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Peut-on faire confiance à Mgr Monsengwo et à ses initiaves sud africaines?

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Tshimona Bitoke

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Chers compatriotes,

En écrivant ces notes, je n'ai aucunement l'intention d'outrager l'évêque de Kisangani, encore moins, de porter un jugement malveillant sur sa personne. En tant que Congolais et patriote, je m'interroge tout simplement sur le bien fondé et le sens des initiatives qu'il initie à Pretoria.

Vous comprendrez également que je ne peux pas parler des initiatives de Mgr Monsengwo sans parler de lui-même (c'est-à-dire de l'homme). Je m'intéresse à cet évêque depuis le début des années 1980. A l'époque, j'étais grand séminariste. Je voulais devenir prêtre, avant de me rendre très vite compte que je serais un mauvais prêtre …

1. Qui est Mgr Monseigneur selon moi ?

Mgr Monseigneur est un des évêques africains les plus intelligents. Il a présenté une thèse en exégèse biblique. Il parle couramment plusieurs langues dont le hébreux. Il a un carnet d'adresses remarquable, notamment dans les milieux internationaux de la politique.

2. Derrière l'évêque, se cache un grand ambitieux, un vrai loup aux dents très longues.

J'ai rencontré pour la première fois Monsengwo vers la fin des années 70 et au début des années 80. C'était dans la salle d'attente de la résidence de Righini de Mgr Tshibangu, ex. Recteur de l'UNAZA. Il était Abbé et secrétaire général de la Conférence épiscopale du Zaïre. C'était chose rare parce que ce poste était généralement occupé par un évêque.

En discutant un moment avec lui, j'avais tout suite senti en lui une grosse ambition qu'il essayait de cacher derrière une fausse modestie. L'homme a ausi un grand ego. C'est légitime, car il en a les moyens intellectuels.

3. Comment l'Abbé Monsengwo est-il devenu évêque auxiliaire de Inongo et ensuite archevêque de Kisangani ?

Sauf quelques exceptions, les us et coutumes en matière de sacré d'évêque sont tels qu'un évêque est généralement choisi parmi les originaires du terroir dans lequel il est appelé à servir ( cette coutume est critiquable).

Dès lors, on peut se demander, comment un ressortissant de Inongo est-il devenu archevêque à Kisangani ? La réponse à cette question m'a été donnée un soir du mois mars 1989 par un prélat africain, un habitué du sérail du Vatican. Quatre mesures de Whisky , après bon repas, cet évêque africain m'a relaté comment Monsengwo était devenu évêque auxiliaire à Inongo puis archevêque à Kisangani.

4. L'Abbé Monsengwo a recouru à la ruse

En effet, se sachant en bon ordre de succession dans son diocèse, l'Abbé Monsengwo aurait, par des amis et des soutiens interposés au Vatican, profité d'une longue maladie de l'évêque d'Inongo pour faire comprendre discrètement au Pape, en recourant aux moyens discutables, que son évêque était tellement malade qu'il ne pouvait plus seul assumer ses fonctions épiscopales.

Ayant cru en cette version des faits, le Pape aurait proposé de sacrer Monsengwo en tant que évêque auxiliaire d'Inongo pour seconder l'évêque titulaire. Or, le droit canon prévoit qu'un évêque auxiliaire ne doit être nommé qu'à la demande de l'évêque principal, moyennant des raisons valables (indisposition ou surcharge de travail). Il semble que cela n'était pas le cas pour le diocèse de Inongo.

Plus tard, s'étant rendu compte de la manipulation et que l'évêque de Inongo était bien portant, Vatican aurait trouvé un arrangement interne, en nommant Mgr Monsengwo à Kisangani ou son collègue Fataki allait à la retraite.

La voie cardinalistique était ainsi libre pour l'évêque ambitieux ...

