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Nous sommes du côté de la vie
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Annick Lambert, Ph.D.
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CAHIER DES GRANDS-LACS

No 6 du vendredi 15 mai 1999  

CAHIER DES GRANDS-LACS vous presente un article publie dans LE DROIT (Ottawa au Canada ) de mardi le 27 avril 1999, a la page 19 sous le titre de " LES FEMMES SONT DU COTE DE LA VIE ". L'auteur qui est professeur a l'Universite du Quebec a Hull nous a gracieusement donne le droit de le publier. Il a voulu que l'article reprenne ici son titre original " NOUS SOMMES DU COTE DE LA VIE " qui avait ete change sans son consentiment.

Nous remercions encore l'auteur pour son autorisation.

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Nous sommes du côté de la vie

Cet article est inspire par la reflexion de Claire Charron publiee dans Le Droit du 1er Avril et qui porte sur la guerre et sur la race humaine. Je vais introduire trois sujets de reflexion, trois observations qui expliquent certaines attitudes humaines.

La premiere compare le present et le passe. Il y a environ deux siecles la politique appartenait encore aux rois et a leur entourage. Les paysans, artisans et travailleurs de l'epoque etaient convaincus que leur roi etait bon et les protegeait. Nous savons que ce n'etait pas le cas; le roi protegeait avant tout ses propres interets, son pouvoir et son prestige, etait influence par son entourage qui placait des demandes constantes sur lui, si bien que le souci de son peuple avait une tres basse priorite. La situation n'a pas change autant qu'on le pense. Nous voulons croire que nos gouvernements prennent des decisions pour notre bien, mais il faut faire face a la realite, bien souvent ils agissent a l'encontre des aspiration de leur peuple.

 

On tend a penser que les bombardements (ou les guerres) ne profitent a personne. En plus de defier le bon sens et la moralite, ils ne profitent pas a l'armee qui obeit aux ordres et risque sa vie, pas au pays victime ni au pays attaquants, ni a aucune economie. Mais ils profitent forcement a quelqu'un, il y a donc des gens, des minorites, pas forcement d'une race particuliere, qui ont interet a ce que ces bombardements se produisent, ou du moins qui le croient, et ce sont eux qui creent les guerres, les planifient et les font arriver en utilisant les pouvoirs politiques pour leurs propres interets sans l'ombre d'un scrupule. N'est-ce pas une idee acceptee par de nombreuses personnes que la guerre du Golf serait due a un seul lobby americain?

Deux siecles, ce n'est pas un temps suffisant pour vraiment evoluer et nous sommes vraiment ces paysans du temps de la royaute exploites, triches, utilises, manipules. Pourquoi, comment, par qui? Cette question est etudiee, certaines personnes ont l'information et elle est disponible dans certains journaux et sur l'internet.

Ma seconde observation tente de demystifier la notion de genocide. Bombarder pour empecher un genocide! Quelle idee brillante! Un peu comme l'idee de se suicider par peur de mourir. Avez vous remarque que les journaux ont commence a parler genocide le lendemain du jour ou les bombardements ont commence? N'est-ce pas etrange? Cela se justifie pourtant si on considere qu'ils cherchent a les justifier et a discrediter au maximum le cote que nous bombardons. Nous devons vraiment comprendre que le genocide est utilise comme un pretexte, pretexte qui est pratiquement irresistible pour les politiciens: il rend les gens encore plus naifs que d'habitude, joue sur les bonnes intentions de la population et parfois la fait agir sans la laisser reflechir. Le genocide (eventuel ou reel) des kosovars par les serbes n'est pas plus un motif pour bombarder que l'idee de sauver le Koweit n'etait la raison pour la guerre du Golf.

Un peu d'histoire pour juger des regles du jeu: Les regimes de type fasciste ou nazi comme l'Allemagne et l'Italie de la guerre mondiale, comme l'Ouganda depuis 1986 et le Rwanda depuis 1994, qui creent des situations de genocide ont certaines caracteristiques en commun. D'abord, ils sont soutenus par une force exterieure qui les finance. En effet ces regimes ne sont pas viables economiquement et collapsent (environ tous les cinq ans). Lorsque les coffres sont vides, une puissance etrangere les remplit. Ce fut le cas pour les nazis, c'est le cas continuellement pour l'Ouganda-Rwanda. La culpabilite est donc partagee entre plusieurs partis. Mais imaginez l'ampleur du crime commis, imaginez la propagande! Elle doit forcement etre a la hauteur du crime et elle l'est. La propagande va forcement blamer le crime sur quelqu'un d'autre. Dans le cas de l'Ouganda-Rwanda, la propagande est assez forte pour intervertir depuis cinq ans les roles de genocidaire et de victime. Ne prenez jamais pour acquis ce qui est dit dans la presse sur les genocides seuls des journaux specialises et incorruptibles publient la verite.

 

La troisieme idee que je veux partager avec vous est celle de la position particuliere des femmes qui n'ont aucun role dans la guerre, vraiment la guerre n'est pas dans notre nature, et elle est contraire a notre role qui est de donner la vie et de proteger nos enfants et aussi ceux des autres, car nous vivons sur des principes qui sont plus cooperatifs que competitifs.

Pour nous, la guerre est vraiment comme un tremblement de terre: notre culpabilite est nulle, nous n'avons aucunement participe a son occurrence. C'est un evenement inexplicable, impossible a prevoir, a dominer, a accepter, un defi a la logique, a la moralite, une absurdite intégrale. Nous sommes 51% de la population et nous sommes du cote de la vie, et parmi les autres 49% beaucoup d'hommes sont pacifistes. Nous devons cesser d'etre naifs, reconnaitre nos ennemis, les combattre par notre argumentation qui est infiniment superieure a la leur et gagner notre droit a une vraie democratie dans laquelle nous aurons la Paix.

Annick Lambert, Ph.D.

Professeur en Administration,

Universite du Quebec a Hull.

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