| MEMOMARANDUM A Monsieur André BO-BOLIKO , Président National du Parti
Démocrate et Social Chrétien (PDSC);
A Mesdames et Messieurs les Membres composant le Comité
directeur du Parti Démocrate et Social Chrétien (PDSC);
Nous, soussignés, Membres du Parti Démocrate et Social
Chrétien (PDSC) au Benelux, avons rédigé ce mémorandum dans un esprit positif et de
débat politique, afin de revigorer notre engagement pris lors du premier congrès
ordinaire, de lutter comme démocrates chrétiens contre toute forme de dictature et pour
l'établissement d'un Etat de droit démocratique dans notre pays, le Congo.
Nous Vous prions de trouver ci-dessous nos avis et
considérations relatifs à la situation qui prévaut actuellement au Congo-Kinshasa, et
dont nous avons tenu à Vous faire part.
Bruxelles, le 21 décembre 1998
Pour la Cellule de réflexion du PDSC au BENELUX
Robert BOKORO NSAKU Joseph MBUNGU NKANDAMANDA
Albert M'PETI Dr Barthélémy ESAKWA BOTULI
Bertin MAMPAKA Alexis KAYEMBE
SOMMAIRE
1. Longue léthargie et inertie du PDSC - devant
l'érosion des principes et valeurs inscrites dans ses statuts;(situation de guerre et
toutes ses conséquences; sur le plan des droits de l'homme et des libertés
fondamentales);
2. Absence de position politique au sein du PDSC - devant
les enjeux politiques de l'heure...
3. Conclusions
Monsieur le Président National,
Mesdames, Messieurs les Membres du Comité Directeur,
1. Longue léthargie et silence du PDSC :
La léthargie et le silence prolongé du Parti Démocrate
et Social Chrétien (PDSC) devant la situation politique qui prévaut en République
Démocratique du Congo, notre pays, nous bouleversent et nous remplissent d'interrogations
sur le sens même de la doctrine proclamée à travers les statuts du PDSC et des
résolutions prises en maintes reprises au sein de ce parti.
Nous pouvons épingler à titre d'exemple, ces principes
qui se sont clairement dégagés des quelques résolutions du 1er congrès du PDSC tenu à
Kinshasa du 23 au 26 septembre 1995, qui constituent le socle de la démarche
démocrate-chrétienne, plaçant l'homme au centre de l'action politique, et qui, à notre
avis, aurait pu servir dans les circonstances présentes à faire transparaître les
valeurs mêmes que notre parti est censé défendre au jour le jour :
"Le PDSC considère le Pouvoir, non comme un but en
soi, mais comme un instrument au service de la promotion de l'homme en vue de sa
prospérité totale : corps, âme et esprit-." (voyez résolution n° 1 relative à
la doctrine et à l'idéologie du parti, et portant sur l'affirmation de l'identité
propre du PDSC et de ses options fondamentales).
"...la promotion, la protection et la défense des
droits de l'homme constituent pour le PDSC des préoccupations et des objectifs majeurs de
son action politique". (résolution n? 10 sur les droits de l'homme).
Pourquoi devions-nous rappeler ces principes ?
Monsieur le Président National,
Mesdames, Messieurs les Membres du Comité Directeur,
1.1. Devant la situation sur le plan des droits de l'homme
:
Avant d'en venir à prendre position au sujet des enjeux
strictement politiques qui dominent la situation actuelle de notre pays, comment
pourrait-on parvenir à mettre sous ombrage cette situation désastreuse qui règne sur le
plan des droits fondamentaux de nos compatriotes et de tous les hommes et les femmes qui
ont simplement choisi de vivre sur le territoire de notre pays, à commencer par leur
droit à la vie ?
Des témoignages poignants et journaliers ne cessent de
nous faire battre le coeur, saisi de l'ampleur de l'horreur, et qui nous apprennent que ce
conflit qui a ravagé notre pays depuis déjà quelques mois s'avère particulièrement
meurtrier et atroce en tant qu'il s'agit finalement d'une "véritable guerre contre
les civils non armés", précise un rapport d'AMNESTY INTERNATIONAL publié le 23
novembre 1998.
Ce document rend compte des atteintes aux droits de
l'homme commises aussi bien par les soldats du gouvernement AFDL, que les forces du
Rassemblement des Congolais pour la Démocratie (R.C.D.), mais aussi par les différents
groupes ethniques alliés aux deux parties, ainsi que les troupes étrangères qui
prêtent main forte à l'un ou l'autre des deux camps.
