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ORGANISATION
DES PROFESSIONNELS CONGOLAIS DU CANADA (OPCC)
1300,
de Montigny Est, Montréal, Québec, Canada H1A
4L3
Courrier
électronique: opcc@videotron.ca
Montréal, le
23 juin 1999
Leurs Excellences Chefs d’État
réunis au Sommet
de
Lusaka consacré à la guerre d’agression contre
la
République démocratique du Congo (RDC)
Excellences,
De
prime abord, nous voudrions vous remercier de votre sens de devoir
suprême de veiller aux intérêts supérieurs du continent africain
qui ne peut être mieux servi que par les Africains. La démarche de
deux poids, deux mesures des dirigeants occidentaux à l’égard des
problèmes mondiaux selon qu’ils affectent ou non leur environnement
immédiat donne à réfléchir. Leur
engagement total dans la crise du territoire yougoslave de
Kosovo, contrairement à leurs
atermoiements face aux conditions apocalyptiques des réfugiés
et des déplacés africains confirment cette démarche. Il est temps
que tout Africain
comprenne que nous avons le même destin cosmogonique sur notre
continent et que nous devrons désormais compter avant tout sur nous-mêmes
pour résoudre nos problèmes.
À
cet effet, votre initiative est salutaire à plus d’un titre. Nous
saluons ce geste avec d’autant plus de chaleur que vous le posez à
point nommé, en ces heures difficiles des convulsions dramatiques où
se joue le sort du continent par delà la guerre qui sévit en RDC.
Au
peuple frère hôte par la personne du Président Frederick Chiluba,
nous exprimons notre gratitude d’avoir offert d’abriter les
assises du Sommet dans son pays. Au Président Tabo Mbeki qui, dès la
prestation du serment, s’est intéressé à la crise congolaise,
nous saisissons cette occasion pour lui présenter vivement nos sincères
félicitations à la suite de son accession à la magistrature suprême
de son pays, l’Afrique du Sud. Pour tous les Présidents présents
à ce Sommet, nous formons le voeu que tout vous réussisse à la
rcherche des solutions à la crise congolaise pour la paix et la
stabilité de notre continent. Le défi à relever est immense mais il
faut payer le prix qui convient pour accomplir cette mission difficile
que vous vous assignez.
En
effet, les responsabilités qui vous incombent dans cet engagement
sont immenses et complexes, surtout dans la conjoncture politique
mondiale actuelle exacerbée par des rivalités de puissances impériales
d’ordre divers et des difficultés socio-économiques qui pèsent
sur notre continent.
Conscient
que la réalisation d’une entreprise de cette envergure est
tributaire, non seulement d’efforts des dirigeants mais aussi du
concours de tous les secteurs vivifiants d’une nation, un groupe de
Congolais du Canada s’est
constitué, il y a deux ans, en une instance dénommée organisation
des professionnels congolais du Canada (OPCC) en vue de mettre à
contribution leurs connaissances et leur savoir-faire au profit de
leur pays, la RDC.
Dans
cette optique, les 22 et 23 mai derniers, l’OPCC a organisé, à
Montréal, au Canada, un symposium consacré à la guerre qui fait
rage en RDC depuis le 2 août 1998 pour réfléchir sur cette
situation et les perspectives d’une paix durable. Le but est
d’apporter une contribution légitime à la mise en place d’un
plan d’action susceptible de mobiliser toutes les forces vives
congolaises en faveur d’un processus de dialogue. L’objectif
fondamental étant de déboucher sur un modus vivendi fondé sur des réalités
du Congo-Kinshasa, ce dialogue s’avère comme un préalable nécessaire
à l’instauration d’un climat de confiance entre Congolais.
C’est
pourquoi l’OPCC avait convoqué cette réunion sans discrimination
des sensibilités politiques. Avaient ainsi pris
part à cette rencontre des
Congolais venus des États-Unis et de tous les coins du Canada. Nous
présentons ci-après les résolutions adoptées à cette occasion.
RÉSOLUTIONS ADOPTÉES PAR
LE SYMPOSIUM TENU À MONTRÉAL
LES 22 ET 23 MAI 1999 SOUS LES AUSPICES
DE L’ORGANISATION
DES PROFESSIONNELS CONGOLAIS DU CANADA(OPCC)
Du 22 au
23 mai 1999, s’est réuni à l’Université du Québec à Montréal,
au Canada, un groupe d’intellectuels et de professionnels congolais
des États-Unis d’Amérique et du Canada sous les auspices de l’OPCC
pour réfléchir sur la guerre qui sévit au Congo-Kinshasa et les
perspectives d’une paix durable.
Les
objectifs de la rencontre étaient d’amener les experts congolais à
mettre à contribution leur savoir-faire à la recherche des solutions
destinées à assurer la pacification du Congo-Kinshasa et
l’instauration d’un État de droit. À cette fin, les participants
s’étaient engagés à produire, à la fin des assises, un document
devant servir, à toutes fins utiles, d’aide-mémoire aux acteurs
politiques congolais et à toute autre instance ou des individus intéressés
à la question congolaise.
Le
thème central du symposium s’intitulait : La
crise politique en RDC et les enjeux de la guerre
ougando-rwando-burundaise contre la RDC. Au terme des assises, les participants ont adopté les résolutions
suivantes pour mettre fin à la guerre et instaurer la paix sur une
base durable.
