| Réflexion sur les textes de Mabasi et
de Materania |
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| M. Selemani |
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Invitation à une révision des textes de
MM. Lusakuemo et Materania
Chers compatriotes, honorables internautes,
Louons l'Eternel (Dieu) pour ses bénédictions et sa grâce, lui qui nous donne de vivre
en ce moment où nombre des nôtres ont été contraints de finir avec leur histoire sur
terre. N'oublions donc pas de prier pour ceux qui ont perdu leurs âmes et pour ceux qui
croupissent actuellement.
Par ailleurs, il importe de partager un message que je crois bénéficierait au peuple de
notre continent, et aux Congolais en particulier. C'est en fait une réflexion que je me
fais à partir de certaines interventions dans Congonline, malgré le retard, des
compatriotes Mabasi Lusakuemo et Justin Materania, l'année passée. J'en appelle à la
bonne conscience des Congolais, et des Africains, de bien vouloir exploiter le bien fondé
de ces textes, sans parti pris. Ceci peut nous aider à faire un pas vers la recherche des
solutions pour notre peuple.
En effet, M. Mabasi Lusakuemo, Chargé de la Propagande et Mobilisation du MCDR (Mouvement
Congolais contre la Dictature et pour la Rénovation politique) titrait :
"Exhortatation à tous les combattants Congolais contre la dictature kabiliste"
(29 décembre 1998), tandis que Justin Materania retenait:" Réactions: Evêque
d'Uvira" (28 décembre 1998).
Selon M. Lusakuemo, nous devions nous léver et dire NON au pouvoir de Kabila qualifié de
"tortionnaire et guerrier, ayant appris aux gens comment égorger, brûler,
assassiner un être vivant". Ceci l'amène à douter du type d'élections promises et
demande aux Congolais de "se lever et manifester leur indignation face à un pouvoir
auto-proclamé".
En soi, les mots de M. Lusakuemo tiennent débout ( mon avis) du fait qu'ils dénoncent
toute tentative qui vise à effacer les vies humaines. Sauf qu'il faut y ajouter une
chose:"essayer de placer les faits dans leur contexte, essayer de relater les faits
et nous dire exactement certaines raisons ayant motivé ces actes qualifiés de
"tortionnaires" afin que l'opinion soit éclairée sur ce qui se passe dans la
réalité. On doit certainement se poser la question : " Pourquoi quelqu'un qui se
dit responsable doit-il se permettre d'inciter à la violence?" (si tel est le cas
avec Kabila). Ce serait presque pareil aux propos de Saddam qui demandait aux Irakiens de
résister sans relâche aux frappes américano-britaniques alors que des dizaines de corps
devraient être vus après chaque opération (c'est vrai que c'est peu-être une question
de deux poids, deux mesures, mais il reste qu'on a vu les Irakiens dans les rues, scandant
des slogans anti-agression...). Il me semble qu'une lumière devrait être faite. Se poser
des que
Par ailleurs, M. Materania a essayé de donner des pistes pouvant servir dans la recherche
des solutions durables pour la vie de nos populations. A le croire, lui et sa source
d'information donc, "l'Eglise, catholique précisement, semble avoir joué, et joue
encore, un rôle déterminant dans la guerre que connaît notre pays et notre
peuple". Il a énuméré des faits qui me paraissent pertinents (au cas où ils
s'avéreraient réels), et dont il faut absolument tenir compte si l'on veut rétablir un
climat de paix en RDC. Car, en réalité, et nous devions être conscients de ceci,
certaines populations sont fortement sécouées par la guerre que nous connaissons. Il va
falloir se serrer les coudes pour que ceux qui respirent, au moins, aident leurs
compatriotes qui sont à bout de souffle.
Il y a lieu de dire simplement :"régime auto-proclamé, incitation à la violence,
etc." (ce qui est un fait à blâmer jusqu'à la dernière énergie), et ceci a
d'ailleurs fait l'objet de plusieurs accusations du pouvoir de Kinshasa lors de la
tournée européenne du gouvernement Kabila. Mais, voyons aussi si des efforts ne peuvent
pas se faire pour dénoncer les exactions longtemps commises contre nos civils (viols,
vols, tueries, enlèvements, déportations, etc.), dénoncées par les populations, par
les représentants de Dieu, et par des Organismes d'assistance dépêchés dans les
régions occupées par les rebelles et les pays d'agression.