4. Monsengwo contre Malula

Pour qui connaît l'église catholique de la RDC, il sait aussi qu'une guéguerre a longtemps opposé au sein de la Conférence épiscopale du Zaïre, le clan Malula, jugé trop pro-Kasaien et celui de Monsengwo décidé à réduire la trop grande influence du défunt Cardinal Joseph Malula sur l'église catholique du Zaïre. On dit m^me qu'au-delà de sa rationalité apparente, le prélat de Kisangani serait un anti-kasaien viscéral.

D'autre part, le Cardinal Malula avait visiblement préparé son dauphin Mgr Tshibangu pour le succéder. Il lui aurait presque déroulé le tapis rouge pour le titre de Cardinal …

5. Monsengwo le doubleur doublé

Monsengwo a toujours rêvé de reprendre la place et l'influence qu'avaient Malula au sein de l'église catholique du Zaïre (dans son livre, Honoré Ngbanda parle d'un Monsengwo qui recourait régulièrement à Mobutu lorsqu'il avait des problèmes avec les autres évêques).

Mobutu, le champion de la ruse avait, à sa manière, mis fin à la guéguerre sainte Monsengwo entre Malula. Au décès de Malula alors que Monsengwo cherchait à saisir sa chance pour devenir le "premier catholique" du Zaïre. Il aurait , en tant pésident de la Conférence épiscopale, envoyé au Vatican un rapport en sa faveur. Mais c'était sans compter avec l'habilité légendaire du défunt Maréchal Mobutu. Il lui coupa l'herbe sous les pieds, en pesant de tout son poids dans le choix de l'actuel cardinal du Zaïre.

Cela fut une grande déception pour Monsengwo. Certains analystes soutiennent que Monsengwo a aussi profité de la Conférence nationale souveraine (CNS) pour régler ses comptes à Mobutu de l'avoir outrageusement doublé dans le poste du Cardinal du Zaïre…

6. Monsengwo à la présidence de la CNS ou une dictature feutrée

J'avais tellement entendu parler de ce prélat en bien et en mal, que j'étais septique face à l'enthousiasme généralisé des zaïrois pour son choix à la tête de la CNS. D'une part, je pensais qu'il allait profiter de la caution du peuple pour régler intelligemment ses comptes à certains " mécréants" et d'autre part, je me disais que son intelligence et sa foi en Dieu allaient triompher de ses désirs charnels.

Tout compte fait, il a pu gérer tant bien que mal le "panier à crabes" qu'était la CNS. Sa démarche était néanmoins très personnelle. Un des membres du bureau de la CNS m'a dit un jour que "personne ne connaissait le plan de Mgr Monsengwo pour la CNS. En tant membres du bureau de ce forum, nous ne savions pas quand, ou et pourquoi il partait en Europe pendant la CNS"!

7. Monsengwo et la troisième voie

Ma déception fut grande quand j'ai réalisé que la solution de la troisième voie était l'œuvre de Mgr Monsengwo. Une question me hante jusqu'à ce jour : pourquoi Mgr Monsengwo, un homme aussi intelligent, a-t-il soutenu l'idée d'un troisième homme, qui a vidé le sens même de la Conférence nationale dans la mesure ou elle fait revenir Kengo et ses amis, de vrais fossoyeurs du pays?

Un ami pense que connaissant l'intransigeance obtuse de Tshisekedi et l'animosité de Mobutu envers Tshisekedi, qu'il a intelligemment préparé la troisième voie, en disqualifiant les deux ennemis politiques aux yeux du peuple et en présentant la troisième voie comme solution de rechange pour éviter l'enlisement

Pour un autre ami, Monsengwo savait que le clan Kengo éatit un cheval non partant pour bon nombre des Congolais et que son objectif visait à apparaître en fin de course, comme l'ultime recours. Souvenez-vous que l''idée d'en faire Président de la république de transition avait été évoquée par les Chefs d'Etats d'Afrique centrale réunis à Libreville autour de Mobutu en avril 1997 …

Toujours utile que dans l'élan des "convergences parallèles", Monsengwo a crée la troisième voie, mais il n'avait pas prévu l'arrivée du Mzee national dans la mallette du duo Tutsi Kagame et Museveni. L'arrivée de Kabila a fait échouer la troisième voie. Cet échec a complètement discrédité Monsengwo auprès des Congolais "lucides" qui croyaient encore en sa bonne volonté.

