| Les dictateurs
"moribonds" qui nagent a contre-courant dans les eaux
troubles de l'evolution sociale
qui les poussent vers le cimetiere de l'Histoire
adorent les elections. "Allons aux elections", aimait a dire
le feu dictateur Marechal
Mobutu. Son faux jumeau, Mzee Kabila, lui aussi,
parle des elections dans un pays dont pres de 55% du territoire
sont sous le controle des
groupes rebelles.
Dans ces genres d'elections
la victoire du President "sortant" est toujours
garantie, car, les adversaires politiques sont neutralises, soit
par un mecanisme de repression qui les menace physiquement, soit
par la mise en place des
systemes de mobilisations massives derriere le President,
genre MPR (Mouvement Populaire de la Revolution) de Mobutu et
CPP (Comites du Pouvoir Populaire) de Kabila. Les dictateurs aiment
bien le qualificatif
"populaire".
Dans ces conditions, les
elections deviennent un masque de la dictature,
aussi ont-elles lieu meme sous des regimes repressifs.
Curieusement, cette realite
echappe a pas mal de mouvements politiques et
politico-militaires, tant a l'interieur qu'a l'exterieur du pays.
Pour quelque raison, la
majorite de gens ne comprennent pas que les elections
n'inaugureront une ere nouvelle que si elles se tiennent apres
la stabilisation politico-judiciaire, et surtout, la cicatrisation
des plaies emotionnelles causees par vingt ans d'effondrement
socio-economique et la desintegration de l'appareil etatique
suivis de deux rebellions en moins de deux ans.
L'introduction a la culture
democratique, mentalement et legalement, est
un facteur-cle pour la survie du systeme de Gouvernement par le
Peuple a travers ses
Representants choisis librement par lui-meme.
Autrement, les elections
seront manipulees au maximum et tout l'environnement
politico-social sera envenime par l'extreme mefiance reciproque
sur un fond de tension hostile.
Des elections sans l'interiorisation
de la culture democratique predisposent
egalement a l'eventualite d'un coup d'Etat, sinon d'une guerre
civile. Bien sur, le risque peut etre plus ou moins eleve selon
les antecedents historiques et
des facteurs internes propres.
Mais pourquoi ne pas suivre
une formule qui va garantir la survie de la Democratie?
La vraie garantie, meme si elle a des defaillances, est presentee
par l'instauration d'un Etat de Droit. Lorsque la societe est regie
par une Constitution acceptee par la majorite de la population,
et que tous les citoyens sans
exception aucune sont au dessous de cette Loi
Fondamentale, alors seulement la Democratie, basee sur les Libertes
Fondamentales et les Droits
Humains, sera protegee.
Dans ces conditions, les
fraudes et les abus inherents a la culture politique
seront reduits au minimum, et la force de persuasion, plutot que
la gachette, assurera des lendemains moins menacants.
Mme Schiller, Libambu M.
Paru dans Bulletin de l'AZEA
Vol.4 No.21 de Mai/99 |