Tout le monde parle aujourd'hui de ce conflit, mais
"rien n'a été dit, ni fait concernant les atrocités dont est victime une
population civile sans défense", observe l'organisation ci-avant citée.
Qui, donc, sinon les véritables défenseurs des valeurs
universelles de démocratie et de respect des droits fondamentaux de l'être humain, -que
nous prétendons être-, pourrait véritablement venir en aide à cette population
innocente et meurtrie, aux fins de lui sauver la vie et mettre fin à son calvaire ?
Comment pourrait-on concevoir que notre parti, quand bien
même il ne serait pas au pouvoir, se soit tu tout au long du déroulement de ces scènes
d'enfer ? Aucune déclaration de principe, aucune interpellation des autorités actuelles
et du pouvoir AFDL!
Certes, notre parti, comme tant d'autres, s'est-il
retrouvé depuis l'avènement de la dictature AFDL et au milieu de cette période de crise
politique sous le coup de la fameuse mesure unilatérale de l'interdiction des activités
politiques. Croyez-vous cependant qu'un silence d'apparence stoïque puisse être
l'attitude idéale à observer vis-à-vis d'un pouvoir aussi irresponsable que celui du
régime en place, et au milieu de pareille horreur engendrée par son fait ?
Sauriez-vous, Monsieur le Président National, Mesdames,
Messieurs les Membres du Comité Directeur, proclamer, ce, -sur la foi des principes et
valeurs défendues par le PDSC-,- que la mesure du pouvoir AFDL d'interdire les activités
politiques appliquée au PDSC- et à bien d'autres partis en ces instants puisse
constituer une quelconque cause de justification de ce silence observé par tous les
organes de notre parti dans les circonstances décrites ci-avant ?
Qui donc, dans notre postérité, songerait-il un instant
à nous accorder le moindre pardon à cette faute caractérisée par cette inertie
gravement coupable ?
Monsieur le Président National,
Mesdames, Messieurs les Membres du Comité Directeur,
1.2. Devant la situation de guerre civile qui règne au
pays :
Tout en vous mettant en face des principes et valeurs de
référence prônés par notre parti, et avant de nous lancer dans les quelques
propositions que nous avions à vous faire, nous estimons qu'il n'est pas vain de vous
étayer les faits gravement atroces qui, pensons-nous, doivent désormais impérativement
vous amener, forts des susdits principes et valeurs, à interpeler le régime
irresponsable de l'AFDL.
Vous avez assisté durant le mois d'août 1998 à ces
scènes où les membres des forces armées fidèles au pouvoir- AFDL ont massacré des
civils soupçonnés d'être des sympathisants de l'opposition armée.
Des civils se sont fait distribuer des armes à feu et ont
reçu l'ordre soi-disant de défendre leur patrie contre l'ennemi, lequel fut décrit par
des autorités aussi légères qu'irresponsables comme des "virus",
"moustiques", ou encore "ordures qu'il faut écraser avec détermination et
résolution."
L'incitation à la haine ethnique contre certaines
communautés nationales dont les Tutsis, comme KABUYA, KYUNGU et GUNZ-A-KARL-I-BOND
l'avaient fait contre la communauté Luba hier, fut banalisée par le président de l'AFDL
lui-même, celui qui prétend pouvoir mener aux destinées de notre pays! Cette politique
ethniciste qui ne peut conduire, comme nous avons déjà vu ailleurs, qu'à des massacres
et à des charniers à travers notre pays.
Le comité directeur du PDSC serait-il prêt à approuver
pareil procédé ? La crise qui s'est déclenchée au mois d'août 1998 avec son lot de
conséquences graves sur la sécurité publique et l'intégrité territoriale de notre
pays devait-elle être gérée de cette manière si légère et irresponsable ?
En dehors de la situation prévalant à l'ouest de notre
pays, AMNESTY INTERNATIONAL nous renseigne aussi sur ce qui se passe à l'est de notre
pays où des atteintes généralisées aux droits fondamentaux de l'être humain sont
commises par le R.C.D. et ses alliés contre des civils congolais non armés. Ce fut le
cas notamment, pour ne citer que quelques exemples largement relatés à travers divers
témoignages, au Sud-Kivu où 850 civils sans défense périrent dans la paroisse
catholique de Kasika le 24 août 1998, ou encore à Bukavu, où se sont opérés de
nombreux enlèvements durant le mois d'octobre 1998. Toujours à Bukavu, l'on a dû
déplorer le 1er septembre 1998 de nombreux cas de viol de femmes et jeunes filles par des
combattants du R.C.D.
