Cher Bilolo
Ne faisons pas de jugement trop excessif ni de
declarations martiales voire peremptoires. La n'est pas notre role. Eclairons plutot nos
compatriotes sur les vrais enjeux de cette crise.
Nous sommes peut etre a un tournant politique avec cette demission du gouvernement,
l'ediction du decret sur la "liberalisation" de l'espace politique, la defection
de Ngoma et la visite de Garreton au Congo.
L.D.K jouit d'une mauvaise image a l'etranger. Kagame a su habilement ternir cette image
en faisant de lui un bourreau de refugies hutus. Comme le dit souvent ma femme," Cet
homme n'a pas de chance, il a la gueule de l'emploi". Il lui faut sortir des
machoires de ces anciens allies et isoler la rebellion dont l'impopularite n'est plus a
demontrer. Il ne faut pas
exclure mais plutot rassembler tous les hommes de bonne volonte. Le Congo appartient a
tous les congolais. Autant avoir ces mobutistes a Kinshasa qu'ailleurs, question de mieux
les controler voire les neutraliser quand les interets de la nation l'exige. L.D.K doit
d'abord resoudre les contradictions de sa politique avant de se lancer dans une reconquete
car
apres la victoire militaire, il faut bien reconstruire ce pays avec tout le monde, anciens
rebelles y compris. De ce point de vue, l'Udps serait bien inspire de participer, question
d'etre la certaines decisions se prennent qui a l'influencer. On est toujours perdant avec
la politique de la chaise vide.
Aujourd'hui, tout est question d'eviter l'enlisement , d'eviter que la situation ne se
fige sur le terrain. Nous savons tres bien que la situation n'est pas a notre avantage sur
le front militaire autrement on aurait lance la fameuse contre-offense et recuperer les
trois villes strategiques Kindu, Kalemie et Kisangani) et liberer tout le territoire. La
verite est
cruelle mais elle est la. Le camp d'en face a,pour l'instant la maitrise de la guerilla
grace a des armees en perpetuelles campagnes militaires dans leurs pays et soutenu
massivement par certains milieux occidentaux qui tiennent au demantelement de la legalite
republicaine. A cet egard, la conscience nationale congolaise est vigoureuse, au risque
parfois de sombrer dans la xenophobie: les Tutsis ont ete pourchasse a Kin, les mai-mai ne
baissent pas les bras, ceux de Kisangani attendent le moment d'en decoudre.
Vous savez tres bien que le rebondissement de la crise politique en R.D.C etait
previsible. En realite, l'arrivee au pouvoir de L.D.K n'avait resolu aucun des problemes
qui avaient provoque l'eclatement de la rebellion en octobre 1996 : l'embourbement de la
transition democratique amorcee en 1990, l'effondrement de l'economie congolaise, le
developpement de la violence agraire au Kivu - que posent avec acuite la pression
demographique, la presence de dizaines de miliers de refugies et les conflits recurrents
entre agriculteurs et eleveurs - la guerilla des tenants du Hutu Power au Rwanda et des
opposants de Museveni en Ouganda a partir de leurs sanctuaires de l'Est du Congo. De ce
dernier point de vue, L.D.K a vite decu ses commanditaires. D'autant plus qu'il a cherche
a s'en emanciper en s'appuyant sur le deuxieme composant de l'alliance qui l'avait porte
au pouvoir, le mouvement des gendarmes katangais. La riposte de Kagame et
Museveni ne s'est pas fait attendre. Comme en 1996, la constitution d'un front
d'opposition cachait mal leur ingerence flagrante.
Bonazebi Nkuka
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