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Lettre ouverte au Président Kabila
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Lucien Mandjandja Naki
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Au nom de tous mes frères et soeurs vivants ou morts dont on ne connaîtra jamais les noms...

INTRODUCTION

A l'occasion du 7ème anniversaire de la journée des martyrs de la démocratie (la marche des Chrétiens du 16 février 1992),et surtout au moment où la société congolaise est engagée dans ce qui est, sans aucun doute, une des périodes les plus cruciales de son histoire, je viens par la présente joindre ma voix à celles des autres Congolais qui luttent pour la démocratie et la réconciliation nationale.

LA CONFÉRENCE DE MONTRÉAL

<<Large accord entre Congolais pour relancer la démocratie>>,c'est le point de vue du journaliste Jooneed Khan du journal LA PRESSE de Montréal (LA PRESSE du mardi 2 février 1999). Oui, le Rendez-vous de MONTREAL a été un grand succès. Comme membre du comité organisateur (Comité pour la paix durable et le développement démocratique en République Démocratique du Congo), je suis très fier et honoré d'avoir relevé ce défi. Je profite de cette occasion pour féliciter mes compatriotes, mes amis et collègues, du comité, avec qui j'ai passé des centaines d'heures pour atteindre cet objectif. Bravo les gars ! Vous méritez un coup de chapeau! Mes remerciements s'adressent aussi à nos compatriotes qui sont venus des États-Unis, d'Europe et du pays. Votre présence a rehaussé les assises.

Enfin, je remercie le Centre International des Droits de la Personne et du Développement Démocratique (CIDPDD) de nous avoir appuyés et guidés dans cette entreprise difficile.

Je considère aujourd'hui encore que cette conférence était très importante pour la paix en République Démocratique du Congo. C'est pourquoi je continue à déplorer l'absence du gouvernement et de la rébellion congolaise à ces travaux. Après tout, les absents ont toujours tort, et la politique de la chaise vide n'a jamais payé. J'aimerais profiter de la même occasion pour m'adresser directement au président de la République démocratique du Congo, Son Excellence Laurent-Désiré Kabila. A tout Seigneur, tout Honneur

AU PRÉSIDENT KABILA

Monsieur le Président,

En me plaçant du point de vue d'un acteur impliqué dans la politique congolaise depuis plus de deux décennies, mais en mettant l'accent sur les événements survenus pendant les vingt derniers mois, période remarquable de votre prise de pouvoir : en ce moment crucial où tout semble aller à vau-l'eau, il importait comme toujours de définir, pour la proposer ensuite, la conduite à tenir afin de mieux parvenir à vaincre "l'ennemi" et à établir ensuite une paix durable.

Il serait extrêmement dangereux, à ce stade-ci de notre histoire, qu'un chef réussisse à faire durer le statu quo, laisse pourrir les problèmes et remette le couvercle sur la marmite bouillonnante d'idées, d'énergies et possibilités nouvelles qu'est devenu le Congo-Kinshasa. A brève échéance, ce serait l'explosion.

Monsieur le Président, le 17 mai 1997, vous vous êtes vu offrir la chance historique de ramener le Congo-Kinshasa vers une vie démocratique et d'affirmation nationale après une longue période de délinquance mobutienne.

En douze mois, on peut dire que vous avez largement contribué à faire renaître la confiance et la fierté au Congo, à restaurer l'économie et à amorcer le processus de reconstruction du pays.

La plupart des Congolais ont reconnu ces réalisations lors des travaux de Montréal, et les Congolais soutiendront une politique qui réclame un changement pacifique en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs, la défense des valeurs humaines, la libération du génie humain, le progrès de la justice sociale et le développement démocratique.

Monsieur le Président, si vous souhaitez appartenir aux artisans de l'avenir, vous devrez comprendre cette vérité. Un acquis reste un acquis, et on ne peut revenir à la situation d'antan. Ce qui est nécessaire verra le jour, sa réalisation peut être ralentie mais non stoppée. Il est Impossible de revenir en arrière, impossible d'empêcher les progrès et les réformes

nécessaires de se réaliser tôt ou tard. Ce serait bien sûr aux responsables politiques au pouvoir à Kinshasa de faire preuve d'imagination et de concevoir ces solutions d'avenir. Vous êtes le Président de tous les Congolais et non le Chef des rebelles.

