GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)

Nouvelles d'Uvira : S.O.S Massacres

politi3.jpg (679 octets)

Transmis par Kambale Katahwa

politi3.jpg (679 octets)
S.O.S. DROITS DE L'HOMME

EN CATASTROPHE

S.O..S. D.H.C. en sigle

UVIRA / SUD KIVU

RDC

 

Attention de : - Human Right Watch,

· Amnisty Internationale

· F.I.D.H.

· Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme

· Organisations Internationales de Défense et/ou de la Promotion des droits de l'Homme (Toutes)

RISQUE DE MASSACRES DES POPULATIONS CIVILES DANS LES ZONES D'UVIRA ET DE FIZI

La situation sécuritaire dans les zones d'Uvira et de Fizi déjà précaire se dégrade davantage. La quasi totalité de ces deux zones semble échapper au contrôle de la rébellion diminuée par les dissensions internes au niveau de leurs alliés du Rwanda et de l'Ouganda.

Dans la zone de Fizi, les combattants autochtones structurés en une Force d'Auto-défense Populaire (FAP) devenus efficaces suite à un appui logistique gagnent du terrain et acculent les Forces Armées Burundaises à Fizi-Centre où plusieurs éléments de cette armée sont tenus en otage.

Les troupes congolaises de la rébellion accompagnées de leur commandant opérationnel SHAMAVU se sont repliées sur Uvira après avoir subi plusieurs revers militaires contre les FAP et sont actuellement stationnées au port de KALUNDU (Uvira) abandonnant ainsi leurs positions de BARAKA,NUNDU, MBOKO, MALINDE, SEBELE, UBWARI, SWIMA, et MAKOBOLA. Certains d'entre eux ont déjà rejoint les unités de FAP.

Ainsi toutes les positions abandonnées sont tombées aux mains de FAP à l'exception de KAZIMIYA, localité située au bord du Lac Tanganyika, à quelques 80 Km de Baraka, toujours tenu par les troupes burundaises qui viennent d'ailleurs de massacrer une cinquantaine de personnes dans le village de KARAMBA (près de KAZIMIYA) en date du 09/05/99.

Actuellement la population vide les diverses localités de la zone de Fizi, une partie a regagné Uvira à partir du 9/05/1999. Une autre se cache dans les buissons et enfin le troisième groupe a choisi le chemin d'exil en Tanzanie.

Dans la zone d'Uvira, outre les menaces des FAP qui pèsent désormais sur la ville d'Uvira, la rupture entre Rwandais du Rwanda et Rwandais Banyamulenge est apparamment consommée. Des accrochages entre les combattants Rwandais-Banyamulenge et les troupes rwandaises se sont produits au niveau de SANGE, RUNINGU, et KAMANYOLA (frontière entre RDC et Rwanda) depuis le 10/05/99.

Aussi plusieures familles rwandaises Banyamulenge réfugiées depuis 1996 au Rwanda ont été refoulées de ce pays. Certaines de ces familles occupent actuellement l'ancien bâtiment de l'Auditorat Militaire Garnison d'UVIRA.

Ces affrontements ont fait plusieures dizaines de morts dans les deux camps dont les dépouilles mortelles d'un C.O. Bataillon Munyamulenge avec trois de ses combattants sont arrivéees à Uvira en date du 11/05/99 en provenance de SANGE et RUNINGU. A celles-là s'ajoutent les corps de quatre victimes civiles, criblés de balles. Ces victimes revenaient de Bukavu lorsque le minibus dans lequel elles avaient pris place est tombé entre deux feux. Parmi les quatres corps , celui de KALOMBO (Baba Linda) a été exposé à la morgue de l'hôpital Général d'Uvira le 12/05/1999.

La ville d'Uvira semble passé sous contrôle des combattants rwandais Banyamulenge, les éléments avancés du FAP se localisent à 10 km au Sud d'Uvira en provenance de BARAKA. Seules deux compagnies de l'Armée Patriotique Rwandaise commandée par RUGANGAZA, surprises par ce revirement des alliances militaires, se sont concentrées à Kavimvira (près de la frontière burundaises), couvertes par deux chars de combat ougandais en attente d'une éventuelle intervention. D'après les dernières informations, les deux chars viennent d'être déplacés , ont pris la route vers Bukavu ou le Rwanda (21/05/1999).

Somme toute, les activités socio-économiques sont bloqués, le trafic routier entre Uvira-Bukavu, Uvira-Baraka, tourne au relanti. Les populations des ces deux zones vivent dans un climat de peur et ne savent à quelle autorité se vouer.

Les FAP d'un côté, les combattants banyamulenge de l'autre luttent chaque groupe dans son camp contre la présence étrangère rwandaise, burundaise, et ougandaise sur le territoire congolais. Les éléments congolais de la rébellion, démoralisés, favorables aux Forces gouvernementales (FAC) et aux FAP , observent une certaine neutralité mais apparamment prêts à intervenir au moment opportun.

Enfin les troupes rwandaises et burundaises qui appuient la branche politique rébelle restée à Goma fidèles à LUNDA BULULU, BIZIMA KARAHA, NYARUGABO MOISE, JONAS PADIRI, se défendent tant bien que mal et contre les FAP et contre les Banyamulenge. Signalons en passant que l'équipe de Lunda Bululu, Bizima Karaha et compagnie a été chassée de MINEMBWE , bastion des Rwandais Banyamulenge lors d'une mission de sensibilisation pour la réconciliation avec le Rwanda, organisée par ces membres du RCD en date du 28/04/1999.

Face à tous ces embroglios politico-militaires sur terrain, le bombardement de la ville d'Uvira par l'aviation gouvernementale en date du 11/05/1999 qui a fait deux victimes civiles de la famille de BANYAKATANDA (un clan de la communauté d'Uvira) et 6 maisons détruites à MULONGWE (cité d'Uvira) est venu réveiller dans la population autochtone l' espoir que le pouvoir central est capable de reconquérir tout le territoire et que bientôt elle sera libérée du joug de la coalition ougando-rwandaise.

Eu égard de tous ceux qui précèdent , SOS DHC

- S'inquiète de la dégradation de la situation actuelle qui rassemblent tous les ingrédients nécessaires pour les massacres des populations civiles dans les deux zones;

- S'inquiète en outre des conditions dans lesquelles vivent les populations de Fizi et d'Uvira obligées de fuir ce regain de violence, et celles prises en otage par l'armée burundaise et servies comme bouclier humain;

- Dénonce qu'un autre massacre de plus de 50 personnes a été perpertré par les Forces Armées burundaises à KARAMBA en date du 09/05/1999;

- Invite toutes les parties congolaises engagées dans cette lutte, d'épargner et de respecter la vie des civils non armés;

- Recommande aux troupes étrangères non invitées sur le territoire congolais qui veulent malgré tout maintenir leurs éléments dans les deux zones (Uvira et Fizi) de ne pas se venger sur les populations civiles lors de leur retraite, et de surtout protéger la vie des enfants, femmes, vieillards, des tous les civils et de laisser évacuer la population des lieux des champs de bataille;

- Recommande au Gouvernement Burundais de procéder à l'arrestation de ses militaires qui ont commis le massacre de KARAMBA en date du 09/05/1999 avec l'appui des patrouilleurs de l'armée burundaise.

Fait à Uvira, le 12/05/99

Pour le SOS DHC

Le Secrétaire Général

Transmis par Kambale Katahwa

Copyright Afriqu'Info asbl.