| Chers compatriotes, Honorables internautes, Louons l'Eternel (Dieu) pour ses bénédictions et sa grâce, lui
qui nous donne de vivre en ce moment ou nombre des nôtres ont été contraints de finir
avec leur histoire sur terre. Ainsi, bonnes fêtes. Mais, n'oublions pas de prier pour
ceux qui croupissent...
Par ailleurs, il importe de partager un message que je
crois bénéficierait au peuple de notre continent, et aux Congolais en particulier. C'est
en fait une reflexion que je me fais en lisant, dans Congonline, ce matin (30 décembre
1998), les mots des compatriotes Mabasi Lusakuemo, Justin Materania. J'en appelle a la
bonne conscience des Congolais, et des Africains, sans parti pris, de bien vouloir
exploiter le bien fondé de ces textes. Ceci peut nous aider de faire un pas vers la
recherche des solutions pour notre peuple.
En effet, M. Mabasi Lukuemo, Chargé de la Propagande et
Mobilisation du MCDR (Mouvement Congolais contre la Dictature et pour la Rénovation
politique) titre, "Exhortatation a tous les combattants Congolais contre la dictature
kabiliste" (29 décembre 1998), tandis que Justin Materania écrit:" Réactions:
Evêque d'Uvira" (28 décembre 1998).
Selon M. Lusakuemo, nous devions nous léver et dire NON
au pouvoir de Kabila qualifié de "tortionnaire et guerrier, ayant appris aux gens
comment égorger, brûler, assassiner un être vivant". Ceci l'amène a douter du
type d'élections promises et demande aux Congolais de "se lever et manifester leur
indignation face a un pouvoir auto-proclamé".
En soi, les mots de M. Lusakuemo tiennent débout ( mon
avis) du fait qu'ils dénoncent toute tentative qui vise les vies humaines. Sauf qu'il
faut y ajouter une chose:"essayer de placer les faits dans leur contexte, essayer de
relater les faits et nous dire exactement certaines raisons ayant motivé ces actes
qualifiés de "tortionnaires" afin que l'opinion soit éclairée sur ce qui se
passe dans la réalité. On doit certainement se poser la question"
Pourquoi quelqu'un qui se dit responsable doit-il se
permettre d'inciter a la violance?". C'est serait presque pareille aux propos de
Saddam qui demandait aux Irakiens de résister sans relâche aux frappes alors que des
dizaines de coprs devraient être vus après chaque opération (c'est vrai que c'est,
peu-être une question de deux poids, deux mesures, mais il reste qu'on a vu les Irakiens
dans les rues, scandant des slogans anti-agression...). Une lumière me semble devrait
être faite. Se poser des questions telles que:"l'homme a-t-il agi de bonne foi?,
avait-il un esprit calme en prononçant son dicsours? y a-t-il des incitatifs pouvant
expliquer sa réaction? cette pratique a-t-elle continué? qu'est-il d'aujourd'hui?
Par ailleurs, M. Materania essaie de donner des pistes
pouvant servir dans la recherche des solutions durables pour la vie de nos populations. A
le croire, lui et sa source d'information, "l'Eglise, catholique précisement, semble
avoir joué, et joue encore, un rôle déterminant dans la guerre que connaît notre pays
et notre peuple". Il énumère des faits qui me paraissent pertinents (au cas ou ils
s'avéreraient réels), et dont il faut absolument tenir compte si l'on veut rétablir un
climat de paix en RDC. Car, en réalité, et nous devoins être conscients de ceci,
certaines populations sont fortement sécouées par la guerre que nous connaissons. Il va
falloir se serrer les coudes pour que ceux qui respirent, au moins, aident leurs
compatriotes qui sont a bout de souffle.
Il y a lieu de dire simplement :"régime
auto-proclamé, incitation a la violance, etc." (ce qui est un fait a bâmer jusqu'a
la dernière énergie), et ceci a d'ailleurs fait l'objet de plusieurs accusations du
pouvoir de Kinshasa lors de la tournée européenne du gouvernement Kabila. Mais, voyons
aussi si des efforts ne peuvent pas se faire pour dénoncer les exactions longtemps
commises contre nos civils (viols, vols, tueries, enlèvements, déportations, etc.),
dénoncées par les populations, par les Représentants de Dieu, et par des Organismes
d'assistance dépêchées dans les régions occupées par les rebelles et les pays
d'agression.
