| Communiqué de presse Réf.:RBL/UDPS/DE/005/99
Les actes les plus récents des violations des droits de
l'homme et de destruction survenus sur le terrain des combats au Congo/Kinshasa, à savoir
les massacres de Makobola par la rébellion et les bombardements intensifs de Businga par
Kabila, est une preuve supplémentaire de la véracité du message que ne cesse de
diffuser l'UDPS: le salut du peuple congolais ne viendra ni de Kabila ni de la rébellion.
Illustrons-le par quelques faits.
A. LES FAITS
- Durant la guerre dite de "libération, leurs
intentions étaient déjà manifestes. Qu'il nous suffise de rappeler trois faits:
- L'assassinat de Kissase Ngandu, un démocrate et un
patriote qui avait protesté à la fois contre l'usurpation du pouvoir par Kabila qui
s'était autoproclamé, avec la complicité des étrangers membres de l'AFDL, président
de l'AFDL alors que le groupe ne l'avait désigné que comme porte-parole; et contre
l'influence grandissante des étrangers au sein de l'AFDL.
- La signature des contrats léonins bradant le patrimoine
stratégique minier national, et ce même pour les territoires non encore occupés par
l'AFDL alors que le problème de légitimité du pouvoir n'était pas encore résolu et
sans consultation des experts des sociétés minières concernées.
- Le génocide de plus de 200.000 réfugiés rwandais hutus
et compatriotes déplacés.
- Pendant son règne, l'AFDL s'est illustrée notamment par
:
2.1. L'exclusion de toutes les forces démocratiques
internes de l'organisation et de l'exercice du pouvoir; en leur préférant comme
collaborateurs: des étrangers, des vagabonds politiques, des mobutistes et des
aventuriers opportunistes de la diaspora;
2.2. L'instauration d'un système totalitaire et
répressif dans la conception et dans la pratique à l'aide d'une armée étrangère
d'occupation. D'où violations massives des libertés et des droits de l'homme:
interdiction des partis politiques, répressions sanglantes des manifestations pacifiques,
tortures, exécutions sommaires, massacres massifs, mutilations, flagellations,
arrestations arbitraires, viols, relégations, détentions illégales, expropriations
extra-judiciaires
2.3.Le mépris et le rejet de tout le patrimoine
patriotique et démocratique acquis au prix du sang par le peuple trouvé sur place et
application de la politique de la table rase chère aux paléo-révolutionnaires.
2.4. La radicalisation du mobutisme par la résurgence et
la promotion des anti-valeurs et de tous les autres travers: corruption, tribalisme,
clientélisme, trafic d'influence, favoritisme, détournements des deniers publics,
débauche, népotisme
2.5. Le refus de former une armée nationale congolaise et
républicaine au profit de troupes étrangères; et l'extermination progressive, à
Kitona, des soldats ex-FAZ qui avaient pourtant refusé de combattre l'AFDL et avaient
ainsi accéléré la chute du régime Mobutu et la victoire de l'AFDL
3. La guerre ouverte depuis le 2 août 1998
- Ce qui est commun aux deux camps
Les conflits d'intérêts, les luttes d'influence et
la rapacité des uns et des autres ont fini par opposer les frères alliés d'hier, et
l'AFDL éclata en deux factions ennemis qui se livrent, depuis le 2 août dernier, une
guerre fratricide sur le dos du peuple et dont le seul objet est, pour Kabila le maintien
au pouvoir, et pour ses adversaires la conquête du pouvoir. Dans les deux camps se
trouvent des génocidaires (cfr guerre dite de "libération"), des criminels
(cfr 15 mois de règne commun), et des penseurs du mobutisme. Dans les deux camps: la
famine règne; ce sont les étrangers qui sont les véritables acteurs et qui assurent la
légitimité et la sécurité à leurs alliés congolais; il y a absence d'un début de
démocratisation et d'une reprise économique; il y a incompétence à gérer le
territoire occupé par chacun des belligérants et aggravation des violations des
libertés et des droits fondamentaux de la personne humaine.
- Camp de Kabila.
