| S.O.S. DROITS DE L'HOMME EN CATASTROPHE
S.O..S. D.H.C. en sigle
UVIRA / SUD KIVU
RDC
Attention de : - Human Right Watch,
· Amnisty Internationale
· F.I.D.H.
· Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme
· Organisations Internationales de Défense et/ou de la
Promotion des droits de l'Homme (Toutes)
RISQUE DE MASSACRES DES POPULATIONS CIVILES DANS LES ZONES
D'UVIRA ET DE FIZI
La situation sécuritaire dans les zones d'Uvira et de
Fizi déjà précaire se dégrade davantage. La quasi totalité de ces deux zones semble
échapper au contrôle de la rébellion diminuée par les dissensions internes au niveau
de leurs alliés du Rwanda et de l'Ouganda.
Dans la zone de Fizi, les combattants autochtones
structurés en une Force d'Auto-défense Populaire (FAP) devenus efficaces suite à un
appui logistique gagnent du terrain et acculent les Forces Armées Burundaises à
Fizi-Centre où plusieurs éléments de cette armée sont tenus en otage.
Les troupes congolaises de la rébellion accompagnées de
leur commandant opérationnel SHAMAVU se sont repliées sur Uvira après avoir subi
plusieurs revers militaires contre les FAP et sont actuellement stationnées au port de
KALUNDU (Uvira) abandonnant ainsi leurs positions de BARAKA,NUNDU, MBOKO, MALINDE, SEBELE,
UBWARI, SWIMA, et MAKOBOLA. Certains d'entre eux ont déjà rejoint les unités de FAP.
Ainsi toutes les positions abandonnées sont tombées aux
mains de FAP à l'exception de KAZIMIYA, localité située au bord du Lac Tanganyika, à
quelques 80 Km de Baraka, toujours tenu par les troupes burundaises qui viennent
d'ailleurs de massacrer une cinquantaine de personnes dans le village de KARAMBA (près de
KAZIMIYA) en date du 09/05/99.
Actuellement la population vide les diverses localités de
la zone de Fizi, une partie a regagné Uvira à partir du 9/05/1999. Une autre se cache
dans les buissons et enfin le troisième groupe a choisi le chemin d'exil en Tanzanie.
Dans la zone d'Uvira, outre les menaces des FAP qui
pèsent désormais sur la ville d'Uvira, la rupture entre Rwandais du Rwanda et Rwandais
Banyamulenge est apparamment consommée. Des accrochages entre les combattants
Rwandais-Banyamulenge et les troupes rwandaises se sont produits au niveau de SANGE,
RUNINGU, et KAMANYOLA (frontière entre RDC et Rwanda) depuis le 10/05/99.
Aussi plusieures familles rwandaises Banyamulenge
réfugiées depuis 1996 au Rwanda ont été refoulées de ce pays. Certaines de ces
familles occupent actuellement l'ancien bâtiment de l'Auditorat Militaire Garnison
d'UVIRA.
Ces affrontements ont fait plusieures dizaines de morts
dans les deux camps dont les dépouilles mortelles d'un C.O. Bataillon Munyamulenge avec
trois de ses combattants sont arrivéees à Uvira en date du 11/05/99 en provenance de
SANGE et RUNINGU. A celles-là s'ajoutent les corps de quatre victimes civiles, criblés
de balles. Ces victimes revenaient de Bukavu lorsque le minibus dans lequel elles avaient
pris place est tombé entre deux feux. Parmi les quatres corps , celui de KALOMBO (Baba
Linda) a été exposé à la morgue de l'hôpital Général d'Uvira le 12/05/1999.
La ville d'Uvira semble passé sous contrôle des
combattants rwandais Banyamulenge, les éléments avancés du FAP se localisent à 10 km
au Sud d'Uvira en provenance de BARAKA. Seules deux compagnies de l'Armée Patriotique
Rwandaise commandée par RUGANGAZA, surprises par ce revirement des alliances militaires,
se sont concentrées à Kavimvira (près de la frontière burundaises), couvertes par deux
chars de combat ougandais en attente d'une éventuelle intervention. D'après les
dernières informations, les deux chars viennent d'être déplacés , ont pris la route
vers Bukavu ou le Rwanda (21/05/1999).
Somme toute, les activités socio-économiques sont
bloqués, le trafic routier entre Uvira-Bukavu, Uvira-Baraka, tourne au relanti. Les
populations des ces deux zones vivent dans un climat de peur et ne savent à quelle
autorité se vouer.
Les FAP d'un côté, les combattants banyamulenge de
l'autre luttent chaque groupe dans son camp contre la présence étrangère rwandaise,
burundaise, et ougandaise sur le territoire congolais. Les éléments congolais de la
rébellion, démoralisés, favorables aux Forces gouvernementales (FAC) et aux FAP ,
observent une certaine neutralité mais apparamment prêts à intervenir au moment
opportun.
Enfin les troupes rwandaises et burundaises qui appuient
la branche politique rébelle restée à Goma fidèles à LUNDA BULULU, BIZIMA KARAHA,
NYARUGABO MOISE, JONAS PADIRI, se défendent tant bien que mal et contre les FAP et contre
les Banyamulenge. Signalons en passant que l'équipe de Lunda Bululu, Bizima Karaha et
compagnie a été chassée de MINEMBWE , bastion des Rwandais Banyamulenge lors d'une
mission de sensibilisation pour la réconciliation avec le Rwanda, organisée par ces
membres du RCD en date du 28/04/1999.
Face à tous ces embroglios politico-militaires sur
terrain, le bombardement de la ville d'Uvira par l'aviation gouvernementale en date du
11/05/1999 qui a fait deux victimes civiles de la famille de BANYAKATANDA (un clan de la
communauté d'Uvira) et 6 maisons détruites à MULONGWE (cité d'Uvira) est venu
réveiller dans la population autochtone l' espoir que le pouvoir central est capable de
reconquérir tout le territoire et que bientôt elle sera libérée du joug de la
coalition ougando-rwandaise.
Eu égard de tous ceux qui précèdent , SOS DHC
- S'inquiète de la dégradation de la situation actuelle
qui rassemblent tous les ingrédients nécessaires pour les massacres des populations
civiles dans les deux zones;
- S'inquiète en outre des conditions dans lesquelles
vivent les populations de Fizi et d'Uvira obligées de fuir ce regain de violence, et
celles prises en otage par l'armée burundaise et servies comme bouclier humain;
- Dénonce qu'un autre massacre de plus de 50 personnes a
été perpertré par les Forces Armées burundaises à KARAMBA en date du 09/05/1999;
- Invite toutes les parties congolaises engagées dans
cette lutte, d'épargner et de respecter la vie des civils non armés;
- Recommande aux troupes étrangères non invitées sur le
territoire congolais qui veulent malgré tout maintenir leurs éléments dans les deux
zones (Uvira et Fizi) de ne pas se venger sur les populations civiles lors de leur
retraite, et de surtout protéger la vie des enfants, femmes, vieillards, des tous les
civils et de laisser évacuer la population des lieux des champs de bataille;
- Recommande au Gouvernement Burundais de procéder à
l'arrestation de ses militaires qui ont commis le massacre de KARAMBA en date du
09/05/1999 avec l'appui des patrouilleurs de l'armée burundaise.
Fait à Uvira, le 12/05/99
Pour le SOS DHC
Le Secrétaire Général
Transmis par Kambale Katahwa |