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Mise au point à propos du "Protocole d'accord"

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Basile Diatezwa

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Le 27 mars 1999, un samedi soir, dans un hôtel à Bruxelles, nous sommes interpellés violemment par Monsieur Etienne BISIMWA (NGU), haut cadre des Forces du Futur et de l'Union des Congolais pour la Paix (UCP) : " Mon cher Basile, vous nous gênez dans ce que vous êtes en train de faire pour réunir les Forces Politiques et Sociales dans une même plate-forme ".

Utilisant abusivement un site sur Internet (Congo Line) avec une fausse identité culturellement hybride (Faustin FALUSHI DITOMENE), ce Futuriste, vigile des Forces Politiques et Sociales (FPS) congolaises, affirme que nous sommes instrumentalisés par les Rwando-Ougandais ; signalons que, pour ce projet de protocole d'accord, nous sommes déjà accusés, par d'autres concitoyens, d'être manipulés par les Mobutistes, par Monsieur Kengo, par Monseigneur Mosengwo, par certains milieux occidentaux…..

Nous savions qu'il y aurait des actions pour étouffer ce projet dans l'œuf, l'irrationnel primant le rationnel dans la culture politique congolaise ! Certains se cabrent par jalousie ou par vanité, d'autres par indolence ou par nonchalance, incapables de se lancer dans une telle entreprise politique. Pourquoi proposons-nous une plate-forme dénommée Union du Peuple Congolais réunissant toutes les FPS ? Sommes-nous à la recherche du Leadership comme certains esprits l'affirment ? Il est incontestable que les faits actuels appellent à l'unité du Peuple congolais, non pour négocier le partage du pouvoir kabiliste, mais pour le vrai changement, c'est à dire l'émergence d'un Etat de droit démocratique !

Le pouvoir kabiliste

Notre opinion sur le pouvoir kabiliste est mal perçue par certains concitoyens qui nous accusent de vouloir éloigner Monsieur Kabila en faisant le jeu des Rwando-Ougandais. Nous n'avons aucune haine envers Monsieur Kabila mais il est bon de rappeler que la légitimité d'un pouvoir politique dépend de sa source et de ses objectifs. Or notre Futuriste Etienne Bisimwa confirme dans son pamphlet que ce sont les Rwando-Ougandais qui ont placé Monsieur Kabila au pouvoir et non le Peuple congolais ! Malgré son assertion véridique, il s'insurge contre l'éloignement de Monsieur Kabila . Quelle confusion mentale ! Hier, suite aux dérives dans l'application des décisions de la Conférence Nationale Souveraine, nous avons soutenu, sans atermoiement, le processus initié par les Banyamulenges de l 'AFDL (et non par le PRP, parti politique de Monsieur Kabila) pour l'émergence d'un Etat de droit démocratique, malgré notre opposition à des alternatives politiques violentes.
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Dès qu'il s'auto-proclame Président de la République, Monsieur Kabila interdit toutes les activités des partis politiques, alors qu'il pouvait légitimer son pouvoir sur des bases objectives en associant toutes les FPS du pays. Les contradictions au sommet du pouvoir entre le clan Tutsi et le clan Balubakat ont pour conséquence une nouvelle rébellion à l'Est incarnée par le RCD et soutenu par le Rwanda et l'Ouganda qui se soucient de leur sécurité frontalière non garantie par le pouvoir kabiliste qui pactise avec des génocidaires. Pour assurer la stabilité de la sous-région sous son influence, l'Angola intervient dans le conflit, suivi par d'autres pays africains. L'impopularité du RCD de Goma et la peur d'une domination politique de la minorité Tutsi ont incité d'autres congolais à créer des foyers de rébellion (Lisala, Bolobo) avec le risque d'une désintégration du pays.

Aujourd'hui, déçus par les errements de Monsieur Kabila, nous estimons que les conditions morales et politiques élémentaires pouvant légitimer son pouvoir ne sont plus réunies. En ce qui nous concerne, nous confirmons que Monsieur Kabila, qui n'a pas les aptitudes requises pour gouverner notre pays, doit être éloigné du pouvoir, car entre la survie politique d'un commun des mortels et la survie de la Nation congolaise, le choix est clair! Il nous fait perdre le temps ! Nous luttons depuis plus de 23 ans pour un Etat de droit démocratique et non pour des idéologies fantaisistes et rétrogrades initiées par un individu qui croit que le monde n'a pas évolué pendant tout le temps qu'il bourlinguait dans la forêt !