A cœur vaillant rien d'impossible.

Mais à celui que la seule idée de conserver son fauteuil obsède, il reste peu de temps pour réfléchir. C'est un des drames de notre époque et celui de la chute de Mobutu : Le niveau intellectuel du peuple congolais s'élève, celui de la classe politique au pouvoir stagne honteusement. La société congolaise d'aujourd'hui n'a rien de commun avec la société traditionnelle d'hier. Cette société d'aujourd'hui, elle n'est plus réceptive aux appels pathétiques de ceux-là qui veulent faire figure de Grands Croisés. Cette société congolaise, elle est devenue pluraliste et largement ouverte aux grands courants d'opinions qui agitent notre monde moderne; avec la fin du mobutisme, d'épineux conflits d'intérêts y sont apparus, des disparités sociales et économiques importantes s'y sont installées. Cette société congolaise d'aujourd'hui exige avant tout des solutions pratiques, précises et efficaces aux problèmes concrets que rencontrent ses citoyens. Ce n'est plus le moment de chercher des alibis, des excuses, des prétextes à notre incapacité à faire face à la situation. Les Rwandais et les Ougandais ne sont plus à Kinshasa, c'est l'heure de la réconciliation nationale.

Il faut encourager la circulation et la discussion des idées, de toutes les idées, des plus radicales comme des idées reçues. Mais il faut aller plus loin : il faut intégrer tous les groupes minoritaires à la communauté politique. Non seulement les jeunes, les contestataires et les opposants, mais aussi les plus âgés, les femmes, tous ces groupes muets ou mécontents qui s'écartent parfois des voies démocratiques parce que trop souvent celles-ci leur sont fermées. Ils ont pourtant un droit strict de participer aux décisions collectives, de faire sentir leur poids politique.

Une société aussi complexe ne peut être gouvernée par une équipe fermée sur elle-même, qui imposerait d'autorité - et au plus grand nombre - une idéologie absolutiste, comme ce fut le cas pendant le régime Mobutu. Encore moins cette société peut-elle être gouvernée par un seul homme, fût- il le plus énergique des leaders. Il ne suffit plus que le chef se lève à Kinshasa pour que les voix discordantes se taisent. La société complexe qui a toujours été le Congo-Kinshasa sur le plan idéologique, régional et tribal a besoin d'autre chose que de ce leadership préconisé par certains, et qui ne serait rien de plus que de bonnes paroles à droite et le refus de dialoguer à gauche.

Je tiens à le répéter encore une fois de plus, personne n'a besoin de plus pour être un grand homme, sinon de lucidité et du courage nécessaires pour saisir les chances que Dieu lui accorde. La responsabilité de l'homme politique durant la guerre n'est pas de chercher refuge dans les mots et les formules; c'est de voir les réalités telles qu'elles sont, et surtout de proposer des moyens réalistes et précis pour surmonter les difficultés que rencontre la population. Les Congolais ont accepté le 17 mai 1997 et accepteront avec joie d'être dirigés par Kabila s'il saisit sa chance de conjuguer avec ceux qui l'ont aidé à prendre le pouvoir. Ceux qui ont déblayé le terrain et préparé la chute du régime dictatorial de Mobutu.

Monsieur le Président, John Greenleaf Whittier a écrit :<<De tous les tristes mots jamais dits ou écrits, les plus tristes sont: "Cela aurait pu être !" Il est sage de vivre dans le présent et de contempler l'avenir. Avec la conférence de Montréal, la plupart des participants ont plongé dans le souvenir de la conférence nationale souveraine de1994 pour essayer d'illustrer les leçons qu'elle contenait - dans la mesure où ces leçons concernaient encore la situation actuelle.

