| La crise que traverse notre pays paraît insoluble à plus
dun esprit et la confusion ambiante semble reporter toute solution aux calendes
grecques. Le Directoire de la Résistance Patriotique Zaïroise a décidé, dans un
exercice de politique fiction, de démontrer que pour peu quil y ait de la
bonne volonté de part et dautre, un accord politique pourrait à très bref délai
mettre un terme à la tragédie congolaise (zaïroise).
Bien évidemment, il faudrait pour cela
que les acteurs politiques congolais (zaïrois) remplacent leurs intérêts et ambitions
personnelles comme moteurs de leur engagement politique par lintérêt collectif. Il
faudra très probablement quil coule encore beaucoup de sang et de larmes pour que,
peut-être dans un sursaut moral, les élites politiques congolaises (zaïroises) prennent
enfin leurs responsabilités.
Si la politique fiction devenait réalité, le sang de nos
enfants de nos surs, de nos frères, de nos mères et de nos pères cesserait de
couler inutilement et une nouvelle ère de prospérité soffrirait à notre Nation
à laube du 21è siècle.
Chaque jour, dans le silence de
limmensité de notre Patrie, meurent des centaines de compatriotes, victimes
innocentes dune guerre fratricide conséquence de lincapacité de nos élites
politiques à trouver un terrain dentente entre leurs positions respectives. Cette
entente de lensemble de la classe politique est la seule voie praticable pour
dégager un consensus national qui doterait enfin notre Nation dun cadre
institutionnel soucieux du respect des valeurs universelles des droits de lhomme,
dun gouvernement démocratiquement élu et ainsi revêtu dune légitimité
incontestable.
En ce jour solennel, il a
été convenu entre
Le Gouvernement de la République
démocratique du Congo ;
et
Les Partis politiques de lopposition
non armée ;
et
Le Rassemblement Congolais pour la
Démocratie ;
et
Le Mouvement de Libération du Congo ;
et
La Société civile ;
Qui, désireux de mettre un terme aux
souffrances innombrables et indicibles endurées par la Nation, et résolus à offrir à
notre grand pays un avenir de paix, de liberté, de justice et de prospérité, ont
adopté les dispositions de lEntente Démocratique Nationale.
PREAMBULE
Nous,
Gouvernement de la République
démocratique du Congo (Zaïre), Partis politiques de lopposition non armée,
Rassemblement Congolais pour la Démocratie, Mouvement de Libération du Congo, Société
civile ; tous pouvoirs de facto concernés par la recherche dune
solution politique négociée de la crise multiforme à laquelle notre pays est
confronté ;
Affirmant notre volonté de vivre
et de partager une communauté de destin sur la terre de nos ancêtres ;
Convaincus que seule une
communauté des curs et des esprits peut consolider lunité nationale ;
Soucieux de préserver
lunité, la souveraineté et lintégrité territoriale de notre Patrie ;
Conscients qu'une victoire
militaire de quelque camp que ce soit napportera pas de solution durable et
consensuelle à la crise que traverse notre pays ;
Convaincus que cest par une élection
libre, démocratique et transparente quil sera mis un terme à la période de
transition ;
Conscients que seule la volonté
souveraine du peuple exprimée lors délections supervisées par la
communauté internationale peut doter notre Nation dun Pouvoir légitime et
dune Représentation nationale crédible ;
Proclamant notre adhésion à la
Déclaration Universelle des Droits de lHomme et à la Charte Africaine des Droits
de lHomme et des Peuples
Conscients quaucune fraction
du Peuple ne peut faire lobjet dune mesure discriminatoire en raison de sa
religion, de son appartenance ethnique ou de ses convictions politiques ;
Conscients de nos responsabilités
historiques devant Dieu, la Nation, lAfrique et le Monde ;
Déclarons solennellement vouloir
agir dans lintérêt supérieur de la Nation et décidons de régler pacifiquement
nos différends par voie de négociation politique dans le cadre dune Entente
Démocratique Nationale pour préparer lavènement de la Troisième
République et lavenir de la Nation.
