Les Défaillances de la Démocratie |
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Mme Schiller, Libambu M. |
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La pire des democraties, disait un certain
penseur, est mieux que la meilleure des dictatures. Cette conclusion suppose que la
Democratie, definie comme le Gouvernement par le Peuple ou l'ensemble des citoyens,
directement ou a travers ses Representants choisis librement par lui-meme, n'est pas sans
failles.
La democratie est en fait la dictature de la majorite. Du temps des Grecs, les precurseurs
de cette doctrine, la participation a la gestion de la Chose Publique etait assez directe:
les questions relatives a la marche de l'Empire se discutaient a la place publique. Il en
fut de
meme a l'epoque biblique ou le Roi consultait le Peuple directement avant de prendre
certaines grandes decisions. "La voix du Peuple, c'est la voix de Dieu", dit la
Bible. Dans les traditions africaines, personne n'ignore la fameuse Palabre qui peut
trainer a longueur des jours.
Mais la caracteristique commune de ces systemes democratiques d'antan est qu'ils
manquaient un element-cle concu bien des siecles apres par le penseur et satiriste
Francais Montesquieu. Il s'agit de la Separation des Pouvoirs. Les Rois, les Empereurs,
les Chefs des villages operaient sous un systeme ou ils cumulaient l'Executif, le
Legislatif et le Judiciaire, et ils etaient intouchables dans les circonstances normales.
Par ailleurs, le Pouvoir se transmettait systematiquement du Pere au Fils ou un autre
membre de la famille
royale.
Les systemes democratiques actuels sont fondes sur le principe de Separation des Pouvoirs,
et le Pouvoir n'est plus hereditaire. Les aspirants a la Magistrature Supreme doivent
passer par la dure epreuve de campagne electorale et des elections.
Cependant, la procedure qui permet l'application de cette belle theorie a "les pattes
dans la caisse". Il est vrai que la richesse ne garantit pas la victoire, car, des
ambitieux aux gros moyens qui ont deverse des liasses sur les medias et les institutions
de tout genre n'ont pas pour autant toujours gagne. Mais il est plus vrai encore que des
ambitieux sans argent ont de la peine a percer, car, les fonds que les candidats recoivent
du Gouvernement sont bien inferieurs aux besoins de la campagne electorale. Ironie du
sort, pour reussir a collecter gros, il faut investir gros. Cercle vicieux!
Une observation plus choquante encore est celle du fonctionnement du lobby politique. Aux
USA, consideres comme le geant de la democratie, en plus de leurs salaires colossaux
provenant des contribuables, les Parlementaires ou "faiseurs de la Loi" sont
payes par divers groupes d'interet pour plaider en faveur ou contre le passage de tel ou
tel
projet de Loi, non pas selon la justice sociale, mais suivant les interets de ces groupes
ou corporations. La democratie a ce niveau supreme prend ainsi la forme d'une vente aux
encheres ou le plus offrant peut "s'acheter" des Deputes et des Senateurs.
Par ailleurs, le Parti qualifie de Democrate mene une opposition farouche au "term
limit" qui obligerait les Congressmen a ne plus se presenter aux elections apres un
certain nombre de mandats. Ainsi, on trouve au Congres des veterans ayant rempli un mandat
plus de trois fois successivement qui etouffent infiniment des aspirants
"blanc-bec".
Ils devraient se mettre de cote, apres chaque deuxieme mandat, par exemple, pour donner la
chance aux ambitieux debutants.
Les jeunes Democraties Africaines vont-elles copier ces defaillances?
Mme Schiller, Libambu M.
Paru dans Bulletin de l'AZEA Vol. 3 No. 20 du Mars/99 |
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