Je vais ainsi finir par une demande a tous les
Compatriotes (par respect, j'utilise le C au lieu du c) d'essayer de revenir sur
Congonline, lire les déclarations de M. André Wamba, membre du groupe de soutien du
mouvement RCD, dans une adresse aux autres membres a Washington, ou il relate
l'atmosphère sur le terrain (lui qui revenait de Kisangani). En effet, on peut le lire en
ces termes (selon qu'il est cité par La Référence Plus, le 29 décembre):
"Un fort sentiment anti-tutsi et anti-Rwandais s'est
développé à Kisangani M. André Wamba qui fait partie d'un groupe dit de soutien au
Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) a fait part dernièrement de
l'hostilité de la population des territoires occupés au mouvement rebelle. André Wamba
qui rentre d'une tournée dans ces territoires s'adressait le 18 décembre dernier aux
membres du fameux groupe de soutien. Son rapport circule sur Internet d'où nous l'avons
tiré.
André Wamba y révèle qu'il s'est personnellement rendu
compte de cette hostilité vis-à-vis du RCD le 23 décembre dernier lors d'une visite de
M. Wamba dia Wamba à Kisangani. Il s'est développé, note-t-il, dans la population, un
fort sentiment anti-tutsi et anti-Rwandais. Fait curieux, relève André Wamba, ce
sentiment est aussi partagé par Jean-Pierre Bemba qui n'a pas hésité à l'inculquer à
la population lors de son passage à Kisangani.
André Wamba indique que Moïse Nyarugabo et Jean-Pierre
Ondekane qui avaient tenté de s'entretenir avec les étudiants de Kisangani ont été
éconduits. Il fait observer que l'atmosphère était surchauffé. Les étudiants ont
scandé des slogans anti-tutsi et ont manifesté leur hostilité à écouter le message du
RCD malgré la présence de JP Ondekane et d'autres leaders locaux du mouvement rebelle.
Ils ont néanmoins consenti à écouter Wamba dia Wamba.
Il révèle que le RCD a entrepris une campagne
d'explication de ses objectifs dans les territoires qu'il contrôle tout comme dans ceux
contrôlés par Jean-Pierre Bemba".
D'autre part, un Répresentant des droits de l'Homme
avoue, et il n'est pas le premier, que des atrocités sont devenues monnaie courante a
Bukavu et dans l'Est du pays (RDC). En effet, M.Réné Kahukula, qui s'est confié a RFI,
le 29 décembre 1998, donne une image très récente de la situation dans les parties
occupées en RDC. Je préfère reprendre son texte (il n'est pas aussi géant) afin que
nous lisions l'essentiel de ce qu'il a retenu:
"Détenus à Kigali pour génocide
Un activiste des Droit de l'homme, M. Réné Kahukula,
membre de l'Adepap, vivant à Bukavu, au Sud-Kivu et réfugié aujourd'hui à Naïrobi, au
Kenya a été interviewé jeudi 24 décembre dernier par RFI. Il a révélé dans
l'interview que la situation est catastrophique à Bukavu et dans l'ensemble de cette
province contrôlée par les Rwandais et les Ougandais en complicité avec les rebelles
Banyamulenge.
Des véhicules pillés à Bukavu, des banques
dévalisées, des gisements des mines de diamant, d'or et des cassétérites ... Tout est
transféré au Rwanda. La population du Kivu qui ploie sous une misère indescriptible
attend toujours la fameuse contre-offensive totale de Kinshasa pour sa libération.
RFI : Monsieur Kahukula, vous êtes un activiste des
Droits de l'homme à Bukavu, quelle est la situation des droits de l'homme dans cette
ville ?
Réné Kahukula : La situation dans la ville de Bukavu et
dans la province du Sud-Kivu est très catastrophique parce que la population vit dans une
misère indescriptible due à la rébellion nous imposée par le Rwanda et l'Ouganda, en
complicité avec les rebelles banyamulenge.
RFI : La rébellion n'est-elle pas aussi composée des
congolais ?
R.K. : Les congolais qui sont là ne sont que des boucs
émissaires. Ils ne dirigent rien, ce sont les Rwandais et les banyamulenge qui dirigent
tout au Sud-Kivu. Concrètement, ça se traduit par un signe. C'est qu'il y a des
véhicules qui sont pillés qui traversent au Rwanda. Les Rwandais se mettent tout de
suite à piller les banques du pays et à occuper les gisements de mines de diamant, d'or
et des cassitérites.
RFI : Il semblerait qu'à Kigali, il y a eu pas mal de
recrutements. Est-ce que ces recrutements sont connus à Bukavu ?