TITRE I : DE LOBJET DE
LENTENTE DEMOCRATIQUE NATIONALE
Article 1er. -
Lobjet de l'Entente Démocratique
Nationale est de déterminer et de préciser les conditions dune
négociation politique entre les différents pouvoirs de facto congolais
(zaïrois), parties signataires ; négociation politique devant mettre un terme au
conflit fratricide qui les oppose par la définition consensuelle du cadre institutionnel
de la période préélectorale et la fixation des modalités d'élections
libres, démocratiques et transparentes ; aucune des parties nétant en mesure
dimposer unilatéralement son schéma de gouvernement de transition et de
préparation des élections aux autres parties dans la totalité de lespace
territorial congolais (zaïrois), ni sa volonté au Peuple congolais (zaïrois).
Article 2.-
Dans le cadre de lEntente
Démocratique Nationale, les parties signataires conviennent de décrire la crise
congolaise (zaïroise) comme étant la combinaison des deux aspects suivants :
a) aspect interne :
Laspect interne de la crise est un conflit entre pouvoirs de facto relatif à
la définition consensuelle du cadre institutionnel de la période préélectorale
de transition, à la légitimité du Pouvoir de transition, et à la crédibilité du
processus électoral.
b) aspect externe :
Laspect externe de la crise se
rapporte à limplication militaire de puissances africaines. Cette implication
résulte soit de problèmes de sécurité frontalière dans des pays circonvoisins ;
soit d'accords politico-militaires conclus entre puissances africaines et parties
signataires ; soit d'une politique unilatérale de puissances africaines.
Article 3.
LEntente Démocratique Nationale considère
que laspect interne de la crise doit être abordé dans le cadre dune
négociation politique entre parties signataires en vue daboutir à un accord de
gestion et dadministration de la période préélectorale et à la tenue
délections et que laspect extérieur doit être abordé dans le cadre
dun accord africain de sécurité et de coopération.
TITRE II : DES PARTIES CONCERNEES
PAR LENTENTE DEMOCRATIQUE NATIONALE
Section 1 : Des
parties signataires.
Article 4.-
LEntente Démocratique Nationale considère
que les parties congolaises (zaïroises), ci-après qualifiées parties signataires,
concernées par la conclusion dun accord politique négocié de la crise en vue de
permettre la tenue délections libres, démocratiques et transparentes, terme
normal de la période de transition sont :
a) le
Gouvernement de la République démocratique du Congo
b) les Partis politiques de
lopposition non armée
c) le Rassemblement Congolais pour la
Démocratie
d) le Mouvement de Libération du Congo
e) la Société civile
Article 5.-
Dans lintérêt supérieur de la
Nation, les parties signataires admettent la nécessité de former une communauté des
curs et des esprits en vue de trouver les termes dune solution politique
négociée sous le regard de la communauté internationale.
Article 6.-
Les parties concernées par la conclusion
dun accord décident duvrer pour la paix, la réconciliation et la
concorde dans le cadre de lEntente Démocratique Nationale et adoptent
le principe de légalité de traitement des parties afin de trouver une issue
acceptable par tous et conforme aux intérêts supérieurs de la Nation.
Article 7.-
L'Entente Démocratique Nationale
considère que les parties congolaises (zaïroises) mentionnées à larticle 3,
pouvoirs de facto, sont concernées par la conclusion d'une solution politique
négociée de la crise pour les considérations suivantes :
a) le Gouvernement de la République
démocratique du Congo.
Les parties signataires
conviennent quune solution négociée de la crise sans la participation du
Gouvernement n'aurait aucune portée pratique. Ce Gouvernement, quoique contesté, est
reconnu comme étant le représentant officiel de lEtat congolais (zaïrois).
b) les Partis politique de
lopposition non armée.
Les parties signataires
conviennent que les Partis politiques de lopposition non armée concourent à
lexercice du suffrage de manière pacifique et quune solution politique
négociée de la crise qui n'aurait pas lapprobation des Partis politiques de
lopposition non-armée ne serait pas praticable.
c) le Rassemblement Congolais pour la
Démocratie (RCD)
Les parties signataires
conviennent que le RCD est une partie congolaise (zaïroise) concernée par la conclusion
dun accord dans la mesure où cette organisation politico-militaire occupe et
administre une importante portion du territoire national en y exerçant un pouvoir de
facto.
d) le Mouvement de Libération du Congo
(MLC)
Les parties signataires
conviennent que le MLC est une partie congolaise (zaïroise) concernée par la conclusion
dun accord dans la mesure où cette organisation politico-militaire occupe et
administre une portion du territoire national en y exerçant un pouvoir de facto.
e) la Société civile.
