GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)

Les autorités du RCD promettent- elles de respecter les droits humains?

politi3.jpg (679 octets)

Innocent Balemba

politi3.jpg (679 octets)

Nota Bene no.37/07/99

Bukavu: Le détenu rwandais KASHABIZE Jean a été libéré le 5 avril 1999

Le HCR s’engage à le rapatrier

Monsieur Kashabize Jean, réfugié rwandais d’ethnie Hutu a recouvré la libération le 5 avril 1999. Cette libération intervient au moment ou les autorités civiles et militaires du RCD au Sud-Kivu s’évertueraient à collaborer avec les organisations des droits de l’homme pour la promotion et la protection des droits humains.

Dans son feuillet NOTA BENE no. 35 du 12 mars 1999, l’asbl Héritiers de la Justice dénoncait l’arrestation et la disparition de monsieur Kashabize Jean. En effet, celui-ci avait été arrêté à Kaniola, collectivite de Ngweshe en territoire de walungu au debut du mois de mars dernier. Après trois jours de détention dans la prison de Walungu, il avait été transféré avec d’autres détenus vers "un" lieu de détention à Bukavu. Ce transfèrement, effectué par des militaires rwandais au service du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), laissait poser la question de sécurité et de l’integrité physique de la victime ainsi que des personnes transferées le même jour qu’elle.

Héritiers de la Justice s’est alors investie à allerter l’opinion tant nationale qu’internationale au sujet de cette éventuelle disparition. La victime était détenue depuis le 5 mars 1999 au cachot de la 5ème brigade d’infanterie. Le motif de son arrestation et de sa détention ne nous a pas été revelé. Non plus, aucun témoignage n’a été fait sur les conditions carcérales de la victime, même si d’après des observations faites, elles étaient dégradantes.

La libération du réfugié rwandais Kashabize Jean intervient, après celle de son compatriote Kayayi Eugene, et au même moment que celle d’une dizaine de congolais dans des prisons et cachots du Rwanda. Au nombre de ces citoyens figurent Madame Wisoba Mulasi Lucie qui a été arrêtée et détenue en cachot de la gendarmerie, à la brigade de Remera à Kigali, capitale Rwandaise, au mois de Janvier 1998. Elle aurait été accusée d’avoir revendiqué et cherche à rentrer dans ses droits de propriété de sa maison, située dans la commune de Nyarugenge, secteur de Kacyiru dans la cellule de Kabagali à Kigali.

Ces mises en liberté sont le résultat d’une campagne soutenue, menée par Héritiers de la Justice, auprès des responsables tant civiles que militaires du RCD. En date du 19 février 1999, Héritiers de la Justice a rencontre le Prof. Lunda Bululu. Au menu des entretiens elle a eu à glisser des dossiers des Congolais emprisonnés au Rwanda, des cas de disparitions et d’enlèvements… Le 27 février 1999, Héritiers de la Justice a été invitée, avec les maisons locales de la presse orale, par le commandant Kasereka Sindani qu’entouraient ses proches collaborateurs dont le comandant Elias Byinshi, Jean Marie, Fabrice, Mukendi,…Les échanges ont tourné autour des voies et moyens proposes par eux pour ameliorer la collaboration en ce qui concerne le traitement et la diffusion des informations à caractère militaire.

En un moment de son intervention, le commandant Elias Byinshi a reconnu que de nombreuses personnes étaient placees en détention dans le cachot de la 5ème brigade infanterie (ex 222ème brigade). Leur séjour prolonge au cachot serait motivé par l’insuffisance d’Officiers de police Judiciaire (OPJ) pour l’instruction des dossiers. La plupart des prisonniers seraient a-t-il renchérit, des Mai-Mai ou des personnes qui detenaient illégalement des armes.

Du côté de l’Inspection Provinciale de la Police, l’Inspecteur Mudekereza Ntako soutient que les organes chargés du maintien de l’ordre soient aussi impliques dans la promotion et la défense des droits de l’homme.

Héritiers de la Justice se rejouit et exprime son salut et encouragement à toutes ces autorités du RCD pour l’action en faveur de la libération de ces détenus. Elle les invité à prendre d’autres initiatives similaires afin de libérer les personnes encore détenues illégalement, telles Mme Bahati Barati, Mr Sumaili Bita Oredi, Juma Abedi, Wilondja Kabungulu,…qui continueraient à moisir dans les cachots formels et/ou informels a Bukavu et/ou au Rwanda. Pour les deux deniers, les biens qui leur ont été ravis et qui restent visibles a nos yeux devront être rendus au no. 11 a Nyamugo derrière le bâtiment communément appelé COOPERA. Héritiers de la Justice insiste à ce que le RCD décourage les cachots clandestins.

Par ailleurs, les agents du HCR/Bukavu dont Héritiers de la Justice salue la collaboration, devraient chercher à soutenir celle-ci par des moyens logistiques liés a l’action en faveur des personnes détenues illégalement dans la province du Kivu.

Héritiers de la Justice recommande aux responsables du HCR et du RCD, qui accompagnent les personnes rapatriées aupres des autorités rwandaises, de dégager et d’assurer des mécanismes de suivi de l’après-rapatriement. Ces mecanismes devront être conformes aux textes de la Convention Relative au Statut des Refugies de 1951, notamment pour éviter des rapatriement forcés et clandestins existants et pour se rassurer du sort des personnes rapatriées.

Bukavu, le 07 Avril 1999

Héritiers de la Justice

Copyright Afriqu'Info asbl.