Résolution
01
Considérant
que la rebellion actuelle dirigée par le Rwanda et l'Ouganda est une
réponse de ces pays à la mesure prise, en date du 28 juillet 1998,
par le Chef de l'État de la République démocratique du Congo,
Laurent-Désiré Kabila, de renvoyer dans leurs pays respectifs les
soldats rwandais et ougandais, alors installés en sol congolais.
Considérant
l'existence documentée des plans secrets de certaines puissances
occidentales visant l'implosion de la République démocratique du
Congo et la cession d'une partie de son territoire au Rwanda.
Les
participants au Symposium de Montréal sur la crise congolaise, sous
l'égide de l'Organisation des professionnels congolais du Canada (OPCC),
lancent un appel solennel au Président de la RDC, Laurent-Désiré
Kabila, à la société civile congolaise, aux partis politiques
congolais, à la diaspora congolaise et à tous les compatriotes qui
luttent aux côtés des Tutsi rwandais, ougandais et Burundais, pour
un dialogue national sincère entre congolais, pour une réconciliation,
afin de retirer toute caution à la présence des envahisseurs sur le
territoire congolais et mettre, ainsi, un terme à cette guerre que mènent
les prédateurs qui se livrent au carnage des populations civiles et
au pillage des richesses du pays.
Résolution
02
Les
participants soutiennent le principe de débat national, dont le cadre
serait fondé sur une dynamique qui associerait au projet les différentes
formations et sensibilités sociopolitiques.
Résolution
03
Les
participants exigent du peuple congolais plus de tolérance et lui
demandent de renforcer son identité en essayant de reprendre le contrôle
du pouvoir économique par le biais d’un dialogue constructif, dans
le cadre d’une démarche de réconciliation qui se veut impérative.
Résolution
04
Les
participants exigent la création d’un État de droit garantissant
l’essor social et économique du peuple congolais ainsi que
l’instauration d’un mécanisme permettant aux masses populaires de
reconquérir le pouvoir dans un pays libre et libéré
Résolution
05
Les
participants souhaitent qu’une armée républicaine soit créée,
dans le cadre d’un État de droit. Les participants demandent aussi
au gouvernement congolais de rendre le service militaire obligatoire,
dans le cadre d’une stratégie visant à protéger l’intégrité
territoriale. Ils lui sollicitent, enfin, pour la sécurisation des
frontières nationales, d’exiger du gouvernement du Burundi, du
gouvernement de l’Ouganda et de celui du Rwanda d’engager des négociations
avec les opposants et les fractions rebelles de leurs pays respectifs.
Résolution
06
Les
participants réclament qu’une commission, sous l’egide de l’Organisation
des Nations Unies, soit constituée afin d’enquêter et d’établir
les responsabilités des massacres dont les congolais sont victimes
dans la région du Kivu.
Résolution
07
Les
participants demandent à l’Organisation des professionnels
congolais du Canada (OPCC) de soutenir la plainte déposée, auprès
du tribunal international de La Haye, par un groupe de ressortissants
congolais du Kivu contre les agresseurs de la République Démocratique
du Congo.
Résolution
08
Les
participants dénoncent l’expulsion par les forces d’occupation
des autochtones congolais du Kivu et la colonisation des territoires
ainsi évacués pour installer à demeure des éléments tutsis. Les
participants déplorent cette pratique qui porte en elle les germes
d’une implosion.
Résolution
09
Les
participants encouragent l’intelligentia à s’engager dans une
campagne de conscientisation des masses, en tenant un discours
politique qui rejoint celui des masses, en exprimant ses idées dans
les langues congolaises et dans le respect des cultures
congolaises.
Résolution
10
Les
participants encouragent les autorités congolaises à intégrer les
femmes congolaises à tous les niveaux du processus de prise de décision
et à faire appel à leur expertise.
Résolution
11
Les
participants souhaitent la mise en place d’un mécanisme permettant
de renforcer la campagne de sensibilisation des populations québécoises
et canadiennes à la cause de la République Démocratique du Congo,
en visant particulièrement les mouvements syndicaux, les groupes
religieux et les groupes étudiants, en les convainquant de la
responsabilité, qu’ont les agresseurs de la RDC, de participer à
la reconstruction de ce pays qu’ils ont détruit.
Résolution
12
Les
participants invitent l’Organisation des professionnels congolais du Canada
(OPCC) à initier des projets de recherche des stratégies qui
aideront à gérer efficacement la période de l’après-guerre.
Résolution
13
Les
participants souhaitent que les échanges entre congolais se
poursuivent afin de scruter en profondeur le thème de ce premier
symposium organisé par l’Organisation des professionnels congolais
du Canada.
Fait à Montréal, le 23 mai
1999
Espérant
que cette contribution sera prise en considération, aussi bien dans
vos délibérations que dans vos conclusions, veullez accepter,
Excellences, l’assurance de nos sentiments les plus distingués.
Président
de la Commission politique
de l’OPCC
Dr
Paul Mulemeri KANAMBY, Ph. D.
Président
de l’OPCC
Dr
Yona LIKONGO, M.D.
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