Monsieur le Président, vu le respect que je vous dois et, en vertu du devoir qui me lie à ma patrie, je veux que vous compreniez ce qui se passe autour de vous. Monsieur le Président, dans le Docteur Jivago, le prêtre dit à Lara : <<La chair n'est pas faible, elle est très forte, et seul le sacrement du mariage peut la contenir.>> Il en va de même pour les êtres humains qui se trouvent dans la position enivrante du pouvoir : seule une description précise de leurs tâches, seules les règles les plus strictes les empêcheront de céder à cette tentation, croire qu'ils sont les seuls maîtres choisis par le Bon Dieu pour ces pays. Seule une discipline(charte ou constitution) organisée permet de canaliser les ambitions, les rivalités, l'esprit de compétition qui animent normalement les hommes vers les objectifs constructifs. En l'absence d'une telle discipline, le seul résultat possible est la confusion. Ce qui débute dans l'incertitude se termine presque toujours dans chaos.

Quelle force de rassemblement peut permettre à un peuple composite de vivre sans s'entre-déchirer ? A travers l'histoire, les nations ont essayé de multiples réponses, sans jamais résoudre le problème pour de bon. La seule solution est de laisser chaque groupe faire valoir son point de vue et ses droit. Seul le régime des "palabres" peut déboucher sur un consensus, ou un modus vivendi longuement et patiemment élaboré; si ce genre d'exercice peut réussir à Montréal, pourquoi pas chez nous au Congo-Kinshasa?

Monsieur le Président, Les problèmes de notre nation sont essentiellement internes et l'expérience des derniers mois commence de démontrer cette règle fondamentale qu'une politique de tout pays doit être cohérente et notre pays n'échappe pas celle-ci : toutes les parties en sont liées et attachées aux mêmes objectifs clairement définis.

En effet, ce dont la république de Démocratique du Congo a plutôt besoin, c'est d'un gouvernement qui sache organiser la tolérance, diriger la controverse et négocier des réformes qui soient bénéfiques aux uns sans être préjudiciables aux autres. C'est un gouvernement qui sache abolir graduellement les privilèges des maquisards et des compagnons de la rébellion sans levée inutile de boucliers, qui sache apporter des solutions rationnelles aux problèmes politiques, économiques et sociaux de la R.D.C sans paralyser le fonctionnement de la société et l'économie. Ce dont la R.D.C a besoin, en un mot, c'est d'un véritable gouvernement démocratique.

UNE AUTRE MAIN TENDUE, LA SEMAINE CONGOLAISE AU CANADA

Il ne serait pas honnête de ma part de formuler que des critiques à l'endroit du gouvernement Kabila et de ne pas, en même temps, proposer des mesures constructives afin de favoriser la relance de l'économie. C'est ainsi que je formule la suggestion de l'ouverture d'un plus grand nombre de maisons d'affaires au Canada et États-Unis, Les Congolais de la diaspora doivent se mobiliser pour inciter les investisseurs à aller en République Démocratique du Congo, les Congolais de la diaspora devront penser à créer des emplois au lieu d'espérer seulement un poste ministériel au sein d'un hypothétique gouvernement d'union nationale.

Monsieur le Président, suite à l'absence du gouvernement à ces assises, personne n'a parlé d'économie, ni des moyens à prendre pour remettre le pays sur pied une fois la guerre finie.

Le cessez -le - feu est une question des jours. Afin d'amasser des fonds pour financer la reconstruction du pays et de permettre aux gens d'affaires du Congo de lier des liens d'affaires avec ceux du Canada, j'aimerais proposer la tenue d'une semaine congolaise au Canada (Montréal), du 31mai au 5 juin 1999. Cet événement devrait permettre à la plupart des Congolais (artistes, sculpteurs, peintres, gens d'affaires, syndicalistes, politiciens, musiciens…) de jouer un rôle actif dans la démarche de recherche de fonds et surtout lier des relations d'affaires avec des partenaires canadiens pour la reconstruction de notre pays.

Monsieur le Président, au Congo nous disposons de tout ce qui est nécessaire pour faire de l'avenir une célébration du possible, mais il faut être clairvoyant.

Comme disait le président de Gaule:<<Quand un homme tient dans ses mains

Le sort d'un peuple, il lui faut regarder plus loin que lui-même>>.

INVESTISSEMENT et RELANCER L'ÉCONOMIE DU CONGO-KINSHASA

La R.D.C a besoin d'investissements étrangers pour pouvoir sortir du gouffre au fond duquel la folie des mobutistes nous ont laissés. Des efforts additionnels devraient être faits à cet égard. Un gouvernement d'union nationale dirigé par Kabila et des hommes compétents et énergiques saura restaurer un climat de confiance en R.D.C.

