L'arrogance
de ceux avec qui la vérité est née m'étonne encore davantage. Eux sont la mesure de la
vérité. Mieux : ils sont la vérité faite chair. Les autres ont et auront tort jusqu'à
la fin de l'histoire. Possédant la vérité dans leur poche, comme on possède 100 francs
français, ils se prennent pour le nombril du monde.
L'arrogance relève souvent d'une sournoise illusion à la fois transcendentale et
empirique sur soi-même : on se suréstime ! Mes petites vérités ont tôt fait de
devenir des vérités universelles. L'arrogance se joue aisément du mépris des autres et
figure l'intolérance : celui qui n'entrent pas dans mes petites vérités, je l'affuble
du beau qualificatif de tshembe-tshembe.
Devenons modestes, s'il vous plaît. La modestie est le chemin de la grandeur. Les grands
hommes sont simples. Pour un homme qui a conquis la modestie, l'adversaire n'est pas un
ennemi (un tshembe-tshembe) à vaincre à tout prix, mais un ami à convaincre.
Pour terminer, je voudrais dire qu'on peut toujours m'écrire, à moi. Car je crois avoir
assez de force et de liberté intérieures pour prendre distance à la fois vis-à-vis de
mes textes et des textes des autres sur moi, fussent-ils rédigés en des termes
désobligeants.
Bernard Ilunga |