Pour une éthique de l'espace
politique mondial (livraison 2) |
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Pr. Jules de Tibeiro, Ph.D. |
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La notion d'espace définit formellement, un
lieu de possibilités, un champ d'effectuation, un ordre événementiel. En logique
mathématique, tout ensemble de points constitue axiomatiquement, un espace, soit un
espace dont les éléments sont des points structurés par la relation de proximité.
Un objet fractal est donc un sous-ensemble particulier d'un ensemble plus vaste (cfr
BARNSLEY, Michel in "Fractals everywhere", Boston, Academic Press, 1988, p. 6).
En physique, la notion d'espace est, depuis la révolution relativiste, intimement liée
à la notion du temps. Le mouvement dynamique d'un système dans l'espace physique peut
être modélisé comme déterministe, aléatoire ou chaotique. Il comporte des corps
individualisables et des champs de forces plus indéterminés. LA SCIENCE POLITIQUE, COMME
LES AUTRES DOMAINES SCIENTIFIQUES, NE PEUT SE PASSER D'UNE ONTOLOGIE FORMELLE UTILISANT
DES HOMOLOGIES SPATIALES RIGOUREUSES.
Ainsi, la notion d'universalisme éthique a-t-elle des fondements logico-mathématiques,
l'univers ensembliste étant réduit à une collection d'éléments munie d'une relation
d'appartenance. Une norme universelle est un code prescriptif qui s'applique à un
ensemble axiologique tout entier, une loi physique générale porte de même sur une
classe entière d'éléments.
Une loi scientifique est d'essence naturelle hypothétique d'autant plus qu'elle doit
comporter notamment pour son application, l'énoncé strict de ses conditions empiriques
initiales. Dans ce droit fil, toute loi scientifique est relative voire contextuelle.
Dans notre pays, on ne peut que déplorer la coupure actuelle entre l'éthique
philosophique et la cosmologie scientifique. Si le temps de la thermodynamique est
irréversible, l'espace juridico-normatif l'est aussi grâce au principe de
non-rétroactivité. Le schème de la dette infinie, comme la loi de vendetta, s'inscrit
par contre dans une cosmologie circulaire où l'on répète à souhait.
La pensée pensée utopique déploie un espace mythique virtuel, idyllique ou angoissant.
La mondialisation se définit dans cette optique comme un lieu universel de sociabilité.
La pensée uchronique déploie parallèlement une époque virtuelle, un avenir radieux ou
une nostalgie du passé, temps résolument progressiste du développement ou temps
régressif de la décadence.
C'est ainsi qu'on appréhende les apories politiques du rationalisme universaliste en
éthique, "où s'affrontent la morale des droits de l'homme et l'apologie des
différences culturelles". C'est à cause de la violence, qu'il faut passer de
l'éthique à la morale ! La règle formelle d'universalisation, crée des situations
conflictuelles, dès lors que la prétention universaliste, interprétée par une certaine
tradition qui ne s'avoue pas, se heurte au particularisme solidaire des contextes
historiques et communautaires d'effectuation de ces mêmes règles.
En R.D.C., l'espace de gouvernance étatique et l'espace de représentation politique sont
envahis d'une multitude de nouveaux acteurs qui constituent des micro-réseaux de pouvoir,
munis de légitimités particularisantes plus que douteuses - par le fait même de
l'autoproclamation du "guide" du moment - qui ménacent l'équilibre
universaliste de l'État moderne. Pierre BOURDIEU in "Raisons pratiques. Sur la
théorie de l'action" (Paris, Seuil, 1994, p. 55) se pose la question suivante :
"Mais n'est-ce pas commettre une pétition de principe que d'accepter l'idée d'un
espace social unifié et ne faut-il pas s'intérroger sur les conditions sociales de
possibilité et les limites d'un tel espace ? "
EN FAIT, LA GENÈSE DE L'ÉTAT (voir notre compatriote KIKONGI MAWETI dans une de ses
dernières livraisons) EST INSÉPARABLE D'UN PROCESSUS D'UNIFICATION DES DIFFÉRENTS
CHAMPS SOCIAUX, ÉCONOMIQUE, CULTUREL (OU SCOLAIRE), POLITIQUE, ETC..., QUI VA DE PAIR
AVEC LA CONSTITUTION PROGRESSIVE DU MONOPOLE ÉTATIQUE DE LAVIOLENCE PHISIQUE ET
SYMBOLIQUE LÉGITIME.
Bonne journée !
Pr. Jules de Tibeiro, Ph.D. |
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