Un paragraphe, trois messages |
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Pierre Mangila |
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Une dépêche de l'ACP du 3 Juin est
consacrée à une campagne de sensibilisation en cours au CONGO sur le débat national. A
première vue, on ne peut que se réjouir d'une initiative visant apparemment à impliquer
davantage les Congolais dans cette démarche qui les concerne.
Ma satisfaction a été de courte durée quand j'ai lu l'essentiel du message des deux
sensibilisateurs: Mr Yerodia et Mr Mumengi. Pour Monsieur Yerodia, le "débat
national doit devenir une sorte de défilé du 17 mai 1999 pour démontrer la popularité
du Chef de l'Etat". Fin de citation. Incroyable! Alors que le débat national porte
sur des enjeux nationaux autrement plus importants, Monsieur Yerodia le réduit à une
célébration de la popularité du Chef de l'Etat. Une yerodiade de ce genre ne peut que
décourager les meilleures volontés, qu'elles soient de l'opposition, ou même de la
société civile neutre.
Pour Monsieur Mumengi, le "peuple congolais doit saisir l'opportunité que lui donne
le président de la République.....". L'exercice de la liberté d'expression
concernant la chose publique (res publica) n'est pas un cadeau offert par le dirigeant au
peuple, qui devrait de la sorte être reconnaissant au Chef;il s'agit d'un droit inhérent
à la pratique démocratique. La démocratie, comme l'indépendance, ne se donne pas; elle
se prend, elle s'apprend, elle se conquiert!
La même dépêche cite aussi le Chef de l'Etat qui aurait déclaré que le débat
national vise à établir les bases de la fondation démocratiqque du pays, notamment en
reconfirmant que la légitimité sort des urnes.Voilà un message positif, même s'il
reste à clarifier les
modalités consensuelles de son application.
Bravo donc pour l'initiative de la sensibilisation sur le débat national. Mais Haro sur
les sensibilisateurs!
Pierre Mangila |
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