Je vais ainsi finir par une demande à tous les Compatriotes (par respect, j'utilise le C
au lieu du c) d'essayer de revenir sur Congonline, lire les déclarations de M. André
Wamba, membre du groupe de soutien du mouvement RCD, dans une adresse aux autres membres
du mouvement à Washington, où il a relaté l'atmosphère sur le terrain (lui qui
revenait de Kisangani). En effet, on peut le lire en ces termes (selon qu'il est cité par
La Référence Plus, le 29 décembre 1998):
"Un fort sentiment anti-tutsi et anti-Rwandais s'est développé à Kisangani M.
André Wamba qui fait partie d'un groupe dit de soutien au Rassemblement congolais pour la
démocratie (RCD) a fait part dernièrement de l'hostilité de la population des
territoires occupés au mouvement rebelle. André Wamba qui rentre d'une tournée dans ces
territoires s'adressait le 18 décembre dernier aux membres du fameux groupe de soutien.
Son rapport circule sur Internet d'où nous l'avons tiré.
André Wamba y révèle qu'il s'est personnellement rendu compte de cette hostilité
vis-à-vis du RCD le 23 décembre dernier lors d'une visite de M. Wamba dia Wamba à
Kisangani. Il s'est développé, note-t-il, dans la population, un fort sentiment
anti-tutsi et anti-Rwandais. Fait curieux, relève André Wamba, ce sentiment est aussi
partagé par Jean-Pierre Bemba qui n'a pas hésité à l'inculquer à la population lors
de son passage à Kisangani.
André Wamba indique que Moïse Nyarugabo et Jean-Pierre Ondekane qui avaient tenté de
s'entretenir avec les étudiants de Kisangani ont été éconduits. Il fait observer que
l'atmosphère était surchauffé. Les étudiants ont scandé des slogans anti-tutsi et ont
manifesté leur hostilité à écouter le message du RCD malgré la présence de JP
Ondekane et d'autres leaders locaux du mouvement rebelle. Ils ont néanmoins consenti à
écouter Wamba dia Wamba.
Il révèle que le RCD a entrepris une campagne d'explication de ses objectifs dans les
territoires qu'il contrôle tout comme dans ceux contrôlés par Jean-Pierre Bemba".
D'autre part, un Répresentant des droits de l'Homme avoue, et il n'est pas le premier,
que des atrocités sont devenues monnaie courante à Bukavu et dans l'Est du pays (RDC).
En effet, M.Réné Kahukula, qui s'est confié à RFI, le 29 décembre 1998, donne une
image très récente de la situation dans les parties occupées en RDC. Je préfère
reprendre son texte (il n'est pas aussi géant) afin que nous lisions l'essentiel de ce
qu'il a retenu:
« Un activiste des Droit de l'homme, M. Réné Kahukula, membre de l'Adepap, vivant à
Bukavu, au Sud-Kivu et réfugié aujourd'hui à Naïrobi, au Kenya a été interviewé
jeudi 24 décembre dernier par RFI. Il a révélé dans l'interview que la situation est
catastrophique à Bukavu et dans l'ensemble de cette province contrôlée par les Rwandais
et les Ougandais en complicité avec les rebelles Banyamulenge.
Des véhicules pillés à Bukavu, des banques dévalisées, des gisements des mines de
diamant, d'or et des cassétérites ... Tout est transféré au Rwanda. La population du
Kivu qui ploie sous une misère indescriptible attend toujours la fameuse contre-offensive
totale de Kinshasa pour sa libération.
RFI : Monsieur Kahukula, vous êtes un activiste des Droits de l'homme à Bukavu, quelle
est la situation des droits de l'homme dans cette ville ?
Réné Kahukula : La situation dans la ville de Bukavu et dans la province du Sud-Kivu est
très catastrophique parce que la population vit dans une misère indescriptible due à la
rébellion nous imposée par le Rwanda et l'Ouganda, en complicité avec les rebelles
banyamulenge.
RFI : La rébellion n'est-elle pas aussi composée des congolais ?
R.K. : Les congolais qui sont là ne sont que des boucs émissaires. Ils ne dirigent rien,
ce sont les Rwandais et les banyamulenge qui dirigent tout au Sud-Kivu. Concrètement, ça
se traduit par un signe. C'est qu'il y a des véhicules qui sont pillés qui traversent au
Rwanda. Les Rwandais se mettent tout de suite à piller les banques du pays et à occuper
les gisements de mines de diamant, d'or et des cassitérites.
RFI : Il semblerait qu'à Kigali, il y a eu pas mal de recrutements. Est-ce que ces
recrutements sont connus à Bukavu ?
R.K. : Oui, actuellement, selon les informations en notre possession ce sont les
militaires libérés des prisons rwandaises qui contrôlent l'aéroport de Kavumu. Ce sont
tous des Rwandais mais sous le commandement des officiers supérieurs tutsi.
