| Entre Katchelewa Kamba et Mutombo
Lukasu |
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| M. Selemani |
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Entre Katchelewa Kamba et Mutombo Likasu,
une sorte de malentendu, peut-être!
"AVOCAT DU DIABLE"
Je me porte, on dirait, "Avocat du diable", ou je crie sans savoir qui est mort
(d'après un dicton, dans mon patoi). Si tel est le cas, un MEA CUPA, au départ.
Sinon, je crois avoir compris que pour Mutombo, Katchelewa semble attribuer les pertes
humaines au Congo-Kinshasa à Wamba, lui qui avait tant dénoncé les actes (tueries) des
gens de Kabila depuis la venue de l'AFDL. Ainsi, le 30/01/1999, Mutombo rappelait à
Katchelewa que les actes de Kabila continuent; citant Libenge, par exemple.
En substance, quelque part, je disais que j'allais me porter Avocat du diable. Pour moi,
je ne pense pas que Katchelewa ait oublié ce qui s'est passé sous Kabila (avant la
rébellion du 02/08/1998). Seulement, il faut essayer de faire la part de choses. Je vais
tenter
de donner mon point de vue dans les lignes qui suivent.
En réalité, je crois que toute âme qui a posé un acte responsable doit en répondre
(malgré le temps que cela prend pour le faire). Ainsi, Kabila, avec tout le monde qui l'a
accompagné dans son avancée, aura à dire un mot sur ces choses. Qu'on ne se trompe pas
là-dessus, celui qui a mal fait finira par se faire prendre, à moins que le Désert
prédit par notre compatriote Milembamane "Milemz" (dans Forum, 11/02/1999)
devienne une réalité.
POURQUOI LES GENS SERAIENT-ILS TENTES DE CROIRE QUE WAMBA EST LE TUEUR?
En fait, la tradition malheureuse voudrait que celui qui a volé, tué et violé, hier,
soit couvert par des actes commis aujourd'hui. Sous Mobutu, on se souviendra, il y a eu
des actes semblables à ceux-ci, même si l'ampleur n'était pas la même. Que des
enlèvements n'avons-nous pas connus! des viols! des détournements de fonds, etc. Lors de
la fameuse Conférence Nationale, on va créer une commission de biens mal acquis.
Aujourd'hui, certains biens saisis ont pris la direction des "poches
privilégiées"!
Sous ce même régime, du feu Mobutu donc, on se souvient que des fonds détournés par
des dignitaires ont toujours servi à anéantir toute force qui essaierait de dénoncer le
mal (la souffrance revenant au pauvre peuple). Quand on a voulu parler de biens mal
acquis,
à la CNS, vous conviendrez avec moi que les "trucs" ont commencé; il fallait
étouffer la lumière... Et ceci jusqu'au moment où Kabila va arriver. Kabila à
Kinshasa, la page de Mobutu fermée, on doit revenir à autres choses (signalons ici que
le atrocités commises
à l'endroit de notre peuple doivent avoir été CHOSE DU PASSE). Qui en a profité? La
réponse est claire.
Voilà une façon, à mon avis, de dire un mot à mon compatriote Mutombo Lukasu, sans
défendre nécessairement Katchelewa. C'est que l'impression que l'on peut avoir de
l'évolution des événements, chez nous, au Congo-Kinshasa, est celle des faits qui
viennent voiler d'autres (on dirait, je dis on dirait, que ces "leaders"
s'accordent tous pour nous punir, pourtant il me semble qu'ils ne collaborent pas).
Bref, Kabila venu, les actes de barbarie sous Mobutu OUBLIES, comme si l'histoire du pays
va commencer avec Kabila. Et, si les choses doivent rester telles qu'elles sont (cad
oublier ce que la personne a fait lorsqu'elle a quitté le pouvoir), Wamba viendrait faire
la relève à Kabila; aux MORTS, aux VIOLES, aux DEPORTES et aux DELOGES de s'en prendre
à eux-mêmes.
