveraine (partis politiques et Société Civile) ; rébellions armées.

2.4. Thèmes et ordre jour

Les thèmes et l'ordre du jour seront déterminés par les participants. Il y aura, notamment, parmi les thèmes, les points ci-après :

2.4.1. L'histoire

La relecture de l'histoire de notre pays à partir de là où l'avait laissée la Conférence Nationale Souveraine sera nécessaire, c'est-à-dire de 1992 à nos jours:

  • Les forces politiques et sociales internes expliqueront le blocage de l'application des résolutions de la Conférence Nationale Souveraine entre 1992 et 1997 ;
  • M. Kabila rendra compte de sa gestion de la guerre dite de "libération" (assassinat d'André Kissase, massacre de plus de 200.000 réfugiés rwandais hutus et déplacés congolais, contrats léonins et commissions...) ; et de sa gestion du pays du 17 mai 1997 à ce jour (dictature, maintien prolongé des troupes rwandaises et ougandaises sur le territoire national, arrestations arbitraires, détentions illégales, expropriations extrajudiciaires, violences faites aux femmes et aux enfants, exécutions sommaires ; bradage des richesses nationales, tortures, détournements des fonds publics...) ;
  • les rébellions armées expliqueront les violations des libertés et des droits de l'homme dans les territoires qu'elles contrôlent.

2.4.2. Le problème de légitimité du pouvoir.

Avant les urnes, la légitimité du pouvoir ne peut s'obtenir que par un cadre juridique consensuel national et non par la force.

3. SCHEMA DES NEGOCIATIONS NATIONALES

3.1.Les négociations devront être organisées sous les auspices de l'ONU, de l'OUA et des pays de la SADC. Elles devront regrouper les forces politiques et sociales représentatives et significatives du pays: gouvernement Kabila ; Opposition démocratique non armée : dépositaire et défenseur des acquis historiques de la Conférence Nationale Souveraine (partis politiques et Société Civile) ; rébellions armées.

3.2. Ces négociations devront déboucher sur un accord politique, c'est-à-dire la réconciliation politique nationale autour d'un projet de société démocratique. Ce projet se traduira en un cadre juridique définissant l'organisation et l'exercice du pouvoir pendant la transition et en un projet de constitution démocratique pour la 3ème République. Le cadre juridique comprend notamment un gouvernement d'union nationale et un parlement de transition dans lesquels toutes les forces politiques et sociales seront représentées. Pour l'UDPS, les résolutions de la Conférence Nationale Souveraine, qui ont posé les fondements d'un Etat indépendant, souverain et démocratique moderne et auxquelles la majorité de notre peuple adhère jusqu'à ce jour, devront servir de socle à ces négociations nationales.

3.3. La fusion des armées belligérantes en vue de créer une seule armée nationale et républicaine soumise à un pouvoir civil avec l'assistance de l'OUA et de l'ONU.

3.4. Le déploiement d'une force internationale de maintien de la paix ou d'interposition pour faire respecter le cessez-le-feu et prévenir la reprise des combats jusqu'à la tenue des élections libres et démocratiques.

3.5. Création d'un groupe d'observateurs de l'accord de paix.

3.6. Adoption d'un calendrier politique négocié et précis jusqu'aux élections.

3.7. Intervention du Conseil de Sécurité par voie d'une résolution contraignante pour offrir une garantie internationale de la bonne exécution de l'accord de paix et surtout du respect des résultats des élections à venir par toutes les forces politiques concernées.

3.8. Tenue des élections sous la supervision de l'ONU et de l'OUA avec la présence d'un représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et des observateurs internationaux indépendants.

Fait à Bruxelles, le 26 avril 1999.



Pour le Bureau de Représentation,
Dr François Tshipamba Mpuila,
Représentant

Adresses de contact:
- Représentant: Dr François Tshipamba Mpuila,
8 Pachthof, 3010 Leuven, Tél.32-16-259781,GSM 075-338934
- Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba
16A Rue de Moscou, 1060 Bruxelles, Tél.32-2-5390536
- Directeur du Cabinet: Dr Ir Grégoire Mbuyi Kamba
48/301 Rue Verte Voie, Tél.32-10-452212
- Conseiller: Ir Raphaël Kashala Mutambayi,
30 Pastoor Dergenstraat, 3200 Aarschot Tél. 32-16-572262, Fax 32-16-563670, M 32-477-
680877, E-mail r.kashala@skynet.be
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