Les parties signataires
conviennent que la Société civile composée des associations, des confessions
religieuses, des fédérations dentreprises, des syndicats et des organisations non
gouvernementales, est concernée par la conclusion dun accord en tant que moteur de
lintégration économique et sociale de la Nation.
Article 8.-
LEntente Démocratique Nationale considère
que lextrême parcellisation de la classe politique congolaise (zaïroise),
composée de près de quatre cents partis, mouvements et groupuscules politiques, ne
permet pas la tenue dune négociation politique ou chacun de ces partis, mouvements
et groupuscules aurait lopportunité de sexprimer et quil convient de
qualifier un nombre réduit de parties pour quune solution politique soit trouvée.
Article 9.-
LEntente Démocratique Nationale
considère quun accord politique négocié de la crise congolaise (zaïroise)
approuvé et mis en uvre par les cinq parties congolaises concernées serait un
accord politique bénéficiant du soutien et de lappui de plus de 50 % de la
population congolaise (zaïroise).
Article 10.-
LEntente Démocratique Nationale
invite les parties congolaises (zaïroises) intéressées par une solution politique
négociée de la crise, et qui ne seraient pas au terme de la présente proposition
considérées comme signataires, à se rallier à lune ou lautre partie
mentionnée dans la présente proposition, afin que leurs positions soient prises en
considération.
Section
2 : Des parties africaines impliquées
Article 11.-
LEntente Démocratique Nationale
considère que les puissances africaines suivantes sont impliquées militairement
dans la crise congolaise (zaïroise) :
a) Angola
LAngola est une
partie impliquée au double titre du déploiement non démenti de ses forces armées sur
le territoire congolais (zaïrois) en assistance au Gouvernement et de la présence de
forces militaires rebelles à lautorité légale ayant leurs bases arrières en
territoire zaïrois.
b) Soudan
Le Soudan est une partie
impliquée en raison de lassistance non démentie de ses forces armées au
Gouvernement et de la présence sur son territoire de divers mouvements rebelles aux
autorités légales des pays de la sous-région.
c) Zimbabwe
Le Zimbabwe est une
partie impliquée en raison du déploiement non démenti de forces armées sur le
territoire congolais (zaïrois) en assistance au Gouvernement.
d) Namibie
La Namibie est une partie
impliquée en raison du déploiement non démenti de ses forces armées sur le territoire
congolais (zaïrois) en assistance au Gouvernement.
e) Tchad
Le Tchad est
impliqué en raison du déploiement non démenti de ses forces armées sur le territoire
congolais (zaïrois) en assistance au Gouvernement.
f) Ouganda
LOuganda est
impliqué au double titre dun soutien effectif non démenti au RCD et au MLC et de
la présence de forces militaires rebelles à lautorité légale ougandaise en
territoire congolais (zaïrois).
g) Rwanda
Le Rwanda est impliqué au
double titre dun soutien effectif non démenti au RCD et de la présence de forces
militaires rebelles à lautorité légale rwandaise en territoire congolais
(zaïrois).
i) Burundi
Le Burundi est impliqué
au double titre dun soutien effectif non démenti au RCD et de la présence de
forces militaires rebelles à lautorité légale burundaise en territoire congolais
(zaïrois).
Section
3 : Des parties tierces médiatrices
Article 12.-
L'Entente Démocratique Nationale considère
quil est nécessaire de recourir à la médiation de tierces parties en vue
daboutir à une solution politique négociée de la crise bénéficiant du soutien
moral et matériel de la communauté internationale.
Article 13.-
LEntente Démocratique Nationale considère
comme seules tierces parties médiatrices susceptibles dapporter une médiation
équilibrée, acceptées par les parties signataires et intéressées à la résolution de
la crise les parties suivantes :
a) Belgique
La Belgique est une partie
tierce médiatrice dans la mesure où elle est lancienne puissance métropolitaine
et entretient avec le Congo (Zaïre) des relations privilégiées. Elle a également eu
sous mandat des puissances africaines impliquées militairement dans la crise. LEntente
Démocratique Nationale considère que la médiation de la Belgique est indispensable
à la réussite de la négociation politique.