- En plus des génocidaires AFDL de la guerre dite de
"libération", Kabila s'est allié aux interhamwe et aux soldats ex-FAR
responsables du génocide au Rwanda en 1994; et a fait de Kyungu Wa Kumwanza ,
génocidaire des populations kasaiënnes au Katanga entre 1992 et 1994, son Bras droit et
son ambassadeur plénipotentiaire au Kenya.
- Il ne cesse d'ordonner des bombardements des territoires
occupés par la rébellion. Ces bombardements aveugles et intensifs détruisent notamment
le reste des infrastructures militaires (base militaire de Kitona), les maisons des
populations et tuent les civils pourtant opposés aux rebelles (Kitona, Masina, Kisangani,
Moba, Nyunza, Businga).
- Il a incité la population à la haine ethnique contre les
tutsi, et les conséquences ont été immédiates. Au moins 500 corps ont été enterrés
dans des charniers non loin de Kinshasa. Des centaines de civils non armés, tutsi pour la
plupart, et des combattants capturés ont été abattus, frappés ou brûlés vifs par les
troupes gouvernementales et leurs alliés à Kinshasa, fin août 1998. Des femmes et des
jeunes filles ont été violées, puis parfois tuées. Pas moins de 250 tutsi ont été
tués les 2 et 3 août 1998 à Uvira. A Kisangani, au moins 150 civils originaires de la
région du Kivu ont été tués par les forces gouvernementales avant que la ville ne
tombe aux mains des rebelles le 23 août 1998. Au moins 77 civils tutsi ont été tués à
Kalémie dans la région du Katanga à la mi-août 1998, de même qu'une centaine d'autres
dans le village du Viura non loin de Moba par des troupes gouvernementales qui se
retiraient de la région.
- Il hypothèque la souveraineté nationale et brade le
patrimoine national. C'est le cas notamment de 180 millions de FB remis au Président
Zimbabwéen Mugabe, comme argent de poche, lors du 20ème Sommet de la Francophonie tenue
à Paris du 26 au 28 novembre 1998. C'est aussi le cas de la nomination de Billy
Rautenbach, un zimbabwéen, à la tête de la Gécamines et de l'octroi de 80% des parts
à la société zimbabwéenne Ridgepointe et 20% seulement des parts à la Gécamines, le
partenaire congolais (Cfr art. 3 du Protocole d'Accord du 3 septembre 1998).
- Il a fait appel aux soldats zimbabwéens pour son maintien
au pouvoir alors que le Zimbabwe figure parmi les pays les plus frappés par le Sida et
que les militaires sont parmi les plus grands vecteurs de la maladie, d'autant plus qu'au
Congo/Kinshasa, ils sont payés en dollars et font du viol une arme de guerre. Les
populations congolaises des régions qu'occupent ces troupes zimbabwéennes sont
massivement contaminées et donc appelées à être disparaître.
3. Camp de la Rébellion
Ils ont privé la population de Kinshasa d'eau et de
courant électrique pendant trois semaines, entraînant le décès des centaines des
bébés dans les maternités et couveuses et de nombreux malades dans les hôpitaux;
bloquant l'approvisionnement de la Ville en denrées alimentaires; exacerbant le manque
d'hygiène généralisé; et démontrant que les rebelles livraient, en réalité, la
guerre contre toute la population et que celle-ci devait soit capituler soit mourir afin
qu'ils accèdent au pouvoir:
Ils ont massacré, le 24 août 1998, plus de 850 civils
sans défense dans la paroisse catholique de Kasika et ses environs, dans la région du
Sud-Kivu, pour venger la mort d'une cinquantaine de membres de la rébellion et de
l'armée rwandaise tués par les Maï-Maï. Un Chef coutumier local a été tué à l'aide
d'un couteau et son cur a été retiré de sa poitrine. Une femme enceinte a été
éventrée. Des enfants ont été saisis par les pieds et projetés tête la première
contre les murs. Un jeune garçon qui pleurait a été étranglé. Nombre d'entre eux ont
été jetés dans des latrines (fosses des W.C.).
Ils arrêtent et enlèvent quotidiennement et de façon
arbitraire plusieurs personnes.