Monsieur le Président National,
Mesdames, Messieurs les Membres du Comité Directeur,
Savez-vous seulement que- l'opinion nationale et
internationale n'a dû capter aucun message du PDSC au sujet de ces faits si douloureux
qui viennent d'être exposés ? Car, d'autres partis politiques, dans la même situation
que la vôtre, ont pris leur courage à deux mains, et ont dénoncé tous ces actes odieux
de tueries et de massacres, et ont clairement fait entendre leur voix de désapprobation
des dits actes.
- Aujourd'hui, les constats de l'absence de position du
PDSC s'avèrent d'autant plus nombreux que le rayonnement des valeurs doctrinales de notre
parti est si important.
Que vous suggérer ?
A notre sens, le PDSC aurait pu se mettre à la hauteur
des valeurs qu'il défend s'il avait, au milieu de ces atteintes si nombreuses aux droits
fondamentaux de l'être humain, songé simplement et tout d'abord à dénoncer tous les
faits de massacres partout où ils se sont produits; et ensuite à prendre position
exhortant toutes les parties au conflit actuel à cesser toutes ces violations massives
des droits de l'homme, et à permettre que soient menées des enquêtes indépendantes sur
les violations perpétrées des susdits droits fondamentaux de l'être humain.
De même, le PDSC doit-il exiger des belligérants actuels
la libération des personnes détenues en raison de leur opinion politique et/ou de leur
appartenance ethnique.
Monsieur le Président National,
Mesdames, Messieurs les Membres du Comité Directeur,
2. De l'absence de position politique au sein du PDSC :
2.1. Devant les enjeux politiques de l'heure :
Au milieu de la crise politique actuelle qui menace notre
pays de tant de fléaux parmi lesquels celui de la balkanisation, l'opinion aussi bien
nationale qu'internationale fait le même constat de l'absence de position au sein du
PDSC.
Est-ce à dire qu'au PDSC, aucune position ne serait
arrêtée devant les enjeux politiques qui caractérisent ce contexte de crise dans notre
pays ?
2.2. Des contacts avec le pouvoir AFDL ?
Entrée au gouvernement "de salut public" ?
A ce sujet, notre inquiétude s'avère encore plus grande,
en considérant le fait qu'à défaut de pouvoir déterminer sa position, le PDSC- excelle
ces derniers temps dans des contacts réguliers avec le pouvoir AFDL.
Certes, des contacts politiques avec le pouvoir AFDL ne
sont pas en soi condamnables. Cependant, lorsque des rumeurs persistantes commencent à
évoquer, comme c'est le cas aujourd'hui déjà, l'imminence de l'entrée prochaine
d'éminents "lieutenants" du PDSC dans un nouveau gouvernement AFDL dit "de
salut public", le quatrième "du genre", nous ne pouvons de ce fait que
deviner les objectifs probables des susdits contacts dont parlent les rumeurs.
Ces contacts seraient-ils donc l'explication de ce silence
que nous sommes en train de déplorer ?
Si cela devait être le cas, notre interrogation serait
alors de savoir si le PDSC que vous êtes censés diriger s'inscrit encore ou non dans le
sens des orientations déterminées lors du 1er congrès tenu du 23 au 26 septembre 1995
et de l'esprit fondamental de la Conférence Nationale Souveraine.
2.3. Rappel du schéma de la CNS :
En effet, les résolutions du susdit congrès du PDSC
s'inscrivaient -clairement dans le schéma de la Conférence Nationale Souveraine, schéma
préconisant "l'éradication de toutes les formes de dictature" dans notre pays.
Dans ce schéma, la période de transition s'entend d'une transition pacifique,
démocratique et pluraliste concrétisée par la formation d'un vrai gouvernement d'union
nationale incluant les partis politiques représentatifs des principales sensibilités
politiques existantes dans notre pays, et la société civile.
La constitution d'un tel gouvernement d'union nationale
suppose bien évidemment ce préalable de la détermination d'un cadre juridique
consensuel. Cela n'a rien à voir avec cette technique du débauchage de personnalités
issues de divers partis et de la société civile, mais désignées suivant le dictat d'un
individu ou groupe d'individus.
2.4. Rappel de la conception du pouvoir AFDL :
Or, depuis le 17 mai 1997, le pouvoir AFDL a
unilatéralement mis fin au processus de démocratisation qui avait cours dans notre pays.