b) France
Membre permanent du
Conseil de sécurité des Nations Unies, la France est le chef de file de la Francophonie
dont le Congo (Zaïre) est le plus grand pays en terme de superficie et le second en terme
de locuteurs. Elle est également lancienne puissance métropolitaine de pays
frontaliers ou impliqués dans la crise. LEntente Démocratique Nationale
considère que la médiation de la France est indispensable à la réussite de la
négociation politique.
c) Canada
Le Canada est lun
des premiers contributeurs de laide apportée au Congo (Zaïre) depuis son accession
à lindépendance et sest déjà investi dans le processus de médiation
(Conférence de Montréal, Réunion de Bruxelles, Réunion dAmsterdam) en vue de la
préparation de la négociation politique. LEntente Démocratique Nationale considère
que lexpertise canadienne en matière de résolution des conflits est indispensable
à la réussite de la négociation politique.
d) Etats-Unis
Membre permanent du
Conseil de sécurité des Nations Unies, une solution négociée de la crise congolaise
ayant l'appui des Etats-Unis serait assurée d'obtenir les moyens nécessaires de mise en
uvre. Le soutien apporté par les Etats-Unis à certaines puissances africaines
impliquées lui permettrait d'exercer les pressions nécessaires à la conclusion d'un
accord. LEntente Démocratique Nationale considère que la médiation des
Etats-Unis est indispensable à la réussite de la négociation politique.
e) Grande Bretagne
Membre permanent du
Conseil de sécurité des Nations Unies, la Grande Bretagne est le chef de file du
Commonwealth et lancienne puissance métropolitaine de pays africains impliqués. La
Grande Bretagne est en mesure dobtenir de certaines puissances africaines
concernées les concessions nécessaires à la conclusion dun accord. LEntente
Démocratique Nationale considère que la médiation de la Grande Bretagne est
indispensable à la réussite de la négociation politique.
f) Italie
LItalie sest
déjà investie dans le processus de médiation en vue de la préparation de la
négociation politique et a proposé de labriter (Communauté SantEgidio).
LItalie dispose dune expertise éprouvée en matière de résolution des
conflits. LEntente Démocratique Nationale considère que la médiation de
lItalie est indispensable à la réussite de la négociation politique.
g) Afrique du Sud
LAfrique du Sud
sest déjà investie dans le processus médiation en vue de la préparation de la
négociation politique (Rencontre de Pretoria) et peut apporter son expertise en matière
de démocratisation des institutions. LEntente Démocratique Nationale considère
que lautorité morale du président Mandela, prix Nobel de la Paix, est nécessaire
à la réussite du processus de réconciliation nationale.
h) Zambie
Pays frontalier du Congo
(Zaïre), la Zambie sest déjà investie dans le processus de médiation en vue de
la préparation de la négociation politique (Rencontre de Lusaka). LEntente
Démocratique Nationale considère limportance de la médiation de la Zambie en
tant que pays frontalier non impliqué militairement.
i) Kenya
Le Kenya entretien des
relations privilégiées avec certaines puissances africaines impliquées et sest
engagé dans le cycle de médiation en proposant dabriter la négociation politique.
j) Libye
La Libye sest
investie dans le processus de médiation en organisant plusieurs rencontres entre les
chefs dEtat des pays impliqués militairement. Ses efforts ont permis une rencontre
entre les autorités congolaises (zaïroises) et ougandaises au terme de laquelle un
accord sur la nécessité dun cessez-le-feu a pu être trouvé.
k) Gabon
Pays africain francophone
ami du Peuple congolais (zaïrois) impliqué dans une recherche de solution pacifique et
négociée de la crise peut jouer un rôle de médiateur dans le cadre dune même
communauté linguistique.
l) Sénégal
Pays africain francophone
ami du Peuple congolais (zaïrois) impliqué dans une recherche de solution pacifique et
négociée de la crise, le Sénégal a réussi sa transition vers la démocratie et a
participé à de nombreuses missions de maintien de la paix en Afrique.
m) Organisation des Nations Unies,
Organisation de lUnité Africaine, Banque Mondiale, Fond Monétaire International.
Eu égard à la situation
socio-économique du Congo (Zaïre) et de la nature régionale de la crise congolaise
(zaïroise), les parties signataires estiment que limplication de ces organisations
internationales, cadre de collaboration multilatérale et de solidarité entre les
nations, est indispensable à la mise en uvre dun accord entre parties
congolaises concernées et un accord africain de sécurité et de coopération.