R.K. : Oui, actuellement, selon les informations en notre
possession ce sont les militaires libérés des prisons rwandaises qui contrôlent
l'aéroport de Kavumu. Ce sont tous des Rwandais mais sous le commandement des officiers
supérieurs tutsi.
RFI : Vous voulez dire en d'autres termes que ce sont des
Rwandais hutu qui seraient actuellement enrôlés dans l'armée rwandaise ?
R.K. : Tout à fait, parce que parmi eux, il y a des
visages bien connus qui étaient en RDC quand ils étaient réfugiés. Donc, il y a des
visages bien identifiés que l'on reconnaît facilement.
RFI : Est-ce qu'il n'y a pas là un réel danger pour le
Rwanda d'armer les hutu qui auparavant constituaient des purs ennemis ?
R.K. : Ça peut être une façon de renforcer l'équipe
parce que vous savez qu'ils ont perdu beaucoup de combattants au front. Et pour renforcer
les rangs de leurs troupes, ils sont obligés de faire recours aux militaires hutu qui
étaient dans les prisons.
RFI : Est-ce qu'ils ne trouvent pas des membres parmi les
Congolais eux-mêmes ?
R.K. : Au sein de la population congolaise le recrutement
n'est pas aussi massif, mais certains parmi eux, les ex-FAZ, ont été recrutés mais ils
ne sont pas aussi nombreux.
RFI : Comment se comportent d'une manière générale les
militaires rebelles vis-à-vis de la population civile ?
R.K. : Les relations entre les rebelles et la population
civile ne sont pas étroites parce que la population est tout simplement hostile à leur
présence en RDC. Ils n'affichent pas un bon comportement parce qu'ils volent, ils violent
et pillent la ville. C'est-à-dire que la violation des droits de l'homme a dépassé les
limites.
RFI : Quelle est la situation des populations civile dans
les campagnes environnantes de Bukavu ?
R.K. : Dans les campagnes environnantes, les populations
vivent dans la misère indescriptible. En effet, les paysans ne cultivent plus. Ils sont
pris entre les combattants Mai-Mai et les soi-disant rebelles. La population n'est pas à
l'aise. Elle a peur d'une intervention du
gouvernement de Kinshasa.
RFI : Est-ce que la population a peur de cette
intervention ou elle souhaiterait une telle intervention ?
R.K. : Il est difficile de le clarifier. Mais à les
entendre ; les populations souhaitent une intervention de Kinshasa qui doit absolument
réussir. C'est une intervention très attendue est très souhaitée par les populations
de Bukavu et de l'Est de la RDC.
RFI : La population de Bukavu parvient-elle à exprimer sa
désapprobation d'une manière pacifique ?
R.K. : Tout à fait. Elle exprime son mécontentement
d'une manière pacifique. Par exemple, ils ont refusé d'envoyer leurs enfants à l'école
parce que tout simplement ils craignaient que ces enfants soient recrutés par force.
Comme les rebelles ont la stratégie de recruter les enfants mineurs de 12 à 15 ans.
RFI : Vous évoquiez les Mai-Mai. Alors qui sont ces
Mai-Mai ? Où sont-ils ? Et que réclament-ils ?
R.K. : Les Mai-Mai sont des Congolais. Ils sont dans la
périphérie des forêts et des hauts plateaux. Ce sont des fractions rebelles qui sont
hostiles à l'occupation du Rwanda".
Une question, donc, a M. Lukuemo, et a plusieurs de nos
hommes politiques:
"Kabila s'est auto-proclamé. Il exerce un pouvoir
sans partage. Il a incité aux tueries. Il a hérité Mobutu sur plusieurs points. On doit
le bouter dehors". Au nom du peuple congolais, oui. Au nom des intérêts de ceux qui
veulent diriger? Je pense que le temps n'est plus a sa place. Et s'il mérite d'être
dehors (avec le voeux de notre peuple, bien sûr), la question revient celle de savoir QUI
pour la relève. Allons -nous accepter un autre AUTO-PROCLAME? Je pense non. Simplement
parce que l'exemple du passé aura servi de modèle (TOUT AUTO-PROCLAME DIRIGE A SA
GUISE). Et puis, quel plan ces autres Mouvements politiques pensent nous proposer pour
sortir le pays de l'impasse (la douleur étant grande chez nos frères et soeurs, vieux et
vieilles, enfants et jeunes vivant les parties occupées) afin que notre peuple se sente
finalement libre et uni?
Un Compatriote disait récemment:"une chose que
Mobutu nous a laissée c'est le NATIONALISME".
JOYEUSES FETES
M. Selemani, Canada |