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Réponse à M. Nkéma Lilo (ex-conseiller spécial)

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Antoine-Dover Osongo-Lukadi

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Votre article ne peut en aucun cas passer inaperçu, car vous avez été pendant des longues années Conseiller spécial en matière de sécurité du Maréchal Mobutu. Mais vous êtes plutôt un homme simple, modeste, autrement dit effacé. Du temps de M. Mobutu, la majorité des zaïrois vous reconnaissaient cette humilité. Et aux côtés du Maréchal Mobutu, vous avez été un des plus lucides conseillers.

Or, en lisant votre pertinent article, je constate que si vous faites encore montre des qualités précitées, vous avez perdu la lucidité. En tout cas, votre article, pertinent soit-il, a le tort de s'avancer dans une comparaison sans portée ni historique, ni politique, ni non plus sociologique; En peu de mots, je considère que vous n'avez pas raison de comparer MOBUTU à KABILA. Le premier a fait 32 ans au pouvoir et tenait coûte que coûte à conserver le pouvoir lui à légué par ses ancêtres. Le second vient seulement d'accéder au pouvoir et tend simplement à pénétrer la logique de l'exercice du pouvoir. Mobutu a bénéficié du soutien de ses voisins et de l'ensemble de la communauté internationale. Kabila pas le moins du moins du monde. C'est là que se trouve la véritable équation. La doxa ou l'opinion (par l'Occident intereposé) veut se débarrasser de Kabila parce que ce dernier n'est pas un démocrate. Pourtant, Mobutu est resté là toute une éternité ?

Monsieur l'Ambassadeur, le Maréchal Mobutu n'est pas dieu le père. Voulez-vous dire que sa proféssie a triomphé ? Je serai d'accord de répondre partiellement dans la mesure où le fameux deluge qui s'abat sur notre pays est provoqué de manière délibérée par les mobutistes, dont la seule tâche consiste justement à relever la mémoire de leur chef. Votre article, pertinent soit-il, va dans ce sens, et je vous mets au défi de me prouver le contraire. C'est ne pas le Maréchal Mobutu qui déclara - vous qui le connaissiez mieux - : "Ma tête, je la vendrai trop chère". Finalement était-ce ce qu'il a prédit ?

Le Maréchal a dû fuir la capitale et son peuple, alors que celui-ci attendait un sursaut d'orgueil de sa part et surtout de la part de sa garde prétorienne.

Tous les scénarios catastrophes prévus ne se sont pas, grâce à Dieu le Vrai, accomplies, mieux, réalisées. En revanche, ce sont des généraux naïfs tels M. MAYELE qui a payé de sa tête. La seule erreur de cet homme de valeur était celle de n'avoir pas compris qu'il devrait saisir sa chance, celle de prendre le pouvoir au bénéfice du peuple. Mais il a préféré tergiverser; mais puisse Dieu bénir son âme. Ceci dit, la logique de la guerre actuelle en RD-Congo s'inscrit dans un plan machiavélique, celui de détruire le peu du tissu social qui ne l'a pas été lors de la première guerre de l'Est-Zaïre.

Aujourd'hui vous voulez faire croire aux congolais que si M. Kabila ne veut pas négocier, il va être chassé du pouvoir comme l'a été le Maréchal Mobutu. Mais, voyons M. l'ambassadeur, cette comparaison relève d'un sophisme sans issue si tant est que le raisonnement sophistique ne l'est pas déjà. Qu'est-ce qui est négociable selon vous ? Dans vos conclusions, vous affirmez que les autorités actuelles doivent négocier la souveraineté; Cela ressort en tout cas entre les lignes. J'aimerais vous dire que la souveraineté du Congo ne sera jamais négociable sinon trahir la mémoire de patrice E. Lumumba. En revanche, vous avez raison d'affirmer la volonté d'ouvrir la négociation en vue de la mise en place des institutions démocratiques.

Pour clore, je vous dis que j'ai écrit beaucoup dans ce dernier sens, celui du combat pour les institutions démocratiques durables. Je n'ai pas été suivi. Par faute de n'avoir pas été suivi, ceux des compatriotes qui raffolent les armes ont, en lieu et place du stylo, préféré les armes. Le combat de la rebéllion est nul et de nul effet. Et s'il arrive que Kabila soit chassé du pouvoir aujourd'hui, demain ce sont les katangais qui reprendront les maquis. Je pense que la solution réside effectivement dans la recherche des institutions démocratiques durables.

Une chose est réelle aujourd'hui : la nochalence du gouvernement. Hormis quelques personnalités comme le camarade YERODIA, MWENZE NKONGOLO, MAWAMPANGA, MUMENGI, les autres sont des simples figurants et ne savent même pas pourquoi ils se trouvent là.

Cela corrobore bien avec la déclaration d'un Ministre venu récemment à bruxelles qui aurait déclaré : "il n'existe plus des réunions du conseil des Ministres ... c'est la tarte sinon...". Voilà un Ministre de misère. Je Lance un appel sollennel au chef de l'Etat afin qu'il comprenne la nécessité de mettre en marche au plus vite une Alliance des Forces de Gauche (AFG) comme une nouvelle plate-forme qui remplecerait l'AFDL.

Ainsi le nouveau combat de cette alliance sera de mettre en place au plus vite des institutions démocratiques à travers l'organisation des élections pures, claires et surtout libres et transparentes sur toute l'étendue de la république. Notre pays a encore besoin de vivre l'expérience d'une démocratie du type marxiste, c'est-à-dire une démocratie sociale.

Dr.Antoine-Dover Osongo-Lukadi

Docteur en philosophie ISP-UCL

Directeur-éditeur du Groupe

Antoine-Guillaume Amo (AGM) et de l'Espace Libre du Congo (ELC).

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