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M. Pierre Mangila : les problèmes de notre pays sont la médiocrité de notre classe politique, la marginalisation des compétences et la mauvaise appréciation des enjeux.

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Tshimona Bitoke

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Cher Compatriote,

La dernière fois, j'ai beaucoup apprécié votre analyse sur le choix de M. Yerodia aux affaires étrangères. Vous aviez pertinemment écrit que "nous gagnerons beaucoup en montrant par nos actes que le pays veut se reconstruire, qu'il en voie de démocratisation, qu'il sait ou il veut aller, et qu'il veut et peut être un partenaire solide et fiable dans le concert des nations".

Lu par un connaisseur de la vie et des enjeux internationaux, cette phrase du compatriote Mangila dit tout. Pour s'en convaincre, il faut voir l'exemple de l'Ouganda, notre agresseur. Avant que ce pays ne se desserve, en s'engageant dans des aventures périlleuses en RDC, au Rwanda et au Soudan, Museveni a réussi à rendre crédible son pays sur le plan international, en atteignant un triple objectif : un consensus politique autour des idées de base sur la démocratisation du pays, la sécurité nécessaire aux affaires et aux investissements et la volonté clairement affichée de sortir le pays du bourbier dans lequel il se trouve (il savait là où il allait).

En RDC, la classe politique est championne dans l'enlisement sur des futilités : Kabila a dit, Tshisekedi a fait, Wamba a déclaré, toujours des conneries qui n'ont rien avec le positionnement favorable du pays. Ce qu'il faut savoir est que : 

1. Que ce soit Kabila, Tshisekedi ou le troubadour de Wamba, personne ne pourra trôner sur le pays avec son clan et ses amis, comme l'a fait pendant trente ans le triste Sire de Mobutu. Cette époque est révolue. Kabila et les autres doivent très vite composer pour remettre le peuple au travail. Sinon, nous resterons ce pays des danseurs de Ndombolo, de guerres, de putes, de mikilistes voleurs de supermarché en Europe, de cambistes, etc. 

2. Il ne sert à rien de se targuer de pays richesse alors que nous n'avons pas de volonté, des idées, des stratégies et d'argent pour les exploiter.

3. La danse du ventre à la Tshala Mwana n'amène à rien. Il faut des hommes capables et expérimentés. Ces hommes, nous les avons en RDC (ils sont dans les OI et au pays). Ce ne sont pas des Ministres comme Kakundji (qui vit au fond de la bouteille d'alcool), Mwenze Kongolo (qui ne comprend rien à rien), Yerodia (qui philosophe en longue des journées), Mumengi (qui pense à son teint), que l'on peut avoir un plan de bataille politique et économique sérieux. Un pays comme le Sénégal ou le Mali recourt constamment à ses experts travaillant dans les organisations internationales alors que chez nous, soit on les ridiculise à l'aéroport quand ils reviennent en vacances, soit on les traque et on les ménace, etc. On adore travailler avec les apprentis sorciers ...

4. S'il a peur, Kabila doit savoir qu'à partir du moment ou il aura crée des conditions favorables pour la reprise du travail avec des vraies compétences, il sera élu sans problème comme chef de l'Etat. Le peuple congolais n'est pas difficile, il est comme des Romains du V° siècle. Il veut du pain et des jeux…

5. D'autre part, il ne sert à rien de discuter de l'organisation rapide des élections présidentielles en l'état actuel du pays. Ce serait de la peine perdue. La période de transition devra, à mon avis, être longue (5 à7 ans) pour permettre aux Congolais, de travailler et de ramener le pays au niveau ou il pourra raisonnablement organiser des élections crédibles.

Que Dieu bénisse notre pays et qu'il donne à notre classe politique la sagesse !

Tshimona Bitoke

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