TITRE III : DES CONDITIONS DE
LENTENTE DEMOCRATIQUE NATIONALE
Section
1 : Des engagements des parties signataires.
Article 14.-
LEntente Démocratique Nationale dispose
que la transition concerne la période préélectorale et que lobjet ultime
de la négociation politique est la tenue délections libres, démocratiques
et transparentes indispensables pour la légitimation Pouvoir.
Article 15.-
LEntente Démocratique Nationale admet
que la négociation politique doit être menée dans un climat de sérénité, de
fraternité, de réconciliation nationale et dunité retrouvée et quà cet
effet, tous les prisonniers politiques ou dopinion détenus par lune ou
lautre partie doivent être libérés avant le début de la négociation politique.
Article 16 .-
Les parties signataires conviennent
quune solution politique négociée nest possible que si les chaque partie
démontrent clairement sa volonté dengager de la négociation politique sur la base
dune égalité de traitement lors de la négociation politique entre parties et ce
de manière conforme aux usages et coutumes internationales.
Article 17.-
Les parties à lEntente
Démocratique Nationale admettent que le cadre institutionnel de la période préélectorale
de transition ne peut être imposé par une des parties en raison de sa capacité de
contrainte ou de ses moyens militaires.
Article 18.-
Les parties à lEntente
Démocratique Nationale admettent que la réussite de la négociation politique est
directement liée à labandon par toutes les parties signataires des politiques, des
stratégies, des idéologies et des doctrines qui consistent à prendre et à occuper les
institutions nationales par la force.
Article 19.-
LEntente Démocratique Nationale implique
que les parties signataires acceptent le principe de la constitution dun tribunal
pénal international afin que les présomptions graves relatives à la commission de
crimes de génocide et de guerre sur le territoire congolais (zaïrois) fassent
lobjet dun examen impartial. Les parties signataires conviennent
quaucune dentre elles ne saurait se soustraire à lapplication de
mesures adéquates si elle était convaincue davoir commis des faits
répréhensibles au regard du droit international.
Article 20.-
Les parties signataires ayant conclu des
accords dassistance militaire avec les parties africaines impliquées
sengagent à ne plus recourir au bénéfice de ces accords ; ni durant ni
après la négociation politique. Elles sengagent à renoncer à lassistance
de ces parties africaines et à leur demander de quitter le territoire national.
Section
2 : Des obligations des parties africaines impliquées
Article 21.-
LEntente Démocratique Nationale exige
le respect par les parties africaines impliquées de la souveraineté et de
lintégrité territoriale du Congo (Zaïre) conformément à la Charte des Nations
Unies et à la Charte de lOrganisation de lUnité Africaine.
Article 22.-
Les parties signataires demandent
solennellement au Conseil de sécurité des Nations Unies dexiger de chaque partie
africaine impliquée le dépôt le 30 juin 1999 au plus tard dun rapport détaillé
sur son dispositif militaire déployé au Congo (Zaïre) et dimposer à partir de
cette date le gel de tout renforcement de ces dispositifs.
Article 23.-
LEntente Démocratique Nationale exige
le retrait avant le début de la négociation politique de toutes les forces armées
déployées sur le territoire congolais (zaïrois) par les parties africaines impliquées.
Article 24.-
LEntente Démocratique Nationale exige
des parties africaines impliquées lacceptation et le respect des parties tierces
médiatrices telles que reconnues par les parties signataires.
Article 25.-
Les parties signataires invitent les
parties africaines impliquées et les pays africains parties tierces médiatrices à
entamer des pourparlers en vue daboutir à la conclusion dun accord africain
de sécurité et de coopération.
Article 26.-
Les parties signataires considèrent que
laccord africain de sécurité à pour objectif de garantir effectivement le respect
des frontières nationales, de prévenir tout risque de guerre et de conflit armé,
dêtre un forum où les problèmes de sécurité collective seraient abordés, et de
favoriser la concorde et la paix entre les nations africaines.
Article 27.-
Les parties signataires considèrent que
laccord africain de sécurité et de coopération devrait à terme donner à chaque
personne se trouvant sur le territoire des Etats parties à laccord la possibilité
davoir un recours effectif auprès dun tribunal international africain en cas
de violation des droits prévus dans la Charte africaine des droits de lhomme et de
peuples.
Article 28.-
Les parties signataires invitent le
président Mandela, patriarche africain, à prendre linitiative dun sommet
regroupant les nations africaines impliquées en vue de jeter les bases dun accord
de sécurité et de coopération.