8. Les négociations inter congolaises à Pretoria, sous la présidence de Mgr Monsengwo, est un refus d'évoluer avec l'histoire

Sacré Monsengwo, il se comporte comme si l'histoire s'était arrêtée en RDC avec sa démission du HCR-PT en 1995 ! Infatiguable, il sort "un autre tour de ses manches". Avec sa voix monocorde, il a dit vendredi 12.3 sur RFI Afrique : " (…) comme il y a deux ans, le pouvoir (Kabila) est contesté, il faudra négocier(…), j'y suis malgré moi à la demande de Museveni et avec l'accord de Kabila qu'il m'a été notifié par le Nonce Apostolique à Kinshasa le 8 octobre (…), (...), j'ai constaté une volonté de paix chez l'ensemble des Congolais (...).

Comme d'habitude, il n'a rien demandé, ce sont les autres qui l'ont supplié de faire quelque chose. Il faut que Mgr Monsengwo cesse de nous prendre pour des pantins.

Un peu de dignité, Monseigneur. Jésus a pardonné à ses bourreaux, mais il a gardé une attitude digne. Comment pouvons-nous accepter que Museveni agresse notre pays et qu'il ait encore le culot de demander unilatéralement à un Congolais, fut-il évêque, de devenir médiateur pour une négociation inter congolaise?

Il est évident que nous devons négocier, mais de grâce, trouvons une formule qui nous laisse même avec un "sous-vêtement" à défaut de garder le "pantalon". A mon avis, la demande de Museveni à Monsengwo, non seulement elle nous humilie, mais laisse les Congolais complètement nus devant les Rwandais et les Ougandais.

Pourquoi Museveni fait-il une telle demande à la RDC et ne l'a pas fait au Burundi, théatre des pires atricités humaines? Je propose que "congonline" invite prochainement Mgr Monsengwo dans "carte sur table" pour qu'il nous dise ce qu'il veut réellement faire.

9. Pour ma part :

* Mgr Monsengwo est un homme trop complexe. Personnellement, je ne lui fais pas confiance et je donne mes raisons. Derrière ses initiatives, se cachent toujours des plans dont il est le seul à connaître les tenants et les aboutissants. Ces plans ne visent pas toujours de nature à faire le bonheur des Congolais.

* Monsengwo est trop proche du clan Kengo et Kamanda, ceux -là même qui l'ont aidé à mettre en place la solution de la troisième voie. Après avoir géré le pays pendant des décennies, ces compatriotes ont échoué avec brio. A mon avis, ils peuvent revenir au pays, il est également le leur, mais je suis personnellement contre toute négociation qui viserait à les faire revenir au pouvoir.

* Négociation ne signifie pas partage du pouvoir ou discussion sur la forme du pouvoir. En RDC, le problème est de fonds : Il faut une nouvelle culture du pouvoir, c'est-à-dire le pouvoir pour servir et non le pouvoir pour s'enrichir sur le dos des pauvres congolais. Si nous recommencons avec le Kengo et le Kamanda, ceux qui ont empêcher la mise en oeuvre des actes de la CNS, nous n'aurons rien compris.

* En acceptant une telle approche, Kabila semble être dépassé par les événements. S'il veut entrer dans l'histoire, il doit faire en sorte que les négociations inter congolaises se déroulent à Kinshasa, sous les auspices de l'OUA et de l'ONU et dans l'optique tracée par la CNS. Les congolais ne veulent pas d'une deuxième Conférence nationale alors que les résolutions adoptées à la première n'ont pas connu un début d'exécution.

Le débat est ouvert, lisez et faites lire ces idées.

Tshimona Bitoke

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