Et, à l'époque, le PDSC, comme tant d'autres partis
d'opposition démocratique et la société civile, s'était inquiété de cette évolution
connue dans le cadre de la lutte menée dès 1990 en vue de l'avènement dans notre pays
d'un véritable Etat de droit démocratique et pluraliste.
---Faut-il dès lors rappeler au Secrétaire général du
PDSC sa note publiée le 27 juin 1997 au sujet de la situation politique d'alors, par
laquelle il soulignait lui-même à l'époque que "la lutte contre la dictature ayant
été l'affaire de toutes les forces du changement, l'AFDL a le devoir d'ouvrir les
concertations avec les partis de l'opposition radicale qui sont sur le terrain afin de
convenir ensemble de la gestion de la transition". Comme on le sait, dès sa prise de
pouvoir -dans notre pays-, le pouvoir AFDL n'entendait pas du tout s'inscrire dans un
quelconque processus de démocratisation. En effet, après la prise de Kinshasa le 17 mai
1997, le pouvoir AFDL avait explicitement pris "les allures d'un Parti-Etat". Ce
constat avait bien été fait à l'époque par le PDSC.-(voyez la note précitée du 27
juin 1997). Le pouvoir AFDL s'appuyait ainsi notamment sur la disposition de l'article 23
de ses statuts, qui prévoit : "L'AFDL est appelé à gérer tous les biens de l'Etat
meubles et immeubles du domaine public, actions et parts, fonds et capitaux, le sol et le
sous-sol et toutes les autres réserves minières et naturelles sur toute l'étendue du
territoire libéré."
Qui voudrait-il croire aujourd'hui que les choses seraient
radicalement changées au sein du pouvoir AFDL, et sur quelles bases ?
Monsieur le Président National,
Mesdames, Messieurs les Membres du Comité Directeur,
Il est certain que par votre élection lors du 1er
congrès du PDSC, les Combattantes et les Combattants qui vous ont fait confiance et vous
ont élus devaient attendre de vous que vous vous soyez engagés à défendre les options
levées lors du susdit congrès du PDSC.
Il va sans dire que les circonstances connues dans notre
pays ces derniers temps auront mis les susdites options du PDSC tout comme ses dirigeants
que vous êtes vous-mêmes à l'épreuve de la vérité.
Vu la situation au sein du PDSC à l'heure actuel-le, et
au regard des carences manifestes que l'opinion tant nationale qu'internationale n'a pas
manqué de décrier dans la manière dont notre parti s'est présenté "aux yeux du
monde", il y a lieu,- pensons-nous, d'inviter le plus rapidement possible les
Combattantes et les Combattants du PDSC, -ce, dans un but de transparence dans la gestion
politique du PDSC, et dans un esprit démocratique,- dès la reprise qui s'imposera
bientôt des activités des partis politiques dans notre pays,- à émettre un jugement
--sur les actes que vous aurez posés ou que vous vous serez abstenus de poser pendant ces
circonstances de crise politique connues dans notre pays ces derniers temps.
3. Conclusions :
3.1. Nous espérons vivement ne pas vous compter parmi ces
crédules qui sont en ce moment aveuglés par les promesses tout aussi flatteuses que
creuses de ce pouvoir AFDL au bord de la faillite, au milieu de la crise actuellement
règnant dans notre pays. En effet, la promesse vaguement faite par le dit pouvoir
d'autoriser prochainement la reprise des activités des partis politiques ne peut pas
suffire à garantir un véritable engagement du pouvoir AFDL dans un vrai processus de
démocratisation.
En effet, le cadre juridique dans lequel les dites
activités des partis politiques devraient s'exercer ne sont pas tracées. Et, même si le
pouvoir AFDL prétend avoir mis en place une commission chargée de l'élaboration d'une
constitution, le problème demeure posé. Car, cette
logique de la démocratie octroyée, est déjà bien
connue et n'est pas acceptée par l'ensemble de la population congolaise. C'est une
logique dictatoriale, et n'emmène qu'à ce que nous avons déjà vécu du temps du
défunt dictateur MOBUTU.-
3.2. Nous devons donc amener le pouvoir AFDL à intégrer
et à s'intégrer dans une démarche démocratique et dans un véritable processus de
démocratisation, lequel exige en tout premier lieu, la mise en place de manière
consensuelle d'un cadre traçant les droits et les obligations de tous, dans le respect de
toutes les sensibilités de notre pays.
