| Le mini-sommet convoqué par
le colonel Kadhafi à Syrte en vue de trouver une solution politique à la guerre civile
qui endeuille le Congo depuis le mois d'août 1998 a été conclu par la signature d'un
accord de principe sur les points suivants: 1.Fin
des hostilités en RDC.
2.Rétrait de tous les soldats étrangers (remarquez la
nuance)de la RDC.
3.Deploiement d'une force africaine de maintien de paix.
Loin de constituer un accord de paix véritable,cette
signature par Museveni signifie plutôt ,le changement de stratégie dans la lutte armée
qu'il entend mener sur le territoire congolais.
L'avantage qu'il en retire ,est qu'il apparaît aux yeux
des occidentaux comme un homme d'état responsable et un homme de paix ,et ensuite il
satifait son opinion publique qui ne trouve aucune justification de poursuivre cette
guerre au Congo et enfin ,cela permettra a son armée de se concentrer sur la lutte contre
son opposition armée en Ouganda.
Je souhaite la paix comme tout patriote congolais ,mais je
préfère prendre en compte l'hypothèse du pire dès lors qu'il s'agit de la
problématique de paix et de guerre avec un homme d'état qui n'est pas démocrate et n'a
pas la volonté de faire la paix avec les Congolais.
L'attitude de Museveni lui est dictée certe par ses
conseillers américains,qui ont pour doctrine "l'engagement sélectif";il s'agit
ici pour l'armée ougandaise d'intervenir en quelque sorte à distance ,et par là de se
soustraire en partie l'action extérieure aux pressions de l'opinion publique.
Je retiens trois cas de figure qui vont constituer dans un
avenir proche ,la stratégie de Museveni pour poursuivre sa guerre au Congo.
1.Le terrorisme d'état.
Intérmediaire entre une diplomatie insuffisamment
efficace et une guerre décidément trop lourde à gérer,le terrorisme militaire peut
aider à signifier à un Etat la détermination de son adversaire.
Cette stratégie passe par l'organisation des actes
d'attentats en vue de frapper l'immagination,ou encore l'envoi de saboteurs et de poseurs
de bombes dans les grands magasins,l'assassinat d'un ambassadeur ou l'éxécution de
soldats de la paix.
Le cas de figure le plus en vue ,est la tutelle syrienne
sur le Liban,admise par l'occident,qui est en fait une activité térroriste du régime de
Damas.
2.L'envoi des volontaires.
Théoriquement ,l'ONU sanctionne les Etats qui agressent
leurs voisins,elle ne punit pas les individus volontaires pour le faire.
Museveni va démobiliser une grande partie de son
armée,et ces derniers von s'engager comme volontaire auprès du chef rebelle Mbemba.
Les apparences resteront sauve,c.a.d. que L'ouganda
n'aggresse pas le Congo,donc la guerre n'existe pas entre Kampala et Kinshasa.
Ainsi le mythe de l'absence de conflit entre Etats restera
sauvé.
L'ONU ne pourra donc pas condamner Museveni.
3.La guerre par procuration.
Puisqu'il est peu
recommandé de faire la guerre soi-même,sans doute est-il imaginable de mandater un tiers
pour la mener.
C'est la guerre par
procuration que mène le fils de Bemba Saolona avec l'aide et l'appui logistique de
Kampala.
Recemment ,Bemba-fils
vient d'annoncer que 3000 anciens militaires des FAC viennent de s'engager dans son
armée,si l'information est vraie,il s'agit plutôt des militaires ougandais demobilisés.
Condensé comme ceci,cette
théorie ne prétend pas cerner toute la problématique de paix et de guerre dans cette
partie de l'afrique,elle éclaire en somme les aspects non-dit des accords de Syrte et
partant évite de retomber dans la jubulation gratuite d'une fin de guerre avec Museveni.
Comment le Congo peut se
sortir du bourbier ?
Je pense a mon avis que
c'est la panne de l'Etat qui est et restera l'origine de biens de déboires.
Seul un véritable Etat de
droit est et sera capable de mener une guerre totale et de mobiliser pour la conduire
l'ensemble des forces humaines,matérielles et morales du pays,seul un Etat fort peut
engager des guerres limitées et en imposer les contraintes à un corps militaire disposé
à obéir.
Toutefois la volonté de
paix doit être l'oeuvre des bélligérants,donc de deux parties en conflit.
Mais la guerre ,c'est
aussi une forme de gouverner.C'est un langage politique.
Cela a permis par ex. au
président angolais Eduardo dos Santos de rester au pouvoir vingt ans de suite.
En sera t-il demain le cas
au Congo ?
Salutations patriotiques
Guy Kapayo
ALLEMAGNE. |