Depuis un certain temps, cachant mal notre lâcheté et notre apathie collectives, une phrase simpliste est à la mode : il faut rassembler tout le monde, y compris Monsieur Kabila ! Quand on sait que ce potentat de Fizi-Baraka est monté au pouvoir seul, sans programme, sans équipe, s'appuyant sur une clientèle tribale et une cohorte des cas sociaux arrivistes, tentant d'asseoir un pouvoir mafieux, on se pose la question de savoir quelle est la conception de la politique dans l'univers mental du congolais ! Comment pouvons-nous donner notre destin entre les mains d'un individu sans foi ni loi, ne respectant pas ses engagements, n'ayant aucune vision pour le progrès de notre communauté ? Imaginons un peu que la mafia italienne s'empare du pouvoir à Rome, quel avenir pour le peuple italien ! On ne négocie pas avec un dictateur malfaisant, on le chasse ! Avons-nous tirer les leçons du pouvoir mobutien ? Monsieur Kabila, convaincu de l'esprit de lucre de la classe politique congolaise dispersée, lance un faux dé

Même si chaque peuple n'a que des dirigeants qu'il mérite, dans une période aussi déterminante pour la survie du Congo, nous devons être capable de rationaliser nos choix politiques ; sinon, que chacun se débrouille dans son petit coin, après tout, les Luxembourgeois, les Belges, les Suisses …n'ont pas besoin d'un grand territoire comme le
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Congo pour assurer leur bien-être ! Près de 40 ans après notre indépendance, nous tournons en rond, incapables de s'assumer ! Notre territoire actuel est la volonté des puissances coloniales ! Aujourd'hui, nous devons nous poser 2 questions fondamentales : Voulons-nous vivre encore ensemble ? Si oui, quelles sont les institutions capables d'harmoniser la cohabitation des différentes composantes nationales pour un objectif commun, à savoir le bien-être pour tous ?

L'Union du Peuple Congolais

Actuellement, 3 groupes armés contrôlent la moitié du territoire congolais. Muselées à l'intérieur du pays, les FPS non armées observent passivement l'évolution de la situation ; nous demandons aux Responsables des FPS à l'intérieur du Congo de mandater leurs Représentants à l'extérieur pour la coordination des actions du changement consensuel. Nous voulons donner à ces FPS l'occasion d'influencer les événements en mettant à leur disposition une plate-forme momentanée et circonstancielle jusqu'à la tenue des Etats Généraux de la Nation Congolaise pour éviter certaines erreurs fatales dans cette lutte politique déterminante pour la survie de notre pays.

Il est certain que le changement politique dans notre pays est imminent mais il ne faut pas qu'il soit l'exclusivité de l'un des 3 groupes armés ; nous devons éviter les syndromes de vainqueurs et de vaincus. Toutes les FPS doivent y adhérer sur fond de critères de convergence politique. Il faut réunir tous les groupes para-militaires en une seule force de libération, embryon de la future armée nationale congolaise.     La dispersion des FPS congolaises constituent une faiblesse mortelle pour le Congo.

Si nous avons choisi délibérément quelques partis politiques pour le groupe de travail, c'est pour une raison de flexibilité et pour éviter des querelles byzantines interminables et des mesquineries à la congolaise ; les FPS congolaises constituant un panier de scorpions, il est difficile d'appeler tout le monde autour d'une table pour un travail aussi sensible ! En attendant les assises du protocole d'accord, aucun parti n'a apposé sa signature sur ce document qui n'est qu'un projet ! Pour ceux qui pensent à notre ambition de Leadership, nous leur disons d'attendre les élections libres et transparentes pour l'émergence des Leaders. Sommes-nous capables de transcender provisoirement nos animosités, nos ambitions légitimes, nos divergences, … pour sauver notre pays qui va certainement vers la désintégration ? Voilà le défi posé à notre intelligence collective ! La colère du peuple congolais face à son humiliation ne constitue pas son dynamisme ; c'est son unité qui fera, demain, sa force !

Que ce Futuriste fasse de la xénophobie et du racisme ses idées maîtresses pour son combat politique comme Monsieur Kabila , ce sont ses opinions que nous respectons, mais que nous n'approuvons pas ! La propagande anti-tutsi n'est pas un programme politique pour sortir le peuple congolais de l'obscurantisme, de la misère, de l'ignorance, de la paupérisation

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mentale, de l'indignité,…Un démocrate doit incarner certaines valeurs universelles dont celui
du respect de l'autre ! Il faut aider le Peuple congolais, victime de l'obscurantisme mobutiste et kabiliste pendant près de 34 ans, à s'imprégner des valeurs politiques et humanistes de progrès. Pour ceux des concitoyens qui ont une hantise séculaire de l'hégémonie de la minorité Tutsi, nous leur disons simplement que nous devons moderniser notre pays pour que la conquête du pouvoir ne soit pas le résultat de la violence, mais plutôt du jeu politique fixé par de bonnes institutions ; cessez ce complexe d'infériorité vis à vis de nos frères tutsis qui ne souhaitent que vivre en paix dans un Congo modernisé ! Si ces concitoyens n'aimaient notre pays, ils n'allaient pas donner leur sang pour affirmer leur appartenance à la Nation congolaise ! N'oublions pas que ce sont les européens qui ont créé ce territoire, ce n'est pas une volonté commune des autochtones congolais ! Qu'on se rappelle des massacres de nos concitoyens kasaïens au Katanga ? Une Nation, cela se crée à travers des institutions politiques pour u

