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De mortuibus...

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Mutombo Lukasu

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Du mort on ne dit que du bien. Prof. Lihau fut un brillant homme. J’ai eu a le rencontrer de plus pres lors de sa relegation pour avoir travaille avec l’ennemi de la nation Tshisekedi. Tshisekedi lui avait demande de donner un avis juridique sur les textes creant l’UDPS. Il l’avait fait par amitie pour Tshisekedi, sans joindre le jeune parti, tout en omettant d’informer son frere Mobutu. Vundwawe lui avait decline la demande tout en omettant egalement d’informer son frere Mobutu. Le crime de Lihau etait impardonnable.

Pour revenir a Lihau, je l’ai vu a Bumba en relegation. En bon nationaliste il n’avait pas de case au village. Tous les nationalistes declarent toujours etre nes a Kinshasa! Son propre frere le recut froidement , ils ne se voyaient pas depuis pas mal de decades, mais lui donna une chaumiere. Ils se chamaillerent tres vite a cause d’un probleme. Le big bro delogera son frangin en pleine nuit. Pour eviter que le probleme ne se repete, il fallait lui trouver une compagne qui fit monter ses encheres aupres don juan locaux. Ce fut tres penible de comprendre "live" la condition humaine chere a Malraux. Il se construira une case avec l’aide des villageois qui etaient surpris d’apprendre que le gars venait du coin! Il tombera malade: appendicite aigue. Le bon docteur de la place, un demulu, dut utiliser ses propres medicaments pour le sauver in extremis. Pour rappel, a l’interieur les medecins se debrouillent. Evidemment comme c’etait le nuit, il fallait tenir ses lampes dans la salle d’op. L’electricite faisait defaut. L’homme de la Snel, un autre demulu, qui etait avec nous avait tenu l’une des lampes tempete pendant l’intervention. Tout ceci sous la garde des militaires budja deja tres nerveux de voir un demulu (donc un traitre du pays) sauver un subversif. Signalons en passant que l’idiot, illetre et stupide commissaire de Zone avait transporte le prof. sur une moto avec des cahots qui avaient presque tue ce dernier. Pire il n’avait meme pas respecte le delai d’un repos d’une semaine propose par le docteur pour ramener, avec sa moto "cahotique", le subversif dans sa case au lendemain de l’operation.

L’ ex-epouse de Lihau viendra peu apres avec quelques enfants. Inutile de vous decrire la peine que j’avais lue sur son visage. Elle avait courageusement plaide le cas de son ex aupres du marriage breaker Mobutu. J’avais du mal a reconnaitre le, maintenant on dit la, ministre des affaires sociales que j’avais vu quand je fus tout petit (CO ?).

Le terrible evenement fut pour nous l’occasion de philosopher sur la condition humaine. Tout ceci s’etait deroule dans l’indifference totale de sa famille locale et des Budja du village de relegation. L’homme n’avait pas vecu comme un des leurs. Ses amis de Kin, d’Europe et d’Amerique qui pleurent a chaudes larmes etaient invisibles et ignorent ces details. Ses freres geopolitiques de Kinshasa etaient muets comme des carpes devant Mobutu. Le deuil est l’occasion de chanter, d’oublier et d’avoir du courage. Prof. Lihau, je me rappelle vos propos a Bumba: "Je peux mourir mais nous vaincrons la dictature". Pour vous avoir ecoute, nous eumes droit a toutes les tracasseries du monde. Je garde courage.

Mutombo Lukasu

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