Section
3 : De la responsabilité des parties tierces médiatrices
Article 29.-
Les parties tierces médiatrices sont
invitées à soutenir dans la transparence une médiation impartiale et équilibrée sous
le regard de la communauté internationale.
Article 30.-
Les parties tierces médiatrices sont
invitées à former un Haut Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre), placé sous la
présidence conjointe des Secrétaires généraux de lOrganisation des Nations Unies
et de lOrganisation de lUnité Africaine ou de leurs délégués.
Article 31.-
Les parties tierces médiatrices doivent
sengager à soutenir individuellement et collectivement les efforts du Haut Comité
de Médiation pour le Congo (Zaïre) et à intervenir de manière effective et décisive
pour prévenir toute aggravation de la situation politique, militaire et humanitaire qui
prévaut au Congo (Zaïre).
Article 32.-
Les parties tierces médiatrices doivent
sengager formellement à suivre les recommandations, avis et considérations du Haut
Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre), nonobstant des accords antérieurement
conclus avec lune des parties signataires.
Article 33.-
Les parties tierces médiatrices doivent
sengager formellement à ne conduire aucune diplomatie parallèle ou secrète visant
à renforcer les positions de lune ou lautre partie signataire.
Article 34.-
Durant la durée de la négociation
politique, les parties tierces médiatrices doivent sengagent à ne fournir à
aucune partie signataire des moyens militaires, des renseignements militaires ou toute
aide de nature à fausser la négociation politique.
Article 35.-
Durant la durée de la négociation
politique, les parties tierces médiatrices doivent sengager à ne fournir à aucune
partie africaine impliquée des moyens militaires ou des renseignements militaires
susceptibles dêtre utilisés ou exploités sur le territoire congolais (zaïrois)
en soutien à lune ou lautre partie signataire.
Article 36.-
Les parties tierces médiatrices doivent
sengager à respecter le principe de légalité de traitement entre les
parties signataires durant la durée de la négociation politique et sont conscientes de
leurs responsabilités historiques dans la recherche dun accord politique entre
parties signataires.
TITRE IV : DU DEROULEMENT DE LA
NEGOCIATION POLITIQUE
Section
1 : Du contexte de la négociation politique
Article 37.-
Les parties signataires acceptent de
négocier sous lautorité morale de la Déclaration Universelle des Droits de
lHomme et de la Charte Africaine des Droits de lHomme et des Peuples.
Article 38.-
Les parties signataires sengagent à
se conformer aux usages internationaux en matière de négociation politique et à se
soumettre dans tous les cas aux injonctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Elles sengagent à ne rien entreprendre ni réclamer qui nait été jugé
conforme aux usages internationaux par les parties tierces médiatrices.
Article 39.-
Les parties signataires acceptent sans
réserves les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies prises avant,
pendant ou après la négociation politique.
Article 40.-
Les parties signataires sinterdisent
de conclure des accords annexes ou secrets de nature à porter préjudice à laccord
général de la négociation politique.
Articles 41.-
LEntente Démocratique Nationale considère
que M. Laurent-Désiré Kabila assume les fonctions de président de la République du
Congo (Zaïre) pendant la durée de la négociation politique étant entendu que
cest en définitive laccord de gestion et dadministration de la période
préélectorale qui désignera la personne qui assumera les fonctions de chef de
lEtat durant la période de transition.
Article 42.-
Le Gouvernement de la République
démocratique du Congo est réputé démissionnaire à la date du début de la
négociation politique. Les affaires courantes seront expédiées par les secrétaires
généraux des ministères jusquà ladoption de lacte final de la
négociation politique et lapplication de ses dispositions.
Article 43.-
Durant la durée de la négociation
politique, les autorités expédiant les affaires courantes sinterdisent de faire
peser des menaces directes ou indirectes sur les délégués des parties congolaises
(zaïroises) concernées, leurs familles ou leurs biens et sengagent à ne rien
entreprendre qui pourrait être perçu comme une tentative dintimidation envers
lun ou lautre participant.
Article 44.-
Il est entendu que durant la durée de la
négociation politique, les cours et tribunaux demeurent indépendants des autorités
expédiants les affaires courantes et ne sauraient instruire aucune matière relevant de
la liberté dexpression ou dopinion, ni juger des opinions politiques des
participants ou des membres de leurs familles.