CE QU'IL NE FAUT JAMAIS OUBLIER: UNE SORTE DE SIMILARITE ENTRE LES DEUX REBELLIONS.
Une des choses qui se répètent dans ces rébellions, c'est la présence des gens dont le
rôle est de tuer. Sous Kabila, comme le savent Mutombo, Katchelewa et TOUS, ceux qui
exécutaient sont restés faire leur travail dans les coins cachés du pays (le cas de
Wimbi, en août 1997, où plus de 8000 personnes furent tuées lors d'un soi-disant
Meeting de paix), au moment où Kabila était à Kinshasa. Cet acte génocidaire n'est
plus jamais retenu parmi d'autres (car "ils oublient vite le passé, ces Zaïrois,
avancez seulement avec certains d'entre eux"). Sous Wamba, on tue à Kasika, à
Karhale, à Kindu, à Makobola, etc; le chef, lui, est soit dans le Palais peint par le
feu Maréchal, à Goma, ou il séjourne à Kampala et/ou à Kigali. Le slogan est souvent
simple, dans les deux cas, "Ça va bien partout, chef, nos éléments font la
sécurité du peuple"!!!
Aussi, je disais, plus haut, que la question des biens mal acquis, sous Mobutu, a été
effacée, si bien que ces mêmes biens sont une arme qui nous détruit. Vous conviendrez
avec moi qu'une bonne partie de l'économie du pays, sous Kabila, a été détournée pour
servir la rébellion actuelle.
Rapprochons les faits et disons simplement ceci:
Kabila venu, Mobutu disparaît avec tout ce qu'il a géré. Wamba en train de venir (et
là vous oubliez Jean-Pierre Bemba), Kabila risque de voir les actes commis sous son
avancée oubliés. Katchelewa n'aurait-il pas raison s'il pense que Wamba fait de
mauvaises choses? Non pas pour laver le mal de Kabila, mais pour prévenir Wamba qu'en
plus de ce qu'il fait actuellement, il y a un passé douloureux que venait de connaître
notre peuple (avec la venue de l'AFDL) et qui ne devrait pas être effacé dans l'histoire
de notre évolution socio-politique.
Enfin, il ne faut pas commettre l'erreur d'oublier que, le moment venu, Kabila ne montera
pas SEUL au banc des accusés. Il y a des gens, certains étant avec Wamba, qui devront
venir l'aider à plaider (culpabilité ou innocence...). De son côté, Wamba va aussi
monter sur le même banc (avec les mêmes gens qui auront déjà témoigné chez Kabila).
Et vous croyez, intellectuels congolais, que ce soit un bon style de vie pour notre
peuple; celui d'accueillir des gens qui viennent tous avec de mauvaises intentions
(eux-mêmes ou des gens qui les accompagnent)? Le prochain ne fera-t-il pas la même
chose? Pourquoi ne pas s'asseoir et dénoncer, HAUT, le mal? Pourquoi ne pas réunir les
enfants du pays et obtenir un consensus qui évite l'oppression par le voisin?
Si la paix est le mot d'ordre pour un démarrage sérieux des activités de développement
au Congo-Kinshasa, dans la région des Grands Lacs et en Afrique, évitons de cacher les
maux qui pèsent sur les épaules de ceux qui croient être à la hauteur de diriger nos
pays. Vous ne me direz pas, par exemple, que plus de 800 personnes mortes à Wimbi doivent
être oubliées; que le massacres de Kasika, Karhale, Libenge, Bas-Congo, Maniema,
Kalemie, Goma et les environs, et récemment celui de Makobola (où l'on semble même
reconnaître la présence de Bizima à Uvira lors du carnage) doivent être oubliés dans
l'histoire de ce pays! Que dire de ces autres tentatives de rasage à Uvira, où de faux
Mai-Mai doivent être localisés dans la ville, pour que le peuple en paie? Que dire de
Bwegera, ce village devenu le "Golgotha" du Sud-Kivu?