Il sera alors possible d'inciter les entreprises étrangères à investir chez nous, sans qu'il faille leur verser des subventions considérables, subventions qui sont évidemment à la charge des citoyens. De même , les entreprises déjà installées au Congo ne seront plus tentées d'aller s'installer ailleurs, ou de remettre indéfiniment leurs projets d'expansion.

A part les mines, les services économiques du gouvernement devront étudier de près l'économie congolaise, afin d'y découvrir de nouvelles occasions d'investir. Au Congo, l'agriculture demeure la pierre d'assise du développement économique de plusieurs de nos régions, et le gouvernement devra encourager l'expansion de ce secteur moteur au lieu de miser seulement sur les mines.

La grande priorité chez nous, ce doit être d'abord et avant tout le développement économique. Il faut, par tous les moyens dont dispose l'État, mettre en marche la relance de notre économie. Sans prospérité économique, nous ne pourrons jamais atteindre les objectifs politiques, culturels et sociaux que nous recherchons tous. La voie de l'avenir pour la R.D.C, c'est celle de la compétence de tous ceux qui veulent contribuer à bâtir chez nous cette société prospère, gage essentiel d'une paix durable.

Il est urgent de revaloriser le pouvoir politique en redonnant aux citoyens le contrôle des instruments du progrès économique, culturel et social.

C'est au niveau des partis politiques que cette revalorisation doit commencer. Le parti politique est l'endroit par excellence où doivent se débattre ouvertement et franchement les grandes questions qui agitent notre société. Or, il faut bien l'admettre, il y a encore beaucoup à faire dans nos partis pour atteindre cet objectif. Parce qu'ils ne paraissent pas ouverts, ils se trouvent coupés de certains secteurs de la société qu'ils prétendent représenter. Nous l'avons expérimenté à Montréal au sein de la société civile et des partis politiques. Ce n'est pourtant pas un idéal utopique de penser que l'organisation politique de l'opposition puisse devenir un milieu le plus démocratique pouvant servir à la fois de point d'appui et d'instrument à ceux que le travail d'organisation politique de la société civile a fait surgir un peu partout dans nos provinces. Qu'il soit bien clair pour tous et surtout pour ceux qui sont au pouvoir, qu'il ne s'agit pas d'assimiler simplement les éléments les plus contestataires de notre société, mais de leur fournir un lieu où ils peuvent avoir une voix et où ils peuvent influencer de façon significative les orientations que prendra la société congolaise de demain.

Les solutions ne peuvent pas venir exclusivement d'un cénacle de politiciens de l'opposition et de techniciens des ONG. Elles doivent avoir été débattues par tous les Congolais de l'intérieur comme l'extérieur(la diaspora).

 

A MES FRERES KATANGAIS

"Si les Africains ne font pas attention, le tribalisme va détruire entièrement le continent." Daniel Arap Moi, chef de l'Etat kenyan, Jeune Afrique Economie No 263-Du 4 au 17 mai 1998.

Cette pensée du président Moi, m'a fait beaucoup réfléchir sur notre sort. C'est après la conférence de Montréal que je suis arrivé à cette conclusion. Le tribalisme est et reste l'ennemi numéro un des Congolais, le tribalisme était depuis la colonisation notre point faible. C'est le tribalisme qui, aujourd'hui, bloque la réconciliation entre ceux qui sont au pouvoir et l'opposition. C'est le tribalisme qui empêche Kabila et Tshisekedi de s'entendre. C'est le tribalisme qui fait que Olengankoy croupisse encore en prison,et c'est toujours ce mal qui empêche deux lumumbistes(Kabila et Gizenga) de travailler ensemble. Les hommes de Kabila(l'entourage direct) ont pris pour une tentative de détournement de pouvoir ce qui n'était qu'un acte routinier de gouvernements qui n'ont pas de parlement. L'atmosphère de vérité - ou de réalisme si vous préférez, dans laquelle le président Kabila est entrain de gouverner a été brouillée. Cela continue à priver le président, dans une mesure considérable, de la possibilité de conduire sa politique intérieure et étrangère. Notre frère est l'otage d'un groupe des Congolais qui veulent le faire échouer dans le projet qu'il a bien commencé.

