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Didier Kamundu Batundi

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SOLIDARITE POUR LA PROMOTION
SOCIALE ET LA PAIX
Section Europe / Lyon
Tél : 00 33 (0) 472 169 491.
E-mail : Kambat@aol.com


N /Réf : SOP/Section France- Europe/SI/99
Nº d'appel : SOP/004/99
ACTION URGENTE

A l'attention de :
- Des organisations Internationales des droits de l'Homme,
- UNHCR, Genève
- Représentation des Nations Unies pour les droits humains au Congo (Garreton Roberto et Frej Fenniche).

Objet : Arrestation et disparition des rwandais venant de Masisi et de Rutshuru au poste douanier de BUNAGANA, Nord Kivu, Congo.

Chers Messieurs,

Veuillez prendre connaissance des graves événements suivants :
Suite aux persécutions dont sont victimes de nombreuses personnes dans la province du Nord Kivu, 8 Congolais et réfugiés rwandais ont tenté de fuir cette province en vue de trouver asile au Kenya.

Ils venaient du territoire de Masisi, précisément UFAMANDU II, Collectivité de KATOYI, et voyageaient vers Nairobi via l'Ouganda. Le 24 février 1999 vers 7h00, arrivant au poste douanier de Bunagana, à la frontière du Congo et de l'Ouganda, ils ont été obligés de descendre du bus ougandais "Horizon Express" par des policiers ougandais et rwandais. Puis ils ont été soumis à la torture et au harcèlement sous le regard impuissant des autres passagers.

Ces 8 personnes semblent bien avoir disparu. Elles avaient auparavant essayé de modifier leur identité pour passer la frontière sans être identifiées comme rwandais, puisque tout nom rwandais est qualifié de suspect et conduit à une mort quasi certaine. Elles ont été accusées de "wajasusi" - qui veut dire espion - selon les termes des soldats ougandais et ainsi assimilés aux Interahamwe.

Ci-dessous, voici des noms et signes particuliers pouvant permettre de rechercher ces 8 personnes, éléments qui ont pu être confirmés par des agents douaniers ougandais basés à la frontière :

1. Zainabo, petite fille de 5 ans, orpheline de père et de mère, brune teintée, avec deux dents manquantes à la mâchoire inférieure. Elle parlait seulement kinyarwanda.
2. Clarisse MUHORAKEYE, 17 ans, forte poitrine, originaire de la commune de GISOVU, préfecture de KIBUYE au RWANDA. Elle ne parlait que kinyarwanda.
3. Françoise SARAYI, jeune femme de 25 ans, très brune, grands yeux, assez opulente, ganglions visibles au genou, mâchoire supérieure proéminente, également originaire de la commune de GISOVU. Elle s'exprimait en kinyarwanda et en français..
4. Beata BARENGAYABO, brune, cou musclé, assez grosse, fille de BARIYANGA
(ancien procureur de Ruhengeri), infirmière, originaire de la commune de Kyabingo, préfecture de Ruhengeri.
5. Mathias, 19 ans, Congolais, fils de GAKWEREYE.
6. Une vieille femme, mère d'un enfant nommé Polycarpe.
7. Une fille de 14 ans qui avait reçu un coup extrêmement violent de crosse de fusil sur la tête. Selon les dernières informations, elle garde encore cette grosse blessure au centre de la tête.
8. SERUSHANGO Benestor, fils de NSEKUYE, ancien résident de Masisi dans le village de KASHUGHA et récemment à Ngungu ; 21 ans, bouton au visage.

SOPROP est profondément préoccupé par le sort de ces personnes qui ont pris la direction de la ville de KISORO/ouganda, où des militaires allaient soit disant les incarcérer. Tout en condamnant ces actes, SOPROP demande aux autorités ougandaises leur libération immédiate ainsi que l'ouverture de toute urgence d'une enquête. Ces infortunés ont apparemment été amenés vers une destination inconnue. Nous demandons au RCD de tout faire pour que la sécurité des personnes citées ci-dessus ne soit pas en danger puis de les remettre aux services du UNHCR.

D'une manière générale, nous sommes consternés par le comportement très violent des militaires rwandais et ougandais à l'encontre :
- des communautés locales congolaises qui désapprouveraient leurs actions,
- des réfugiés qui survivent encore dans les brousses de Masisi, de Rutshuru,
- et des personnes d'expression rwandaise.

Nous rappelons aux autorités du RCD qu'elles sont responsables des actes commis par leurs militaires et alliés et qu'il leur revient de les empêcher de violer systématiquement les droits humains dans les provinces qu'ils occupent.

Les moyens de communication pour une alerte rapide ayant fait défaut, nous regrettons de n'avoir pu vous prévenir plus tôt de ces événements dramatiques. Nous demandons aux organisations internationales de défense des droits de l'homme et aux organisations humanitaires d'user de leur influence pour sauver ces personnes, en majorité des femmes et des enfants n'ayant rien à voir avec les mouvements rebelles agissant dans la région.

Nous attirons en outre l'attention du UNHCR sur l'existence de plusieurs milliers de réfugiés rwandais qui s'étaient cachés dans la brousse de Masisi, de Rutshuru, et qui aujourd'hui sont traqués, tués, massacrés sans aucune pitié par les militaires rwandais et rebelles du RCD.

Fait à Goma et à Lyon, le 20 avril 1999

Stanley BWANDA PAYI                      Didier Kamundu Batundi

Secrétaire / Section Europe /Lyon                 Directeur Général
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