Il y a plus
dun an, nous participions à un débat politico-social sur le forum dun site
web du pays qui nous héberge présentement. Soit dit en passant, ce site est mort il y a
de cela environ huit mois. Sur ce forum, nous rencontrâmes une dame qui parlait, parlait
delle-même et souvent malencontreusement. Chacun de ses articles contenait moult
digressions relatives à sa vie privée. Toutefois, à son avantage, la femme écrivait
bien, dune manière attrayante. On ne tiquait pas en la lisant.
Je disais quelle parlait
delle-même avec une facilité hors de lordinaire. Je men vais le
prouver. Dans un article, par exemple, elle nous cita, sans une raison valable et hors
sujet, les noms et prénoms de ses deux enfants, leurs âges respectifs, leurs jeux
favoris, lécole quils fréquentaient, et même, les villes où ils sont
respectivement nés ; nous apprîmes ainsi que lun des deux est né quelque
part au Québec, où le couple vécut un certain temps, pour raison de travail, avant de
retourner dans leur pays. Dans un autre, cest son mari quelle donna en
spectacle. Nous sûmes ainsi, par exemple, que monsieur avait deux diplômes : un de
psychologie, lautre de pédagogie. Et delle-même, nen parlons
pas ! Nous connaissions son curriculum vitae, ses goûts culinaires, le type de
travail quelle faisait, etc. On pouvait même savoir où elle avait été avec sa
famille pour les vacances. Tenez, un jour, elle nous donna à lire un article qui
commençait plus ou moins comme ceci : "Je réagis à ce qua dit monsieur
X à partir dans la chambre n°Y de lhôtel W (quatre étoiles), au bord de la mer
où je suis venue passer le week-end avec mon mari et mes enfants..."
Un autre jour, elle sen prit à un
tel ministre de son pays, sur le forum. Ce quelle lui disait était tout à fait
justifié. Seulement voilà, elle se permit de tutoyer le ministre et pour cause :
ils avaient été des camarades décole, au lycée, elle et le ministre. Chose que
ce dernier nadmit point. Dans sa réponse, il commença par remettre la dame à sa
place : "Madame, je serais heureux prochainement si vous réserviez le
"tu" pour le domaine privé... Sur un espace public, comme le forum, le
"vous" est rigoureusement dusage, même entre deux vieux camarades de
lycée". Dans un autre article réplique à la réplique du ministre, la dame,
manifestement dans lintention de faire sensation, nous laissa entendre quelle
avait invité chez elle, il y avait de cela deux mois, deux anciens ministres du
gouvernement tombé, amis de son mari...
Le problème : un bon matin, la dame
en question, fit une sortie remarquable sur le forum contre une autre dame quelle
qualifia de hautaine, dune qui écrivait pour se donner en spectacle, pour se mettre
en évidence, pour se faire voir... A la lecture de cet article, nous tiquâmes. Et sur le
champ nous lui répondîmes, en nous servant de sages paroles de Jésus : "Avant
denlever la paille qui est dans loeil de ton prochain, enlève dabord la
poutre qui est dans tes yeux". Nous lui dîmes sans mâcher les mots que cest
elle, plutôt, qui se donnait en spectacle. Et que ce quelle faisait là
nétait quune belle projection de ses propres "vices" sur les
autres. La dame ne vit pas notre réponse dun bon oeil. Nous reçûmes copieusement
notre part déclaboussures, et nous préférâmes nous taire.
En janvier de cette année, quelque part
au Sud du pays où je me trouvai, je rencontrai la femme en question, comme par hasard.
Elle et moi avions été invités à une fête des noces. Il faut tout de même dire que
moi, jy avais été indirectement invité... Lami qui maccueillait chez
lui ayant été invité, minvita à son tour, ou plutôt me fit inviter. Tout à
fait par hasard nous fîmes connaissance avec la dame. Et je remarquai alors quelle
était une femme tout à fait ordinaire, voire extrêmement ordinaire... contrairement aux
airs quelle se donnait sur le forum.
Pourquoi je raconte tout ça ici ? La
réponse est simple : pour que notre débat sur congonline croisse en QUALITE.
Bernard Ilunga |