Si le pouvoir AFDL n'est pas arrivé depuis son avènement
à stabiliser la situation politique, économique et sociale de notre pays, et s'il
continue encore à tergiverser dans les recherches de solutions à la crise actuelle, cela
s'explique surtout par le fait qu'il n'intègre pas la démarche ci-avant tracée. --
3.3. Nous pensons en effet que le pouvoir AFDL, qui porte
une grande responsabilité, sur le plan national, dans le déclenchement de cette guerre
civile qui sévit au Congo, n'est de plus pas du tout capable d'apporter la moindre part
de solution à cette crise. D'aucuns sont même d'avis que le fait AFDL demeure en soi le
facteur même qui empêcherait toute évolution positive de la situation. Le pouvoir AFDL
a déjà bien montré son incapacité à pouvoir mettre tous les Congolais autour d'une
même table.
3.4. Par ailleurs, sur le plan externe, si le Rwanda et
l'Ouganda ont été jusqu'il y a peu les plus fidèles alliés du pouvoir AFDL, ce, sur
des bases inconnues de la majorité des Congolais, nous devons noter que de leur côté,
les dirigeants de l'AFDL ne nous ont, à ce jour, jamais fait, à nous, peuple congolais,
la courtoisie de nous rendre le moindre compte sur ce que fut le contenu de leur contrat
d'antan avec ces pays voisins devenus selon le pouvoir AFDL des ennemis jurés-. L'on se
souviendra toujours bien des protestations de la population congolaise lors de l'entrée
des troupes de l'AFDL à Kinshasa avec des Rwandais, des Erythréens et des Ougandais à
qui d'importants postes de responsabilités étaient confiés dans tous les rouages de la
vie publique et institutionnelle de notre pays, sans que le pouvoir AFDL n'ait eu à s'y
expliquer un seul instant.
3.5. Il s'avère par conséquent inconcevable que notre
parti, le PDSC, puisse adhérer à la logique qui demeure celle du pouvoir AFDL dans la
situation politique actuelle.
Et, au milieu de ce conflit qui déchire notre pays, et
qui s'est largement internationalisé, il s'avère nécessaire aujourd'hui que notre parti
puisse analyser en toute indépendance d'esprit, et à froid, toutes les données de la
situation, en tant que force politique réelle sur le plan national, et arrive à
s'affirmer non seulement au sein du pays, mais aussi sur le plan international, en
proposant son plan destiné à sortir notre pays de l'épreuve qu'il connaît
actuellement.
Le PDSC doit être à même de lever la voix et d'exiger
des belligérants actuels qu'un accord de cessez-le-feu puisse entrer en vigueur le plus
rapidement possible, les populations civiles de notre pays ayant assez payé dans cette
guerre insensée et absurde.
Il faut exiger sur le plan régional que l'on parvienne à
un règlement pacifique de ce conflit. Il y a lieu d'exiger surtout que sur le plan
interne, l'on parvienne vite à un véritable dialogue national entre les Congolais, y
compris ceux qui sont dans les différents mouvements de rébellion-.
Le Comité directeur que vous constituez actuellement se
doit d'être à la hauteur de la dimension de notre parti sur le terrain politique et,
comme nous l'avons souligné plus haut, des valeurs et des principes contenus dans la
doctrine démocrate-chrétienne.
La confusion à laquelle se prête le PDSC à l'heure
actuelle ne peut qu'être troublante, mais surtout inadmissible lorsque d'aucuns sont
tentés de réduire le message du PD-SC, dans la situation actuelle, à celui que propage
le pouvoir AFDL.
En terminant, nous ne pouvons que vous exhorter à
reprendre les choses en main, et à mettre un terme à cette longue période de mutisme et
d'immobilisme au cours de laquelle, comme nous l'avons stigmatisé ci-haut, vous avez tous
démissionné de vos charges de dirigeant du PDSC, et surtout avez gravement manqué de
faire honneur aux valeurs démocrates-chrétiennes. Ce sont-là des manquements déjà
constatés au sein de la grande famille des Démocrates-chrétiens du Monde.
Enfin, en ces temps de noël et de nouvel An, nous ne
pouvons manquer quant à nous de souhaiter au PDSC de renaître à la lumière des valeurs
démocrates-chrétiennes, tout en vous présentant tous nos meilleurs voeux pour l'année
1999.-----
QUE VIVE LE P.D.S.C.
Bruxelles, le 21 décembre 1998
Robert BOKORO NSAKU
Joseph MBUNGU NKANDAMANDA |