Plus de 109 personnes massacrées
à Burhinyi. (Nota Bene no. 36/23-3-99)
En date du mercredi 17 mars 1999, à partir de onze heures du matin,
des militaires du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) ont massacré des
populations civiles à Budaha, groupement situé dans la chefferie de Burhinyi, territoire
de Mwenga, province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Pour le
moment, à en croire à certains rescapés des crimes, le bilan sélève à quelques
109 morts dont pour la plupart des femmes et des vieillards.
Des massacres des populations civiles qui ne prennent aucune part à la
guerre qui sévit dans la province du Sud-Kivu se poursuivent de manière effreinée si
bien que celles-ci sont contraintes à abandonner leurs foyers, leurs biens et champs et
à fuir plus loin dans leur quête désesperée dun asile, dune protection.
Des milliers dhommes, femmes et enfants ne vivent-ils actuellement pas en brousse
sous des intempéries et épidemies de toutes sortes. A ce sujet, Amnesty International,
dans son rapport de Novembre 1998 sur la RDC a denoncé "la guerre contre la
population civile non armee".
Selon des informations dignes de foi en notre possession, des
combattants Mayi-Mayi auraient à plusieurs reprises imposé des defaites aux militaires
du RCD lors des combats dans les groupements de Mushinga, Mukungwe en territoire de
Walungu. Ces deux entités administratives de la chefferie de Ngweshe sont respectivement
separées de Mulambi et de Budaha en chefferie de Burhinyi par la riviere Kadubo. Et
cest à Mukungwe quont eu lieu les derniers affrontements qui ont conduit aux
massacres de Budaha. Les pertes en vies humaines enregistrées dans le camp du RCD
auraient été si lourdes et si remarquables le mardi 16 mars courant quelles
auraient excité la colère des militaires rescapés du front. Ceux-ci se seraient alors
dirigés dans la chefferie de Burhinyi "Pour dit-on faire une lecon aux Mayi-Mayi".
Ils se sont rués sur les populations civiles innocentes quils se sont mis à tuer
massivement et sauvagement à titre des représailles.
Telles sont les circonstances qui auraient "justifié" les
recents massacres que nous dénoncons. Deux personnes ont été identifiees parmi les
auteurs de ces actes de violence commis sur les populations civiles sans arme ni défense.
Il sagit du militaire du RCD, Mr MUNGULU, fils du pasteur Mongane de la
CELPA-Luhwindja et de Monsieur Flory RUTUA, ancien "professeur" à
lInstitut Kakwende de Burhinyi, qui auraient servi declaireurs aux
militaires. Les noms dautres auteurs directs seront connus incéssament.
Parmi les personnes abattues froidement a Budaha figurent les membres
des familles parmi lesquelles:
- Famille Bugondo (plus de 20 morts),
- Famille Mushegero (4 morts)
- Famille Mitima (3 morts)
- Famille Ludumbiro (5 morts)
- Famille Chkangavu ( 4 morts)
- Famille Chidanguli (2 morts)
- Famille Barashege Georges et Balezi (12 morts)
- Famille Bahozi (5 morts)
- Famille Murayi Papilo (1 mort)
- Rhindye Pande (8 morts)
- Famille Shinde (11 morts)
- Famille Namuhanda (2 morts)
- Famille Makungu (3 morts)
- Famille Karumba (1 mort)
- Famiile Murhega Kalyabijumbu (1 mort)
- Famille Bahati (3 morts)
- Famille Bisimwa Murhesa (2 morts)
- Famille Rumonge (1 mort)
- Famille Bahagarhe (1 mort)
- Famille Bitundwa Constantin (1 mort)
- Famille Bahige Kalinzi (1 mort)
- Famille Janvier ( 1 mort)
- Famille Benoit (3 mort)
- Famille Maombi Hongo ( 1 mort)
- Mademoiselle Jeanson
Les cadavres de ces victimes ont été ensevelis, selon des sources
dignes de foi, dans six (6) fosses communes bien identifiees contenant chacune entre 12 et
22 corps. Seuls les corps de pater jamilias Bahagarhe qui a été décapité et
Bugondo ont été enterrés aux alentours de leurs maisons.
