| Convention Nationale pour la République (C.N.R.) Parti politique
d'opposition congolaise
Madame, Monsieur,
Ce jour du 17 mai 1999 marque le 2ème anniversaire de la prise du pouvoir
par la multinationale A.F.D.L. (Rwanda, Ouganda, Burundi, Angola, Zimbabwe, Namibie) et
son Président Laurent Désiré Kabila.
La Convention Nationale pour la République prend acte de la fin de deux années de
légitimité et surtout de la caducité du mandat politique consenti à la multinationale
A.F.D.L., et à son Président Kabila. Laquelle légitimité avait pour fondement le très
large consensus populaire et national ayant entraîné la chute du pouvoir mobutiste et en
même temps, les neuf mois de la campagne militaire d'occupation du territoire national
congolais par les forces armées étrangères.
Depuis bientôt 10 mois, le Congo-Kinshasa se trouve confronté à une guerre provoqué
par l'éclatement de la multinationale A.F.D.L., en deux ailes dissidentes, entraînant
d'une part le scission de l'appareil de l'Etat avec comme conséquence première: la
partition de fait du pays en deux blocs.
En outre, le C.N.R. relève des violations systématiques des droits de l'homme et des
nombreux crimes perpétrés par les deux ailes dissidentes de la défunte A.F.D.L.
A ces excès s'ajoutent l'extrême pourrissement de la situation économique et
l'effroyable aggravation de la misère de nos populations.
Les situations politique, économique et sociale créées par la défunte A.F.D.L. et
Kabila ressemblent en tous points de vue à celles créées par le pouvoir mobutiste honni
par le peuple congolais.
De ce qui précède, le C.N.R. considère le pouvoir actuel de Kinshasa comme étant
démissionnaire et par conséquent ne peut qu'expédier les affaires courantes.
Face à ce constat, le C.N.R. estime qu'il s'impose d'évoluer sans délai vers
l'organisation d'une large concertation nationale et populaire en deux étapes.
La première étape devrait réunir une vingtaine des personnalités politiques
congolaises véritablement représentatives des aspirations de la plus grande majorité
des populations congolaises. Il s'agirait notamment des personnalités telles que: Etienne
Tshisekedi, L. D. Kabila, Joseph Olengha Nkoy, Antoine Gizenga, le chef traditionnel Lunda
Muat-Yav, les Mwami du Kivu, Wamba dia Wamba, Monsieur Marini de l'église protestante,
Monseigneur le Cardinal Etsou de l'église catholique, le révérend Kisolekele de
l'église kimbangiste, le représentant de l'église musulmane...
Fort de l'extraordinaire adhésion populaire dont jouissent ces personnalités, elles
formeraient ainsi un conseil national de salut public. Ce dernier pourrait être investi
de très larges pouvoirs d'orientation dans la gestion de la crise militaire qui secoue le
Congo ainsi que de l'organisation de la concertation nationale et populaire congolaise.
La deuxième étape devrait porter sur la tenue des assises nationales selon un
calendrier et un ordre du jour défini par le Conseil National de Salut Public. De notre
point de vue, ces assises devraient impliquer des délégués des forces vives de la
nation issues des états généraux à organiser au niveau de chacune des communes rurales
et urbaines du Congo-Kinshasa.
A défaut, le C.N.R. peut affirmer que le Congo risque de plonger dans une insurrection
populaire sans précédent qui hypothèquerait pour très longtemps les chances de la
résorption de l'effroyable crise congolaise.
Jacques Matanda-ma-Mboyo |