Monsieur Kutshienza: j'attend
toujours la réponse à ma question... |
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Clement Kanyinda-Malu |
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Bonjour Mr. Kutshienza,
D'abord je tiens a vous souhaiter une bonne fete de Paques. Que Jesus resuscite vous
assiste dans vos activites de tous les jours.
J'ai lu, non sans interet tes ecrits sur la complexite du dossier sur la nationalite des
populations Rwandophones (c'est votre terme) au Congo. J'aimerai signaler a votre
intention que les Congolais dans la majorite ne semblent pas remettre en question les
populations Rwandophones venues avant 1960. Du moment que la constitution de la premiere
Republique reconnaissait comme Congolais tout celui qui vivait sur le territoire
congolais, a l'accession a l'independance, sauf si l'interesse gardait sa nationalite
d'origine, auquel cas, il ne devrait pas jouir de double nationalite. Maintenant, la
question se complique avec les migrations intervenues apres ces annees-la, question que
vous n'avez pas abordee dans votre article. Vous n'avez pas non plus evoque la situation
des refugies HUTU ou Tutsi de 1994. Cette question a suscitee beaucoup de passion.
Malheureusement, il n'y a que les Tutsi et Hutu venus avant l'independance qui peuvent
aider a resoudre le probleme, c'est-a-dire collaborer avec les autorites congolaises, a
travers un recensement, a etablir les differentes populations et identifier les differents
moments qu'ils sont arrives au Congo. Mais ils doivent aussi accepter que ceux qu'ils ont
rencontre aient un mot a dire dans ce dossier-la.
Cette question, Mr. Kutshienza n'est pas tributaire de Kabila ni de la guerre actuelle.
Elle est une question capitale a laquelle celui qui va gouverner au Congo devra repondre.
Malheureusement, les populations Rwandophones (comme vous les appelez) ne veulent pas que
cette question soit resolue par une institution qui a l'autorite du peuple, c'est-a-dire
une assemblee. Une des raisons pour laquelle certains gouvernements dans la region ne sont
pas tres chauds pour une grande Conference sur la Region des grands Lacs reside dans le
soucis de maintenir le flou sur la question afin de justifier des regimes forts.
Reclamer ses droits est une bonne chose, mais savoir aussi respecter les droits des autres
est une autre. La situation actuelle est que les non-Rwandaphones dans le Kivu se sentent
trahis. Il faut dire les choses comme elles sont Mr. Kutshienza. Ils disent: nous avons
recus les hommes et les femmes venus de Rwanda a differents moments, aujourd'hui nous
mourrons a cause de notre hospitalite. C'est ca le sentiment de la masse. Quelle que la
personne qui a declanchee la guerre, ces populations (non-Rwandophones) se sentiront
trahies tant qu'elles rentreront pas dans leur droit. Qu'on leur explique pourquoi ils
doivent servir de cobayes alors qu'on devait les feliciter pour les miseres endurees
pendant des annees a cause des flux des gens.
Le dossier est tres sensible, si vous avez besoin de plus d'opinion, celui que vous aviez
dans le temps qualifie de LACHE n'hesitera pas a repondre.
Enfin, Mr. Kutshienza, pouvez-vous me repondre a ma question de savoir si le depart de
Kabila peut constituer un debut de solution au probleme du Congo (comme il ressort de vos
differents commentaires)? En cas d'affirmative, comment vous envisagez ce depart?
Bonne fete de Paques.
Clement Kanyinda-Malu. |
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