Actuellement, notre frère serait le bouclier de ceux qui sont en train de préparer leur tour.

Ce qui est révoltant et choquant, ce sont les analyses malhonnêtes de certains médias concernant le <<katanganisme>> ou la <<katanganisation>> du pouvoir. Bien sûr, le Président Kabila est Katangais, il y a aussi quatre ou cinq ministres du Katanga, par contre ce ne sont pas les Katangais seuls qui bloquent le processus de démocratisation et de réconciliation nationale au Congo-Kinshasa.

La franchise de mon discours pourra surprendre et, à certains moments, il m'a été difficile d'exposer la vérité telle que je l'ai vue et vécue pendant les trois jours de la conférence. Mais, vu le danger qui guette notre pays, vu le respect que je dois au président Kabila et en vertu de ma conscience, qui me lie à ma patrie, je pense que je n'aurais pas pu faire autrement. Ceux qui me liront porteront leur propre jugement à la lumière de leurs propres connaissances.

NOTRE TOUR…

En bref, le tribalisme est le grand mal congolais. Le conflit et les luttes des clans jouent beaucoup dans le blocage politique actuellement à Kinshasa. Les vaincus d'hier qui ont les vrais leviers de pouvoir du gouvernement règlent leurs comptes pour se venger .

Cette lutte d'influences continue à faire rage au sein de l'ex-AFDL(Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), aujourd'hui transformée en Comités de Pouvoir Populaires et au sein du gouvernement.

J'aimerai soumettre à votre appréciation ce qui suit ci-après: Et comme un jour quelqu'un demandait à Bomboko s'il ne se sentait pas gêné pour toutes les nominations partisanes que faisait le régime dont il était l'homme fort, Bomboko répondit : "Les chiens aboient et la caravane passe.

À présent, c'est notre tour, nous devons placer partout nos hommes." Ce passage est tiré de "La grande mystification du Congo-Kinshasa", page 250, par Cléophas KAMITATU, librairie François Maspero, 1971.

À quelque chose malheur est bon, après trois décennies, l'expérience vient de démontrer que le pouvoir tribal ou clanique ne sert pas. Les Baramoto, Nzimbi Vunduawe, N'gbanda… proches parents du défunt dictateur Mobutu, n'ont pas pu empêcher le déclin et la chute de leur Chef de clan et son régime de terreur. La chute de Mobutu,c'est donc surtout celle d'un pouvoir clanique.

Certes, les événements obéissent en profondeur à leur propre logique interne, et il faut prendre la vie comme elle vient. Mais il suffit de l'aider un tant soit peu pour mettre au jour des solutions bien meilleures et plus riches que celles issues des belles théories, des idées pures, idées-éprouvettes. Hélas! si Mobutu aurait écouté le peuple…

Je tiens seulement à signaler qu'il y a presque un siècle, Olivier Wendell Holmes disait avec noblesse : "Il est tellement plus facile de condamner une âme à la perdition ou de dire des prières pour son salut que d'endosser la faute de l'avoir laissée croître dans l'abandon et courir à sa perte… Les limites de la responsabilité humaine n'ont jamais été convenablement étudiées."

Tout ce à quoi je suis parvenu dans la vie, je le considère comme m'étant échu par une sorte de bail.

Paraphrasant Lech Walesa, je conclurai en disant à tous les Congolais que du point de vue du Christianisme, beauté, bonheur, argent, tout n'est d'ailleurs jamais qu'en usufruit. Si l'on accepte de ne se sentir que le détenteur temporaire des divers bienfaits de la vie, il est plus facile de s'empêcher de perdre la tête ou de s'abandonner au désespoir.

 

Voilà le message de cette lettre ouverte, et la raison pour laquelle je l'ai écrite.

Patriotiquement,

Lucien Mandjandja Naki

Membre du Comité de suivi de la Conférence de Montréal

Secrétariat technique

E-mail: nakim@hotmail.com

Tél./Fax : (514) 256 0403

Note: Tout Congolais ou toute personne de bonne volonté qui aimerait s'impliquer au projet de la semaine Congolaise au Canada se devrait communiquer avec le soussigné.

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