RFI : Vous voulez dire en d'autres termes que ce sont des Rwandais hutu qui seraient
actuellement enrôlés dans l'armée rwandaise ?
R.K. : Tout à fait, parce que parmi eux, il y a des visages bien connus qui étaient en
RDC quand ils étaient réfugiés. Donc, il y a des visages bien identifiés que l'on
reconnaît facilement.
RFI : Est-ce qu'il n'y a pas là un réel danger pour le Rwanda d'armer les hutu qui
auparavant constituaient des purs ennemis ?
R.K. : Ça peut être une façon de renforcer l'équipe parce que vous savez qu'ils ont
perdu beaucoup de combattants au front. Et pour renforcer les rangs de leurs troupes, ils
sont obligés de faire recours aux militaires hutu qui étaient dans les prisons.
RFI : Est-ce qu'ils ne trouvent pas des membres parmi les Congolais eux-mêmes ?
R.K. : Au sein de la population congolaise le recrutement n'est pas aussi massif, mais
certains parmi eux, les ex-FAZ, ont été recrutés mais ils ne sont pas aussi nombreux.
RFI : Comment se comportent d'une manière générale les militaires rebelles vis-à-vis
de la population civile ?
R.K. : Les relations entre les rebelles et la population civile ne sont pas étroites
parce que la population est tout simplement hostile à leur présence en RDC. Ils
n'affichent pas un bon comportement parce qu'ils volent, ils violent et pillent la ville.
C'est-à-dire que la violation des droits de l'homme a dépassé les limites.
RFI : Quelle est la situation des populations civile dans les campagnes environnantes de
Bukavu ?
R.K. : Dans les campagnes environnantes, les populations vivent dans la misère
indescriptible. En effet, les paysans ne cultivent plus. Ils sont pris entre les
combattants Mai-Mai et les soi-disant rebelles. La population n'est pas à l'aise. Elle a
peur d'une intervention du gouvernement de Kinshasa.
RFI : Est-ce que la population a peur de cette intervention ou elle souhaiterait une telle
intervention ?
R.K. : Il est difficile de le clarifier. Mais à les entendre ; les populations souhaitent
une intervention de Kinshasa qui doit absolument réussir. C'est une intervention très
attendue est très souhaitée par les populations de Bukavu et de l'Est de la RDC.
RFI : La population de Bukavu parvient-elle à exprimer sa désapprobation d'une manière
pacifique ?
R.K. : Tout à fait. Elle exprime son mécontentement d'une manière pacifique. Par
exemple, ils ont refusé d'envoyer leurs enfants à l'école parce que tout simplement ils
craignaient que ces enfants soient recrutés par force. Comme les rebelles ont la
stratégie de recruter les enfants mineurs de 12 à 15 ans.
RFI : Vous évoquiez les Mai-Mai. Alors qui sont ces Mai-Mai ? Où sont-ils ? Et que
réclament-ils ?
R.K. : Les Mai-Mai sont des Congolais. Ils sont dans la périphérie des forêts et des
hauts plateaux. Ce sont des fractions rebelles qui sont hostiles à l'occupation du
Rwanda" ».
Ainsi, une question à M. Lusakuemo, et à plusieurs de nos hommes politiques:
"Kabila s'est auto-proclamé. Il exerce un pouvoir sans partage. Il a incité aux
tueries. Il a hérité Mobutu sur plusieurs points. On doit le bouter dehors" (je
cite ce qui revient dans l'opinion des opposants congolais, surtout). Au nom du peuple
congolais, oui. Au nom des intérêts de ceux qui veulent diriger? Je pense que le temps
n'est plus à sa place. Et, s'il (Kabila) mérite d'être dehors (avec le voeux de notre
peuple, bien sûr), la question revient celle de savoir QUI pour la relève. Allons-nous
accepter un autre AUTO-PROCLAME? Je pense non. Simplement parce que l'exemple du passé
aura servi de modèle (TOUT AUTO-PROCLAME DIRIGE A SA GUISE). Et puis, quel plan ces
autres Mouvements politiques pensent nous proposer pour sortir le pays de l'impasse (la
douleur étant grande chez nos frères et soeurs, vieux et vieilles, enfants et jeunes
vivant les parties occupées) afin que notre peuple se sente finalement libre et uni?
Un Compatriote disait récemment:"une chose que Mobutu nous a laissée, c'est le
NATIONALISME".
Une bonne année à tous, malgré le retard avec lequel je le fais.
M. Selemani, Canada |
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