Article 45.-
Les parties signataires sont tenues de
respecter chacune les prescriptions des articles 43 et 44, spécialement celles qui
exercent une juridiction de fait sur une quelconque portion du territoire congolais
(zaïrois).
Article 46.-
Les présomptions dinfractions aux
articles 43 et 44 de lEntente Démocratique Nationale seront soumises à
lappréciation du Haut Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre) qui en fera
part, le cas échéant au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Section
2 : Du Haut Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre)
Article 47.-
Les parties signataires acceptent de
considérer le Haut Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre) comme lexpression
de la solidarité internationale et le représentant du Conseil de sécurité des Nations
Unies.
Article 48.-
Les parties signataires demandent à
lAfrique du Sud, au Gabon, au Canada et à l Italie, parties tierces
médiatrices, de prendre linitiative de la création du Haut Comité de Médiation
pour le Congo (Zaïre) conformément aux articles 29 et 30.
Article 49.-
Le Haut Comité de Médiation pour le
Congo (Zaïre) composé des parties tierces médiatrices assure la direction de la
négociation politique sous la présidence conjointe des Secrétaires généraux de
lOrganisation des Nations Unies et de lOrganisation de lUnité Africaine
ou de leurs délégués.
Article 50.-
Le Haut Comité de Médiation pour le
Congo (Zaïre) comporte :
un groupe de médiateurs :
Afrique du Sud, Gabon, Canada, Italie
- un groupe de facilitateurs : Belgique, France, Libye,
Kenya, Zambie, Sénégal
- un groupe de soutien : Etats-Unis, Grande Bretagne,
Organisation des Nations Unies, Organisation de lUnité Africaine, Banque Mondiale,
Fond Monétaire International.
- un groupe dexperts : Centre International des
Droits de la Personne et du Développement Démocratique, Communauté Sant Egidio et
lorganisation non gouvernementale ACCORD.
Article 51.-
Les questions matérielles liées à
lorganisation de la négociation politique sont du ressort du Haut Comité de
Médiation pour le Congo (Zaïre) qui prendra toutes mesures utiles à cette fin et
sollicitera le cas échéant les dons, versements et aides de toute nature en vue de
contribuer au bon déroulement de la négociation politique.
Article 52.-
Les dons, versements et aides de toutes
natures faites par des personnes physiques ou morales en vue de contribuer au bon
déroulement de la négociation politique seront déposés au Haut Comité de Médiation
pour le Congo (Zaïre). En aucune manière, ils ne pourront donner suite à des avantages
quelconques, ni servir de moyens de pression au cours de la négociation politique. Le
Haut Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre) est seul juge pour apprécier la
pertinence des dons, versements et aides.
Article 53.-
Le Haut Comité de Médiation pour le
Congo (Zaïre) fera rapport à M. le Secrétaire général des Nations Unies sur les
aspects logistiques et matériels liés à lorganisation délections
générales au Congo (Zaïre) en tenant compte des positions communiquées par les parties
signataires.
Section
3 : De la médiation
Article 54.-
Le Haut Comité de Médiation pour le
Congo (Zaïre) recevra les positions des parties signataires relativement à la
négociation politique pour le 30 juin 1999 et fera rapport au Conseil de sécurité des
Nations Unies sous le couvert du Secrétaire général M. Koffi Annan. Ce rapport, suite
aux commentaires des parties signataires, servira de base de travail pour permettre au
groupe des médiateurs dorganiser la médiation.
Article 55.-
Les parties signataires sengagent
formellement à suivre les recommandations, avis et considérations du Haut Comité de
Médiation pour le Congo (Zaïre) lequel agira constamment sous lautorité suprême
du Conseil de sécurité des Nations Unies seul habilité à user de la contrainte au
service du droit à légard des parties signataires et des parties africaines
impliquées.
Article 56.-
Les parties signataires acceptent de se
rencontrer dans le ou les lieux de négociation politique désignés par le Haut Comité
de Médiation pour le Congo (Zaïre).
Article 57.-
Les parties signataires sinterdisent
toute rencontre hors du ou des lieux de négociation politique désignés par le Haut
Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre).
Article 58.-
Si des parties congolaises (zaïroises)
concernées sont désireuses de se rencontrer pour conclure entre elles des accords
annexes, elles le feront dans tous les cas sous la médiation du Haut Comité de
Médiation pour le Congo (Zaïre).