Ces massacre de Budaha à Burhinyi vient dêtre execute alors
quHéritiers de la Justice est encore préoccupée par des informations récentes
faisant état de précédents massacres dans la même chefferie de Burhinyi, localites de Mulambi
et de Karhendezi où une dizaine de personnes avaient été tuées par des
militaires au service du RCD en date du 12 mars 1999. Parmi les victimes figurent;
- Mr Magumu Andre (30 ans), cultivateur.
- Mr Madame MShwagi, mere de Mr Magumu Andre (agee denviron 70 ans)
- Mr Kashule Ntavigwa et sa mere MNakwibiga
- Mr Damien Damien Nalondo et sa femme
- Toute la famille Kabwana
- Toute la famille Muhigwa Silingi (5 personnes)
Au sujet des massacres de Budaha, de Mulambi et de Karhendezi,
cette liste non exhaustive des victimes est provisoire. Pour plus de renseignements,
referez-vous à nos prochaines publications.
Par ailleurs, le chef de chefferie de Burhinyi ainsi que celui du poste
dencadrement administratif de ladite entité sont accusés par une certaine opinion,
davoir selon cette dernière, trempé dune manière ou dune autre dans
les actes de violence qui ont entrainé la mort dhommes dans cette contrée.
Dautres sources allèguent quà linstar des autorités coutumières de
Kaziba, qui auraient fait appel aux militaires du RCD pour bouter déhors les miliciens Interahamwe
et ex-FAR qui y règnaient en maîtres, celles de Burhinyi auraient entrepris les
mêmes démarches, mais cette dernière chefferie, les résultats sont néfastes à la
population que les responsables sont sensés proteger. Dans cette affaire, lopinion
qui met en cause ces autorités sattend également à leur réaction pour confirmer
ou infirmer ces allégations.
Bien plus, depuis le 2 août 1998 à ce jour, il a été relevé dans
la province du Sud-kivu, en partant de Minova (Kalehe) jusqua la porte de Kalemie, 24
lieux (centres extra-coutumier et villages) ou plus de 10,000 personnes civiles non armés
ont été massacrées par des militaires à la solde du RCD. Parmi eux figurent des
milliers des femmes et des enfants. Dans lhistoire du Sud-Kivu, la communauté
internationale et le RCD ne peuvent prétendre navoir pas été informés à temps
pour arrêter les massacres sélectifs et planifiés des populations civiles, qui risque
de péreniser le cycle de violence.
Lasbl Heritiers de la Justice continue à condamner avec
la dernière énergie la série des massacres des populations civiles dont les espoirs
semblent hypothéqués. Cest en se basant sur la persistance de ces graves crimes
contre lhumanité et atteintes au droit à la vie perpetrées systematiquement dans
la province du Sud-Kivu que Héritiers de la Justice appelle les Responsables du
RCD à veiller à ce que les personnes civiles sans défense soient protegées contre
toute forme de violation et abus des droits de lhomme dans les entités ou se
deroulent les combats. Héritiers de la Justice encourage les initiatives de Paix
qui sont prises sur le plan international et tendant à amener les parties au conflit vers
un cesssez-le-feu et exige la matérialisation, par les parties concernées de ces
recommandations pour une paix durable sur le terrain en RDC.
Héritiers de la Justice demande, une enquête independante
sur les massacres cités ci-haut et quà lissue de ces enquêtes, il soit
envisagé un barème de sanctions conformément à la loi, à lendroit des auteurs
(dont certains sont a présent connus), complices et commanditaires des massacres. Aussi
souhaitons-nous que des débats télévisés ou radiodiffusés regroupant toutes les
forces vives de la nation soient organisés à ce sujet, pour lintérêt de nos
populations. Une rencontre de la société civile du Sud-Kivu simpose aussi en vue
de redéfinir de nouvelles stratégies dactions concertées susceptibles de mettre
un terme à la persistance des massacres et de lutter contre limpunité.
Fait à Bukavu, le 23 Mars 1999
Héritiers de la Justice
211, Avenue Patrice Lumumba
Ibanda, Bukavu
Sud-Kivu, D.R. Congo
Email: heritiers@yahoo.com
http://members.tripod.com/~heritiersjus/ |