Ils ont eux aussi, à l'instar de ce qui se passe dans le
camp de Kabila, fait du viol une arme de guerre. Ceci est illustré notamment par le cas
d'une femme qui a été régulièrement violée par les militaires du RCD pendant cinq
jours parce qu'elle refusait de révéler la cachette de son mari. A Bukavu, le 1er
septembre 1998, au moins 57 femmes et jeunes filles ont été arrêtés au cours d'une
opération de ratissage, emmenées dans un endroit secret et violées par des militaires
du RCD.
Ils ont, entre le 30 décembre 1998 et le 1er
janvier 1999, massacré plus de 500 civils dans le village de Makobola, à 15 Km au Sud
d'Uvira, en représailles aux attaques des miliciens Maï-Maï.
Ils ont entériné l'autorisation octroyée aux rwandais et
aux ougandais par Kabila dès septembre 1996, d'exploiter des richesses minières dans les
territoires sous leur contrôle (diamant, or
), et même de démonter des usines
entières pour les emmener dans leurs pays respectifs.
B. CONCLUSION
Les faits ci-haut décrits démontrent que:
- Kabila et les rebelles sont les issus d'un même humus et
sont des oiseaux d'un même plumage: ils ne sont ni des démocrates ni des
patriotes..
- L'AFDL est la source de tous les malheurs qui s'abattent
tant sur notre Patrie que sur notre peuple depuis une année. En effet, cette alliance,
dont on retrouve les membres dans les deux camps des belligérants actuels, et qui s'est
avérée, au fil du temps, n'être qu'une association de malfaiteurs congolais et
étrangers, n'avait pour seul projet et programme politique que de chasser Mobutu du
pouvoir et imposer une nouvelle dictature et piller le pays.
- Tout pouvoir qui fonde sa légitimité et son maintien sur
les armes et sur l'Extérieur et qui ne considère pas le peuple comme source, fondement
et premier bénéficiaire ne peut amener la paix sociale, la sécurité des biens et des
personnes, la stabilité politique et le progrès. Les deux factions de l'AFDL en sont la
preuve et ne peuvent en aucune façon prétendre être la solution d'une crise qu'elles
ont aggravée.
- Pour l'UDPS, Le PLAN DE PAIX TSHISEKEDI présente la
solution à la crise, car:
- Il considère que la crise congolaise est éminemment
politique et interne, et non militaire et externe, et que sa solution ne peut être que
politique, ne peut venir que des congolais, et consiste en l'instauration, au
Congo/Kinshasa, d'une société démocratique et pluraliste, respectueuse des libertés et
des droits de l'homme.
- Il propose que toutes les forces congolaises
représentatives et significatives participent à la solution de la crise autour d'une
table de négociation en vue de trouver un accord politique fondé sur une constitution
démocratique, sur le principe de gestion du pays, pendant la période de Transition, par
des hommes compétents, responsables et crédibles délégués par leurs organisations
respectives et chargés d'exécuter un programme minimum consensuel et de préparer les
élections, et enfin sur le respect et la protection du patrimoine national.
- Il tient compte des aspects régionaux, aspects qu'il
subordonne à l'instauration prioritaire d'un Etat de droit démocratique au
Congo/Kinshasa.
- Il demande à la Communauté internationale (ONU, Union
Européenne, OUA, SADC), non de se substituer aux congolais, mais de s'impliquer pour à
la fois:
- soutenir la volonté du peuple congolais, d'une part de
sauvegarder l'indépendance, la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale, et
de poursuivre le processus démocratique initié par la Conférence Nationale Souveraine;
- encadrer les négociations, l'arrêt des combats, l'accord
politique et militaire qui en résultera et l'organisation des élections.
Fait à Bruxelles, le 10 Janvier 1999.
Pour lUnion pour la Démocratie et le Progrès
Social
Dr François Tshipamba Mpuila
Représentant en Belgique au Luxembourg et
Auprès des Organisations
internationales en Belgique
Adresses de contact:
- Représentant: Dr François Tshipamba Mpuila 8 Pachthof,
3010 Leuven, Tél.32-16-259781, GSM 075-3389341
- Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba 16A Rue de
Moscou, 1060 Bruxelles, Tél.32-2-5390536
- Conseiller : Ir Raphaël Kashala Mutambayi 30 Pastoor
Dergentstraat 3200 Aarschot , Tél 32-16-57 22 62 /Fax 32-16-56 36 70 , GSM
32-477-680877 E-mail r.kashala@skynet.be
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