Définitivement, je ne puis m'empêcher de dire que si Wamba n'était pas venu (et là
j'insiste sur la façon, les voies utilisées pour venir), peut-être que la pression qui
avait commencé sur Kabila aurait déjà donner des bribes de réponses sur les atrocités
connues par les gens de l'Est (surtout) lors du renversement de Mobutu. Car, on ne saurait
pas dire des massacres des Hutu, sur le sol Zaïrois, à l'époque, sans dénombrer les
enfants du pays qui ont été tués par des éléments AFDL.
Espérons que lui, Wamba (différent de Kabila), a un "BLOCK NOTE" , cette
reconnaissance que nous devons aux historiens, où l'on pourrait retrouver un jour: les
noms des villages, cités et villes; les noms et/ou le nombre des victimes congolaises
tombées pendant son avancée; les causes de leur mort, la liste de ceux des chefs et des
éléments du RCD qui ont choisi de finir le peuple de ce territoire national, et le
châtiment réservé aux coupables.
L'histoire saura-t-elle nous dire exactement combien de Congolais (sexe et âge confondus)
ont perdu la vie, de Kabila à Wamba ou Bemba; Combien ont été victimes de viols?
Combien ont été déportés et où ils sont? Combien ont été forcés de quitter leurs
maisons
au profit des autres? Combien sont dans des camps de réfugiés et ailleurs dans les
forêt et brousse, et des efforts qui ont été ménagés (par les "leaders")
pour récupérer les survivants?
Parce qu'il faut essayer de donner au lecteur/analyste la piste de réflexion qui guide
tout, je rappelle que les buts premiers de la guerre, sous Kabila, devraient revenir
chaque fois que l'intellectuel congolais pense à l'avenir de notre pays. Si l'intégrité
territoriale doit être au centre du débat (une de bonnes initiatives laissées par
Mobutu, le seul souvenir, selon moi), voyons le danger que court une partie de notre
territoire national avant de nous départager par des intérêts de moindre importance,
tels les sentiments d'appartenance régionale et des postes à occuper qui ne servent pas
la nation (comme on pouvait mal dégérer cette parole: "Etre dit fils du ministre
suffit").
DES QUESTIONS A SE POSER
Pourquoi ne pas profiter de la petite ouverture du pouvoir en place pour faire asseoir des
structures solides chez nous, au lieu de nous laisser dicter des directives à suivre? N'
y a-t-il pas moyen que l'intellectuel congolais agisse comme médiateur entre les
protagonistes au lieu de prendre partie pour l'un ou l'autre? Ne voyez-vous pas de flou
dans l'avenir d'un pays où des rébellions naissent chaque jour? La politique de DIVISER
POUR REGNER ne se justifie-t-elle pas ici? Quand les journaux, aux Etats-Unis (dans NCN),
avouent être en possession des rapports selon lesquels les biens du Congo-Kinshasa ont
choisi de servir les pays voisins, quelle est la place de la "raison" congolaise
dans le conflit? Croyez-vous à un mythe si Kabila, Wamba, Bemba et l'opposition interne
devraient être ramenés à la raison? Et si tous doivent parler, en fils et filles du
pays, croyez-vous que Kabila n'accepterait pas de dire HAUTce qu"il sait de son
pouvoir? A quand la fin de rébellions si le pouvoir de Kinshasa doit dire "l
Long exposé, bien sûr, mais je crois avoir été en mesure de m'interposer, comme Avocat
du diable, entre Mutombo et Katchelewa, insinuant toutefois que Mutombo ne devrait pas
penser que Katchelewa oublierait les vies humaines perdues lors de l'avancée de l'AFDL
et/ou les lamentations du peuple congolais du territoire sous contrôle de Kabila.
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M. Selemani |
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