Article 59.-
Si des parties congolaises (zaïroises)
non mentionnées dans la présente Entente Démocratique Nationale manifestent la
volonté de rencontrer lune ou lautre partie signataire, elles en formuleront
la demande auprès du Haut Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre), lequel
appréciera la pertinence de la demande et organisera si nécessaire une rencontre sous sa
surveillance.
Article 60.-
Suite aux communications faites au Conseil
de sécurité des Nations Unies par les parties africaines impliquées relativement à la
nature de leurs dispositifs militaires déployés au Congo (Zaïre), le Haut Comité de
Médiation pour le Congo (Zaïre) prendra toute mesure, sous lautorité suprême du
Conseil de sécurité des Nations Unies, pour vérifier le retrait effectif des forces
militaires africaines déployées sur le territoire avant le début de la négociation
politique.
Article 61.-
LEntente Démocratique Nationale exprimant
la volonté de la majorité silencieuse demande aux parties tierces médiatrices de
déployer sous la supervision du Haut Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre) des
observateurs aux points de passages des frontières avec les pays circonvoisins afin de
vérifier le retrait effectif de toutes les forces armées présentes sur le territoire
congolais (zaïrois).
Article 62.-
Le Haut Comité de Médiation pour le
Congo (Zaïre) est habilité à saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies afin
dobtenir des sanctions immédiates à légard des parties africaines
impliquées qui nauraient pas procédé au retrait de leurs forces armées avant le
début de la négociation politique.
Article 63.-
Le Haut Comité de Médiation pour le
Congo (Zaïre) peut, le cas échéant, solliciter laide et lappui direct des
Etats membre de lOrganisation des Nations Unies auxquels revient, conformément à
la Charte, la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité
internationale, pour sanctionner toute partie africaine impliquée ou toute partie
signataire qui naurait pas respecté les prescriptions de la présente Entente
Démocratique Nationale, y compris par la force.
Article 64.-
Les parties signataires de lEntente
Démocratique Nationale sont conscientes que le pressentiment dune catastrophe
humanitaire associée à des phénomènes de violence considérés comme inacceptables par
la communauté internationale devra conduire le Conseil de sécurité des Nations Unies à
recourir aux moyens à sa disposition, notamment au chapitre VII de la Charte des Nations
Unies.
TITRE V : DES DISPOSITIONS FINALES
Article 65.-
LEntente Démocratique Nationale prend
effet à la date de sa signature.
Article 66.-
Avant le début de la négociation
politique, les parties tierces médiatrices devront faire part aux parties signataires de
leur volonté former le Haut Comité de Médiation pour le Congo (Zaïre) et de respecter
les termes de lEntente Démocratique Nationale.
Article 67.-
Les parties signataires conviennent que
toutes les difficultés qui pourraient résulter de lapplication des présentes
dispositions seront soumises à lappréciation du Haut Comité de Médiation pour le
Congo, seul habilité à donner linterprétation commune des parties.
Article 68.-
Le début de la négociation politique est
fixé au 15 juillet 1999 au plus tard et sous réserve que le Haut Comité de Médiation
pour le Congo (Zaïre) constate le respect effectif par les parties signataires des
dispositions des articles 15, 16, 18, 19 et par les parties africaines impliquées des
dispositions des articles 21, 22, 23, 24. Le Haut Comité de Médiation pour le Congo
(Zaïre) saisira le Conseil de sécurité des Nations Unies afin que des mesures ad hoc
soient prises à légard de la partie qui naurait pas respecté les
dispositions de larticle 68.
Article 69.-
Les parties signataires sengagent
devant la Nation congolaise (zaïroise) a conclure un accord de gestion et
dadministration de la période préélectorale pour le 30 septembre 1999 au
plus tard. Les parties signataires insistent auprès des parties tierces médiatrices afin
quelles mettent tout en uvre pour que cette date butoir soit respectée.
Fait en cinq
exemplaires
à Montréal
le 15 juin 1999
__________________________________________
Pour le Gouvernement
de la République de Congo (Zaïre)
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Partis politiques de
lopposition non armée
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Pour le
Rassemblement Congolais pour la Démocratie
___________________________________
Pour le Mouvement de
Libération du Congo
_________________
Pour la Société
Civile
Léon O. Engulu |