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Déclaration de l'Observatoire congolais du multipartisme (O.C.M.)

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Elvis Kambaj

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DECLARATION NoOO1/19-04/99

Dans exactement huit mois, la République Démocratique du Congo et le reste de l’humanité à l’unisson vont franchir le seuil du Troisième Millénaire. L’entrée de la RDC dans le vingt-et-unième siècle coïncidera avec ses dix ans d’apprentissage de la démocratie. Il n’y a pas de honte à confesser que l’assimilation de la démocratie s’avère encore un exercice ardu qui nécessitera une longue période d’initiation pour les congolais.

S’il faut reprocher à la RDC de n’avoir pas réussi en 9 neuf ans de transition à organiser les élections libres et démocratiques, à l’instar de ce qui se passerait déjà pour la deuxième ou la troisième fois dans d’autres pays du continent, il doit néanmoins lui être reconnu le bénéfice d’avoir amorcé un processus multipartite très anthousiaste et disputé.

Aprés avoir débuté par un multipartisme limité à trois partis politiques, la démocratisation du Zaïre s’est vue imposer le multipartisme dit " intégral" par la dynamique socio-politique dont était impregné le démarrage de la Transition. Certes, à la faveur de ce multipartisme illimité, il y a eu prolifération des partis politiques que certains théoriciens de la transition zaïroise n’hésitent pas à accuser comme co-responsable de la précarité ou du tatônnement de la démocratie dans ce pays. En tout état de cause, le débat reste ouvert sur cette question particulière. Du moins, le constat indéniable demeure le fait que depuis le commencement de sa marche démocratique, la RDC a vu le multipartisme s’incorporer dans les moeurs socio-politiques des citoyens jusqu’à devenir le synonyme même de la démocratie tout court. En dehors des vélléités aventuristes ou opportunistes affichées par les fondateurs de certains partis politiques congolais(zaïrois), créer un parti politique, c’était tester ou matérialiser la liberté d’association politique garantie par la Constitution. C’est l’explication rationnelle que l’on pourrait aussi réserver à la pullulation des formations politiques constatée durant les premières gestations de la démocratie zaïroise.

Eu égard à l’accoutumance des citoyens zaïrois au multipartisme, il ne serait pas erroné de considérer que la suspension des activités des partis politiques par l’AFDL aura été une surprise désagréable pour ces citoyens. Si cette décision a été draconiennement exécutée par le pouvoir à l’endroit des partis politiques, elle n’a pas surtout manqué d’être nuisible à la crédibilité démocratique du pays, en constituant la raison suffisante recherchée par les censeurs démocratiques occidentaux pour consigner la RDC dans le registre des "Etats de non-droit". Placée dans pareille nomenclature, la RDC s’est mise à subir l’isolement dont elle pâtit jusqu’à présent de la part des puissances occidentales. L’absence du multipartisme dans le Congo de Kabila était devenue ainsi le talon d’Achille vers lequel étaient dirigés tous les assauts lancés par tout celui qui voulait nuire au pouvoir AFDL.

Quelque soit la propension naturelle du congolais à regimber face aux diktats étrangers, ne nous gênons pas au demeurant d’admettre que la carence temporelle du multipartisme, consécutive à l’interdiction des activités des partis politiques, était devenue la présomption irréfragable ayant facilité le régime d’être qualifié sans coup férir de dictatorial.

L’on se rappelera que les sondages menés dans les grandes villes du Congo-Kinshasa, avant le déclenchement de la guere, avaient indiqué le raidissement de l’anthousiasme populaire envers le pouvoir en place. A plus forte raison, cette attitude d’apathie populaire dont Montesquieu dit qu’"elle est pire dans une démocratie que le serait la tyrannie d’un prince dans une oligarchie", serait l’un des stimulants ayant convaincu les tutsis Banyamulenge à oser leur sédition, dans l’espoir que le peuple congolais, lassé par le Jacobinisme monolithique ayant élu domicile dès l’aube de la liberation, mordrait à l’hameçon d’une alternative alléchante, mais derrière laquelle s’est mal vraisemblement cachée l’ambition mesquine de conquérir le pouvoir pour le pouvoir.

La réhabilitation du multipartisme congolais par le biais du décret-loi No 194 relatif aux partis et aux regroupements politiques a été acceuillie par l’opinion internationale comme un indice de bonne foi des autorités de Kinshasa à renouer avec la culture démocratique congolaise en composition depuis la Transition zaïroise. Malgrè l’austérité substantielle, du reste remédiable,de la nouvelle loi sur les partis, la communauté internationale l’a reconnu comme un élément pouvant servir petit à petit au renversement de la présomption néfaste qui pesait sur le gouvernement congolais. Ainsi, la décision du Président Kabila à soumettre la loi régissant les partis au crible des discussions à tenir dans le cadre du Débat National reflète la sagesse acquise par les dirigeants congolais de ne plus s’attirer inutilement les critiques et le courroux des surveillants démocratiques planétaires pour qui la démocratie est inconcevable et irréalisable sans le multipartisme.

C’est ici que, tout en saluant le retour du multipartisme congolais, nous nous rendons à l’évidence que cet acquis mérite une protection, un encadrement et une orientation en vue de sa pérennité. Il n’y a pas de doute que cette entreprise exige de la méthode et des tactiques, d’autant plus qu’il s’agit de pragramatiser un concept socio-politique dont la maïtrise maladroite par les gouvernements africains a été à la base des clopinnements des démocraties de ce continent. Nous sommes persuadés que la RDC est assoiffée de démocratie et celle-ci n’est pas envisageable sans le multipartisme, qui est son véhicule quotidien; lequel de surcroît doit être entretenu et révisé aux fins de la poursuite avec assurance de son avancée.

Tels se présentent le fondement et la raison d’être de l’Observatoire Congolais du Multipartisme , en sigle O.C.M. que viennent depuis deux mois de porter sur les fonds baptismaux un groupe de congolais, armés de patriotisme et épris de démocratie. L’Observatoire Congolais du Multipartisme est une ONG de droit congolais qui s’est dotée de l’ambition inépuisable d’observer le processus multipartite de la RDC. Fort de cet objectif qu’il est déterminé à atteindre, l’O.C.M. s’engage à aider la RDC à remporter le défi du multipartisme comme gage de sa réussite démocratique.

POUR L’OBSERVATOIRE CONGOLAIS DU MULTIPARTISME

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Le Directeur-Exécutif Johannesburg, le 19 avril 1999

Elvis Kambaj

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