La guerre actuelle à l'Est n'est pas celle du Peuple congolais, mais bien celle de Monsieur Kabila contre ses anciens alliés ! Le pouvoir kabiliste exige la condamnation de l'agression rwando-ougandaise ; mais que dire alors du processus agressif de l'AFDL à l'époque du pouvoir mobutien, soutenu par ces mêmes pays ? Si les Rwando-Ougandais ont un agenda caché, comme l'affirme notre Futuriste, c'est que, eux, ayant la conscience du groupe, ont identifié nos faiblesses : notre dispersion, notre lâcheté et nos turpitudes politiques. Une telle situation était-elle possible il y a 30 ans, quand le Congo fut le Grand Congo ? Nous payons très cher nos erreurs politiques du passé, et aujourd'hui, à moins de se ressaisir, nous risquons de perdre définitivement notre pays tant convoité par les autres ! Ne pas agir dans le sens du vrai changement, c'est être complice, comme Monsieur Kabila , de cette situation du fait accompli ! A nos concitoyens Balubakat, nous disons ceci : identifiez-vous au Peuple congolais et n

L'avenir de notre pays se joue à l'Est ; ce qui s'y fait là-bas aujourd'hui, ce n'est pas dans un cahier de brouillon, mais c'est la vraie roue de l'histoire qui tourne ! La carte du Congo en sera peut-être modifiée ! Nous invitons les esprits lucides à consulter le livre d'histoire du Professeur Isidore Ndaywel è Nziem (Histoire Générale du Congo, Duculot, 1998, page 225) . Le territoire actuel du Congo tracé par la Conférence de Berlin n'est pas un acquis naturel et définitif ! N'oublions pas que certains dirigeants africains parlent de la

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caducité des frontières acquises à la colonisation ! Si à la décolonisation, les Belges nous ont
laissé cet héritage précieux, nous devons prouver aujourd'hui à la face du Monde que nous le méritons ! Nous devons savoir que l'opinion internationale est prête à accepter, demain, le fait accompli ; le morcellement du Congo est déjà envisagé dans certains salons internationaux, car nous sommes incapables de gérer ce grand territoire !

Dans certains pays de la région se pose présentement le problème de l'espace vital ! Les Congolais, dispersés et victimes de la manipulation de l'irrationnel, témoignent à la face du Monde qu'ils sont incapables de se donner de bonnes institutions politiques pour mieux de se gouverner afin de jouer le rôle de locomotive dans la région ! Le Roi Baudouin, dans son discours du 30 juin 1960 à Kinshasa, a mis en garde la classe politique congolaise ; aussi, nous invitons les esprits éveillés pour une lecture attentive des Actes du colloque organisé par le Club Congo 2000 le 1 juillet 1995 ; à cette époque, nous avons anticipé la situation que connaît en ce moment notre pays !

Malgré notre opinion sur le pouvoir kabiliste , nous proposons un consensus entre toutes les FPS congolaises, y compris les kabilistes, afin de fonder un Etat responsable et une armée nationale pour assurer notre souveraineté territoriale et la stabilité de la région. Aux Etats Généraux de la Nation Congolaise, nous demanderons fraternellement à Monsieur Kabila de se retirer du pouvoir en assurant sa sécurité. Nous ne sommes pas ici sur terre pour assurer la gloire d'un commun des mortels, fut-il Président auto-proclamé qui n'a aucun mandat du Peuple congolais !

Que notre projet de protocole d'accord soit maladroitement rédigé et immature, comme l'affirme le Futuriste, nous ne souhaitons que servir l'intérêt général ; sur ce, nous attendons des concitoyens lucides et responsables des propositions objectives et constructives ! Faut-il que des étrangers nous proposent un projet de protocole d'accord pour réagir avec intérêt ? Sommes-nous fiers de faire du tourisme politique en se contentant des promesses de négociation ? Comment pouvons-nous bâtir une communauté politique viable si nous sommes incapables de nous respecter et de nous apprécier ? Avons-nous cette conscience communautaire ? Faisons-nous simplement partie de la faune et de la flore d'un territoire voué à la spoliation ?
                Bruxelles le 7 avril 1999


Basile Diatezwa
Président a.i du Club Congo 2000
Administrateur Général de l'Institut pour la Démocratie au Congo asbl

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